Culture de la Critique : L’implication juive dans l’élaboration de la politique migratoire U.S. (7)

Le sommaire des parties déjà traduites est à retrouver ici.


L’activité juive anti-restrictionniste, 1946-1952 (suite et fin)

Même si, dans son témoignage, Rifkind n’accusait pas la politique d’immigration d’être fondée sur la théorie de la supériorité nordique, ce thème restait d’une actualité brûlante dans les autres groupes juifs, en particulier l’AJCongress, lequel défendait l’ouverture de l’immigration à tous les groupes ethniques. Ce groupe affirmait que la législation de 1924 reposait en grande part sur la théorie de la suprématie nordique. À rebours de l’assertion surprenante de Rifkind, selon laquelle il existait une tradition américaine d’ouverture à tous les groupes ethniques, l’AJCongress souligna dans une déclaration le long passif d’exclusion ethnique des États-Unis, antérieur à l’apparition de ces théories. Ce groupe juif y relevait la loi d’exclusion des Chinois de 1882, l’engagement d’honneur de 1907 avec le Japon qui limitait l’immigration de travailleurs japonais, et l’exclusion des autres Asiates en 1917.

Dans la tribune en question, L’AJCongress remarquait que la législation de 1924 avait réussi à préserver l’équilibre ethnique des États-Unis au moment du recensement de 1920, mais ajoutait la remarque suivante : « cet objectif est sans valeur aucune. La composition ethnique de 1920 n’a rien de sacro-saint. Seul un imbécile pourrait croire que nous avons atteint le zénith de la perfection ethnique cette année-là ». L’AJCongress adoptait l’idéal multiculturel d’Horace Kallen, autrement dit « la thèse de la démocratie culturelle, qui garantit à chaque groupe, ‘majoritaire ou minoritaire (…) le droit d’être différent et la responsabilité de faire en sorte que leurs différences n’entrent pas en conflit avec le bien-être du peuple américain dans son ensemble’ ».

Dans cette période, l’AJCongress s’en prenait régulièrement aux dispositions des lois sur l’immigration relatives aux origines nationales, qu’il considérait comme fondées sur « le mythe de l’existence de fonds raciaux supérieurs et inférieurs » (Congress Weekly du 17 octobre 1955, p. 3). L’organe de ce groupe défendait le principe d’une immigration fondée sur « les besoins et autres critères non-liés à la race ou à l’origine nationale » (Congress Weekly du 4 mai 1953, p. 3). Le plus contestable, du point de vue de l’AJCongress, était l’idée de l’inviolabilité du statu quo ethnique, prescrit par la législation de 1924. Le système des quotas par origine nationale « est honteux de nos jours (…) car notre expérience nationale a confirmé, sans l’ombre d’un doute, que notre force réside dans la diversité de nos peuples » (Israel Goldstein, ‘The racist immigration law’, Congress Weekly du 17 mars 1952).

Comme nous l’avons vu, certains éléments indiquent que la loi de 1924 et le restrictionnisme des années 1930 étaient motivés en partie par des orientations antisémites. Dans les années 1950, lors des débats qui précédèrent et suivirent l’adoption de la loi McCarran-Walter, l’antisémitisme se manifesta en liaison avec l’anti-communisme. Les restrictionnistes mettaient souvent en avant le fait que plus de 90 % des communistes américains avaient des origines les rattachant à l’Europe de l’Est. Les restrictionnistes s’efforçaient d’empêcher l’immigration et de faciliter les déportations des gens issus de cette région du monde, afin de prévenir la subversion communiste. Or, c’est d’Europe de l’Est que venaient la plupart des Juifs, et les Juifs étaient outrancièrement disproportionnés parmi les communistes américains ; de la sorte, on relia tous ces faits et la situation produisit une floraison de théories du complot antisémite sur le rôle des Juifs dans la politique américaine. Au congrès, le représentant John Rankin, antisémite notoire, déclara ce qui suit, sans mentionner explicitement les Juifs :

