Kevin MacDonald : Culture de la Critique – Les Juifs et la gauche (2)

Le communisme et l’identification juive en Pologne

Les travaux de Schatz sur le groupe de communistes juifs qui sont arrivés au pouvoir en Pologne après la Deuxième Guerre mondiale, qu’il appelle la génération, nous importent car ils mettent en lumière les processus d’identification de toute une génération de Juifs communistes en Europe de l’Est. Contrairement à ce qui s’est passé en Union Soviétique, où la faction la plus juive menée par Trotski a été vaincue, nous pouvons suivre en Pologne les activités et les identifications d’une élite communiste juive qui a pris le pouvoir et l’a tenu pendant une longue période.

La grand majorité des membres de ce groupe avait été socialisée dans des familles juives très traditionnelles, où

la vie domestique, les coutumes et les folklore, les traditions, les loisirs et les relations entre générations étaient imprégnés de normes et de valeurs essentiellement juives […] Le noyau de l’héritage culturel leur fut légué dans les formes par la pratique et l’éducation religieuse, les cérémonies, les contes, les chansons, en écoutant les histoires narrées par les parents et grands-parents et les discussions des adultes. Ils étaient donc pourvus de ce solide noyau d’identité, de valeurs, de normes et d’attitudes quand ils entrèrent en rébellion en tant que jeunes adultes. Ce noyau dut subir des transformations au cours des processus d’acculturation, de sécularisation et de radicalisation, qui allaient parfois jusqu’au rejet explicite. Il n’en reste pas moins que cette couche profonde allait filtrer toutes leurs perceptions ultérieures. (Shatz, The Generation : The Rise and Fall of the Jewish Communists of Poland, p. 37-38.)

Remarquons ici les implications des processus de fausse conscience : les membres de la génération niaient les effets de cette expérience intégrale de socialisation, laquelle devait pourtant déteindre sur toutes leurs perceptions postérieures, de telle sorte qu’en un sens tout à fait réel, ils ne savaient pas à quel point ils étaient juifs. La plupart d’entre eux parlaient yiddish dans la vie quotidienne et n’avaient qu’une faible maîtrise du polonais, même après leur incorporation dans le parti. Ils ne fréquentaient que des Juifs, qu’ils rencontraient dans le monde juif du travail, du voisinage et dans les organisations sociales et politiques juives. Une fois devenus communistes, ils se marièrent entre eux et leur vie sociale se déroulait en yiddish. Comme c’est le cas de tous les mouvements intellectuels et politiques juifs que nous étudions dans ce traité, leurs mentors et leurs influences déterminantes étaient tous des Juifs ethniques – singulièrement Trotski et Luxembourg – et quand ils faisaient mention de leurs héros personnels, tous étaient des Juifs dont les exploits prenaient des dimensions quasi-mythiques.

Les Juifs qui intégraient le mouvement communiste ne rejetaient pas au préalable leur identité ethnique, nombre d’entre eux « chérissaient leur culture juive […] et rêvaient d’une société dans laquelle les Juifs seraient et resteraient juifs » (ibidem p. 48). De fait, il n’était pas rare du tout que des individus combinassent une forte identité juive avec le marxisme et des mélanges variables de bundisme et de sionisme. En outre, le marxisme se recommandait aux Juifs polonais dans la mesure où ils savaient que les Juifs avaient obtenu des positions de pouvoir et d’influence très élevées en URSS et qu’ils avaient mis en place un système d’éducation et de culture juive. En Union Soviétique comme en Pologne, on voyait le communisme comme une puissance opposée à l’antisémitisme. Contradictoirement, le gouvernement polonais excluait les Juifs du secteur public, instituait des quotas dans les universités et les professions libérales et boycottait officiellement des entreprises juives. Très clairement, les Juifs voyaient dans le communisme quelque chose de bon pour eux-mêmes. C’était le mouvement qui ne mettait pas en péril la perpétuation du groupe juif, qui leur promettait pouvoir et influence et qui mettait fin à l’antisémitisme d’État.

