Culture de la Critique – Conclusion : Où vont le judaïsme et l’Occident ? (1)

Le sommaire des parties déjà traduites est à retrouver ici.


En conclusion de cet ouvrage, nous pouvons affirmer que le rôle des Juifs a été décisif, puisqu’ils ont développé des mouvements intellectuels et politiques extrêmement influents qui servent leurs intérêts dans les sociétés occidentales contemporaines. Cependant, ces mouvements ne sont pas tout. L’influence et le pouvoir juifs ont connu une croissance prodigieuse dans les sociétés occidentales en général, et aux États-Unis en particulier. Ginsberg fait remarquer que le statut économique des Juifs et leur influence culturelle se sont considérablement accrus aux États-Unis depuis les années 1960. Shapiro montre que les Juifs présentent un coefficient de surreprésentation de plus de 9 en ce qui concerne la richesse, bien qu’il s’agisse d’une estimation basse, étant donné que les biens juifs sont en grande part immobiliers, possessions difficiles à déterminer et faciles à cacher. Les Juifs, qui constituent environ 2,4 % de la population des États-Unis, représentent la moitié des cent plus haut cadres de Wall Street et environ 40 % des admis dans les universités de la Ivy League. Lipset et Raab font remarquer que les Juifs fournissent entre un quart et un tiers de toutes les contributions politiques, dont la moitié des contributions au parti démocrate et un quart des contributions aux parti républicain.

Le livre de J. J. Goldberg, Jewish Power : Inside the Amercian Jewish Establishment, soutient la thèse que le judaïsme américain est fortement organisé et abondamment doté. Il a acquis de fortes positions de pouvoir et a su faire triompher ses intérêts. Il y a un franc consensus pour ce qui touche aux affaires juives au sens large, en particulier concernant Israël et le bien-être des juiveries de l’étranger, l’immigration et la question des réfugiés, la séparation entre les églises et l’État, la question du droit à l’avortement et des libertés civiles. L’unanimité sur ces questions a quelque chose de troublant, compte tenu de l’étendue des désaccords sur les autres questions qui existent entre les organisations militantes juives et les mouvements intellectuels juifs que nous avons examinés. Les grands retournements politiques sur toutes ces questions, à partir de la révolution contre-culturelle des années 1960, sont contemporains de la période d’accroissement de l’influence et du pouvoir juifs aux États-Unis.

Depuis les années 1950, des études empiriques des hiérarchies ethniques ont suivi à la trace les changements affectant les ressources des divers groupes ethniques, y compris leur représentation dans l’élite. Ces études ont souvent souligné la surreprésentation des Blancs protestants aux strates les plus élevées des entreprises et des armées, mais elles ont eu le tort de négliger les différences entre les groupes en ce qui concerne l’engagement et l’organisation. Se fondant sur le modèle de Blalock qui définit le pouvoir d’un groupe par ses ressources, multipliées par sa mobilisation, F. Salter a proposé une estimation théorique de l’influence juive, comparée à celle des Afro-Américains et à celle des Américains blancs, dans Ethnic Infrastructures U.S.A. : An Evolutionary Analysis of Ethnic Hierarchy in a Liberal Democracy en 1998. Les Juifs sont beaucoup plus mobilisés que ces deux autres populations ethniques (on hésite à qualifier de « groupe » les Américains blancs). Salter fait remarquer que les organisations spécifiquement ethniques qui se consacrent à la défense des intérêts ethniques des Américains blancs sont des groupes politiques fondamentalement marginaux, aux maigres ressources et dont l’influence sur le courant politique dominant est faible.

