Culture de la Critique : L’implication juive dans l’élaboration de la politique migratoire U.S. (1)

Le sommaire des parties déjà traduites est à retrouver ici.

[Pour comprendre ce chapitre, il faut savoir qu’aux États-Unis, les lois sur l’immigration de 1924 exigeaient que les immigrés fussent à l’image du pays ; les proportions d’immigrés des différentes ethnies devant correspondre aux proportions desdites ethnies dans le corps national. Les Européens, en particulier ceux du nord-ouest de notre continent, étaient donc “favorisés”, chose que la juiverie ne supportait pas et combattit jusqu’à faire tomber cette législation en 1965, ouvrant l’accès à l’immigration légale à eux-mêmes d’abord, au tiers-monde ensuite – NdT.]


Aujourd’hui (…) les immigrés – les immigrés juifs surtout – ont l’air plus américain [que les WASP]. Ils nous montrent des visages, des voix et des inflexions de pensée que nous semblent en tout point familières, comme une seconde nature. [Le WASP] est le drôle d’oiseau, l’étranger, le fossile. Nous lui jetons un coup d’œil, un peu étonnés, et nous nous interrogeons : « Mais où est-il passé ? » Nous nous souvenons de lui : pâle, posé, bien habillé, alerte, sûr de lui. Et désormais nous le voyons comme un intrus, un étranger, une espèce noble en voie de disparition (…) Il a cessé d’être représentatif, et jusqu’à cette heure, nous ne l’avions pas remarqué. Ou pas aussi nettement, en tout cas.

Ce qui est arrivé depuis la Deuxième Guerre mondiale, c’est que la sensibilité américaine est devenue en partie juive, sans doute plus juive qu’autre chose (…) L’esprit des Américains instruits en est venu à penser dans une certaine mesure de façon juive. On le leur a appris, mais ils étaient disposés à le faire. Après les hommes de spectacle et les romanciers, sont venus les critiques, les politiciens et les théologiens juifs. Or, critique, politicien et théologien, ce sont des métiers de façonneurs : ils forment les façons de voir les choses.

Walter Kerr, ‘Skin deep is not good enough’, The New York Times du 14 avril 1968.

La politique migratoire est l’exemple paradigmatique des conflits d’intérêt entre groupes ethniques, puisqu’elle détermine la composition ethnique future de la nation. Les groupes ethniques qui sont incapables d’influencer la politique migratoire à leur avantage finissent par céder le pas à ceux qui le peuvent. La politique migratoire est par conséquent d’un intérêt capital pour un évolutionniste.

Ce chapitre examinera le conflit ethnique entre Juifs et Gentils dans le domaine de la politique d’immigration. Mais celle-ci n’est qu’un aspect du conflit d’intérêts qui les oppose aux États-Unis. Les premières escarmouches entre les Juifs et la structure étatique des Gentils remontent à la fin du XIXe siècle et ont toujours été marquées par une forte coloration antisémite. Les enjeux de ces batailles portaient sur les possibilités d’ascension sociale des Juifs et les quotas de Juifs dans les établissements scolaires d’élite, bataille qui commença au XIXe siècle et connut son apogée dans les années 1920 et 1930. Ce conflit sous-tendait les croisades anti-communistes de l’après-Deuxième Guerre mondiale, ainsi que la remise en question de l’influence culturelle des grands médias, qui commença avec les écrits d’Henry Ford dans les années 1920, se manifesta pendant les activités inquisitoriales contre Hollywood à l’époque de McCarthy, et s’est poursuivie jusqu’à aujourd’hui. La présence de l’antisémitisme dans ces affrontements est attestée par le fait que les historiens du judaïsme comme Sachar dans A History of Jews in America (p. 620 et suivantes) se sentent obligés de rendre compte de ces événements comme étant des faits d’importance dans l’histoire des Juifs des États-Unis, en raison des déclarations antisémites de nombre de protagonistes non-juifs et de la conscience de leur judaïté chez les protagonistes juifs, laquelle n’échappait pas aux observateurs.

