Culture de la Critique : L’implication juive dans l’élaboration de la politique migratoire U.S. (6)

Le sommaire des parties déjà traduites est à retrouver ici.


L’activité juive anti-restrictionniste, 1924-1945

L’implication remarquable des Juifs dans la politique migratoire US se poursuivit après la promulgation de la loi de 1924. Les groupes juifs trouvaient particulièrement contestable le système des quotas par origine nationale. Un rédacteur de la Jewish Tribune affirmait en 1927 : « Nous (…) considérons toutes les mesures de régulation de l’immigration par nationalité comme illogiques, injustes et non-américaines » (cité in Neuringer, op. cit. p. 205). Pendant les années 1930, le critique le plus en vue des restrictions supplémentaires de l’immigration (lesquelles étaient principalement motivées par l’inquiétude que l’immigration n’exacerbât les problèmes liées à la grande dépression), était le représentant Samuel Dickstein. Il se hissa à la présidence du comité de la chambre des représentants sur l’immigration en 1931, année à partir de laquelle les restictionnistes cessèrent de pouvoir ajouter de nouvelles restrictions à l’immigration.

Dans les années 1930, les groupes juifs formaient l’avant-garde opposée aux restrictions de l’immigration et favorable à sa libéralisation, tandis que dans le camp adverse, on mettait en avant les conséquences économiques fâcheuses de l’immigration dans un contexte de chômage élevé. Entre 1933 et 1938, le représentant Dickstein fit un certain nombre de propositions de loi, soutenues principalement par les organisations juives, qui visaient à admettre davantage de réfugiés d’Allemagne nazie, mais les restrictionnistes eurent le dessus.

Pendant les années 1930, ce furent les inquiétudes liées à l’extrême-gauchisme des immigrés juifs et à leur impossible assimilation, ainsi que la crainte d’une possible subversion nazie, qui firent qu’on ne changeât point les lois sur l’immigration. Qui plus est, « l’accusation voulant que les Juifs fussent plus loyaux à leur tribu qu’à leur pays était monnaie courante aux États-Unis dans les années 1930 » (Breitman & Kraut, American Refugee Policy and European Jewry, 1933-1945, p. 87). Tous les intéressés étaient parfaitement au courant que le public était contre tout changement dans la politique d’immigration et qu’il s’opposait en particulier à l’immigration juive. Dans ces condition, lors des auditions relatives à la proposition de loi sur l’admission de vingt mille enfants de réfugiés allemands en 1939, on minora la part de l’intérêt juif. La proposition de loi parlait de gens « de toute race et de toute confession, qui subissaient des conditions d’existence telles qu’ils étaient forcés de chercher refuge sur d’autres terres ». La proposition de loi ne mentionnait pas le fait que les Juifs en seraient les premiers bénéficiaires et les témoins qui militaient en sa faveur lors des auditions, soulignaient que la proportion d’enfants juifs n’excéderait pas 60 % du total. Pendant les auditions, le seul témoin en faveur de la proposition de loi qui se présenta en tant que « membre de la race juive », était « un quart catholique et trois quart juif », avait des nièces et neveux protestants et catholiques, et venait du sud du pays, bastion de l’opinion anti-immigration.

