Culture de la Critique : L’implication juive dans l’élaboration de la politique migratoire U.S. (4)

Le sommaire des parties déjà traduites est à retrouver ici.


L’activité politique juive anti-restrictionniste

L’activité juive anti-restrictionniste aux États-Unis jusqu’en 1924

L’altération par les Juifs de la discussion intellectuelle de la race et de l’ethnie a eu manifestement des répercussions à long terme sur la politique migratoire U.S., mais l’implication politique juive est allée bien au-delà. Les Juifs ont été « le seul groupe qui a fait pression de façon ininterrompue en faveur d’une libéralisation de la politique d’immigration » aux États-Unis, au cours de toute la durée de ce débat, entamé en 1881 (Neuringer, American Jewry and United States Immigration Policy, 1881-1953, p. 392).

Tout à leur effort de faire pencher la politique d’immigration dans le sens de sa libéralisation, les porte-parole juifs et leurs organisations ont manifesté un niveau d’implication sans commune mesure avec les autres groupes de pression concernés. La question de l’immigration a constitué la préoccupation prioritaire de presque toutes les organisations juives de défense communautaire et de dialogue inter-communautaire. Pendant toutes ces années, leurs porte-parole ont participé assidûment aux commissions du Congrès et l’effort juif a joué un rôle capital dans la mise sur pied et le financement de groupes militants non-confessionnels comme la National Liberal Immigration League et le Citizens Committee for Displaced Persons.

Comme le rapporte Nathan C. Belth dans son histoire de l’ADL : « Au Congrès, pendant toutes ces années de batailles sur l’immigration, c’étaient les noms de législateurs juifs qu’on trouvait aux premiers rangs des forces libérales : Adolph Sabathh, Samuel Dickstein et Emanuel Celler à la Chambre des représentants et Herbert H. Lehman et Jacob Javits au Sénat. Chacun d’entre eux avait été à un moment dirigeant de la Anti-Defamation League et d’autres organisations attachées au progrès démocratique ». Autrement dit, les parlementaires juifs les plus étroitement liés à l’effort anti-restrictionniste au Congrès ont donc aussi figuré à la direction du groupe le plus étroitement lié au militantisme ethno-politique juif et à l’auto-défense juive.

Au cours de la période de presque cent ans qui précède la victoire qu’a été pour eux la loi sur l’immigration de 1965, les groupes juifs ont noué des alliances d’opportunité avec d’autres groupes, dont les intérêts convergeaient temporairement avec les intérêts juifs (à savoir l’essaim sans cesse changeant de groupes ethniques, de groupes religieux, de pro-communistes, d’anti-communistes ; les intérêts diplomatiques de divers présidents, le désir des présidents de se gagner les faveurs de groupes influents dans des États populeux pour se faire élire à l’échelon national, etc.).

Cette ligne politique de libéralisation de l’immigration jouissait du soutien d’une importance considérable : celui des intérêts industriels en quête de main d’œuvre à bas coût, au moins dans la période qui précède le triomphe temporaire du restrictionnisme en 1924. Au milieu de ces jeux d’alliances sans cesse changeants, les organisations juives poursuivaient obstinément leur objectif : augmenter au maximum le nombre d’immigrés juifs et ouvrir les vannes de l’immigration à tous les peuples du monde. Au vu des pièces du dossier, il apparaît que l’idée de transformer les États-Unis en une société multiculturelle a été, depuis le dix-neuvième siècle, l’un des grands objectifs juifs.

Le triomphe juif dans cette affaire de l’immigration est remarquable en ceci que leur combat a été mené dans plusieurs domaines et contre une très puissante coalition d’adversaires. A la fin du XIX ème siècle, on trouvait à la direction du mouvement restrictionniste des patriciens de la côte Est, comme le sénateur Henry Cabot Lodge. Cependant, la base politique essentielle du restrictionnisme de la période 1910-1952 était formée (en plus du mouvement syndical relativement inefficace) des « gens du commun du Sud et de l’Ouest » (Higham, op. cit. p. 84) et de leurs représentants au Congrès. Au fond, les batailles entre Juifs et Gentils dans la période 1900-1965 se ramènent à un conflit entre les Juifs et ce groupe ainsi défini géographiquement. « Les Juifs, en vertu de leur énergie intellectuelle et de leur ressources économiques, constituaient l’avant-garde des nouveaux arrivants qui n’avaient pas d’atomes crochus avec les traditions de l’Amérique rurale » (ibidem p. 168-169). Nous avons déjà rencontré ce thème chez les New York Intellectuals au sixième chapitre et dans l’extrême-gauche juive au troisième chapitre.