Ils se plaignent de la discrimination. Mais savez-vous qui est vraiment discriminé ? Les chrétiens blancs d’Amérique, ceux qui ont créé cette nation (…) Je parle des chrétiens blancs du Nord autant que du Sud (…) Le communisme est racial. Une minorité raciale a pris le pouvoir en Russie et dans tous ses satellites, comme en Pologne, en Tchécoslovaquie et dans bien d’autres pays que je pourrais nommer. Ils ont été expulsés de presque tous les pays d’Europe au fil du temps, et s’ils continuent de fomenter des troubles raciaux dans ce pays, s’ils tentent d’imposer leur programme communiste aux chrétiens blancs d’Amérique, je ne peux pas prévoir ce qui pourrait leur arriver (Cong. Rec. du 23 avril 1952).

Pendant ces années, les organisations juives dominantes se préoccupaient d’éradiquer le stéréotype du Juif-communiste et de développer l’image du Juif libéral et anti-communiste. « Dans toute l’Amérique, le combat contre le stéréotype du Juif-communiste devint pratiquement une obsession chez les dirigeants juifs et les faiseurs d’opinion » (Liebman, Jews and the Left, p. 515). [Pour donner une idée de l’étendue de ce stéréotype : quand le FBI mena une enquête de voisinage sur Eleanor Leacock, anthropologue non-juive qui demandait une certaine autorisation de sécurité, on demanda à ses amis si elle fréquentait des Juifs, pour avoir une idée de ses liaisons avec l’extrême-gauche (cf. G. Frank, ‘Jews, multiculturalism and boasian anthropology’ American Anthropologist # 99 – 1997)].

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L’AJCommittee fit tout son possible pour modifier l’opinion de la communauté juive en montrant que les intérêts juifs étaient plus compatibles avec la démocratie américaine qu’avec le communisme soviétique (par exemple, en mettant en avant l’antisémitisme soviétique et le soutien de l’URSS aux pays opposés à Israël dans l’après-Deuxième Guerre mondiale). Bien que l’AJCongress reconnût que le communisme était un danger, ce groupe arborait une position « anti-anti-communiste » qui répudiait les atteintes aux libertés civiles contenues dans la législation anti-communiste de l’époque.

Cette organisation « freinait des quatre fers et participait sans enthousiasme » à l’effort juif visant à se constituer une solide réputation d’anti-communisme (Svonkin, Jews Against Prejudice : American Jews and the Fight for Civil Liberties, p. 132). Cette position reflétait les sympathies de quantité de ses membres, qui étaient pour la plupart des immigrés d’Europe de l’Est de la deuxième ou troisième génération.

Cette culture juive d’extrême-gauche et ses liens aux communisme apparurent avec éclat lors des émeutes de Peekskill, dans l’État de New York, en 1949. Peekskill était le séjour estival d’environ 30.000 Juifs, des cadres urbains pour la plupart, qui se regroupaient dans des camps de vacances socialistes, anarchistes et communistes, établis dans les années 1930. La cause immédiate des émeutes fut un récital donné par Paul Robeson, communiste revendiqué, sous le parrainage du Civil Right Congress, un groupe pro-communiste étiqueté comme subversif par le ministère de la justice. Les émeutiers firent des déclarations antisémites, dans ce contexte où le lien entre les Juifs et le communisme était très manifeste. Il s’ensuivit un effort de ravalement de façade de la part de l’AJCommittee, qui tâcha de minorer le caractère antisémite de l’événement, illustrant ainsi la méthode de la mise en quarantaine, qui est souvent de mise dans la stratégie politique juive (cf. SAID, chap. 6, note 14). Cette stratégie entra en conflit avec celle d’autres groupes, comme l’AJCongress et l’ACLU, qui signèrent un document attribuant la violence au préjugé antisémite et soulignant que les victimes avaient été privées de leurs libertés civiles en raison de leurs sympathies communistes.