Les adversaires de cette proposition de loi, en revanche, menaçaient de divulguer le très fort pourcentage de Juifs déjà admis sous l’égide du système des quotas – ce qui semble bien indiquer la puissance de cet antisémitisme « virulent et très répandu » au sein du public américain (ibidem, p. 80). Ils soulignaient que la proposition de loi ferait pénétrer une immigration « qui serait pour l’essentiel de race juive » ; un témoin affirma que « les Juifs seraient les premiers bénéficiaires de cette loi, cela va sans dire ». Les restrictionnistes adoptaient aussi une argumentation économique, citant souvent le président Roosevelt qui avait déclaré lors de son deuxième discours d’investiture : « un tiers de la nation est mal logée, mal vêtue, mal nourrie », et rappelant qu’il y avait déjà un grand nombre d’enfants nécessiteux aux États-Unis. Toutefois, les restrictionnistes s’inquiétaient au premier chef du fait qu’une telle proposition de loi représentait un maillon de toute une chaîne d’efforts anti-restrictionnistes visant à accumuler des précédents afin de saper la loi de 1924. Francis Kinnecutt par exemple, président de l’Allied Patriotic Societies, expliquait que la loi de 1924 se fondait sur l’idée que la représentation des immigrés devait être proportionnelle à la composition ethnique du pays. La proposition de loi en question serait donc un précédent ouvrant la voie à une « législation non-scientifique et empreinte de favoritisme national, adoptée pour répondre à la pression de groupes étrangers, nationalistes ou raciaux, et non pour s’accorder aux besoins et aux désirs du peuple américain ».

Pendant les années 1930, Wilbur S. Carr et d’autres responsables du ministère des affaires étrangères jouèrent un rôle important pour réduire au maximum l’entrée sur le sol américain de réfugiés juifs d’Allemagne. Le sous-secrétaire d’État William Philips était un antisémite qui exerça une forte influence sur la politique migratoire dans la période 1933-1936. Pendant toute cette période qui va jusqu’à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, les tentatives de favoriser l’immigration juive échouèrent globalement, même si l’on savait que les Nazis persécutaient les Juifs, car le Congrès ne s’y plia pas, non plus que les responsables du ministère des affaires étrangères. Des journaux comme The Nation (19 novembre 1938) et The New Republic (23 novembre 1938) accusaient le restrictionnisme d’être motivé par l’antisémitisme, mais les adversaires de l’immigration massive de Juifs soutenaient que celle-ci exacerberait encore davantage l’antisémitisme.

Ce Juif aime vivre dangereusement

Henry Pratt Fairchild, restrictionniste et très judéo-sceptique en général, expliquait qu’« un puissant courant anti-étrangers et antisémite court tout près de la surface de la conscience du public américain, prêt à éclater violemment au prétexte d’une provocation, même assez mineure. » L’opinion publique était résolument opposée à une augmentation des quotas de réfugiés européens : un sondage paru dans le numéro d’avril 1939 de la revue Fortune montrait que 83 % des sondés avaient répondu « non » à la question suivante : « Si vous étiez parlementaire, voteriez-vous « oui » ou « non » à la proposition de loi voulant ouvrir les portes des États-Unis à un plus grand nombre de réfugiés européens que ce que nos quotas d’immigration ne permettent ? » Moins de 9 % des sondés avaient répondu « oui » et le reste était sans opinion.

L’activité juive anti-restrictionniste, 1946-1952

Même si les intérêts juifs avaient été contrecarrés par la loi de 1924, « le caractère discriminatoire de la loi Reed-Jonhson restait en travers de la gorge de tous les secteurs de l’opinion juive américaine » (Neuringer, op. cit. p. 196). Un article du Congress Weekly écrit par Will Maslow en 1950 répétait l’idée que la législation migratoire ciblait délibérément les Juifs : « De toutes les lois, seules celles qui sont relatives à l’immigration des étrangers ne sont pas soumises aux garanties constitutionnelles. Mais même là, l’hostilité à l’égard de l’immigration juive a dû être masquée sous un dispositif compliqué de quotas qui définissaient l’éligibilité à l’immigration sur la base du pays de naissance et non de la religion. »

Que les Juifs se soient préoccupés d’altérer l’équilibre ethnique des États-Unis est un fait qui ressort clairement des débats parlementaires sur l’immigration dans la période de l’après-Deuxième Guerre mondiale. En 1948, l’AJCommittee fit communication à un sous-comité du Sénat d’un rapport, qui tout à la fois niait les intérêts matériels des États-Unis et affirmait son engagement à y faire entrer des immigrés de toutes les races : « L’américanisme ne se mesure pas à l’aune de l’obéissance aux lois, ni à celle du zèle pour l’instruction ou du degré d’instruction, ni à aucune de ces qualités sur le terrain desquelles, d’ailleurs, les immigrés pourraient bien supplanter les indigènes. Non, l’américanisme, c’est l’esprit qui sous-tend l’accueil que l’Amérique accorde par tradition aux gens de toute race, de toute religion et de toute nationalité » (cité in N. W. Cohen, Not Free to Desist : The American Jewish Committee, 1906-1966, p. 369).