A une extrémité du spectre de l’identification juive, on trouvait les communistes qui avaient commencé leur carrière dans le Bund ou chez les sionistes, parlaient yiddish et travaillaient entièrement dans un milieu juif. Les identifications juives et communistes étaient aussi sincères l’une que l’autre et sans ambivalence. Aucun conflit n’était perçu entre ces deux sources d’identité. A l’autre bout du spectre de l’identification juive, on trouvait des communistes qui pourraient avoir voulu édifier un État “desethnicisé”, sans perpétuation du groupe juif, bien que les preuves de cette volonté soient loin d’être suffisantes. Dans la période qui précède la Deuxième Guerre mondiale, même les plus « desethnicisés » des Juifs ne s’assimilaient qu’extérieurement en s’habillant comme des Gentils, en adoptant leurs prénoms (ce qui peut ressembler à une tromperie) et en apprenant leur langue. Ils cherchaient à recruter des Gentils dans le mouvement, mais ne s’assimilaient pas à la culture polonaise et ne cherchaient pas à le faire.

Ils conservaient les « attitudes hautaines et méprisantes » traditionnelles chez les Juifs, face à ce qu’ils considéraient, en bons marxistes, comme une culture « attardée » de paysans polonais (ibid. p. 119). Même les communistes juifs les plus assimilés, ceux qui travaillaient dans les grandes villes avec des non-juifs, s’indignèrent profondément du pacte germano-soviétique de non-agression et furent soulagés au déclenchement de la guerre entre ces deux puissances, ce qui indique clairement que leur identité personnelle juive n’était pas restée loin de la surface. Le Parti Communiste de Pologne (PCP) avait soin de promouvoir les intérêts juifs et n’obéissait pas aveuglément à l’Union Soviétique. A ce titre, Schatz considère que si Staline a dissout le PCP en 1938, c’est à cause de la présence de trotskistes en son sein et parce qu’il s’attendait à ce que celui-ci s’opposât à l’alliance avec l’Allemagne nazie.

Dans mon livre Separation And Its Discontents, j’affirme que l’ambivalence dans l’identification est un trait constant du judaïsme depuis l’époque des Lumières. Il est intéressant de remarquer que les militants juifs polonais montrent une telle ambivalence, qui provient en dernière analyse de la contradiction qu’il y a « entre la croyance d’une sorte d’existence collective juive, mêlée au rejet d’une telle communion ethnique, qui était considérée comme incompatible avec la division en classes et nuisible à la lutte politique en général ; entre la volonté de maintenir un type de culture juive spécifique, mêlée à l’idée qu’il ne s’agissait que d’une forme ethnique particulière du message communiste qui devait servir à incorporer les Juifs dans la communauté socialiste polonaise ; entre la volonté de conserver des institutions juives à part, tout en désirant éliminer la séparation juive comme telle » (p. 234).

Nous allons observer que les Juifs, y compris les Juifs communistes aux plus hauts échelons du gouvernement, continuaient de se voir comme un groupe soudé et identifiable. Bien que le caractère spécifiquement juif de leur expérience collective n’apparût pas à leurs propres yeux, celui-ci n’échappait pas aux yeux des autres, cas frappant de fausse conscience que nous scruterons plus tard en étudiant le cas des Juifs gauchistes américains.

Ces communistes juifs élaboraient des rationalisations et des auto-tromperies quant au rôle du mouvement communiste en Pologne, de telle sorte qu’on ne peut pas tirer, à partir du manque de preuves de leur identité ethnique juive affirmée, un manque d’identité juive tout court.

Des anomalies cognitives et émotionnelles – des déformations, des blocages et des mutilations de la pensée et du sentiment – étaient le prix à payer pour conserver leurs croyances intactes […]. L’ajustement de leurs expériences à leurs croyances se faisait par le truchement de l’interprétation, de la suppression, de la justification ou du déni argumenté. (ibidem p. 191)

Autant ils étaient capables d’appliquer avec talent leur pensée critique en analysant de façon pénétrante le système socio-politique qu’ils rejetaient, autant ils étaient bloqués quand il s’agissait d’appliquer les mêmes règles et exigences d’analyse critique au système qu’ils considéraient comme étant l’avenir de toute l’humanité. (ibid. p. 192)

Cette combinaison de fausse conscience rationalisée et d’une très forte teneur en identité juive peut se lire dans les propos de Jacub Berman, un des plus hauts dirigeants polonais de l’après-guerre. (En Pologne, tous les dirigeants communistes dans la période 1948-56 : Berman, Boleslaw, Bierut, Hilary Minc, étaient juifs). Au sujet des purges et des meurtres de milliers de communistes, dont de nombreux Juifs, en URSS dans les années 1930, Berman déclare ce qui suit :