Ce qui causa une inquiétude particulière aux dirigeants juifs américains, ce fut l’arrestation et la condamnation pour espionnage de Julius et Ethel Rosenberg. Les partisans gauchistes des Rosenberg, qui étaient pour beaucoup des Juifs, interprétèrent cette affaire comme un cas exemplaire d’antisémitisme. Comme le dit un fameux publiciste de l’époque : « Si le peuple américain n’y met pas le holà, le lynchage de ces deux Juifs américains innocents servira de signal pour des coups de mains génocidaires de type hitlérien contre les Juifs partout aux États-Unis » (in Svonkin op. cit. p. 155). Ces organisations gauchistes tentèrent de rallier à leur interprétation le gros de l’opinion juive, mais ce faisant, ils rendaient encore plus manifestes l’identité juive des individus en question et leur liaison au communisme. Les représentants officiels de la communauté juive se donnèrent beaucoup de mal pour modifier le stéréotype commun de la subversion et déloyauté juives.

Tout à son effort d’incriminer le communisme, l’AJCommittee s’empara du procès de Rudolph Slansky et de ses collègues juifs, en Tchécoslovaquie. Ce procès faisait partie de la vague de purges antisémites des élites juives communistes en Europe de l’Est après la Deuxième Guerre mondiale. La situation était analogue au cours des événements en Pologne, tels que narrés par Schatz et examinés par nos soins au troisième chapitre du présent ouvrage. L’AJCommittee déclara : « Le procès du juif renégat Rudolph Slansky et de ses comparses, qui ont trahi le judaïsme en servant la cause du communisme, devrait nous faire prendre conscience que l’antisémitisme est désormais partie prenante de la politique communiste. Il est paradoxal de constater que ces hommes qui ont déserté les rangs du judaïsme, lequel est opposé au communisme, servent aux communistes de prétexte dans leur campagne antisémite » (cité in Svonkin, op. cit. p.282).

Les organisations juives coopérèrent pleinement avec la commission parlementaire sur les activités anti-américaines et les défenseurs des Rosenberg et autres communistes furent pourchassés et exclus des grandes organisations juives, où ils étaient auparavant bienvenus. Le cas le plus frappant est celui du Jewish Peoples Fraternal Order (JPFO), fort de 50.000 membres. C’était un organisme généré de l’International Workers Order (IWO), lequel était sur la liste des organisations subversives du ministère de la justice. L’AJCommittee exclut, au grand dam des organisations juives locales, le JPFO, qui combattit cette mesure bec et ongles. De son côté, l’AJCongress dissout l’affiliation du JPFO et celle d’une autre organisation dominée par les communistes, l’American Jewish Labor Council. Les organisations juives dominantes se dissocièrent de même de la Social Service Employees Union, un syndicat juif qui organisait les employés des organisations juives. Ce syndicat avait déjà été exclu du Congress of Industrial Organizations pour son philo-communisme.

Les organisations juives avaient obtenu que des Juifs eussent des fonctions importantes au ministère public pendant le procès des Rosenberg. Après que le verdict fut rendu, l’AJCommittee et l’American Civil Liberties Union s’échinèrent à défendre lesdits Juifs. La revue Commentary, publiée par l’AJCommittee, « exerçait un strict contrôle rédactionnel sur ses articles, de façon à ne laisser apparaître aucun propos peu ou prou favorable au communisme » et la revue, contrairement à ses habitudes, fit paraître des articles extrêmement anti-soviétiques (Liebman, Jews and the Left, p. 516).

Sur la question de l’immigration toutefois, les organisations juives dominantes arboraient une position qui coïncidait souvent avec celle du PCUSA ; c’était le cas de l’AJCommittee, qui s’opposait au communisme. En compagnie du PCUSA, L’AJCommittee condamna la loi McCarran-Walter ; cette organisation avait en même temps l’oreille de la commission du président Truman sur l’immigration et la naturalisation (PCIN) et lui souffla ses consignes recommandant de relâcher la bride aux dispositions sécuritaires de la loi McCarran-Walter. Ces recommandations furent chaudement saluées par le PCUSA, dans ce contexte où le dessein principal des tours de vis sécuritaires était d’exclure les communistes. (Le juge Julius Rifkind condamnait lui aussi, lors des auditions relatives au projet de loi McCarran-Walter, les clauses sécuritaires de cette proposition de loi.)