En 1945, le représentant Emanuel Celler proposa une loi voulant abolir la rétention de l’immigration chinoise, à laquelle on n’accordait que des quotas de pure forme ; en 1948, l’AJCommittee condamnait le principe des quotas d’ Asiatiques. D’un autre côté, dans cette même période, les groupes juifs montraient de l’indifférence ou de l’hostilité au principe de l’immigration d’Européens non-juifs (même d’Europe méridionale). Ainsi, les porte-parole juifs ne participèrent aucunement aux auditions relatives aux futures lois portant sur l’immigration d’un nombre limité d’Allemands, d’Italiens, de Grecs et de Néerlandais, de rescapés du communisme et d’un petit nombre de Polonais, d’Asiatiques et d’Arabes. Quand les porte-parole finirent par participer aux auditions (en partie parce que quelques rescapés du communisme étaient juifs), ils profitèrent de l’occasion pour concentrer le tir sur la référence à l’origine nationale inscrite dans la loi de 1924.

Dans cette période, les Juifs s’opposaient aux restrictions migratoires afin d’établir des précédents qui court-circuitaient le système des quotas et d’accroître l’immigration juive issue d’Europe de l’Est. Le Citizens Committee on Displaced Persons, qui militait pour l’admission de 400.000 réfugiés hors-quotas sur une période de quatre ans et était tenu par une équipe de 65 permanents ; il était financé principalement par l’AJCommittee et d’autres contributeurs juifs (cf. Cong. Rec. du 15 octobre 1949, p. 14647-14654). Lorsqu’on proposa une loi relative à l’immigration des déplacés, les témoins qui y étaient opposés se plaignirent lors des auditions que celle-ci visait à subvertir l’équilibre ethnique des États-Unis établi par la loi de 1924.

La proposition de loi issue de ce sous-comité ne satisfaisait pas les intérêts juifs, parce qu’elle fixait une date-butoir qui excluait les Juifs qui avaient quitté l’Europe de l’Est après la Deuxième Guerre mondiale, y compris les Juifs qui fuyaient l’antisémitisme polonais. Le sous-comité du sénat « considérait les mouvement migratoires des Juifs et autres réfugiés d’Europe de l’Est après 1945 comme tombant en dehors du spectre du problème principal et laissait entendre que cet exode était une migration planifiée et organisée par les agences juives aux États-Unis et en Europe » (Senate Rep. # 950 [1948] p. 15-16).

Les représentants juifs lancèrent un assaut contre cette proposition de loi. Le représentant Emanuel Celler dit qu’il aurait préféré qu’il n’y eût « aucune proposition de loi. Tout ce qu’elle propose, c’est d’exclure les Juifs » (cité in Neuringer, op. cit. p. 298). Quand, à contre-cœur, le président Truman signa cette loi, il expliqua que la date-butoir de 1945 « était sèchement discriminatoire à l’égard des personnes déplacées de confession juive » (Interpreter Releases 25 [21 juillet 1948], p. 252-254). En revanche, le sénateur Chapman Revercomb expliquait qu’il n’y avait « nulle distinction, et certainement nulle discrimination dirigées contre qui que ce soit en raison de sa religion ou de sa race, mais que des différences avaient été faites entre les personnes déplacées pour donner un traitement préférentiel à celles qui avaient séjourné plus longtemps dans des camps » (Cong. Rec. du 26 mai 1948, p. 6793). Ayant analysé cette séquence, R. A. Divine conclut ce qui suit :