Il souligne d’autre part que l’America-Israel Public Affairs Committee se situe à la deuxième place des 120 groupes de pression les plus puissants, selon un classement fait par les parlementaires et les agents des groupes de pression eux-mêmes ; Salter ajoute qu’aucune autre organisation ethnique n’atteint les 25 premières places de ce classement. En outre, l’AIPAC est l’un des rares groupes de pression qui organise des levées de fonds pour gagner des alliés à sa cause. Nous venons de voir que les Juifs apportent entre le tiers et la moitié de tous les financements des campagnes électorales fédérales, les contributions étant motivées par « Israël et le programme juif au sens large » (J. J. Goldberg, op.cit. p. 275). On peut donc calculer que les Juifs sont surreprésentés dans les contributions aux campagnes électorales avec un coefficient de 13 sur la base de leur proportion dans la population, et de 6,5 en procédant aux ajustements liés au niveau élevé de leur revenu moyen. En ce qui concerne les dons d’argent à destination de l’étranger, les Juifs arrivent nettement en tête. Dans les années 1920, bien avant l’explosion de l’aide juive à Israël qui date de l’après-Deuxième Guerre mondiale, les Juifs américains semblent avoir fait des dons aux Juifs de l’étranger qui étaient 24 fois supérieurs par tête à ceux auxquels les Irlandais américains avaient consenti pour aider l’Irlande dans sa lutte pour l’indépendance vis-à-vis de la Grande-Bretagne, alors que cette période correspond à l’apogée de la philanthropie ethnique irlandaise. Cette disparité s’est encore accentuée depuis la Deuxième Guerre mondiale. Salter propose une estimation basse, selon laquelle la mobilisation ethnique juive est quatre fois supérieure à celle des non-juifs Blancs, en se fondant sur la comparaison des dons d’argent par tête pour des causes ethniques non-confessionnelles.

D’après le modèle de Blalock, l’influence n’est pas mesurée par le seul niveau de mobilisation, mais aussi par le niveau de ressources que possède le groupe. Salter estime que les Juifs disposent de 26 % des « ressources cybernétiques » des États-Unis (l’auteur entend par ce terme les richesses mesurables par la représentation dans le gouvernement, les médias, la finance, l’université, les entreprises et le divertissement). Ce niveau de contrôle des ressources est une moyenne qui cache la disparité entre certains domaines à forte représentation juive ( > 40%) comme ceux des médias de masse, de la haute finance, des métiers de robe, de l’élite intellectuelle et du divertissement, et d’autres domaines à faible représentation juive ( ≤ 10%), comme ceux des législateurs, de l’élite entrepreneuriale et des directions militaires et religieuses. L’estimation globale de Salter est comparable à celle de R. Lerner et coauteurs dans American Elites, fondée sur des données recueillies dans les années 1970 et 80. Ils sont arrivés à la conclusion que les Juifs formaient 23 % des élites américaines. Ces résultats sont parallèles aux niveaux de surreprésentation juive dans d’autres sociétés, comme celle de l’Allemagne du début du XXe siècle, où les Juifs formaient environ un pour cent de la population, mais disposaient d’environ 20 % de l’économie (d’après W. E. Moss dans Jews in the German Economy : The German-Jewish Economic Elite 1820-1935) et où ils jouissaient d’une influence dominante dans les médias et la production culturelle (d’après I. Deak, Weimar’s Germany Left-Wing Intellectuals, p. 28, et W. Laqueur, Weimar : A Cultural History 1918-1933, p. 73).

Si l’on place les valeurs de ces ressources et de ces niveaux de mobilisation dans l’équation de Blalock, on peut estimer que l’influence juive sur la politique ethnique (immigration, politique raciale, politique étrangère) correspond au triple de l’influence des non-juifs blancs américains. Ce résultat se maintient quelle que soit la façon de mesurer les ressources, à l’exception de la méthode « néo-marxiste extrême » qui ne fait entrer dans la pesée des ressources que l’élite entrepreneuriale, la branche législative du gouvernement, l’élite militaire, les fondations [établissements d’utilité sociale] et les revenus d’ensemble des groupes. Cette méthode aboutit à la conclusion que l’influence juive est en gros égale à l’influence des non-juifs blancs américains.

Comme nous l’avons vu, il existe un franc consensus chez les Juifs en ce qui concerne Israël et le bien-être des juiveries de l’étranger, l’immigration et la question des réfugiés, la séparation des églises et de l’État, la question du droit à l’avortement et des libertés civiles. Ceci implique que l’influence juive et les intérêts juifs sont prépondérants dans ces domaines. Cette conclusion s’accorde tout à fait à notre examen de l’influence juive dans la politique migratoire au septième chapitre, et au fait que tous ces domaines ont été l’objet de revirements politiques qui se sont conformés aux intérêts juifs et qui coïncident avec l’essor de l’influence juive aux États-Unis.

