Culture de la Critique : La critique juive de la culture des Gentils, une reprise (2)

Le sommaire des parties déjà traduites est à retrouver ici.


Greenberg avait grandi dans la sous-culture new-yorkaise d’extrême-gauche et de langue yiddish (« Toutes les connaissances de sa famille étaient socialistes. Quand il était enfant, il croyait que socialiste voulait dire juif » [Rubenfeld, Clement Greenberg : A Life, p. 60]). Comme les autres New York Intellectuals, Greenberg était fortement attaché à son identité juive, qui influençait son travail en dernière analyse. « Je pense qu’une coloration de judaïté est présente dans chaque mot que j’écris, comme c’est le cas chez tous les autres écrivains américains juifs contemporains » (in Rubenfeld, op. cit. p. 89). Rédacteur en chef de Contemporary Jewish Record, Greenberg publia un article qui faisait ouvertement référence à l’antisémitisme de Henry Adams [grand historien de la deuxième moitié du 19ème siècle, représentant de l’élitisme WASP], chose taboue à l’époque. Il fut aussi l’un des grands thuriféraires de l’œuvre de Franz Kafka, dont la parole représentait pour lui la quintessence juive en littérature :

L’effet hypnotique et révolutionnaire des œuvres de Franz Kafka (…) sur l’avant-garde littéraire est sans comparaison dans l’histoire (…) Tout porte à croire que Kafka a fait advenir à lui seul une nouvelle ère littéraire, en montrant une direction au-delà des définitions cardinales sur lesquelles la littérature occidentale reposait jusque-là. En outre, les écrits de Kafka expriment peut-être pour la première fois une notion singulièrement et essentiellement juive de la réalité, laquelle n’avait été exprimée jusqu’ici que sous des formes religieuses, mais qui sous sa plume trouva une expression sécularisée (ibidem, p. 92-93).

Dans la Partisan Review, à l’occasion du compte-rendu d’un livre sioniste militant d’Arthur Koestler dénigrant les Juifs européens et faisant l’éloge des sionistes qui colonisaient la Palestine, Greenberg exprima ainsi son sentiment de la supériorité juive : « Je suggérerais qu’il n’est pas impossible d’adopter des normes d’évaluation qui ne soient pas celles de l’Europe occidentale. Il est possible que d’après des normes « historico-mondiales », le Juif européen représente un type d’excellence sans équivalent dans l’histoire » (‘Koestler new novel’, PR 13-1946, p. 582). En 1949, un conflit opposa l’establishment intellectuel juif naissant à l’establishment plus ancien et principalement formé de Gentils, qui portait sur la question d’une récompense attribuée à Ezra Pound, dont la poésie reflétait ses sympathies fascistes et son antisémitisme. Greenberg mit en avant la priorité de la morale sur l’esthétique, écrivant que « la vie englobe l’art et l’emporte sur lui, et elle juge les choses par leurs conséquences (…) En tant que Juif, je ne peux pas ne pas être outragé par la matière des derniers poèmes de Pound. Qui plus est, depuis 1943, ce genre de choses m’effraient physiquement » (‘The Pound award’, PR 16-1949, p. 515 ; souligné dans le texte).

De son côté, le philosophe Sidney Hook se reconnaissait énergiquement comme Juif. Il était sioniste, ferme partisan d’Israël et défenseur d’une instruction juive pour les enfants juifs. Hook jouait un rôle décisif à la tête du groupe des New York Intellectuals et comme nous l’avons vu, il était rédacteur en chef de la revue Commentary. Dans son article Réflexions sur la question juive, il écrivit que « les causes de l’antisémitisme ne résident pas dans le comportement des Juifs » (PR, 16-1949, p. 465). Car elles résident au contraire « dans les croyances, les habitudes et la culture des non-Juifs » (ibidem p. 468), en particulier dans le christianisme. L’antisémitisme est « endémique dans toutes les cultures chrétiennes, dont les religions ont fait du juif le méchant éternel dans le drame chrétien du salut » (ibid p. 471-472).