J’ai tâché du mieux que j’ai pu d’expliquer ce qui se passait, de clarifier les tenants et aboutissants, les situations très conflictuelles et remplies de contradictions internes où Staline devait se trouver et qui l’ont contraint à agir comme il l’a fait et à exagérer les erreurs de l’opposition, lesquelles prirent des proportions grotesques dans les accusations judiciaires, et à nouveau gonflées par la propagande soviétique. Il fallait beaucoup d’endurance et de dévouement pour accepter ce qui se passait, malgré toutes les distorsions, les insultes et les tourments. (in Toranska, « Them » : Stalin’s Polish Puppets p. 207)

En ce qui concerne son identité juive, Berman répondit comme suit, alors qu’on s’enquérait de ses plans pour l’après-guerre :

Je n’avais pas de plan particulier. Mais je savais qu’en tant que Juif, je ne pourrais pas postuler aux postes les plus élevés. Mais cela ne me gênait pas de ne pas être aux premiers rangs, non pas que je fusse si humble de nature, mais parce qu’il n’y a pas besoin d’être sous les feux de la rampe pour détenir le véritable pouvoir. Ce qui m’importait, c’était d’exercer mon influence, d’apposer mon sceau lors de la formation si compliquée des gouvernements, ce que je faisais sans devoir m’exposer. Évidemment, l’exercice demandait une certaine agilité. (ibidem p. 237)

Nous voyons clairement que Berman se voit comme Juif et qu’il est conscient que les autres le voient ainsi, et qu’il faut donc faire adopter artificieusement un profil bas à sa personnalité publique. Berman fait aussi remarquer qu’il fut, en tant que Juif, soupçonné pendant la campagne anti- « cosmopolite » qui commença en URSS à la fin des années 1940.

Les pattes des Juifs encore une fois ? Non, jamais !

Son frère, membre du Comité Central de l’Organisation des Juifs Polonais (laquelle voulait mettre sur pied une culture juive laïcisée dans la Pologne communiste), émigra en Israël en 1950 pour fuir les conséquences de la ligne antisémite adoptée en Pologne, sous inspiration soviétique. Berman explique qu’il n’a pas suivi son frère en Israël malgré les demandes pressantes de celui-ci : « J’étais bien sûr intéressé par ce qui se passait en Israël, d’autant plus que je connaissais bien ceux qui y allaient » (ibid. p. 322). Évidemment, son frère ne le considérait pas comme non-Juif, mais comme un Juif qui devait émigrer en Israël à cause de l’antisémitisme naissant. La proximité des liens de famille entre un très haut cadre du gouvernement communiste polonais et un militant de l’organisation qui promouvait la culture laïque juive en Pologne indique que même chez les plus assimilés des communistes polonais de l’époque, on ne voyait pas d’incompatibilité à s’identifier comme Juif et comme communiste.

Tandis que les membres juifs du PCP considéraient le parti comme avantageux pour les intérêts juifs, celui-ci était vu par la gentilité polonaise, même avant la guerre, comme « pro-soviétique, anti-patriotique et ‘pas vraiment polonais’ d’un point de vue ethnique » (Schatz, op. cit. p. 82). La perception de ce manque de patriotisme était la source principale de l’hostilité populaire envers le PCP.

D’un côté, pendant la plus grande partie de son existence, le PCP était en guerre non seulement contre l’État polonais, mais aussi contre l’ensemble du corps politique, y compris contre les partis d’opposition institutionnelle de la gauche. D’autre part, aux yeux de la grande majorité des Polonais, le PCP était un agent étranger et subversif aux ordres de Moscou, qui avait juré de détruire l’indépendance de la Pologne, gagnée de haute lutte, pour la faire entrer dans le giron soviétique. Appelée « agence soviétique » et « commune juive », l’organisation était vue comme une conspiration dangereuse et fondamentalement non-polonaise qui cherchait à saper la souveraineté nationale et à restaurer sous une autre forme la domination russe. (Coutovidis & Reynolds, Poland, 1939-47, p. 115)

Le PCP soutint l’Union Soviétique lors de la guerre soviéto-polonaise de 1919-20 et l’invasion soviétique de 1939. Il accepta la frontière soviéto-polonaise de 1939 et se montra assez indifférent au massacre des prisonniers de guerre polonais pendant la Deuxième Guerre mondiale, alors que le gouvernement polonais en exil tenait une position nationaliste sur ces questions. L’armée soviétique et ses alliés polonais, « déterminés par de froides raisons de calcul politique ou sous la pression des nécessités militaires, ou les deux ensemble », laissèrent l’insurrection de l’Armée de l’Intérieur, fidèle au gouvernement non-communiste en exil, être écrasée par les Allemands au prix de deux cent mille morts, ce qui anéantit « la crème de l’élite militante anti-communiste et non-communiste » (Schatz, op. cit. p. 188).