L’effort déployé par les Juifs pour influencer la politique migratoire aux États-Unis est particulièrement significative de la présence d’un conflit ethnique. Leur implication dans ce travail d’influence a fait apparaître certaines particularités uniques qui distinguent les intérêts des Juifs de ceux des autres groupes qui défendaient la libéralisation des politiques migratoires. Pendant l’essentiel de la période allant de 1881 à 1965, leur défense de cette libéralisation provenait du désir de procurer un sanctuaire pour les Juifs qui fuyaient les persécutions antisémites en Europe et ailleurs. Les persécutions antisémites étaient un phénomène récurrent dans le monde moderne, commençant par les pogroms russes de 1881 et se poursuivant dans la période suivant la Deuxième Guerre mondiale en Union Soviétique et en Europe de l’Est. Par conséquent, la libéralisation de l’immigration était dans l’intérêt des Juifs, parce que « les impératifs de la survie forçaient les Juifs à trouver refuge sur d’autres terres » (Cohen, Not Free to Desist : The American Jewish Committee, 1906-1966, p. 341). Pour une raison du même ordre, les Juifs ont constamment milité en faveur d’une politique étrangère internationaliste, parce qu’ « une Amérique d’esprit international avait plus de chances d’être sensible aux problèmes des juiveries de l’étranger » (ibidem p. 342).

Des données montrent aussi que les Juifs des États-Unis, bien plus qu’aucun autre groupe d’ascendance européenne, considéraient la libéralisation des politiques migratoires comme un mécanisme garantissant que les États-Unis fussent une société pluraliste et non pas unitaire et homogène. Le pluralisme sert les intérêts juifs, internes (au sein du groupe) et externes (dans son rapport avec les autres). Le pluralisme sert les intérêts juifs internes parce qu’il donne sa légitimité à cet intérêt juif interne qu’est la justification et la défense publiques d’un intérêt propre, condition qui permet à l’implication collective et à la non-assimilation juives de ne plus se faire de façon à moitié cryptée. Howard Sachar définit ainsi cette utilité : « légitimer la préservation d’une culture minoritaire au milieu d’une société hôte majoritaire ».

Pour leur part, Neusner et Ellman proposent l’idée que la montée en puissance de la conscience ethnique observée récemment dans les milieux juifs a été influencée par cette tendance générale, dans la société américaine, à l’acceptation du pluralisme culturel et de l’ethnocentrisme des groupes minoritaires.

Cette mutation du judaïsme, le faisant abandonner les formes semi-cryptiques, telles qu’elles étaient adoptées au vingtième siècles dans les sociétés occidentales, pour revêtir des formes plus manifestes, est considérée comme essentielle pour la perpétuation du judaïsme par de nombreux auteurs juifs comme E. Abrams dans Faith or Fear : How Jews Can Suvive in Christian America et A. Dershowitz dans The Vanishing American Jew : In Search of a Jewish Identity for the Next Century (cf. sur ce point SAID, chap. 8). Le judaïsme réformé, forme la moins manifeste de judaïsme, revient à grands pas vers le judaïsme traditionnel, insistant même sur l’importance des rituels religieux et la prévention des mariages mixtes. À ce titre, une assemblée de rabbins réformés vient de rappeler que l’essor du traditionalisme découle en partie du gain de légitimité accordé à la conscience ethnique en général (Los Angeles Times du 20 juin 1998).

Le pluralisme ethnique et religieux sert également les intérêts juifs externes, puisqu’il produit une situation où les Juifs deviennent un groupe parmi beaucoup d’autres. Il en découle une certaine ventilation de l’influence politique et culturelle entre différents groupes ethniques et religieux, ce qui rend difficile ou impossible le développement de groupes de Gentils unifiés et soudés dans leur opposition au judaïsme. Historiquement, les grands mouvements antisémites ont eu tendance à apparaître dans des sociétés qui, outre la présence juive, étaient homogènes du point de vue religieux et ethnique. Comparé à celui qui existait en Europe, l’antisémitisme était relativement faible aux États-Unis étant donné que les « Juifs n’y apparaissaient pas comme un groupe isolé de non-conformistes [religieux] » (Higham, op. cit. p. 156). Bien que le pluralisme ethnique et culturel ne garantisse certainement pas la satisfaction des intérêts juifs, il est néanmoins vrai que les sociétés pluralistes du point de vue ethnique et religieux ont été perçues par les Juifs comme plus susceptibles de servir leurs intérêts que les sociétés ethniquement et religieusement homogènes de la gentilité.