Même s’ils s’inquiétaient souvent de la possibilité que l’immigration juive ravivât la flamme de l’antisémitisme en Amérique, les dirigeants juifs menèrent dans la période 1881-1924 un combat prolongé de retardement, globalement couronné de succès, contre les restrictions migratoires, en particulier parce qu’elles affectaient la capacité des Juifs à immigrer. Cet effort ne s’interrompit pas lorsqu’émergea en 1905 « une polarité entre les Juifs et l’opinion publique américaine sur la question de l’immigration » (Neuringer, op. cit. p. 83). Tandis que les autres groupes religieux comme les catholiques, et les autres groupes ethniques comme les Irlandais, se divisaient, avaient un comportement ambivalent à l’égard de l’immigration, étaient mal organisés et n’arrivaient pas à influer sur la politique migratoire, et que d’autre part les syndicats s’opposaient à l’immigration car ils souhaitaient réduire l’offre de main d’œuvre à bas coût, les groupes juifs exerçaient de façon intensive et durable leur effort contre les politiques de restriction de l’immigration.

N. W. Cohen fait remarquer, dans son ouvrage sur l’AJCommittee, que son travail d’opposition aux restrictions migratoires au début du vingtième siècle représente un exemple remarquable de la capacité juive à exercer une influence sur la politique générale. De tous les groupes affectés par la loi sur l’immigration de 1907, les Juifs étaient ceux qui avaient le moins à gagner en termes d’effectifs d’immigrés possibles, mais ce furent eux qui qui jouèrent le plus grand rôle dans la conception de cette loi. Dans la période suivante, débouchant sur la loi restrictionniste relativement inefficace de 1917, pendant laquelle les restrictionnistes bataillaient au Congrès, « seuls les bancs juifs donnaient de la voix » (Cohen, Not Free to Desist : The American Jewish Committee, 1906-1966, p. 92).

Cela étant, de crainte de rallumer l’antisémitisme, on tâcha d’éviter que l’implication juive dans la campagne anti-restrictionniste ne fût trop visible. En 1906, les cadres politiques juifs du mouvement anti-restrictionniste furent instruits de ne pas mentionner leur affiliation à l’AJCommittee quand ils faisaient pression sur les parlementaires, à cause du « danger qu’on accuse les Juifs de s’organiser en vue de buts politiques » (remarque faite par Herbert Friedenwald, secrétaire de l’AJCommittee, cité in Goldstein, The Politics of Ethnic Pressure : The American Jewish Committee Fight Against Immigration Restriction, 1906-1917, p. 125). Les arguments anti-restrictionnistes, dès la fin du XIXe siècle, étaient uniformément coulés dans la langue des idéaux humanitaires universalistes. Dans le cadre de ce travail universalisant, on recrutait pour la galerie quelques Gentils de vieux lignage protestant et des groupes juifs comme l’AJCommittee finançaient des groupes pro-immigration composées de non-Juifs (Neuringer, op. cit. p. 92).

La plus grande partie de cette activité consistait à intervenir personnellement en coulisses avec des hommes politiques ; il s’agit d’une constante qui vise à minorer le rôle des Juifs aux yeux du public, afin de ne pas provoquer d’opposition. Les hommes politiques qui justement s’opposaient à eux, tels Henry Cabot Lodge, et des organisations comme la Immigration Restriction League étaient surveillées de près et les agents de persuasion ne manquaient pas d’exercer leur pression sur eux.