Le motif explicite des restrictionnistes, qui était de circonscrire ce programme aux gens qui avaient été déplacés pendant le cours de la guerre, semble être la raison suffisante des dispositions de cette loi. La tendance des groupes juifs à rattacher l’exclusion de nombre de leurs coreligionnaires à un parti-pris antisémite est compréhensible ; cependant, les accusations de discrimination assenées avec violence lors de la campagne présidentielle de 1948 laissent supposer que l’aile septentrionale du parti démocrate se servait de cette affaire pour attirer à soi les suffrages des membres des groupes minoritaires. Le fait que Truman affirmait que la loi le 1948 était anti-catholique, alors que les catholiques eux-mêmes le niaient, montre bien qu’on mettait l’accent sur la question de la discrimination pour des raisons d’opportunisme politique. (American Immigration Policy, 1924-1952, p. 143)

Quand la proposition de loi vit le jour, le Citizens Committee on Displaced Persons publia un communiqué affirmant que celle-ci étaient empreinte de « haine et de racisme » et que les organisations juives la dénonçaient unanimement. Quand les élections de 1948 donnèrent une majorité démocrate au congrès, sous la présidence de Truman qui était favorable aux Juifs, le représentant Celler fit une nouvelle proposition de loi qui retirait la clause fixant la date-butoir à 1945. La chambre des représentants l’accepta, mais pas le sénat, à cause de l’opposition du sénateur Pat McCarran. Celui-ci faisait remarquer que le Citizens Committee avait dépensé plus de 800.000 $ pour faire adopter la proposition de loi en question, de façon à mener « une campagne dans l’ensemble du pays, disséminant idées fausses et tromperies de façon à égarer le jugement de quantité d’organisations et de citoyens, pourtant de bonne foi et inspirés par le bien public » (Cong. Rec. du 26 avril 1949, p. 5042-5043).

Après sa défaite, le Citizens Committee augmenta la mise et dépensa un million de dollars ; il réussit cette fois-ci à faire adopter une nouvelle proposition de loi, présentée par le représentant Celler, qui marquait comme date-butoir l’année 1949, date qui ne portait pas atteinte aux Juifs, mais qui excluait largement les Allemands de souche qui avaient été expulsés d’Europe de l’Est. Le débat prit un tour inattendu, puisque les restrictionnistes accusèrent alors les anti-restrictionnistes de partis-pris ethnique (cf. les interventions du sénateur Eastland, Cong. Rec. du 5 avril 1950, p. 2737 et du sénateur McCarran, ibidem p. 4743).

À cette époque, il n’y avait pas d’irruption d’antisémitisme dans le monde qui auraient déterminé le besoin urgent d’une immigration juive et il y avait un refuge sûr pour les Juifs : l’État d’Israël. Cependant, les organisations juives persévéraient dans leur opposition vigoureuse au principe des quotas par origine nationale, prévu par la loi de 1924 et maintenu dans la loi McCarran-Walter de 1952. De fait, quand Simon H. Rifkind, juge à la cour d’appel, témoigna contre la proposition de loi McCarran-Walter lors d’une audition, au nom de toute une série d’organisations juives, il fit une remarque digne d’intérêt. La situation internationale ayant changé, expliquait-il, mentionnant en particulier l’existence d’Israël en tant que sûr refuge pour les Juifs, l’opinion des Juifs au sujet des lois sur l’immigration ne se fondait plus sur « le sort malheureux de nos coreligionnaires, mais sur l’impact que les lois sur l’immigration et la naturalisation produisent sur le caractère national et la qualité de vie américaine, ici aux États-Unis ».