expulsion

L’estimation de Salter, selon laquelle la mobilisation juive est de plusieurs fois supérieure à celle des non-juifs blancs américains, est bien illustrée par l’histoire de l’implication juive dans la politique migratoire : toutes les grandes organisations juives étaient intensément engagées dans la bataille contre les restrictions migratoires, et ce pendant une période d’un siècle et malgré des défaites qui auraient pu paraître dévastatrices. Cet effort se poursuit dans la période contemporaine. Comme nous l’avons vu au septième chapitre, l’opposition de la grande majorité de la population d’ascendance européenne à l’immigration massive d’individus issus de tous groupes ethniques et raciaux et l’apathie relative des autres groupes, y compris des Italo-Américains et des Polono-Américains qui auraient pu soutenir l’immigration des leurs, ont été des aspects déterminants de l’histoire de la politique migratoire.

L’ « essor des Juifs », pour reprendre l’expression d’Albert Lindemann, a indéniablement provoqué des effets importants sur les sociétés occidentales contemporaines. Le chapitre précédent a montré que la présence de hauts niveaux d’immigration dans les sociétés occidentales correspond à cet intérêt juif perçu : rendre les sociétés non-homogènes, pluralistes du point de vue ethnique et culturel. Il n’est pas inutile de considérer les conséquences possibles à long terme d’une telle ligne politique.

Depuis quelques années, les intellectuels et militants des minorités ethniques expriment un rejet grandissant de l’idée du melting-pot, fondée sur l’assimilation entre groupes ethniques. Ils mettent l’accent dans leurs écrits sur les différences ethniques et culturelles ; ils voient l’assimilation ethnique et l’homogénéisation sous un jour défavorable. La tonalité de leurs écrits rappelle celle des intellectuels juifs de la fin du XIXe et du début du XXe siècle qui rejetaient le judaïsme réformé et ses conséquences assimilationnistes, en prenant parti pour le sionisme ou pour le retour au judaïsme conservateur ou orthodoxe, forme plus extrême de séparatisme culturel.

Ce mouvement qui se tourne vers le séparatisme ethnique est d’un intérêt considérable du point de vue évolutionnaire. La compétition entre groupes et la surveillance des exogroupes ont caractérisé les interactions entre Juifs et Gentils non seulement en Occident, mais aussi dans les sociétés musulmanes, et les exemples de compétition et de conflit entre groupes dans d’autres régions du monde sont trop nombreux pour être mentionnés. Le séparatisme ethnique est historiquement un ferment de division dans les sociétés, comme l’histoire du judaïsme le montre bien. Il a provoqué à plusieurs occasions des déchaînements de défiance et de haine, des guerres à fondement ethnique, des expulsions, des pogroms et des tentatives de génocide. Il y a peu de raison de croire que les temps à venir se dérouleront autrement. À l’heure actuelle, il y a des conflits à fondement ethnique sur tous les continents, et pour les juifs qui reviennent de leurs diasporas, la fondation de l’État d’Israël n’y a certes pas éteint les conflits à fondement ethnique.

Mon examen des études qui ont été menées sur les contacts entre groupes plus ou moins imperméables dans les sociétés historiques suggèrent que la compétition entre groupes et la surveillance des réussites respectives de l’endogroupe et des exogroupes, est la norme. Ces résultats corroborent l’étude psychologique des processus d’identité sociale que j’ai faite dans SAID (chap. 1). D’un point de vue évolutionnaire, ces résultats confirment l’idée que l’intérêt ethnique est quelque chose qui compte dans les affaires humaines ; l’ethnie demeure évidemment une source commune d’identité collective dans le monde contemporain. Manifestement, les gens sont conscients de leur appartenance collective et ont en général tendance à dévaluer les exogroupes et à entrer en compétition avec eux. Les individus ont également une vive conscience de la position de leur groupe vis-à-vis des autres pour ce qui est du contrôle des ressources et du succès reproductif. Ils sont en outre prêts aux mesures les plus énergiques pour prendre ou conserver le pouvoir économique et politique, au nom de ces impératifs de groupe.