À Washington, les agents de persuasion relevaient quotidiennement les votes des parlementaires quand les propositions de lois faisaient leurs aller-retours au Congrès ; ils déployaient de grands efforts pour persuader les présidents Taft et Wilson de poser leur veto sur les restrictions légales à l’immigration. On recrutait des prélats catholiques pour s’insurger des effets produits par les restrictions touchant l’immigration italienne et hongroise. Lorsque des arguments restrictionnistes étaient avancés dans les médias, l’AJCommittee élaborait des réponses sophistiquées reposant sur des données universitaires et coulées dans un langage universaliste destiné à montrer que leurs propositions profiteraient à l’ensemble de la société. Des articles favorables à l’immigration étaient publiés dans des magazines nationaux et des lettres ouvertes paraissaient dans les journaux. On s’efforçait de dissiper les jugements négatifs à l’égard de l’immigration en répartissant les immigrés juifs dans tout le pays et en s’arrangeant pour qu’ils ne dépendissent pas de la générosité publique. On menait des actions en justice pour éviter la déportation des étrangers juifs. En dernier ressort, on tenait des rassemblements de protestation.

Le sociologue Edward A. Ross écrivit en 1914 que la libéralisation de l’immigration était une cause exclusivement juive. Il citait Israel Zangwill, fameux auteur et pionnier du sionisme, qui avançait la thèse que les États-Unis étaient l’endroit idéal pour satisfaire les intérêts juifs :

En Amérique, il y a largement la place pour héberger les six millions de gens de la Zone [Zone de Résidence, domaine d’où provenaient la plupart des Juifs de Russie] ; n’importe lequel de ses cinquante États peut les absorber. À côté de la possession de leur propre patrie, ils ne peuvent pas trouver meilleur sort que sur une terre de liberté civile et religieuse, où le christianisme constitutionnel n’entre pas dans l’équation et où le système électoral les protégerait de futures persécutions. (Israel Zangwill, cité in Ross, The Old World and the New : The Significance of Past and Present Immigration to the American People, p. 144)

L’intérêt des Juifs pour la politique d’immigration était donc porté par de puissants motifs :

De là, l’effort mené par les Juifs pour prendre la contrôle de la politique d’immigration des États-Unis. Bien que les leurs ne comptassent que pour un septième du total des immigrés, ce furent eux qui menèrent la lutte contre la proposition de loi de la commission sur l’immigration. Un million de Juifs de New-York se sont mobilisés derrière leurs représentants au Congrès pour s’opposer vigoureusement à l’épreuve de maîtrise de la langue qu’on faisait passer aux candidats à l’immigration. La campagne systématique menée dans les journaux et les magazines, visant à démolir tous les arguments restrictionnistes et pour calmer les peurs nationalistes, est menée par et pour une seule race. L’argent hébreu alimente la National Liberal Immigration League et ses nombreuses publications. Que ce soit l’article communiqué à une institution commerciale ou à une association scientifique, ou l’épais traité produit sous les auspices de la fondation du baron de Hirsch, la littérature qui prouve les bienfaits de l’immigration pour toutes les classes de l’Amérique émane de subtils cerveaux hébraïques. (loc. cit)

Israel Zangwill, inventeur du “melting-pot”

Ross rapporte, à la page 140 de son livre, que les responsables des services liés à l’immigration « en étaient venus à s’ulcérer du feu roulant des fausses accusations que la presse et les sociétés juives leur lançaient. Au plus fort de la lutte relative à la proposition de loi sur l’immigration, les sénateurs se plaignirent d’être engloutis sous un torrent de statistiques erronées et de déclarations trompeuses envoyées par les Hébreux opposés à l’épreuve de maîtrise de la langue ». En 1924, les opinions de Zangwill étaient bien connues des restrictionnistes lors des débats préparatoires à la loi sur l’immigration. Dans une allocution republiée dans The American Hebrew du 19 octobre 1923, Zangwill affirmait :

Il n’y a qu’une seule voie vers la Paix Mondiale, c’est l’abolition totale des passeports, des visas, des frontières, des barrières douanières et des autres dispositifs qui font en sorte que la population de notre planète ne forme pas une civilisation de coopération, mais une société de mutuelle irritation.