En effet, la motivation profonde de toute l’activité politique et intellectuelle juive que nous examinons dans cet ouvrage se rattache intimement à la crainte de l’antisémitisme. Svonkin a indiqué que l’inquiétude et l’angoisse étaient très répandues dans la juiverie américaine au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, y compris face au déclin de l’antisémitisme, devenu un phénomène tout à fait marginal. Dans ces conditions, « la priorité de l’agence pour les relations entre groupes [AJCommittee, AJCongress et ADL] après 1945 fut (…) de prévenir l’irruption d’un mouvement antisémite réactionnaire de masses aux États-Unis » (Jews Against Prejudice : American Jews and the Fight for Civil Liberties, p. 8).

Dans les années 1970, S. D. Isaacs avait décrit l’inquiétude répandue chez les Juifs américains et leur hyper-sensibilité à tout ce qui pouvait ressembler à de l’antisémitisme. S’entretenant avec des « personnalités publiques considérables » au sujet de l’antisémitisme au début des années 1970, Isaacs leur posait cette question : « Pensez-vous que ça pourrait arriver ici ? »

Je n’avais jamais besoin de préciser ce que j’entendais par « ça ». La réponse était presque toujours la même : ‘si vous êtes un peu au courant de l’histoire, vous ne devriez pas vous dire que ça pourrait arriver, mais que ça va sans doute arriver’ ; ou bien ‘ce n’est pas une question de possibilité, c’est une question de date’ (Jews and American Politics, p. 15).

Isaacs rattache, d’une façon pertinente à mon avis, cette peur de l’antisémitisme à l’intensité de l’implication juive dans le monde politique. Le militantisme juif portant sur les questions d’immigration n’est qu’un rameau d’un mouvement multiforme qui vise à prévenir l’émergence d’un mouvement antisémite de masses dans les sociétés occidentales. Les autres aspects de ce projet seront brièvement examinés plus bas.

On peut trouver des déclarations de savants juifs en sciences humaines et de militants politiques juifs, qui rattachent explicitement la question de la politique migratoire à l’avantage que le pluralisme culturel procure aux Juifs. Joseph L. Blau, rendant compte de l’ouvrage d’Horace Kallen Cultural Pluralism and the American Idea (1956) pour la revue Congress Weekly (publiée par l’AJCongress) faisait remarquer que « le point de vue de Kallen est utile à la cause des groupes et cultures minoritaires dans cette nation, sans majorité permanente », voulant dire que l’idéologie du multi-culturalisme défendue par Kallen s’opposait à la domination de tout groupe ethnique sur les États-Unis. Maurice Samuel, auteur célèbre et sioniste éminent, s’en prenant, entre autres, à la loi sur l’immigration de 1924, écrivait ceci la même année : « Si la lutte entre nous [Juifs et Gentils] doit un jour s’élever au dessus de l’affrontement physique, alors il faudra que vos démocraties modifient leur exigences portant sur l’homogénéité raciale, spirituelle et culturelle au sein d’un État. Mais il serait insensé de considérer cette possibilité, car la tendance de cette civilisation va en sens inverse. Le gouvernement tend de plus en plus à s’identifier à la race, non pas à l’État politique. » (You Gentiles, p. 215)

Samuel considérait à regret que les lois de 1924 contredisaient l’idée qu’il se faisait des États-Unis, entité purement politique et dépourvue de tout contenu ethnique :

Nous venons d’assister, en Amérique, à la répétition, sous la forme particulière adaptée à ce pays, de la sinistre farce à laquelle nous n’arrivons pas à nous habituer, bien qu’elle dure plusieurs siècles. Si l’Amérique a quelque signification, celle-ci réside dans cette tentative de surmonter le courant de notre civilisation actuelle, à savoir l’identification de l’État à la race (…) L’Amérique était donc le Nouveau Monde, au sens où l’État était un idéal pur et la nationalité était identique à l’acceptation de cet idéal. Mais il apparaît désormais que ce point de vue était erroné, car l’Amérique était incapable de surmonter ses propres origines et cette apparence de nationalisme d’idéal n’était qu’une étape sur le chemin de l’esprit universel de la gentilité (…)