Étant donné le séparatisme ethnique, il est utile de se demander quelles seraient les circonstances qui, d’un point de vue évolutionnaire, pourraient faire baisser le niveau des conflits entre groupes. Les théoriciens du pluralisme culturel comme Horace Kallen envisagent une situation où les différents groupes ethniques conservent leur identité distinctive dans un contexte d’égalité politique complète et de liberté économique. La difficulté inhérente à ce scénario, d’un point de vue évolutionnaire (ou même du point du vue du bon sens) est qu’il ne dit rien de ce qu’il adviendrait de la compétition pour les ressources et le succès reproductif dans une telle société. De fait, les conséquences de la bataille ethnique étaient déjà apparentes à l’époque de Kallen, mais « Kallen, entouré par un tourbillons de conflits, élevait son regard vers ce domaine idéal où la diversité et l’harmonie coexistaient » (Higham, op. cit. p.209)

Dans le meilleur des cas, on pourrait imaginer que les différents groupes ethniques pratiqueraient une réciprocité absolues les uns avec les autres, de sorte qu’il n’y ait pas de différences provoquées par l’exploitation d’un groupe ethnique par l’autre. Il n’y aurait pas non plus de différences liées à la réussite, comme l’appartenance à une classe sociale, le rôle économique (par exemple, celui du producteur contre le consommateur, du créditeur contre le débiteur, le patron contre l’ouvrier), ni de différences entre groupes ethniques liées à la fécondité. Tous les groupes seraient à peu près égaux en effectifs et en pouvoir politique ; s’il y avait des différences d’effectifs, des dispositions seraient prises pour s’assurer que les minorités jouissent d’une représentation équitable dans tous les marqueurs de la réussite reproductive et sociale. De telles conditions minimiseraient l’hostilité entre les groupes, puisqu’il deviendrait difficile d’attribuer le statut de tel groupe à aux actions de tels autres groupes.

Cependant, compte tenu de l’existence du séparatisme ethnique, il reste que l’intérêt bien compris de chaque groupe serait de chercher son avantage au détriment des autres groupes. Toutes choses égales par ailleurs, un groupe donné serait toujours mieux loti s’il pouvait s’assurer que les autres groupes eussent de plus faibles ressources, un statut social plus bas, une moindre fécondité et proportionnellement, moins de pouvoir politique que soi. L’état stable d’égalité hypothétique implique donc un système de rapports de pouvoir antagoniques, qui permet à chaque camp de s’assurer en permanence que l’autre n’est pas en train de tricher. Chaque camp cherche constamment le moyen de dominer et d’exploiter les autres ; chaque camp n’est disposé au compromis que lorsque l’autre le menace de représailles ; chaque camp n’est disposé à collaborer et à faire des sacrifices que s’il est forcé à le faire, par exemple sous la menace d’un danger extérieur. Il est évident que tout type de coopération empreinte d’altruisme authentique vis-à-vis de l’autre groupe est à écarter.

diversité
Difficulté de gouverner un pays diversifié

Dans ces conditions, la situation idéale d’égalité absolue dans la possession des ressources et le succès reproductif exigerait sans nul doute un très haut niveau de surveillance et impliquerait une méfiance mutuelle évidente. Toutefois, dans la réalité, il est fort improbable que se réalise un tel idéal, franchement sinistre. Dans la réalité, les groupes ethniques diffèrent en talents et en capacités ; ils diffèrent en nombre, en fécondité, et dans la façon dont ils encouragent des pratiques parentales qui conduisent à l’acquisition de ressources ; ils diffèrent aussi dans la part de ressources qu’ils détiennent à n’importe quel instant, et en puissance politique. Une égalité, ou une équité proportionnelle, seraient extrêmement difficiles à réaliser ou à maintenir sans des niveaux inouïs de surveillance et des contrôles sociaux d’une intensité extraordinaire, afin d’appliquer des quotas ethniques dans les domaines de l’acquisition des richesses, de l’admission aux universités, de l’accès aux postes les plus prestigieux, et ainsi de suite.