L’artifice consistant à gommer la physionomie juive du mouvement communiste était aussi de mise dans la ZPP (sigle de l’Union des Patriotes Polonais, une vitrine communiste au nom orwellien, que l’URSS avait créée en vue de l’occupation de la Pologne après la guerre). Mis à part les membres de la génération dont la loyauté était tenue pour certaine et qui en formaient le noyau dirigeant, les Juifs étaient dissuadés de rejoindre cet organisme, de peur qu’il n’apparût comme trop juif. Toutefois, on le permettait aux Juifs qui pouvaient passer physiquement pour des Polonais.

On les invitait à s’enregistrer en tant que Polonais ethniques et à changer leurs noms. « On ne le demandait pas systématiquement, car avec certains d’entre eux, il n’y avait rien à faire : ils avaient l’air vraiment trop juifs. » (ibidem p. 185)

Quand ce groupe accéda au pouvoir après la guerre, il servit les intérêts politiques, économiques et culturels des Soviétiques, tout en promouvant avec véhémence les intérêts spécifiquement juifs, par exemple en détruisant l’opposition politique nationaliste qui professait un antisémitisme ouvert, en partie motivé par l’idée que le groupe juif favorisait la domination soviétique. La purge du groupe de Wladyslaw Gomulka après la guerre fut l’occasion de la promotion des Juifs et du bannissement total de l’antisémitisme. Qui plus est, la polarisation entre le gouvernement communiste polonais sous domination juive et soutenu par les Soviétiques d’une part, et la clandestinité nationaliste et antisémite d’autre part, permit au pouvoir communiste d’obtenir l’allégeance de la grande majorité de la population juive, alors que le gros des Polonais non-juifs était en faveur des partis anti-soviétiques.

Il en ressortit un antisémitisme encore plus marqué. A l’été 1947, environ 1500 Juifs avaient été tués dans des incidents enregistrés dans 155 localités. Le cardinal Hlond, au sujet d’un incident où 41 Juifs furent tués en 1946, remarquait que le pogrom s’expliquait par le fait que « les Juifs occupaient des positions dominantes dans le gouvernement polonais et s’efforçaient d’implanter un type d’État dont les Polonais, dans leur majorité, ne voulaient pas » (id. p. 107).

Le pouvoir communiste sous domination juive s’évertuait à maintenir et à ressusciter la vie juive en Pologne de façon à ce que, comme en URSS, on n’eût pas à craindre un quelconque dépérissement du judaïsme en régime communiste. Dans la « vision ethno-politique » de ces militants juifs, la culture juive laïque devait se perpétuer en Pologne avec l’aval et le soutien de l’État. Dans ces conditions, tandis que le pouvoir faisait campagne contre le pouvoir politique et culturel de l’Église catholique, la vie collective juive s’épanouit dans l’après-guerre. Des écoles et des publications en yiddish et en hébreux furent lancées, toute une variété d’organisations culturelles et d’entraide sociale pour Juifs furent mises sur pied. Une partie non-négligeable de la population juive trouva un emploi dans les entreprises coopératives juives.

Ajoutons à cela que le gouvernement sous domination juive voyait la population juive, où l’on trouvait beaucoup de gens qui n’avaient jamais été communistes, comme

un réservoir de gens fiables à rallier au projet de reconstruction du pays. Même s’il ne s’agissait pas de vieux camarades éprouvés, ils avaient l’avantage de ne pas avoir de racines dans les rapports sociaux de la société anti-communiste. Ils étaient étrangers à ses traditions historiques, n’avaient aucun lien à l’Église catholique et étaient détestés par les ennemis du régime. Par conséquent, on pouvait compter sur eux et leur attribuer des postes. (id. p. 212-13)

Avoir des origines juives étaient un avantage dans le recrutement des agents des services de sécurité intérieure. La génération des communistes juifs avait bien vu que son pouvoir dérivait entièrement de l’Union Soviétique et qu’elle allait devoir employer la coercition pour se faire obéir d’une société non-communiste foncièrement hostile. Le noyau dur des services de sécurité était formé de Juifs qui étaient déjà communistes avant l’établissement du pouvoir communiste polonais, mais il s’adjoignit l’assistance d’autres Juifs sympathisants du régime et détachés de la société au sens large. Ce genre de faits accentua d’autant plus l’image populaire du Juif en tant qu’agent de l’étranger et ennemi des Polonais ethniques.