Sa fameuse pièce de théâtre, The Melting Pot, dédiée à Theodore Roosevelt, dépeignait des immigrés juifs qui désiraient ardemment s’assimiler et contracter des mariages mixtes. Le personnage principal décrit les États-Unis comme un creuset où toutes les races, « jaunes et noires » y compris, sont mélangées. Toutefois, les opinions de Zangwill touchant aux mariages mixtes entre Juifs et Gentils étaient ambiguës, pour dire le moins, et il détestait le prosélytisme des chrétiens en direction des juifs. C’était un sioniste ardent et il admirait l’orthodoxie religieuse de son père en tant que modèle de préservation du judaïsme. Il croyait que les Juifs étaient une race moralement supérieure, dont la vision morale avait façonné les sociétés chrétiennes et musulmanes et finirait par façonner le monde, bien que le christianisme demeurât moralement inférieur au judaïsme. Les Juifs conserveraient leur pureté raciale à condition de pratiquer leur religion : « Tant que le judaïsme prospère parmi les Juifs, il n’y a pas besoin de discourir sur la préservation de la race ou de la nationalité ; toutes deux sont automatiquement préservées par la religion » (cité in Leftwich, Israel Zangwill, p. 161).

Bien qu’ils prétendissent que le mouvement pro-immigration avaient une large base de masse, les militants juifs savaient bien que les autres groupes manquaient d’enthousiasme. Lors de la joute relative à la législation restrictionniste qui eut lieu à la fin du mandat du président William Howard Taft, Herbert Friedenwald, secrétaire de l’AJCommittee, écrivait qu’il était « très difficile de mobiliser quiconque dans ce combat, à l’exception des Juifs » (cité in Goldstein, op. cit. p. 203). L’AJCommittee contribua grandement à l’organisation de rassemblements anti-restrictionnistes dans les grandes villes américaines, tout en laissant d’autres groupes ethniques s’en attribuer le mérite. Il mit aussi sur pied des groupes non-juifs destinés à pousser le président Taft à exercer son droit de veto sur la législation restrictionniste. Sous l’administration Wilson, Louis Marshall affirmait : « Nous sommes pratiquement les seuls à combattre [les épreuves de maîtrise de la langue], car ‘la plupart’ [des gens] sont ‘indifférents à la question’ » (ibidem p. 249).

Les forces favorables à la restriction de l’immigration connurent des succès temporaires quand les lois sur l’immigration de 1921 et de 1924 furent adoptées, malgré l’intense opposition des groupes juifs. À ce titre, R. A. Divine fait remarquer  : « Les seuls à se dresser contre les forces restrictionnistes en 1921 furent les avocats de l’immigration d’Europe du Sud et de l’Est, des dirigeants juifs principalement. Mais leurs protestations furent noyées sous l’exigence générale de restriction de l’immigration. » (American Immigration Policy, 1924-1952, p. 8). De même, pendant les commissions parlementaires de 1924 relatives à l’immigration, « le groupe le plus important de témoins opposés à la loi était formé de représentants des immigrés d’Europe du Sud et de l’Est, des dirigeants juifs en particulier » (ibidem p. 16).

L’opposition juive à ces lois venait autant de l’idée qu’elles étaient motivées par l’antisémitisme et destinées à favoriser les Européens du Nord-Ouest que de leur crainte qu’elles ne missent un frein à l’immigration juive – opinion implicitement opposée au statu quo ethnique favorable aux Européens du Nord-Ouest. Cette opposition à la préférence migratoire accordée aux Européens du Nord-Ouest est restée constante dans les années qui suivirent, mais l’opposition à toute restriction migratoire fondée sur la race ou l’ethnie remonte au dix-neuvième siècle.