Comme les divers groupes ethniques ont des talents et des capacités différents, et des types de parentalité différents, il faudra adopter des critères variables pour être admis à un emploi et pour le conserver, en fonction des appartenances ethniques. Qui plus est, la réalisation de la parité entre les Juifs et les autres groupes ethniques impliquerait un haut niveau de discrimination contre des Juifs individuels aux portes des universités ou de certains emplois, et impliquerait même une lourde imposition qui viserait à contrebalancer la position avantageuse des Juifs dans la possession des richesses, puisque les Juifs sont à présent largement surreprésentés parmi les riches et les puissants aux États-Unis. Ceci serait particulièrement manifeste si les Juifs étaient distingués des Blancs, en tant que groupe ethnique à part. De fait, l’ultime évolution de certains New York Intellectuals, issus du stalinisme, les fit se muer en néo-conservateurs, très en pointe contre la discrimination positive et les mécanismes de quotas dans l’allocation des ressources. (H. M. Sachar mentionne, parmi les adversaires de la discrimination positive, les noms suivants : Daniel Bell, Sidney Hook, Irving Howe, Irving Kristol, Nathan Glazer, Charles Krauthammer, Norman Podhoretz et Earl Raab). Les organisations juives comme l’ADL, l’AJCommittee et l’AJCongress ont adopté des positions semblables.

Dans les années 1920, quand les États-Unis tâchaient de faire quelque chose face à la compétition juive dans les universités privées prestigieuses, on avait proposé des plans prévoyant que chaque groupe ethnique recevrait un quota de places à Harvard, conformément à la proportion des différents groupes raciaux et nationaux dans la population américaine. Des politiques de ce genre – invariablement dénoncées par les organisations juives – étaient appliquées à la même époque en Europe centrale. Elles reflètent l’importance de l’ethnie dans les affaires humaines, mais font en sorte que le niveau de tension sociale reste constamment élevé. En outre, il y a de très fortes chances de guerre ethnique, même quand une parité exacte est réalisée au moyen de très forts contrôles sociaux : comme nous l’avons indiqué, il est toujours avantageux pour un groupe ethnique d’obtenir l’hégémonie sur les autres.

Si l’on adopte un modèle de pluralisme culturel qui implique la libre compétition pour les ressources et le succès reproductif, les différences entre groupes ethniques sont inévitables ; d’un point de vue évolutionnaire, on peut prévoir qu’il s’ensuivra de l’animosité de la part des groupes perdants. Après l’émancipation des juifs dans les sociétés occidentales, on enregistra leur puissante tendance à l’ascension sociale, une forte surreprésentation dans les professions libérales et dans le commerce, la politique et la production de culture. En même temps, on assista à des éruptions d’antisémitisme qui venaient souvent des groupes qui se sentaient évincés dans la compétition pour les ressources, ou qui pensaient que la culture qui était en train d’être créée ne correspondait pas à leur intérêts. Si l’histoire du judaïsme offre une leçon, c’est bien que le séparatisme ethnique que l’on s’impose à soi-même tend à asseoir la compétition pour les ressources sur l’appartenance au groupe, et tend par conséquent à provoquer la haine, les expulsions et les persécutions. En partant du principe que les ethnies diffèrent par les talents et les capacités, supposer que le séparatisme ethnique pourrait conduire à une situation stable sans animosité ethnique exige soit que l’équilibre des pouvoirs soit maintenu par le biais de contrôles sociaux stricts, soit qu’au moins certains groupes ethniques ne se sentent pas concernés par le fait qu’ils sont en train de perdre au jeu.

Je pense que cette dernière possibilité est intenable à long terme. Qu’un groupe ethnique ne se sente pas concerné par le fait qu’il subisse une éclipse et une domination n’est pas une perspective à laquelle un évolutionniste pourrait s’attendre, ni même, bien sûr, un partisan de la justice sociale, quelle que soit son idéologie. C’est toutefois la morale implicite que certains historiens tirent de leur critique de l’attitude des Espagnols à l’endroit des Juifs et des Marranes pendant l’inquisition et l’expulsion. Benzion Netanyahu par exemple, dans The Origins of the Inquisition in the 15th- Century Spain semble parfois mépriser ouvertement l’incapacité des Espagnols à rivaliser avec les « nouveaux chrétiens » sans avoir recours à la violence de l’inquisition. De ce point de vue, les Espagnols auraient donc dû prendre conscience de leur infériorité et accepter d’être dominés économiquement, socialement et politiquement par un autre groupe ethnique. Une telle « morale » est peu susceptible de convenir au groupe qui est en train de perdre la compétition, et d’un point de vue évolutionnaire, cela n’a rien de surprenant. Goldwin Smith avait ainsi résumé la chose il y a un siècle :