Les Juifs étaient sur-représentés au PCIN et dans les organisations impliquées dans les questions migratoires, considérées comme des vitrines communistes par le congrès. Le président du PCIN s’appelait Philip B. Perlman et son équipe comprenait un fort taux de Juifs : Harry N. Rosenfled était l’administrateur, Elliot Shirk son administrateur-adjoint. Ses comptes-rendus étaient approuvés de tout cœur par l’AJCongress (cf. le Congress Weekly du 12 janvier 1952, p. 3). Ses délibérations furent publiées, tout comme le rapport intitulé Whom We Shall Welcome [‘Ceux que nous devons accueillir’], avec la collaboration du représentant Emanuel Celler.

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Au congrès, le sénateur McCarran accusa le PCIN d’abriter des sympathisants communistes et la commission parlementaire sur les activités anti-américaines (HUAC) publia un document déclarant que « deux douzaines de communistes, et un nombre bien plus important de personnes affiliées de longue date à des entreprises communistes connues, ont pu témoigner lors d’auditions parlementaires ou y faire lire des déclarations écrites (…) Or, dans les archives parlementaires, il n’y a pas une seule mention du véritable passif des individus en question » (House Rep. # 1182, 85th Cong. 1st Session, p. 47). Ce document visait en particulier les communistes liés à l’American Committee for the Protection of Foreign Born (ACPFB), dirigé par Abner Green. Cet individu, un juif, avait été très en vue lors des auditions parlementaires. Les Juifs étaient sur-représentés parmi les cadres et les parrains de l’ACPFB, mis en épingle par le document en question. Le HUAC apporta la preuve que l’ACPFB entretenait des liens étroits avec le PCUSA et fit remarquer que 24 personnes liées à l’ACPFB avaient signé des déclarations incorporées dans les archives publiées du PCIN.

L’AJCommittee était lui aussi très impliqué dans les délibérations du PCIN. Ses militants non seulement y témoignaient directement, mais communiquaient aussi leur documentation – données chiffrées et autres matériaux – aux autres individus et organisations qui témoignaient devant le PCIN. Toutes les recommandations de l’AJCommittee furent incorporées dans le rapport final du PCIN, y compris la minoration du critère de l’employabilité dans les critères d’immigration, l’érosion des dispositions législatives liées aux origines nationales et l’ouverture des vannes migratoires à tous les peuples du monde, sur la base du principe « premier arrivé, premier servi ». La seule exception concernait le nombre total d’immigrés recommandé par le rapport, inférieur au nombre préconisé par l’AJCommittee et d’autres groupes juifs. Par conséquent, l’AJCommittee allait au-delà de la seule défense du principe de l’ouverture de l’immigration à tous les groupes ethniques et raciaux (des quotas symboliques avaient déjà été octroyés par la loi McCarran-Walter aux Asiates et aux Africains), car ce groupe tâchait d’augmenter au maximum le nombre total d’immigrés venus du monde entier, en dépit de l’atmosphère politique de l’époque.

La commission présidentielle sur l’immigration et la naturalisation faisait nettement remarquer que la législation de 1924 avait réussi à maintenir le statu quo racial et que la plus grand obstacle au changement de ce dernier n’était pas le système de quotas par origines nationales, parce qu’il y avait déjà une forte proportion d’immigrés hors-quotas et que les quotas d’immigrés des pays d’Europe du Nord et de l’Ouest n’étaient pas remplis (rapport du PCIN de 1943, p. 106). Le rapport soulignait que le véritable obstacle au changement du statu quo racial était la quantité d’immigrés. La commission considérait donc le changement de la composition raciale des États-Unis comme un objectif désirable et soutenait que l’augmentation du nombre total d’immigrés était au plus haut point souhaitable (ibidem p. 42). Comme l’écrit Bennett, la loi de 1924, qui réduisait le nombre total d’immigrés, était aux yeux de la PCIN « une chose très funeste, car la commission considérait qu’une race donnée était tout aussi apte qu’une autre à recevoir la nationalité américaine, comme à tout autre emploi » (American Immigration Policies : A History, p. 185).