Aujourd’hui, la race triomphant de l’idéal, l’antisémitisme montre à nouveau ses crocs et le froid refus du droit d’asile, pourtant reconnu comme un droit de l’homme élémentaire, n’est qu’une lâche insulte supplémentaire. Nous sommes non seulement exclus, mais on nous fait savoir dans le langage particulièrement clair des lois sur l’immigration, que nous sommes un peuple « inférieur ». N’ayant pas le courage de se dresser énergiquement contre ses mauvais instincts, le pays avait été préparé, par ses journalistes, à une longue période de dénigrement des Juifs et une fois mis en condition par ces potions populaires et « scientifiques », il finit par accoucher de ces lois. (ibidem p. 218-220)

Earl Raab, éminent spécialiste de sciences sociales et militant ethnique juif, exprima des opinions du même genre quand il mentionnait très positivement l’altération de la composition ethnique des États-Unis, comme preuve du succès de la nouvelle politique d’immigration depuis 1965. Raab fait remarquer le rôle dirigeant de la communauté juive dans le retrait du parti-pris favorable aux Européens du Nord-Ouest dans la politique d’immigration (Jewish Bulletin du 23 juillet 1993, p. 17). Il explique également que l’antisémitisme est inhibé dans les États-Unis d’aujourd’hui par ceci que « la croissance de l’hétérogénéité ethnique, produit de l’immigration, a rendu encore plus difficile le développement d’un parti politique ou d’un mouvement de masse nationaliste » (‘Can antisemitism disappear ?’ in Antisemitism in America Today : Outspoken Experts Expose the Myths, p. 91). Il le dit de façon plus colorée dans un article du Jewish Bulletin du 19 février 1993, p. 23 :

Le Bureau du Recensement vient d’annoncer que près de la moitié de la population américaine sera bientôt non-blanche ou non-européenne. Et ce seront tous des citoyens américains. Nous venons de franchir le cap de l’impossibilité pour un parti nazi-aryen de triompher dans ce pays.

Depuis un demi-siècle, nous [les Juifs] alimentons l’atmosphère américaine d’anti-nationalisme. L’atmosphère n’est pas encore parfaite, mais la nature hétérogène de notre population tend à la rendre irréversible, et rend nos dispositions légales contre le nationalisme plus praticables que jamais.

Des dispositions tout aussi favorables à l’égard de la diversité culturelle apparaissent dans les déclarations d’autres auteurs et dirigeants juifs. Charles Silberman affirme ainsi :

Les Juifs américains s’engagent en faveur de la tolérance culturelle à cause de leur croyance – fermement ancrée dans l’histoire – que les Juifs ne sont en sécurité que dans une société qui accepte une grande variété d’attitudes et de comportements, ainsi qu’une variété de religions et de groupes ethniques. C’est cette croyance, par exemple, et non pas l’approbation de l’homosexualité, qui a poussé une majorité écrasante des Juifs américains à soutenir les ‘droits des homosexuels’ et à adopter une position libérale dans la plupart des questions dites ‘sociétales’. (A Certain People : American Jews and Their Lives Today, p. 350).

De la même manière, le directeur de la branche de Washington du Council of Jewish Federations, faisant la liste des bienfaits de l’immigration, déclara que celle-ci « apporte la diversité, l’enrichissement culturel et des opportunités économiques pour les immigrés » (in Forward du 8 mars 1996, p. 5). Résumant l’implication juive dans les batailles législatives de 1996 au sujet de l’immigration, un article de journal faisait savoir que « les groupes juifs n’ont pas réussi à tuer certaines dispositions qui exprimaient le genre d’opportunisme politique qu’ils jugent directement contraires au pluralisme américain » (Detroit Jewish News du 10 mai 1996).