Les agents juifs des forces de sécurité intérieure semblent avoir été motivés par une haine personnelle et par le désir de vengeance, lié à leur identité juive :

Leurs familles avaient été assassinées et la clandestinité anti-communiste leur apparaissait comme la continuation de cette même tradition antisémite et anti-communiste. Ils haïssaient autant ceux qui avaient collaboré avec les nazis que ceux qui s’opposaient au nouvel ordre des choses, sachant qu’en tant que communistes, ou en tant que communistes et que Juifs, on les haïssait au moins autant. A leurs yeux, l’ennemi était fondamentalement le même. Les vieilles calamités devaient être punies et les nouvelles empêchées, une lutte sans merci devait être menée pour ouvrir la voie à un monde meilleur. (id. p. 226)

Boleslaw Bierut et ses agents patibulaires, mais presque.

A l’image de ce qui eut lieu en Hongrie au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, la Pologne se polarisa de telle sorte qu’une classe dirigeante et administrative à dominante juive – soutenue par le reste de la population juive et par le pouvoir militaire soviétique – se rangea en ordre de bataille contre la grande majorité de la gentilité indigène.

Leur rôle d’intermédiaire transforma ces anciens outsiders en élite de fait de la Pologne, et ces anciens hérauts de la justice sociale allèrent très loin pour protéger leurs prérogatives, à grands renforts de rationalisation et d’auto-tromperie. Par exemple, quand un transfuge révéla en 1954 le style de vie luxueux des membres de l’élite (Boleslaw Bierut avait quatre résidences secondaires et les clés de cinq autres [in Torenska, op.cit. p. 28]), leur corruption et leur rôle d’agents soviétiques, il y eut des ondes de choc aux niveaux inférieurs du parti. D’où l’on peut voir clairement le rôle joué par les revendications de supériorité morale et d’altruisme dans l’élaboration de la fausse conscience de ce groupe.

Les efforts déployés pour donner un air polonais à ce pouvoir dominé par les Juifs, n’eurent pas le succès escompté, compte tenu du trop faible nombre de Polonais fiables et capables d’occuper des positions dans le parti, la haute administration, l’armée et les services. On favorisa donc les Juifs qui avaient coupé les ponts officiels avec la communauté, ceux qui avaient changé leur nom ou ceux qui pouvaient passer pour Polonais par leur aspect physique ou leur manque d’accent juif. Quelles que fussent les définitions que ces individus se donnaient à titre personnel, ceux qui les recrutaient à des postes de pouvoir prenaient comme critère leur extraction ethnique perçue, clé de leur fiabilité. La situation qui s’ensuivit ressemblait à beaucoup d’égards à celle des sociétés traditionnelles, où Juifs avoués et Juifs cachés entretenaient entre-soi leurs réseaux économiques et politiques.

A côté du groupe des hommes politiques influents, trop restreint pour être qualifié de catégorie sociale, on trouvait les soldats, les apparatchiks et les administratifs, les intellectuels et les publicistes, les policiers, les diplomates et enfin les militants du secteur juif. Il y avait aussi la masse des gens ordinaires – employés, artisans et ouvriers – qui partageaient une même vision idéologique, une même expérience historique et les mêmes aspirations ethniques. (Shatz, op. cit. p. 226)

Il faut remarquer que lorsque la domination politique et économique juive diminua graduellement dans la deuxième moitié des années 1950, un certain nombre d’entre eux retrouva un emploi dans les entreprises coopératives juives. Les Juifs purgés des services de sécurité intérieure reçurent l’assistance d’organisations juives financées par des Juifs américains. Peu de doutes subsistent au sujet du maintien de leur identité juive et de la perpétuation du séparatisme économique et culturel juif. A ce titre, après l’implosion du régime communiste polonais, « de nombreux Juifs, y compris des enfants et petits-enfants d’anciens communistes, sortirent du bois » (Anti-Semitism Worldwide 1994 p. 115). Ils revendiquèrent leur identité juive et renforcèrent d’autant plus l’idée que beaucoup de communistes juifs étaient en fait des crypto-Juifs.