Hook a développé une apologie élaborée du judaïsme dans le monde moderne. Être un Juif n’est plus rien d’autre qu’une catégorie sociale sans soubassement ethnique : « Est juif quiconque s’appelle lui-même ainsi pour quelque raison que ce soit, ou est appelé ainsi au sein d’un groupe où il est d’usage de prendre en compte cette distinction » (p. 475 ; souligné dans le texte). Selon Hook, il n’y a pas de mouvements intellectuels juifs, mis à part ceux qui, comme le sionisme ou le hassidisme, peuvent s’expliquer par « les pressions sociales et culturelles de la chrétienté occidentale ». Il affirme que les intellectuels juifs sont bien davantage influencés par les intellectuels de la gentilité que par leur condition de Juifs. De fait, Hook développe un nominalisme extrême qui est en porte-à-faux avec toute l’histoire du judaïsme : sous sa plume, les Juifs n’existent pas du tout en tant que groupe. Le judaïsme est une concaténation volontaire d’atomes individuels dont les seuls liens biologiques se situent au niveau de la famille nucléaire : « Seuls les individus existent » (p. 481).

Cela étant, Hook considérait que rester juif était une obligation morale :

[Pour la plupart des Juifs], échapper [à sa judaïté] était pratiquement impossible, car dans les cas où une telle chose était possible, le coût psychologique était trop lourd et parce que du point de vue moral, il était intrinsèquement dégradant de capituler devant des préjugés irrationnels et de nier sa parenté avec ses pères et mères qui, souvent contre vents et marées, avaient courageusement préservé leur intégrité et leur foi, quelle qu’elle fût. (p. 479)

Comme tant d’autres gauchistes, Hook faisait sien le rêve de l’universalisme humain, mais ce rêve « néglige le fait que les êtres humains vivent ici et maintenant une vie de Juifs ou de non-Juifs et il en ira ainsi pendant longtemps ; que ce rêve se fonde sur l’acceptation des différences entre les hommes, pas sur l’espoir d’une unité indifférenciée ; et que les microbes de l’antisémitisme infectent jusqu’à ces mouvements qui interdisent officiellement sa présence » (p. 481). (Hook était extrêmement sensible à l’antisémitisme à gauche, à commencer par le conflit entre Staline et Trotski dans les années 1920, cf. chapitre 3.) Les Juifs continueraient donc à vivre en tant que Juifs longtemps après l’instauration de l’utopie démocratique et socialiste de Hook. À ses yeux, l’universalisme de gauche bien compris impliquait l’acceptation de la diversité culturelle, non seulement au cœur de la philosophie du judaïsme, mais aussi au cœur de l’idée de la démocratie :

Aucune philosophie du judaïsme n’est requise, si ce n’est celle-ci, qui est identique au mode de vie démocratique. Elle permet au Juifs, qui pour une raison ou pour une autre acceptent leur existence juive, de mener une vie digne et vigoureuse, une vie dans laquelle ils combattent collectivement, avec leurs compagnons, pour améliorer la qualité des cultures démocratiques et sécularisées et, ce faisant, favorisent au maximum la diversité culturelle, juive comme non-juive (…) À condition de lui retrancher son utopisme et sa non-compréhension du fait que l’éthique de la démocratie présuppose non pas une égalité de ressemblance ou d’identité, mais une égalité de différences, l’universalisme est pour l’essentiel une position valable. (p. 480-481)

D’après Hook, la diversité d’expérience [diversité culturelle et ethnique comprise], directe ou indirecte, est immédiatement plaisante (…) Elle nous garde de tout provincialisme et de la tyrannie des choses familières, dont la prise est si forte qu’elle nous met parfois dans l’incapacité d’apporter les réponses nouvelles exigées par la survie (…) Gagner en maturité, c’est pour beaucoup à apprendre à apprécier les différences. » Ainsi donc, Hook formule l’intérêt fondamental que les Juifs portent à la diversité ethnique, que nous examinerons en détail au chapitre suivant, consacré à l’implication juive dans la politique migratoire US.

Faisaient partie des New York Intellectuals les personnalités juives suivantes, classées grossièrement en fonction de leur domaine principal d’activité, bien qu’elles fussent plus généralistes que spécialistes : Elliot Cohen (rédacteur en chef de Menorah Journal et fondateur de Commentary) ; Sidney Hook, Hannah Arendt (philosophie politique, journalisme politique et intellectuel) ; William Phillips et Philip Rahv (rédacteurs en chef de PR ; critique littéraire, journalisme intellectuel) ; Lional Trilling, Leslie Fiedler, Alfred Kazin et Susan Sontag (critique littéraire) ; Robert Warshow (critique cinématographique et culturelle) ; Isaac Rosenfeld, Delmore Schwarz, Paul Goodman, Saul Bellow et Norman Mailer (fiction et poésie, critique littéraire) ; Irving Howe (journalisme politique, critique littéraire) ; Melvin J. Lasky, Norman Podhoretz et Irving Kristol (journalisme politique) ; Nathan Glazer, Seymour Martin Lipset, Daniel Bell, Edward Shils, David Riesman et Michael Walzer (sociologie) ; Lionel Abel, Clement Greenberg, George L. K. Morris, Meyer Schapiro et Harold Rosenberg (critique d’art).