De leur côté, les partisans de la législation de 1952 voyaient cette affaire comme étant au fond un épisode de guerre ethnique. Le sénateur McCarran déclara que la subversion du système des quotas par origine nationale « avait de quoi modifier la composition ethnique et culturelle de cette nation en une seule génération » (in Bennett, op. cit. p. 185). Comme le fait remarquer R. A. Divine, les intérêts ethniques étaient prépondérants, des deux côtés. Les restrictionnistes défendaient implicitement le statu quo ethnique, tandis que les anti-restrictionnistes étaient animés du désir plus explicite de l’altérer conformément à leurs intérêts ethniques, quand bien même leur rhétorique était coulée dans un moule universaliste et moraliste.

Pendant cette période, l’implication juive dans les questions migratoires se manifeste avec force dans plusieurs autres incidents. En 1950, le représentant de l’AJCongress, témoignant devant une commission parlementaire, expliqua que la conservation du système de quotas par origines nationales serait « un désastre politique et moral » (‘Revision of Immigration Laws’, Joint Hearings, 1950, p. 336-337). Le principe des quotas par origine nationale implique que « les personnes qui cherchent l’opportunité de vivre sur cette terre doivent être jugées conformément à leur lignage, comme des bêtes à cornes dans un marché aux bestiaux, et non pas sur la base des aptitudes de leur personnalité » (Congress Weekly # 21, 1952, p. 3-4). R. A. Divine considère que l’AJCongress représentait « l’aile la plus militante » de l’opposition, à cause de son refus de principe de toute forme de quota par nationalité, alors que les autres opposants se cantonnaient à exiger la redistribution des quotas non-remplis aux immigrés issus de l’Europe du Sud et de l’Est.

Le représentant Francis Walter remarquait que « certains membres de l’American Jewish Congress, opposés au code de l’immigration et de la nationalité, sont agités en ce moment d’une pulsion propagandesque » (Cong. Rec. du 13 mars 1952, p. 2283). Il visait en particulier les activités du Dr. Israel Goldstein, président de l’AJCongress, qui était cité par le New York Times affirmant que la loi sur l’immigration et la nationalité « flétrirait d’une marque d’infériorité quiconque n’est pas d’origine anglo-saxonne ». Le représentant Walter remarquait pour sa part le rôle tout particulier que jouaient les organisations juives, s’agissant du militantisme visant à faire reposer les droits d’immigration sur le regroupement familial et non plus sur les aptitudes professionnelles individuelles. Quand le représentant Jabob Javits eut affirmé que l’opposition à la proposition de loi en question « n’était pas confinée à un seul groupe, comme le dit ce monsieur », Walter rétorqua ce qui suit :

Je pourrais attirer votre attention sur le fait que M. Harry N. Rosenfield, membre de la commission sur les personnes déplacées [et aussi administrateur de la PCIN, voir plus haut] se trouve aussi être le beau-frère d’un certain avocat qui a fomenté toute cette agitation et qui a dit dans un discours récent que ‘la législation en discussion au parlement est le tribunal de Nuremberg de l’Amérique. Elle est « racieuse » et archaïque, se fondant sur l’idée que les gens qui ont différents types de nez ne doivent pas être traités de la même façon ». (Cong. Rec. du 13 mars 1952, p. 2284)

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Le représentant Walter a ensuite fait remarquer que les seules organisations qui s’étaient opposées au projet de loi dans son intégralité étaient l’AJCongress et l’Association of Immigration and Nationality Lawyers, laquelle est « représentée par un avocat qui est aussi conseiller de l’American Jewish Congress ». (Israel Goldstein avait lui-même avoué qu’« au moment des auditions parlementaires liées à la proposition de loi McCarran-Walter, l’American Jewish Congress était le seul groupe qui osa s’opposer résolument au principe des quotas d’immigration par nationalité » [‘An American immigration policy’, Congress Weekly, nov. 1952]).