Son argumentation était coulée dans la langue des « principes démocratiques et de la cause de l’amitié internationale » (cité in N. W. Cohen, op. cit. p. 386). La théorie implicite était que les principes de la démocratie exigeaient la diversité ethnique (opinion propagée par des intellectuels juifs militants comme Sydney Hook à l’époque [cf. chap. 6]). Une autre théorie implicite était que la bonne volonté des autres pays dépendait de l’acceptation de leurs ressortissants en tant qu’immigrés aux États-Unis. « Son adoption [la proposition de loi McCarran-Walter] gênerait gravement l’effort national que nous menons. Car nous sommes engagés dans une guerre pour gagner les cœurs et les consciences des hommes. Les nations libres attendent de nous des renforts moraux et spirituels, en un temps où la foi qui mène les hommes est aussi importante que la force qu’ils possèdent ».

La loi McCarran-Walter faisait explicitement mention de l’hérédité raciale dans ses critères d’admission, par exemple dans sa disposition relative aux quotas d’Orientaux, laquelle ne tenait aucun compte de leur pays de naissance. Herbert Lehman, sénateur de New York et plus grand opposant de sa Chambre aux restrictions migratoires dans les années 1950, expliquait, au cours des délibérations relatives à la proposition de loi McCarran-Walter, que les immigrés de Jamaïque d’extraction africaine devraient être comptés dans les quotas d’immigrés d’Angleterre. Il affirmait aussi que la proposition de loi provoquerait du ressentiment parmi les Asiatiques. Les représentants Celler et Javits, chefs des anti-restrictionnistes à la chambre des représentants, employaient des arguments du même genre (Cong. Rec. du 23 avril 1952, p. 4306 et 4219). Comme dans les batailles qui avaient eu lieu au siècle précédent, l’opposition aux lois de restriction de l’immigration sur la base des origines nationales avait une portée qui dépassait leurs effets sur l’immigration juive, car les tenants de cette position défendaient le principe d’une immigration ouverte aux groupes raciaux et ethniques du monde entier.

Le rapport du sous-comité chargé d’examiner la proposition de loi McCarran sur l’immigration, manifestant son souci de maintenir le statu quo ethnique et de mettre en évidence les affaires juives, faisait remarquer : « la population totale des États-Unis a triplé depuis 1877, mais la population juive est vingt-et-une fois plus nombreuse depuis cette même date » (Senate Rep. # 1515 [1950] p. 2-4). La proposition de loi en question stipulait que les citoyens naturalisés perdraient automatiquement leur citoyenneté s’ils résidaient cinq ans de suite à l’étranger. Cette disposition était considérée par les organisations juives comme la manifestation de tendances anti-sionistes : « Les témoignages énoncés par des responsables gouvernementaux lors des auditions montrent clairement que cette disposition découle de la volonté de dissuader les Juifs naturalisés américains d’adhérer à un idéal profondément ancré en eux, que certains responsables considèrent comme indésirable, contrevenant ainsi à la ligne politique américaine. »

Fidèle à la logique des restrictionnistes de 1924, le rapport du sous-comité souligna que le dessein de la loi de 1924 était de « restreindre l’immigration du Sud et de l’Est de l’Europe pour préserver la prépondérance des gens originaires de l’Europe du Nord et de l’Ouest dans la composition de la population totale », mais sans toutefois adopter « une quelconque théorie de la supériorité nordique » (ibidem p. 442, 445-446). On attendait que les futurs immigrés eussent une « similitude de fonds culturel », ce qui impliquait le refus des théories du pluralisme culturel. Comme en 1924, les théories de la supériorité nordique étaient rejetées, mais contrairement à ce qui était énoncé alors, toute mention des intérêts ethniques légitimes des gens issus du Nord et de l’Ouest de l’Europe avait disparu, signe indiquant sans doute que l’assaut mené par les boasiens contre cette idée avait réussi.