H. Arendt, idole des profs de philo et des candaules, faisait partie de cette mafia.

Les New York Intellectuals ont mené l’intégralité de leur carrière au sein d’un milieu social et intellectuel juif. Dans la liste établie par Rubenfeld des personnalités que Greenberg avait reçues dans son appartement de New York, le seul Gentil qui soit mentionné est l’artiste William de Kooning. De façon révélatrice, Wrezin appelle Dwight Macdonald, trotskiste et contributeur à PR, « le Goy distingué au milieu des Partisansky ». L’écrivain James T. Farrell était un autre non-Juif, mais son journal montre qu’il avait passé une grande partie de sa vie dans un milieu quasi-intégralement juif et qu’il interagissait de façon ininterrompue avec les New York Intellectuals. Podhoretz avoue que le groupe formait une « famille » : quand ils étaient invités à une sauterie, ils arrivaient en même temps et restaient entre eux.

La critique culturelle était au cœur du travail des New York Intellectuals. Philip Rahv écrivit que la culture moderniste était importante au vu de la critique culturelle qu’elle portait en puissance. Le modernisme encourageait « la création de valeurs morales et esthétiques qui contrecarraient l’esprit bourgeois et qui lui étaient souvent violemment critiques ». « Qu’est-ce que la littérature moderne, sinon une querelle vindicative, névrosée et continuellement reprise contre le monde moderne ? ». Ces évaluations du potentiel critique de l’art, même le plus abstrait, reflétaient le point de vue des théoriciens de l’École de Francfort, Adorno et Horkheimer. Ce dernier avait écrit qu’ « un élément de résistance est inhérent à l’art le plus éthéré » (‘Art and mass culture’ in Studies in Philosophy and Social Science, p. 291).

Les New York Intellectuals illustrent cette tendance, typique des mouvements que nous examinons dans cet ouvrage, à exsuder une morgue morale et intellectuelle, associée à une pratique consommée de la realpolitik destinée à promouvoir et consolider le pouvoir de l’endogroupe. De leur point de vue, les New York Intellectuals « associaient une loyauté sincère à des valeurs qui étaient assiégées, à une certaine image, celle d’une intelligentsia lointaine et aliénée, qui tenait ferme sa ligne opposée aux corruptions de la conscience et de l’esprit » (Cooney, The Rise of the New York Intellectuals : Partisan Review and Its Circle, p. 200). J’ai déjà fait remarquer que Clement Greenberg donnait le primat à la morale sur l’esthétique ; de même, Lionel Trilling considérait que la critique littéraire devait se préoccuper avant tout de « la qualité que la vie n’a pas, mais qu’elle devrait avoir » (in Jumonville, op. cit., p. 123). En politique, les questions étaient envisagées sous l’angle « de la lutte entre le bien et le mal (…) Les positions tranchées, chargées d’émotion et souvent moralistes qu’adoptaient les New York Intellectuals, ainsi que leur tendance à assimiler leurs opinions propres à l’intégrité intellectuelle pure, allaient à l’encontre de leur professions de foi favorables à l’ouverture et à la pensée libre, qu’ils proclamaient publiquement et qui étaient impliquées par leur attachement aux valeurs cosmopolites » (Cooney, op. cit. p. 265).