Le représentant Emanuel Celler répondit à Walter qu’il « n’aurait pas dû monter en épingle comme il l’a fait un groupe confessionnel qui s’oppose à la proposition de loi » (Cong. Rec. du 13 mars 1952, p. 2285). Le représentant Walter se dit d’accord avec la remarque de Celler, ajoutant qu’il y a de « bons juifs qui sont d’accord avec la proposition de loi ». Cependant, les principales organisations juives, comme l’AJCongress, l’AJCommittee, L’ADL, le National Council of Jewish Women et la Hebrew Immigrant Aid Society, étaient contre la proposition de loi (Cong. Rec. du 23 avril 1952, p. 4247). Quand le juge Simon Rifkind témoigna contre elle lors des auditions parlementaires, il souligna qu’il représentait un très large éventail de groupes juifs, soit « l’ensemble de l’opinion religieuse et de l’opinion laïque du groupe juif défini d’un point de vue confessionnel, de l’extrême-droite à l’extrême-gauche » (ibidem p. 563). Rifkind parlait au nom d’une longue liste de groupes juifs locaux et nationaux, y compris, outre ceux que nous avons déjà cités, le Synagogue Council of America, le Jewish Labor Committee, les Jewish War Veterans of the United States et 27 comités juifs locaux de tout le pays. Qui plus est, le combat mené contre la proposition de loi était mené par les parlementaires juifs, dont Celler, Jevits et Lehman, tous membres éminents de l’ADL.

Même si telle n’était pas son intention, le représentant Walter attirait clairement l’attention sur le rôle spécial des Juifs dans le conflit de 1952 portant sur l’immigration. Le militantisme tout particulier de l’AJCongress contre la proposition de loi McCarran-Walter était un motif de fierté à l’intérieur du groupe. Juste avant leur victoire de 1965, un éditorial du Congress bi-Weekly expliquait « tirer fierté » du fait que le rabbin Israel Goldstein, président de l’AJCongress, eût été « la cible de l’attaque du représentant Walter, en tant que figure de proue du combat contre les mesures qu’il parrainait » (1er février 1965, p. 3).

L’idée que l’opposition à la loi MacCarran-Walter avait une forte composante juive ressort de l’échange suivant entre les représentants Celler et Walter. Celler disait : « La théorie de l’origine nationale, sur laquelle repose notre loi sur l’immigration (…) insulte nos doléances qui sont fondées sur l’égalité des chances pour tous les peuples, quelles que soient leur race, leur couleur ou leur confession ». Le représentant Walter lui répondit : « Il y a un grand danger qui menace l’Amérique : tous ces bourgeois, bourgeois juifs y compris, qui versent des larmes de crocodile sans aucune raison valable » (Cong. Rec. du 13 janvier 1953, p. 372).

Richard Arens, étudiant les particularités des intérêts juifs dans la question de l’immigration, fait remarquer ce qui suit : « Ce qu’il y a de curieux chez ceux qui ont fait le plus de bruit pour faire croire que la loi de 1952 était ‘discriminatoire’ et qu’elle ne fait pas assez de place aux prétendus réfugiés, c’est qu’ils se sont opposés à toute admission d’un seul réfugié arabe, sur environ un million d’Arabes réfugiés dans des camps où ils vivaient dans des conditions déplorables après avoir été chassés d’Israël » (cité in Bennett, op. cit. p. 181).

La loi McCarran-Walter fut donc promulguée malgré le veto de Truman, dont « la supposée sympathie envers les Juifs était habituellement ciblée par les antisémites » (N. W. Cohen, op. cit. p. 377). Avant ce veto, Truman avait reçu de pressantes visites, « de sociétés juives en particulier » qui s’opposaient à la proposition de loi (Divine, op. cit. p. 184). Toutefois, des voix gouvernementales, comme celle du ministère des affaires étrangères, enjoignirent Truman de signer la proposition de loi (malgré l’argument anti-restrictionniste selon lequel ses conséquences seraient désastreuses du point de vue de la politique étrangère). En outre, des individus d’orientation ouvertement antisémite comme John Beaty, auteur de The Iron Curtain Over America (1951), évoquaient souvent l’implication juive dans ces batailles liées à l’immigration.