Puisque la libéralisation de la politique migratoire est un intérêt juif essentiel, il n’est pas étonnant que cette ligne politique soit soutenue par l’ensemble du spectre politique juif. Nous avons vu que Sidney Hook, qui peut être considéré comme un précurseur du néo-conservatisme à côté des autres New York Intellectuals, considérait que la démocratie consistait en une égalité des différences accompagnée du maximum de diversité culturelle. Les néo-conservateurs ont été de chauds partisans de la libéralisation des politiques migratoires, ce qui conduisit à un conflit entre néo-conservateurs principalement juifs, et paléo-conservateurs, principalement non-juifs, sur la question de l’immigration issue du tiers-monde aux États-Unis. Les néo-conservateurs Norman Podhoretz et Richard John Neuhaus avaient réagi très négativement à un article écrit par un paléo-conservateur qui faisait part de ses inquiétudes qu’une telle immigration n’aboutît à la domination de leur descendance sur les États-Unis. (cf. Judis, ‘The conservative crack-up’, dans le numéro d’automne 1990 de The American Prospect, p. 33).

D’autres néo-conservateurs, tels Julian Simon et Ben Wattenberg, ont donné de la voix pour soutenir de hauts niveaux d’immigration issue du monde entier, afin que les États-Unis devinssent la première « nation universelle » du monde, comme l’écrit ce dernier. Se fondant sur les données les plus récentes, J. S. Fetzer a conclu que les Juifs demeuraient beaucoup plus favorables à l’immigration aux États-Unis que tout autre groupe ethnique ou religieux (‘Anti-immigration sentiment and nativist political movements in the United States, France and Germany : Marginality or economic self-interest ?’ Papier présenté à la conférence annuelle de l’American Political Science Association, août-septembre 1996).

Il faut ajouter, à titre de remarque générale, que l’efficacité des organisations juives dans leur effort visant à influencer la politique migratoire U.S. a été favorisée par certaines caractéristiques de la juiverie américaine, lesquelles sont directement liées au judaïsme en tant que stratégie évolutionnaire de groupe, en particulier leur QI qui se situe à un écart-type de un au-dessus du QI caucasoïde (cf. PTSDA, chap. 7). Dans les sociétés contemporaines, un quotient intellectuel élevé est associé au succès dans un vaste éventail d’activités, en particulier à la richesse et au statut social. Comme le souligne Neuringer dans American Jewry and United States Immigration Policy, 1881-1953 (p. 87), l’influence juive sur la politique migratoire a été favorisée par la richesse, l’instruction et le statut social des Juifs. Les organisations juives, reflétant la sur-représentation des Juifs dans les ensembles qui se distinguent par leur succès économique et leur l’influence politique, ont été en mesure d’exercer une influence, sans proportion avec la taille de leur communauté, sur la politique d’immigration. Les Juifs en tant que groupe sont très organisés, très intelligents et politiquement astucieux, et ils ont pu mobiliser d’immenses ressources financières, politiques et intellectuelles pour réaliser leurs objectifs politiques.

Dans le même ordre d’idées, D. A. Hollinger fait remarquer que le déclin de l’homogénéité culturelle chrétienne et protestante doit moins à l’influence des catholiques qu’à celle des juifs, à cause de leur plus grande richesse, de leurs meilleures situations et de leurs plus grande habileté technique dans l’arène intellectuelle. En ce qui concerne le domaine de la politique migratoire, l’organisation militante juive la plus influente était l’AJCommittee, qui se caractérisait par « sa forte direction [Louis Marshall en particulier], sa cohésion interne, sa puissance de financement, la sophistication de ses méthodes de lobbying, le choix avisé de ses alliés non-juifs et son sens du moment opportun » (Goldstein, The Politics of Ethnic Pressure : The American Jewish Committee Fight against Immigration Restriction, p. 333). Pour sa part, J. J. Goldberg indique qu’il y a en ce moment environ 300 organisations juives nationales aux États-Unis, dont le budget cumulé est estimé à 6 milliards de dollars, somme qui – fait remarquer Goldberg – dépasse le produit intérieur brut de la moitié des pays membres de l’Organisation des Nations Unies.

Auteur: Basile

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1 Commentaire sur "Culture de la Critique : L’implication juive dans l’élaboration de la politique migratoire U.S. (1)"

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Rho 2
6 août 2019 13 h 09 min

Merci, cher Basile, de nous offrir dans notre langue les lumières éblouissantes de Kévin MacDonald…
Nul n’a mieux démonté les stratégies des juifs pour s’emparer des principaux leviers du pouvoir au XXème siècle.
J’attends la suite de ce magistral exposé avec impatience !
Tout en sachant que la traduction d’un texte de ce niveau, c’est un sacré boulot…b

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