L’élitisme de leur vision du monde n’était pas du genre socio-économique, lequel est attaché aux privilèges de la grande bourgeoisie. Non, c’était un élitisme intellectuel, celui d’une aristocratie jeffersonienne du talent, de la capacité, de l’intelligence et de l’acuité critique. Ils se préoccupaient du maintien de leur vocation intellectuelle et des valeurs afférentes. Qui plus est, ils étaient une élite au sens de choisis ou d’élus. Mais tous ces types d’élitisme avaient quelque chose en commun : c’étaient des manières de conserver le pouvoir d’un seul groupe, qui débouchaient sur une condescendance paternaliste vis-à-vis des couches plus basses de la société. (Jumonville, op.cit. p. 169)

Cette condescendance et cet irrespect des idées d’autrui sont particulièrement évidents lorsque l’on considère l’attitude des New York Intellectuals à l’égard de la culture américaine, et singulièrement celle de l’Amérique rurale. Il y a beaucoup de recoupements entre les New York Intellectuals et les forces anti-populistes qui avaient utilisé la Personnalité autoritaire, comme nous l’avons vu au cinquième chapitre, pour pathologiser le comportement de la gentilité américaine et en particulier de la classe moyenne. Les New York Intellectuals étaient des élitistes culturels qui abhorraient la démocratie culturelle et craignaient les masses, sans cesser d’être de gauche du point de vue politique. Ce mouvement était « un gauchisme élitiste – un conservatisme gauchiste pourrait-on dire – qui s’est lentement mué en néoconservatisme » (ibidem p. 185). Les New York Intellectuals associaient l’Amérique rurale « à l’autochtonisme, à l’antisémitisme, au nationalisme et au fascisme, ainsi qu’à l’anti-intellectualisme et au provincialisme ; l’urbain au contraire était associé à la tolérance ethnique et culturelle, à l’internationalisme et aux idées avancées (…) Les New York Intellectuals partaient tout bonnement du principe que la ruralité – laquelle englobait à leurs yeux l’essentiel de la tradition américaine et du territoire américain au-delà de New York – n’avait pas grand-chose à apporter à une culture cosmopolite (…) En interprétant les questions culturelles et politiques sous le prisme du rapport entre villes et campagnes, ces écrivains pouvaient exprimer des sentiments méprisants et anti-démocratiques sous le masque de l’expertise objective » (Cooney, op. cit. p. 267-268 ; souligné dans le texte). Au septième chapitre, nous verrons que c’est autour de la question de l’immigration que se livra la bataille entre l’Amérique rurale et cet establishment urbain, intellectuel et politique, auquel l’ensemble des organisations politiques juives dominantes apportèrent leur soutien.

Partisan Review avait cette mentalité séparant nettement l’endogroupe et l’exogroupe, à l’instar des autres mouvements intellectuels juifs que nous examinons dans cet ouvrage. Norman Podhoretz définissait les gens de PR comme une « famille » dont l’unité découlait « de ce sentiment d’isolement et de marginalisation qu’éprouvaient également les maîtres du mouvement moderniste, de l’élitisme – cette conviction que les autres n’étaient pas dignes d’être pris en considération sinon pour être attaqués, et qu’ils ne méritaient pas d’être discutés par écrit ; et aussi d’un autre sentiment, une sorte de désespoir relatif à la destinée de la culture américaine en général, assorti de la conviction que l’intégrité morale n’était possible qu’entre nous. » C’était un monde insulaire dans lequel les seuls à vraiment exister étaient les membres de l’endogroupe : « La famille n’avait pas un regard pour quiconque en-dehors d’elle-même, à part peut-être pour tel ou tel cousin (…) Être adopté dans la famille était une distinction de marque : elle signifiait que vous étiez reconnu comme valable, que vous existiez en tant qu’écrivain et intellectuel » (Making It, p. 115-116 ; souligné dans le texte).

À l’image des autres mouvements intellectuels que nous examinons, PR avait une culture de la communauté et du groupe, « le sens d’un but commun et d’une solidarité autour de la revue » ; au sujet d’un écrivain, les considérations essentielles tournaient autour de la question de savoir si c’était « un écrivain dans notre genre » (Cooney, op. cit. p. 225 et 249). Au sein de ce groupe qui se voyait comme aliéné et marginalisé, régnait une atmosphère de soutien social qui fonctionnait incontestablement à la façon de la solidarité d’endogroupe juive traditionnelle, tournant le dos à un monde extérieur moralement et intellectuellement inférieur. Ils se percevaient comme des « intellectuels en rébellion qui défendaient une position minoritaire et arboraient les meilleures traditions de l’extrême-gauche » (ibidem p. 265). PR apportait aux siens « un havre de paix et de soutien » et une identité sociale ; la revue « servait à assurer à nombre de ses membres qu’ils n’étaient pas seuls au monde, que des intellectuels sympathisants existaient en nombre suffisant pour leur prêter assistance sur le plan social et professionnel » (ibid p. 249). On peut suivre un fil continu qui part de ce « groupe cohérent et reconnaissable » d’intellectuels « qui avaient commencé leur carrière en révolutionnaires communistes dans les années 1930 pour devenir une composante institutionnalisée et même hégémonique de la culture américaine pendant la décennie conservatrice des années 1950, sans cesser de maintenir un haut degré de continuité collective » (Wald, The New York Intellectuals : The Rise and Decline of the Anti-Stalinist Left from the 30’s to the 80’s, p. 12 et 10).