Auteur: Basile

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9 Commentaires sur "Culture de la Critique : L’implication juive dans l’élaboration de la politique migratoire U.S. (7)"

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Rho 2
18 septembre 2019 20 h 32 min

Encore merci, Basile !
Amusant que ces foutus youtrons qui veulent imposer notre submersion par des races de boue, au nom de principes humanitaires qui transcenderaient celui de nos propres peuples à continuer d’exister, se soient farouchement opposés à l’arrivée aux États-Unis ne serait-ce que d’un seul Palestinien parmi le million qu’ils avait chassé de ses terres et de ses maisons…
Soit dit en passant, ces mêmes youtres continuaient à envoyer des millions de dollars à leurs cousins d’Israël pour continuer leur “oeuvre”.
Et ça n’a pas changé.
Israid et tous les groupes de pression de ces maudits youtres aident les “pauvres réfugiés” nigérians, ivoiriens, maliens, pakistanais, et que sais-je encore, de la guerre en Syrie ( ! ) ou du réchauffement climatique, qui entraîne en fait une hausse de la production agricole, à venir s’installer dans nos pays mais surtout pas en Israël…
On ne peut même pas les comparer à des coucous ou à des sangsues ; c’est plutôt le virus du sida…

Pyrrhus
20 septembre 2019 2 h 44 min

Les palestiniens sont les youtres aborigènes, juste islamisés. Faut croire que Moshe et consorts ne voulaient pas de concurrence vicitimaire.
Ils y ont droit maintenant, avec les rats de Palestine qui accusent les rats d’Israel de génocide.
Le génocide des bougnes par les youtres, j’y croirais quand Gaza sera aussi sous-peuplé que le Loir-et-Cher, on en est loin.
Quand les turques faisaient dans le nettoyage ethnique, le boulot était fait.

Guerres tribales entre sémites mises à part, les juifs US ont semble-t-il été les donneurs d’ordres.
Sans leur appel au boycott des produits allemands, la “persécution” des youtres serait vite retombée.
Mais le protectionisme est un anathème pour le grand capital judaméricain.
Les brittaniques bien enjuivés à l’époque avaient refusés le débarquement d’un navire casher il me semble.
Et… ça reste de la guerre tribale entre sémites, ou plutôt certains sacrifiés pour assurer le bien commun de la tribu de Juda, Cohen et les 10 autres.

Je ne m’inquiète pas trop, les allemands ont déjà eu plus que leur part de “réfugiés” palestiniens (en plus des millions d’autres) terrorisés par les méchants ashkénazes d’Israel qui y sont parce que c’est la faute aux nazi donc les allemands doivent payer.
Y en a probablement en France, qui feront payer les 50 millions d’aryens pour les 500000 juifs français comme Zemmour.
“Appelez Mohammed Maurice et Fatoumata Francine, l’intégration se fera”.
Je suis pas contre qu’ils gardent leur vrai nom, quand on dressera les listes ça posera pas de problème pour savoir qui déplacer.
Tout ça pour dire, les palestiniens ne sont pas si malheureux sous le joug des perfides sionistes, j’irai même jusqu’à dire, heureux comme des bougnoules en France. Les pays développés les arosent de pognon (le nôtre) à hauteur de quelques milliards par an, comme les pays africains et… Israel. Que ces rats se bouffent entre eux.

Rho 2
20 septembre 2019 8 h 20 min

Votre remarque est hors sujet.
Vous n’avez manifestement rien compris au sens de mon message.
Je mettais juste en lumière la duplicité des juifs qui veulent nous forcer à accueillir des millions de “pauvres réfugiés” mais surtout pas un seul qui puisse témoigner de leurs atrocités ; ça ferait désordre !
Je ne suis pas un trou du cul gauchiste et je me branle donc complètement de la cause palestinienne. La mienne est uniquement celle des Blancs ; à chacun sa merde.
D’ailleurs, comme je l’ai déjà dit sur plusieurs fils, je me fous complètement de ce que les sémites peuvent s’infliger entre eux. Youtres ou bougnoules, c’est la même engeance et plus il en crève mieux c’est. S’ils s’exterminaient entre eux, j’ouvrirais une bouteille de champagne !
Je ne mettrais un bémol que quand le peuple visé par les youpins est d’origine Aryenne et possède donc certaines qualités que les sémites n’ont pas, puisqu’il peut revendiquer une certaine parenté avec notre race.
Ce qui ne change rien au fait que je n’en veux pas un seul de chez nous !
Les Blancs doivent être les seuls à pouvoir vivre sur leurs terres ancestrales et celles qu’ils ont conquises. Point barre.