Une communauté a le droit de défendre son territoire et son intégrité nationale contre un envahisseur, en croisant le fer ou en menant des saisies. Dans les territoires des anciennes républiques italiennes, les Juifs avaient acheté des terres et commencé à pratiquer l’agriculture. Mais avant cela, ils s’étaient livrés au commerce. Sous l’Empire finissant, ils étaient les grands marchands d’esclaves ; ils achetaient les esclaves aux envahisseurs barbares, tout en pratiquant vraisemblablement le négoce du butin. Ils pénétrèrent l’Angleterre dans les bagages du conquérant normand. Il y eut sans aucun doute une lutte permanente entre leur art la force brute des populations féodales. Mais quelle privilège moral leur art aurait-il contre la force ?

M. Arnold White dit aux Russes que s’ils laissaient libre cours à l’intelligence juive, les Juifs accéderaient en peu de temps à tous les emplois relevés et à tous les postes de pouvoir, à l’exclusion des indigènes qui les occupent présentement. D’aucuns exigent des Russes qu’ils obtempèrent et s’en réjouissent, mais ces philosophes ne savoureraient pas ce breuvage s’il était porté à leurs propres lèvres. La loi de l’évolution, dit-on, est la survie du plus apte. A quoi le rustre russe pourrait répondre que si sa force peut vaincre l’intellect exquis du Juif, le plus apte survivra et la loi de l’évolution sera observée. C’est d’ailleurs la force, et non point l’intellect exquis qui a décidé sur le champ de bataille de Zama que les Latins, non les Sémites, domineraient les peuples anciens et façonnerait le monde moderne. (Essays on Questions of the Day, p. 261)

Ironiquement, nombre d’intellectuels qui rejettent absolument la pensée évolutionnaire et toute suggestion que l’intérêt génétique ait une quelconque importance dans les affaires humaines, se prononcent en faveur de lignes politiques qui sont manifestement intéressées et ethnocentriques. Ils condamnent souvent le comportement intéressé et ethnocentrique des autres groupes, en particulier toute indication que la majorité d’ascendance européenne aux États-Unis est en train de développer une stratégie de groupe soudé et de haut niveaux d’ethnocentrisme, en réaction aux stratégies collectives des autres groupes. L’idéologie du séparatisme ethnique de groupe minoritaire, la légitimation implicite de la compétition entre groupes pour les ressources, ainsi que l’idée plus moderne voulant que l’appartenance au groupe ethnique soit un critère pour l’acquisition de ressources, doivent être prises pour ce qu’elles sont : des plans de stratégies évolutionnaires de groupe.

L’importance de cette compétition pour les ressources fondée sur le groupe ne saurait être surestimée. Je crois qu’il est peu probable que les sociétés occidentales fondée sur l’individualisme et la démocratie puissent longtemps survivre à la légitimation de la compétition entre des groupes imperméables, où l’appartenance au groupe est déterminée par l’ethnie. L’examen de la question dans SAID (chapitres 3 à 5) nous convainc qu’en définitive, seule une stratégie de groupe peut contrecarrer une autre stratégie de groupe, et que de telles sociétés tendent à se structurer autour de groupes soudés et mutuellement exclusifs. De fait, le mouvement multiculturel récent semble bien tendre vers une forme d’organisation sociale profondément non-occidentale, qui a été historiquement bien plus typique des sociétés compartimentées du Proche-Orient, centrées autour de groupes distincts et homogènes. Toutefois, à la différence de l’idéal multiculturel, ces sociétés connaissent des rapports très prononcés de domination et de subordination. Tandis que la démocratie semble tout à fait étrangère à ces sociétés compartimentées, les sociétés occidentales, qui sont en ce sens uniques dans le panorama des sociétés stratifiées, ont développé des institutions politiques individualistes, démocratiques et républicaines. Rappelons en outre que les plus grands exemples de collectivisme occidental, dont font partie le national-socialisme allemand et le catholicisme ibérique de l’époque de l’inquisition, ont été caractérisés par un intense antisémitisme.