Compte tenu des multiples chevauchements et alliances produites par ce milieu intellectuel juif, des voix s’élevèrent contre cet establishment littéraire juif qui avait le pouvoir de décider des succès dans le monde littéraire et qui favorisait les carrières des écrivains juifs. Dans leurs remontrances, Truman Capote et Gore Vidal avaient en vue cette cohésion de groupe juif. Capote parlait d’une « mafia juive » dans le monde des lettres, d’une « clique d’écrivains à tendance new-yorkaise qui contrôlent l’essentiel de la scène littéraire par le biais de leurs revues intellectuelles. Toutes ces publications sont dominées par les Juifs et cette coterie les utilise pour fabriquer ou pour briser des auteurs en les exposant à l’attention ou en n’en parlant pas » (in Podhoretz, ‘the hate that dare not speak its name’, Commentary #82 – 1986, p. 23).

Je suppose que ces schémas répétitifs d’association reposent non seulement sur certains sentiments conscients d’une judaïté partagée, mais aussi sur une solidarité inconsciente qui existe entre Juifs et qui favorise les alliances tous azimuts et les schémas répétitifs de références mutuelles que nous avons tantôt observés. Greenwald et Schuh considèrent que les effets de discrimination mis en évidence par leur étude sur les savants juifs sont quelque chose d’inconscient, en partie parce qu’ils ont observé ces mêmes schémas répétitifs de discrimination ethnique entre Juifs et non-Juifs chez des savants qui faisaient des recherches sur le thème du préjugé et qu’il était raisonnable de supposer que lesdits savants n’adopteraient pas consciemment ces schémas répétitifs de discrimination ethnique. Et de fait, un considérable corpus de recherches indiquent la présence de préjugés inconscientes chez des gens qui se définissent comme sans préjugés, sur la base de déclarations qui ont toutes les apparences de l’honnêteté. Ces découvertes s’accordent bien avec l’idée de l’importance de l’auto-tromperie dans le judaïsme (cf. Separation and Its Discontents, chap. 8) : les savants juifs qui se perçoivent comme sans aucun préjugé favorisent inconsciemment les membres de l’endogroupe.

J’ai donné beaucoup d’exemples de cette profonde solidarité juive au premier chapitre de Separation and Its Discontents et ces sentiments sont caractéristiques chez Freud, comme nous l’avons vu au quatrième chapitre du présent ouvrage. On les voit illustrés dans cette remarque faite par Robert Reich, ministre du travail de Bill Clinton, au sujet de sa première rencontre avec Alan Greenspan, président de la Federal Reserve :

Nous ne nous étions jamais rencontrés, mais je l’avais immédiatement reconnu. Un seul regard, une seule phrase, et je savais où il avait grandi, comment il avait grandi, d’où il tenait son énergie et son sens de l’humour. Il est New York. Il est juif. Il ressemble à mon oncle Luis, il parle comme mon oncle Sam. J’ai l’impression de l’avoir côtoyé à de multiples reprises lors de mariages, de bar mitzvahs et de funérailles. Je connais sa structure génétique. Je suis certain qu’en remontant cinq siècles, ou peut-être moins, nous avons un ancêtre commun (Locked in the Cabinet, p. 79).

Comme le fit remarquer Daniel Bell, membre des New York Intellectuals : « Je suis né en galut [mot hébreu signifiant : en exil, dans la diaspora. NdT] et j’accepte – avec joie désormais, quoiqu’autrefois avec peine – le double fardeau et le double plaisir de ma conscience : vivre extérieurement la vie d’un Américain et en secret, la vie intérieure d’un Juif. J’avance avec la marque d’un sceau entre les yeux, lequel est aussi visible aux yeux de certains êtres marqués du même secret, que le leur est aux miens » (‘Reflections of Jewish identity’, Commentary #31 – 1961, p. 477).