Quand le mouvement anti-sioniste et antisémite d’Union Soviétique passa en Pologne, après le changement de ligne vis-à-vis d’Israël à la fin des années 1940, il y eut une nouvelle crise d’identité, issue de la croyance en l’incompatibilité entre communisme et antisémitisme. On y répondit soit par l’ « abnégation ethnique » – en faisant des déclarations niant l’existence de l’identité juive – soit tout simplement en faisant profil bas. Mais en vertu de la très forte identification au système parmi les Juifs, la tendance générale était à la rationalisation, y compris au moment où les Juifs étaient évincés des positions de pouvoir.

Même quand les méthodes devenaient plus dures et douloureuses, quand on était forcé d’avouer des crimes non-commis et à dénoncer les autres, et quand on se rendait compte des torts commis par des moyens qui violaient la morale communiste, les convictions idéologiques de base demeuraient inchangées. Par conséquent, la folie sacrée triompha, même dans les cellules de prison. (ibidem p. 260)

Pour finir, la campagne anti-juive des années 1960 s’alimenta de l’affirmation que les Juifs communistes de la génération s’opposaient à la ligne politique de l’Union Soviétique pro-Arabe au Proche-Orient.

A l’image de ce qui est arrivé aux autres groupes juifs au travers des âges, les purges anti-juives ne les firent pas abandonner leur engagement envers le groupe, même si le prix à payer était une persécution supplémentaire. Au contraire, cet engagement se fit plus fort encore :

Discipline idéologique inébranlable et obéissance jusqu’à la mauvaise foi… Ils voyaient le parti comme la personnification collective des forces de l’histoire et se voyaient eux-mêmes comme leurs servants. Ils l’exprimaient par du dogmatisme téléologico-déductif, de l’arrogance révolutionnaire et de l’ambiguïté morale. (ibid. p. 260-61)

En effet, on constate que la cohésion du groupe de la génération augmenta en même temps que ses revers de fortune. Comme leurs positions étaient érodées par le nationalisme polonais et l’antisémitisme naissant, ils devenaient de plus en plus conscients de leur appartenance au même groupe. Après leur défaite finale, ils perdirent très vite toute identité polonaise et assumèrent ouvertement des identités juives, en particulier en Israël, destination de la plupart des Juifs polonais. Ils auto-critiquèrent leur anti-sionisme et se firent les ardents partisans d’Israël.

Pour conclure, nous nous appuierons sur Schatz qui montre que la génération des Juifs communistes et de leurs partisans ethniquement juifs doit être considérée comme un groupe et un agent historique juif. Les preuves indiquent que ce groupe a servi des intérêts spécifiquement juifs, en particulier la continuation de groupe juif en Pologne, alors même qu’ils tâchaient de détruire des institutions comme l’Église catholique et d’autres expressions du nationalisme polonais au service de la cohésion sociale des Polonais. Le pouvoir communiste combattit l’antisémitisme et promut les intérêts économiques et politiques des Juifs. Même si la reconnaissance subjective de l’identité juive était certainement variable au sein de ce groupe, les preuves indiquent une forte teneur d’identité juive submergée de fausse conscience, même chez les plus assimilés d’entre eux. La séquence tout entière illustre la complexité de l’identification juive et l’importance de la fausse conscience et de la rationalisation au cœur du judaïsme en tant que stratégie évolutionnaire de groupe.

La mauvaise foi et la rationalisation étaient massives quand il s’agissait, pour le pouvoir sous domination juive et ses partisans juifs, d’éliminer les élites nationalistes gentilles, de s’opposer à la culture nationale polonaise et à l’Église catholique tout en édifiant une culture juive sécularisée, de servir d’agent de la domination soviétique en Pologne et de bâtir ses propres succès économiques, tout en administrant une économie qui imposait privations et sacrifices au reste du peuple pour l’atteler au char soviétique.