Dans ces conditions, il y a une possibilité non-négligeable que les sociétés individualistes soient peu susceptibles de survivre à la compétition intra-sociale et fondée sur les groupes, laquelle est devenue monnaie courante et intellectuellement respectable aux États-Unis. Je suis d’avis que les États-Unis sont en train de suivre un sentier qui nous mène à une situation explosive, qui nous mène à la guerre ethnique et au développement d’enclaves collectivistes, autoritaires et racialistes. Bien que les convictions et les comportements ethnocentriques ne soient considérés comme moralement et intellectuellement légitimes que pour les seules minorités ethniques des États-Unis, la théorie et les données présentées dans SAID indiquent que le développement croissant de l’ethnocentrisme parmi les gens d’ascendance européenne est une conséquence probable des tendances à l’œuvre aujourd’hui.

onore

Auteur: Basile

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5 Commentaires sur "Culture de la Critique – Conclusion : Où vont le judaïsme et l’Occident ? (1)"

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autescousios
9 octobre 2019 23 h 38 min

« C’est d’ailleurs la force, et non point l’intellect exquis qui a décidé sur le champ de bataille de Zame que les Latins, non les Sémites, domineraient les peuples anciens et façonnerait le monde moderne. »

C’est Zama et non Zame, la dernière bataille de la 2ème guerre punique où Scipion l’Africain a vaincu Hannibal en –202.

Quant à la force, elle ne prime sur l’intellect qu’en temps de guerre, en temps de paix, c’est l’inverse. C’est pour ça qu’on se fait bouffer.

Fierté germanique
10 octobre 2019 3 h 09 min

Autescousios, le candaule chrétin de Lesquen vient de faire une émission sur Radio Athéna, où il veut interdire l’eugénisme mais autoriser les mariages inter raciaux.
Étonnant, …
Je plaisante.

Rho 2
10 octobre 2019 8 h 55 min

Les juifs se veulent depuis toujours, en fait depuis qu’ils ont volé aux Aryens certains de leurs mythes pour s’en attribuer la paternité et se forger ainsi des légendes à leur gloire alors qu’ils n’avaient jamais été les héros de l’histoire, le peuple élu.
Celui qui doit dominer le monde, à défaut de le comprendre, chose qui leur sera à jamais impossible. Car ils n’ont pas les structures mentales nécessaires pour appréhender certains concepts sans lesquels il est rigoureusement impossible de saisir la nature profonde de l’univers et des êtres conscients qui lui donnent sa cohérence.
C’est pourquoi leur fameux Einstein, qui n’était qu’un plagiaire de théories dont les vrais auteurs sont Poincaré et Hilbert, n’a jamais rien compris à la mécanique quantique, fruit de génies Aryens comme Bohr, Heisenberg, et de Broglie.
Et qu’ils ont inventé une religion qui interdit précisément de chercher à comprendre ; le principe de la vérité révélée, de l’inconnaissabilité de l’univers et du plan divin, c’est eux qui l’ont inventé et imposé au monde, grâce à leurs golems chrétins, pour que ne puisse être mise en lumière leur énorme infériorité intellectuelle et morale par rapport aux Aryens dont l’insatiable curiosité les avait amenés dès l’Antiquité à percer nombre de mystères de la nature et dont le principal moteur était leur quête de l’immortalité et la volonté de s’égaler aux dieux. Et qui sont toujours l’essence même des Aryens, comme l’a rappelé Nietzsche.
Les youtres ayant compris qu’ils ne possèdent pas les qualités pour ça, ont donc tout fait pour interdire à leur rivaux de s’engager dans un chemin où ils ne pourraient les suivre, et qui les mettrait très vite hors d’atteinte de leur domination.
Il y a deux mille ans, ce fut le rôle du christianisme, hérésie juive née de la volonté des Esseniens d’apporter plus de spiritualité à ce peuple de marchands avides qui utilisaient leurs temples comme un marché ou une bourse du commerce.
Leur leader d’alors se souciait évidemment fort peu de ces stupides goyim qui pour lui, comme pour tous ses congénères, n’étaient guère plus que des animaux. Ce qui ne l’a pas empêché, comme ses prédécesseurs avant lui, de leur voler nombre de symboles et de mythes, en les empruntant par exemple au culte de Mithra, à celui forgé par Akhénaton, ou en reprenant les concepts d’incarnation et du principe ternaire des divinités suprêmes, typiques des religions Aryennes. l’Eglise a d’ailleurs continué dans ce sens en mettant à sa sauce tout ce à quoi les Païens étaient trop attachés pour qu’on puisse leur faire oublier.
C’est ainsi que les fêtes solsticiales sont devenues celle de la naissance de Ieshoua ou rendant hommage à sa copine, pardon, à son apôtre préféré(e).
Grâce à quoi, les Aryens ont non seulement perdu presque tout le savoir accumulé au cours des millénaires précédents, se voyaient interdire toute pensée, et,