Le théologien Eugene Borowitz écrit pour sa part que dans les situations sociales, les Juifs se recherchent les uns les autres et se sentent « beaucoup plus à l’aise » une fois qu’ils ont découvert qui est juif (The Mask Jews Wear : Self-Deceptions of American Jewry, p. 136). En outre, « la plupart des Juifs disent qu’ils sont équipés d’un dispositif sensoriel de discrimination de l’ami et de l’ennemi qui leur permet de détecter la présence d’un autre Juif, derrière les plus épais camouflages. » Ces liens profonds de ressemblance génétique, typiquement inconscients, et ce sentiment d’une destinée commune en tant que membres d’un même endogroupe ont produit des liens très puissants au sein des groupes juifs militants, intellectuels et politiques, que nous examinons dans cette étude.

Auteur: Basile

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11 Commentaires sur "Culture de la Critique : La critique juive de la culture des Gentils, une reprise (2)"

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Oscar
16 juillet 2019 6 h 13 min

Salut les gars …
Hors sujet certes. Je veux juste vous faire part de cette intéressante nouvelle : la satanée bonne femme qui dirige l’Allemagne au fin fond d’un précipice “politiquement-correct”, Angela Merkel, serait en très mauvaise santé. Son état nerveux est en pleine dégénérescence. Ceci lui va comme un gant. Et c’est bien sûr le seul moyen de la virer. Les Allemands, très disciplinés, continueraient de voter pour elle.
https://www.youtube.com/watch?time_continue=92&v=I6w-i049MY4

Oscar
16 juillet 2019 6 h 23 min

Autre nouvelle sympa, mais qui vous semblera moins intéressante – car elle met en cause l’Amérique – que celle précédente (concernant l’Angela) :
http://parstoday.com/fr/news/middle_east-i80096-l%E2%80%99agent_al_baghdadi_traqu%C3%A9_par_les_hachd
Le “calife américain”, chef de l’État Islamique, est traqué en Irak. Le secret de Polichinelle, comme quoi c’était purement et simplement un agent de la CIA, a fini par être totalement dévoilé dans ce pays.

jim33
16 juillet 2019 14 h 48 min

Ils ne veulent pas tant nous faire disparaitre , mais plutôt faire de nous des esclaves sans esprits et sans âmes . Des dégénérés , des coquilles vides en somme . Regarde le milieu de la mode . Ce sera les masses Aryennes de demain si nous ne faisons rien . Ils garderont toujours un petit substrat génétiquement Aryen a but lucratif ou récréatif .
Seulement pour eux , c’est oublier ce que notre génétique contient qui ne peut être quantifié . Le domaine de l’invisible nous donnera toujours des Aryens exceptionnels . Que cela soit 1 sur 1000 ou bien 1 sur 10 000 , il y aura toujours des hommes et des femmes pour combattre ces immondes rats ! Jusqu’à la guerre finale qui se soldera par notre victoire finale !

Warezerie
16 juillet 2019 15 h 57 min

Si, (((ils))) veulent nous faire disparaître, bien sûr que si. Nous dégénérer n’est qu’une étape en vue de notre disparition. C’est la finalité du métissage : faire disparaître les races (à l’exception de la race auto-élue), prioritairement la race blanche, bien entendu. Ensuite les autres races auront leur tour.

Évidemment que pour atteindre cette finalité, (((ils))) promeuvent les bougnègres, (((cherchent))) à nous dégénérer, avilir, et faire de nous des esclaves vides. Mais tout ceci ne sont que des (((moyens))) d’arriver à une (((fin))) qui, elle, est bel et bien notre disparition.
Lorsque le métissage sera généralisé, alors (((ils))) diminueront drastiquement le nombre de cette plèbe archi-métissée et re-re-re-re-métissée (si bien qu’on ne saura plus dire de quoi sont fait ces mélanges…) dépourvue de toute identité/culture/histoire/race propre pour n’en conserver que quelques centaines de millions et sous dictature juive.