En 1882, la presse juive condamnait unanimement la loi d’exclusion des Chinois, même si celle-ci n’avait aucune conséquence directe sur l’immigration juive. Au début du vingtième siècle, l’AJCommittee combattait chaque projet de loi qui réservait le droit à l’immigration aux seuls Blancs ou non-Asiatiques et ne se retenait que s’il jugeait que son activisme pût mettre en question l’immigration des Juifs. En 1920, la conférence centrale des rabbins américains adopta une résolution exigeant que « la Nation (…) laisse ouvertes les portes de notre république bien-aimée (…) aux opprimés aux aux affligés de toute l’humanité, conformément à son rôle historique de havre ou de refuge pour tous ceux et celles qui jurent fidélité à ses lois » (The American Hebrew du 17 février 1922). The American Hebrew, publication fondée en 1867 et destinée à défendre les opinions de l’establishment juif-allemand de l’époque, était fidèle à sa ligne politique traditionnelle, ré-affirmant qu’il « a toujours revendiqué l’admission d’immigrés valables de toutes classes, quelle que soit leur nationalité ».

En 1924, Louis Marshall, chef de l’AJCommittee, affirma dans son témoignage auprès de la commission de la Chambre des Représentants sur l’immigration et la naturalisation, que le projet de loi en question faisait écho aux sentiments du Ku Klux Klan ; il le définissait également comme inspiré par les théories racialistes de Houston Stewart Chamberlain. À une époque où il y avait déjà plus de cent millions d’habitants aux États-Unis, Marshall affirmait : « Il y a de la place dans ce pays pour une population dix fois plus importante ». Il défendait l’idée de laisser immigrer des gens du monde entier sans aucun quota, à la seule exception des « déficients mentaux, moraux et physiques, des ennemis de tout gouvernement organisé et de ceux qui pourraient gréver les finances publiques ». De même, la rabbin Stephen S. Wise, représentant l’AJCongress et tout un éventail d’autres organisations juives aux commissions parlementaires, revendiquait « le droit de tout homme, en dehors de l’Amérique, à être considéré avec justice, équité et sans discrimination ».

La loi de 1924 prescrivant que la proportion d’immigrés fût restreinte à 3 % du total d’habitants établi par le recensement de 1890, elle imposait le statu quo ethnique tel qu’il se dégageait du recensement de 1920. La rapport rédigé par la majorité à la Chambre des Représentants soulignait qu’avant cette législation, l’immigration avait amplement favorisé les Européens du Sud et de l’Est et que ce déséquilibre s’était maintenu à la faveur de la législation de 1921, par laquelle le calcul des quotas se fondait sur le nombre de personnes nées à l’étranger enregistrées lors du recensement de 1910. L’intention explicite de la loi de 1924 était de contrebalancer l’intérêt qu’avaient les autres groupes à augmenter leur pourcentage dans la population, par la prise en compte de l’intérêt ethnique de la majorité, qui était de conserver la part de sa représentation dans la population.

La loi de 1921 attribuait à l’immigration originaire de l’Europe du Sud et de l’Est cumulée un quota de 46 %, alors que les habitants originaires de ces régions ne constituaient que 11,7 % de la population U.S. d’après le recensement de 1920. La loi de 1924 réduisait ce quota à 15,3 %, soit une proportion supérieure à leur part dans la population. « L’usage du recensement de 1890 n’est pas discriminatoire. Il sert à préserver aussi précisément que possible le statu quo racial aux États-Unis. Il est destiné à garantir autant que possible l’homogénéité raciale des États-Unis en cette heure tardive. Utiliser un recensement plus tardif aurait été discriminatoire à l’égard de ceux qui ont fondé la nation et maintenu ses institutions » (Bulletin de la Chambre des Représentants # 350, 1924, p. 16). Trois ans plus tard, on calcula les quotas par nationalités en se fondant sur les données du recensement de 1920 concernant le total de la population, et non les personnes nées à l’étranger. S’il est incontestable que cette législation était une victoire pour les descendants d’Européens du Nord-Ouest, il n’y eut aucune tentative de renverser la tendance en matière de composition ethnique ; au contraire, tout tendait au maintien du statu quo ethnique.