Europe Aryenne
27 octobre 2019 19 h 01 min

…”C’est pourquoi leur fameux Einstein, qui n’était qu’un plagiaire de théories dont les vrais auteurs sont Poincaré et Hilbert, n’a jamais rien compris à la mécanique quantique, fruit de génies Aryens comme Bohr, Heisenberg, et de Broglie. “..

Personne ne parle de l’épouse d’Einstein – Mileva Maric, une Serbe Orthodoxe. Elle était une physicienne extraordinairement talentueuse; et c’est justement pour cette raison le juif plagiateur Einstein avait épousé une goy, afin de profiter de son intellect Aryen.

C’est grâce aux lettres échangées entre Albert Einstein et sa femme Mileva, que la communauté scientifique a commencé à se questionner sur l’importance de cette dernière dans la mise en place de la Théorie de la relativité ( qui a glorifié et enrichi exclusivement le juif Einstein).

Le 27 mars 1901, le juif lui écrit ainsi :


Comme je serai heureux et fier quand nous aurons tous les deux ensemble mené notre travail sur le mouvement relatif à une conclusion victorieuse !
En fait, il y a d’autres indices écrites qui prouvent que, en effet, c’est Mileva Maric Einstein l’auteur et le concepteur de cette théorie de la relativité

Le juif einstein ne disposait donc d’aucun talent scientifique. Il n’est est d’ailleurs pas étrange que depuis le divorce d’avec Mileva Maric, Einstein n’a plus jamais produit une œuvre scientifique quelconque.

Rho 2
10 octobre 2019 9 h 25 min

( suite ) bien évidemment, toute recherche visant à le reconstituer, mais, en plus, chose extraordinaire quand on songe que c’est la doctrine inventée par un rabbin qui trouvait ses congénères trop matérialistes et cupides qui a servi à cela, ont abandonné aux juifs les activités économiques les plus lucratives, banque et commerce des esclaves, leur permettant d’acquérir une puissance dont ils n’auraient pu rêver sans l’oeuvre de ce pédé qui incitait ses disciples à rendre le pognon à César, lui préférant être payé en donuts. Ceux des petits enfants qui devaient venir à lui, ou d’éphèbes plus mystiques que barbus.
Ses collègues lui ont cloué le bec en le faisant clouer tout court mais comme un juif ne jette pas un truc qu’on peut vendre à ces cons de goyim, se sont servis de sa doctrine pour détruire notre civilisation.
On s’est finalement redressés mais, dans l’intervalle, ces enculés ont acquis une telle puissance économique, sociale et politique, qu’ils ont pu passer à la phase deux de leur plan, celle que Kevin MacDonald et avant lui Adolf Hitler et quelques autres, ont exposé brillamment.
Les actions décrites et analysées avec une précision extraordinaire par MacDonald s’inscrivent parfaitement dans la droite ligne de ce projet de domination forgé depuis des millénaires. On peut même dire que leur mise en oeuvre est si spontanée chez les juifs qu’elle plaidé pour une certaine l’heritabilité des caractères acquis.
En fait, les juifs ont pratiqué sur eux-mêmes l’eugénisme qu’ils refusent aux Blancs d’appliquer. Simplement, au lieu de sélectionner comme nous le souhaiterions, les caractères les plus sains, l’harmonie physique et morale et les aptitudes intellectuelles, eux ont choisi de privilégier pour la reproduction les individus les plus tordus, car ce qu’ils visent avant tout est une accaparation du pouvoir par la ruse et la tromperie, et ce n’est évidemment pas en développant leurs qualités morales qu’ils auraient pu y arriver…

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