Je ne dis pas qu'(((ils))) y parviendront, mais c’est là la finalité de l’eschatologie judéo-talmudique.

jim33
16 juillet 2019 18 h 07 min

Notre entière disparition est impossible , ni même souhaitable pour eux . Ils le savent . Un youtre aura toujours envie d’une belle blonde ou d’un petit enfant blond ……
Ce que veut cette sous race , c’est faire de nous une marchandise , privatiser l’humain . Et pour ca bien sûr , ils leur faut tout d’abord abâtardir la masse Aryenne et éliminer ce qu’elle contient d’encore sain . Les éléments capables de résister . Le temps, les progrès technologiques et les races de boue feront le reste .

Ce que je dis ne rentre pas en contradiction avec le constat de “mulatrisation” de notre race . Je nuance seulement . Le youtre et le principe de “harem” ne font qu’un . Je pense que les mulâtres seront réservés a la “plèbe” pas encore métissé . De telle sorte que le blanc ou la blanche lambda n’aura comme choix de conjoint que le marron ou le demi marron .
Les blancs de pur sang seront élevés en “batterie” et réservés a l’élite youtre.
Bon je m’avance un peu dans le futur la (lol) , mais eux doivent déjà y penser ! !

jim33
17 juillet 2019 1 h 58 min

“Tu n’as pas tort dans ton idée de harem mais tu te contredis en disant que les Blancs purs ne pourraient se reproduire qu’avec des marrons. Car dans ce cas, ils auraient disparu en une seule génération. Et on n’est pas dans un film fantastique hollywoodien.”

Dans quelques années par l’étape du grand remplacement et uniquement pour le tout venant , évidemment . Tu penses bien que le bétail biologique Aryen resteront entre eux pour fournir les juifs . N’est-ce pas déjà un peu le cas …. ? (d’où le système de valeur par l’argent )

“cette histoire de harem et d’élevage…” . Tu m’as mal compris je crois . C’est déjà un fait camarade ! A une petite échelle officieuse mais c’est déjà bel et bien le cas . Les producteurs youtres de film porno et hollywoodien , ne sont -ils pas dans cette catégorie ? Les trafiquants d’organes d’Europe de l’est (youtres également), ne sont -ils pas eux aussi dans cette catégorie ? Puis les propriétaires des agences de mannequina aussi , non ?

En réalité , toutes les structures sont déjà en place . Comme dit lors de mon précèdent message , si rien n’est fait alors le temps qui fait son œuvre avec le métissage de la masse Aryenne plus les races de boue avec la guerre raciale a sens unique finaliseront l’hégémonie juive sur notre monde . Si leur projet arrive à son terme , les blancs restant seront une micro “élite” financière sans âmes ! Mais cela ne changera rien a notre affaire , tout sera perdu . La sélection dysgénique des faibles d’esprits faite par les juifs sur notre race restera irréversible .
ps : Cette sélection dysgénique des lâches , on la voit partout dans les rues ,dans les journaux , a la télé par les médias ou dans les films . C’est une lutte a mort camarade ; Une lutte a mort ou le temps nous est compté ! Ce n’est pas seulement les biologies qui sont en jeu , mais aussi les esprits et les âmes .

L’enjeu cette fois -ci pour gagner sera de faire crever les faibles en premiers pour contrecarrer ainsi l’adage(volonté) moderne suivant : Les meilleurs partent toujours les premiers ! !

Rho 2
17 juillet 2019 7 h 34 min

Les putes du porno et les mannequins ne sont pas des produits d’élevage et leur effectif mondial ne doit pas dépasser les dix mille…
Quant aux organes, ils sont volés.
Il n’y a pas d’élevage de traîtres à notre race mais simplement corruption par l’argent et bourrage de crâne des esprits faibles. Ça suffit à notre malheur. Inutile d’inventer des trucs absurdes car biologiquement impossibles.
Notre objectif est d’éliminer les traîtres, les youtrons et les boucaques qui nous envahissent. C’est clair et simple. Et on sait pourquoi.
Inutile de se faire des films.
La réalité est assez merdique comme cela.

jim33
17 juillet 2019 11 h 20 min

Tout n’est qu’une question d’interprétation .

Le biseness du mannequina est a mes yeux un rouage d’élevage et de conditionnement de bétails humains . Ils y a des rabatteurs , des dresseurs , des locaux collectifs .
En fin de chaine si la “viande” élevée depuis ses 13-14 ans survit , alors elle s’étale a 18 ans sur de belles vitrines pour les youtres qui font leur marché .

jim33
17 juillet 2019 11 h 23 min

Correction -il y a –

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