Sans ajouter foi à une quelconque théorie de la supériorité nordique, le sous-comité pense que l’adoption de la formule par origines nationales est la méthode rationnelle et logique qui permet de restreindre numériquement l’immigration, de façon à préserver au mieux l’équilibre sociologique et culturel de la population des États-Unis. Incontestablement, cette formule a favorisé les ressortissants des pays du Nord et de l’Ouest de l’Europe, au détriment des gens issus du Sud et de l’Est de l’Europe ; toutefois, le sous-comité soutient que ceux qui ont apporté la plus grande contribution au développement de ce pays étaient absolument dans leur droit quand ils décidèrent que le pays n’étaient plus un champ ouvert à la colonisation et que par suite, l’immigration devait être non seulement restreinte, mais réservée à ceux qui seraient plus facilement assimilables en vertu de la similitude de fonds culturel entre eux et les composantes principales de notre population. (Sen. Rep. # 1515, 81st Cong, 2nd Sess. 1950, p. 455)

Ici, il faut remarquer que lorsque les porte-parole juifs s’opposaient aux restrictions migratoires à cette époque, ils n’avaient pas les mêmes motifs que les autres groupes de gauche. Dans les remarques qui suivent, je mettrai en exergue le témoignage du juge Simon H. Rifkind, qui représentait tout un éventail d’agences juives lors des auditions parlementaires relatives à la proposition de loi MacCarran-Walter, en 1951.

1. L’immigration devait englober tous les groupes ethniques et raciaux :

Nous considérons que l’américanisme est l’esprit qui sous-tend l’accueil que l’Amérique accorde par tradition aux gens de toutes races, de toutes religions et de toutes nationalités. L’américanisme, c’est un mode de vie tolérant qui fut conçu par des hommes très différents du point de vue de la religion, de l’origine raciale, de l’instruction et du lignage, mais qui ont convenu de laisser tout cela de côté pour ne plus demander à leur voisin d’où il venait, mais seulement ce qu’il pouvait apporter et quel était son état d’esprit à l’égard de son prochain. (ibidem. p. 566)

2. Le nombre total d’immigrés doit être le plus grand possible, dans le cadre de contraintes économiques et politiques très vaguement définies. « La régulation [de l’immigration] est la régulation d’une ressource, pas d’un handicap » (ibid, p. 567). Rifkind souligna plusieurs fois que le fait que tous les quotas n’étaient pas remplis réduisait le nombre d’immigrés, chose très funeste à ses yeux.

3. Les immigrés ne devaient pas être vus comme des ressources économiques et importés uniquement pour servir les besoins actuels des États-Unis.

On considère [l’immigration choisie] du point de vue des États-Unis, jamais du point de vue de l’immigré. Je pense qu’il faudrait certes faire droit à nos besoins circonstanciels, mais surtout, ne pas faire de la question de l’immigration une variable d’ajustement touchant à l’emploi. Quand nous laissons entrer des immigrés, je ne pense pas que nous achetions des biens économiques. Nous admettons des être humains qui vont fonder des familles et élever des enfants, et dont les petis-enfants atteindront les sommets – c’est en tout cas ce que nous espérons et ce pour quoi nous prions. En ce qui concerne un petit segment du flux d’immigrés, je pense que nous avons le droit de nous dire que comme nous manquons de tel ou tel talent, il faut aller les chercher si nécessaire, mais ne faisons pas en sorte que ce mode de pensée recouvre toutes les autres. (ibid. p. 570)

En s’opposant à l’idée que le besoin de talents soit le fondement de l’immigration, Rifkind marchait dans les pas de ses prédécesseurs qui s’étaient évertués depuis la la fin du XIXè siècle à faire ajourner l’obligation légale de l’épreuve d’alphabétisation pour les immigrés, jusqu’au moment où cette obligation entra dans la loi en 1917.