Malgré cette motivation conservatrice du point de vue ethnique, ces lois ont pu être aussi motivées par l’antisémitisme, étant donné qu’à l’époque, la défense de la position libérale en matière d’immigration était perçue comme une affaire principalement juive. Et les observateurs juifs, manifestement, en étaient bien conscients : Maurice Samuel, important écrivain juif, écrivit au lendemain de la loi de 1924 que « c’est d’abord contre les Juifs que les lois anti-immigration sont adoptées ici en Amérique, tout comme en Angleterre et en Allemagne » (You Gentiles, p. 217), opinion encore partagée par des historiens spécialistes de cette période. Cette interprétation n’était pas le fait des seuls Juifs. Le sénateur Reed du Missouri, appartenant au camp anti-restrictionniste, fit remarquer : « On s’en est pris aux Juifs qui sont arrivés en masse sur nos rivages. L’esprit d’intolérance a été particulièrement virulent à leur encontre » (Congressional Records du 19 février 1921, p. 3463). Pendant la Deuxième Guerre mondiale, Henry L. Stimson, ministre de la guerre, avait affirmé que c’était bien l’immigration illimitée des Juifs qui avait provoqué la législation restrictive de 1924.

Qui plus est, le rapport rédigé par la majorité au Comité de la Chambre des Représentants sur l’Immigration soulignait que « le groupe immigré de loin le plus nombreux est celui des gens d’extraction juive » (Bulletin de la Chambre des Représentants # 109 du 6 décembre 1920, p. 4) et il laissait entendre qu’il s’agissait de Juifs polonais. Le rapport « confirmait la déclaration publiée par un membre de du Hebrew Sheltering and Aid Society of America, fondée sur une enquête menée en personne en Pologne, selon laquelle ‘s’il y avait un bateau assez grand pour contenir trois millions d’êtres humains, les trois millions de Juifs de Pologne le prendraient pour s’échapper en Amérique’ » (ibidem p. 6).

Dans ce même rapport figurait un compte-rendu de Wilbur S. Carr, chef du United States Consular Service, qui expliquait que les Juifs polonais étaient « anormalement dérangés, à cause a) de réactions aux privations du temps de guerre, b) de chocs liés aux troubles révolutionnaires, c) d’un abrutissement provoqué par des années d’oppression et de mauvais traitements (…) Entre 85 % et 90 % d’entre eux n’ont pas la moindre idée de ce qu’est l’esprit patriotique ou national. Et dans ce lot, la majorité est incapable de l’acquérir » (ibid p. 9). (En Angleterre, beaucoup d’immigrés juifs de fraîche date refusèrent d’être enrôlés pour aller combattre le Tsar pendant la Première Guerre mondiale). Le rapport en question prévenait aussi qu’il y avait « beaucoup de sympathisants bolcheviques en Pologne » (p. 11).

Au Sénat, le sénateur McKellar cita lui aussi le rapport disant que s’il existait un bateau assez grand, trois millions de Polonais émigreraient. Il fit remarquer que « le Joint Distribution Committee, un comité américain qui apporte des secours aux Hébreux de Pologne, distribue chaque mois plus d’un million de dollars d’argent américain dans ce seul pays. On a pu montrer que cette somme d’un million de dollars était une estimation basse de tout l’argent qui est envoyé en Pologne depuis l’Amérique par courrier, par virement bancaire et par le truchement des sociétés de secours. Ce courant d’or qui va d’Amérique en Pologne rend pratiquement chaque Polonais fou du désir d’aller dans le pays d’où proviennent de si merveilleuses richesses » (Congressional Records du 19 février 1921, p. 3456).

Auteur: Basile

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1 Commentaire sur "Culture de la Critique : L’implication juive dans l’élaboration de la politique migratoire U.S. (4)"

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Rho 2
20 août 2019 22 h 47 min

Une démonstration implacable et irréfutable de la perversité de ces parasites que sont les juifs, qui prennent le contrôle des pays dont les habitants ont commis la folie de les accueillir. Kevin MacDonald a réellement fait un travail de titan en démontant toutes les stratégies et techniques de subversion et de prise de pouvoir élaborées par ces abominables youtres.
Après la victoire, il faudra remplacer la statue de la Liberté par la sienne en train de faire un bras d’honneur avec comme légende : “Youtrons, c’est fini ; on ne se laissera plus avoir !”

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