Anonyme
22 septembre 2019 21 h 49 min
jim33
22 septembre 2019 22 h 33 min

C’est l’alcoolique de youtrebook ? On peut le concidérer comme deja mort . Puis a 60 ans et etre aussi con , c’est criminel !
Ceci dit , le juif est vraiment rat . Il fait des exemples avec la lie francaise .

Rho 2
23 septembre 2019 9 h 47 min

Entièrement d’accord avec toi.
Ce mec est une sous-merde d’une imbécilité totale, juste le genre de guignol que nos ennemis adorent pouvoir montrer en le désignant comme l’exemple de ce que nous serions.
De tels crétins ne sont pas que des boulets qui gênent l’avance de notre cause ; ils font en fait le jeu des youtres et des traîtres. On pourrait les assimiler à ces derniers s’ils n’agissaient pas par connerie et inconscience mais volontairement. Car ils ne servent qu’à décrédibiliser les racistes et les nationalistes et appuyer la propagande des juifs. En fait, on devrait les éliminer nous-mêmes.
Comme je l’ai déjà dit, nous n’avons pas besoin dans nos rangs de psychopathes, d’illuminés, ou de débiles mentaux. Ce genre de tâches, Tonton savait les nettoyer… 😉

jim33
23 septembre 2019 13 h 38 min

A la relecture de l’article sur ce vieux con , je ne peux pas m’empecher de sourire et de me dire que tu as raison . Sauf pour : ” les éliminer nous-memes” .
En france , les jeunes blancs racistes ont autre chose a foutre que d’éliminer un baby-boomer de merde . Faire des études par exemple , et apprendre l’anglais pour se tirer d’ici au plus vite .

La cause raciale n’a pas besoin de martyr mais des exemples de réussite à suivre .
Des réussites dans la vie non dans la mort ou la prison . Femme et enfant , famille nombreuse heureuse et soudée , développement personnel au top , vie professionnelle motivante , cadre sain entièrement blanc . Bref . Une vie normal de blanc qu’en france on nous a volé !
Un avenir Aryen qui vaille la peine qu’on se batte et meurt pour lui .

Rho 2
23 septembre 2019 19 h 14 min

Je suis bien d’accord avec ça.
Je te l’ai d’ailleurs déjà dit : trouver une chouette nana et faire avec elle de beaux gosses Blancs comme vous deux, c’est tout le malheur que je te souhaite ! Et peu importe l’endroit où tu réaliseras ce magnifique projet.
Quand à éliminer les cons, on peut le faire à tout âge tant qu’on a une bonne vue et qu’on n’a pas arrêté de s’entraîner.
Les anciens ont aussi le droit de s’éclater ! Bon, pas ceux qui partent vraiment en charpie à cause de la vétusté, évidemment. Même national-socialiste, un vieux atteint de Parkinson qui cherche à éliminer un enculé, il va dessouder tout le quartier et l’autre restera debout au milieu du carnage ! La main qui tremble, ça peut être utile à madame mais pas avec une sulfateuse ! 🙂

Rho 2
23 septembre 2019 19 h 27 min

Moi, ça va. J’ai jamais dételé et malgré mon âge, j’assure encore pas mal.
Quand tu coupes les arbres morts à la hache, que tu fais toi-même des travaux qui ne sont pas pour les fillettes et que tu ne laisses pas tes haltères sous des toiles d’araignées, tu gardes la forme. Mon punching-ball pleure encore et le gibier ne rigole pas quand je prends un fusil. J’ai quelques vieilles douleurs dues à de vieilles blessures mais la meilleure façon de les faire passer, c’est de bouger sa carcasse. C’est pourquoi je ne fais pas que taper sur un clavier.
Le jour où ça pétera, je ne laisserai pas ma part.
D’autant que j’ai plus le look de Cétautomatix que d’Agécanonix !

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