Les chrétins aiment les trisonègres que les Juifs leur ont mis dans les pattes

Auteur: Basile

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4 Commentaires sur "Culture de la Critique : L’implication juive dans l’élaboration de la politique migratoire U.S. (6)"

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Rho 2
11 septembre 2019 19 h 52 min

Dommage que tout le monde ne lise pas ces passionnantes et très éclairantes traductions de l’oeuvre de Kevin MacDonald.
La vérité n’intéresse pas tout le monde, hélas. Quoi qu’il en soit, merci cher Basile de nous apporter cette belle démonstration de la volonté constante des youtres de subvertir nos gouvernements et de recouvrir nos terres par les pires déchets des races de boue, dont même les meilleurs sont déjà des sous-hommes.
Évidemment, pour être admis à s’installer en Israël, c’est un peu différent.
Là, fini la tolérance, le mélange des races, le vivre ensemble avec les boucaques, l’importation massive de nègres à 65 de QI.
Il faut être juif AOC et gare à la fraude !
On va jusqu’à contrôler l’ADN si c’est jugé nécessaire et les (((associations pour les droits de l’homme))) qui refusent cette procédure chez nous, quand ça se passe là-bas, elles ferment leur gueule.
De même qu’elles empêchent Trump de construire le mur promis à ses électeurs mais ne disent rien pour celui qu’Israël a bâti…sur le territoire qui n’appartient qu’aux Palestiniens ! En fait, les membres de ces associations, comme presque tous les juifs d’ailleurs, vont faire leur service militaire dans Tsahal et buter du bougnoule de tout âge alors qu’ici ils nous demandent de les considèrer comme des vaches sacrées…
Et ils envoient tous du pognon pour financer l’implantation de nouvelles colonies en Cisjordanie, en dépit des avis rendus par l’ONU qui, bien qu’à la botte des juifs, n’a pu que rappeler qu’elles sont illégales au regard du droit international.
Un droit pour les goyims dont les youtrons se foutent royalement.
Car leur seule loi, c’est le Talmud.
Ces pourritures veulent préserver leur centre névralgique mais pourrir nos pays qui ont fait la folie de les accueillir.
Les Américains ont été leurs premières victimes car il s’agissait d’un pays né de l’immigration massive de colons et dans lequel ils avaient déjà pu faire venir, avec la complicité de propriétaires terriens qui ne voyaient pas plus loin que leur profit immédiat, des millions de nègres.
Ils faisaient d’une pierre deux coups puisqu’ayant un quasi-monopole de la traite négrière, ils ont non seulement pourri les USA mais se sont formidablement enrichis au passage. Avant de se présenter, cent ans plus tard, comme les défenseurs de ces négros que leurs grands-pères avaient fait charger dans leurs bateaux comme des billes de bois !
La choutzpah, c’est vraiment leur principale caractéristique…

Warezerie
11 septembre 2019 22 h 12 min

Très intéressant et parfaitement sourcés, comme de coutume avec KMcD.

Ce qu’il me semble en ressortir, entre autre, est qu’un antisémitisme plus virulent, sans aucune forme de concession, bien entendu dans la mesure du possible d’alors, aurait été la meilleure option pour contrer au mieux ces (((salopards))). Il y a là probablement une leçon à tirer, n’en déplaise à la bande suavelos qui, dans leur dernière vidéo, tentent très pathétiquement et une fois de plus de justifier leur nationalisme judéo-compatible, et qui a fait l’objet d’une mise au point sur le blog RaHoWa dernièrement.

Je joins mes remerciements à ceux de Rho 2, tant pour le choix de traduire l’excellent K. McDonald, un manque désormais bien comblé, ainsi que pour le gros travail fourni par Basile, merci beaucoup cher camarade !

jim33
11 septembre 2019 23 h 30 min

Oui , remercions Basile pour le travail de traduction , c’est un choix judicieux . KMcD est un véritable “déstructurateur” .

Quant aux rats de suavelos : Qu’ils aillent se faire foutre ! Traitres , indicateurs de police , marchands de sable, putificateurs de blanche , humainement tarés , racialement dégénérés , suevelos est le fond de cuve “aryen” frOncais !

Cantou
13 septembre 2019 13 h 27 min

Merci Basile pour ces traductions (travail long et ingrat s’il en est). J’attends d’avoir un long créneau de disponible pour toutes les lires d’une traite et mieux en apprécier le contenu mais une un premier passage en diagonale paraît très prometteur.

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