Auteur: Basile

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14 Commentaires sur "Kevin MacDonald : Culture de la Critique – Les Juifs et la gauche (2)"

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Rho 2
11 février 2019 9 h 44 min

Lumineux ! Ce Mac Donald là est un régal !
Rien à voir avec l’autre. Mille mercis, Basile, de nous permettre d’accéder à ce monument de la pensée aryenne, qui démonte méticuleusement, et de façon irréfutable, les mensonges et les tactiques de prise de pouvoir des youtres, en nous éclairant non moins parfaitement sur leur stratégie. On comprend que (((Nathan))) ou (((Calmann-Lévy))) et compagnie ne soient pas pressés d’en sortir une édition française…
La France étant un des pays les plus judaïsés, la vérité est cachée aux gens, sinon, comme disait Coluche, ils n’iraient pas bosser le lendemain… pour leurs patrons juifs !
Mais la censure ne sévit pas partout, et c’est ainsi que Mein Kampf est désormais un record de ventes dans nombre de pays, comme le Japon où il est au programme scolaire, ou en Italie où il est le livre le plus populaire chez les jeunes :
https://fr.sputniknews.com/international/201704191030977034-mein-kampf-japon-cursus-scolaire/
https://fr.sputniknews.com/societe/201612091029089095-mein-kampf-italie-ecoles-lycees-sondage/
Lisez les commentaires camarades, vous allez vous éclater et vous sentir moins seuls !
Ça explique peut-être qu’on ne vote pas pour un Métron de l’autre côté des Alpes…

Rho 2
11 février 2019 10 h 01 min

Ah, certains commentaires ont disparu.
Évidemment, les Russes gardent une dent contre Tonton. Eux non plus, “on ne leur dit pas tout”…
Dommage. Le seul youtre qui avait osé intervenir parce que tous les commentaires rappelaient l’oeuvre d’Hitler et le rôle néfaste de la juiverie, notamment que c’était elle qui avait déclenché les deux guerres mondiales, ce youpin, donc, s’était fait étriller. On se serait cru sur Blanche Europe ! Il est vrai que certains d’entre nous ou de DP pouvaient y être pour quelque chose, mais je n’ai pas reconnu les styles, ce qui me permet parfois de reconnaître un camarade qui a changé de pseudo.

11 février 2019 19 h 28 min

Mon cher Rho 2, tu viens de me rappeler de bons souvenirs.
L’opération solstika, ça te dit quelque chose ?

Si tu n’étais pas encore parmi nous à cette époque, lis ça : https://www.blancheurope.com/2017/01/22/troller-les-commentaires-de-russia-today-operation-solstika/

Rho 2
12 février 2019 0 h 45 min

Ça explique bien des choses….
Je suis Blanche Europe depuis le début même si je ne poste de commentaires que depuis moins longtemps. J’avoue que j’avais complètement oublié l’opération solstika… À première vue, ça avait bien marché mais il me semble qu’il est devenu impossible de commenter sur Spoutnik ou RT sans s’enregistrer au préalable. Et leurs intervenants récurrents sont désormais souvent à dix mètres sous les racines des pâquerettes : beaucoup de youtres et de boucaques qui s’y invectivent régulièrement. C’était infiniment mieux au temps de solstika !

12 février 2019 0 h 50 min

A cette période on avait le temps et la possibilité de poster pas mal de liens de Blanche Europe ou de commentaires pour démonter les idéologies nauséabondes de nos ennemis.

Maintenant, bizarrement, on a beaucoup moins de porté car les messages ne restent pas longtemps en ligne…

Il est loin le temps où Blanche arrivait à faire venir des milliers de lecteurs grâce à des liens Facebook ou Twitter !

jim33
12 février 2019 2 h 58 min

Maintenant ces milliers de lecteurs fonds des “quenelles” et vote marine ….. autrement dit , ils ne valent surement rien. La qualité plutôt que la quantité . Regarde Roh2 . C’est un vieux de la veille un peu taré sur les bords , excentrique mais d’une grande qualité ! mdrr

Comme je l’avais dit dans un com les gens cherchent la radicalité , certes , mais ils ne sont pas prêts a l’être eux même . Pour qu’ils le soient il nous faudra gagné , c’est comme ca malheureusement . Ce qu’ils attendent c’est une gouverne tenue d’une main de fer c’est tout le reste ils s’en foutent .
Si demain un fuhrer prend le pouvoir en éradiquant 100 000 sous races en moins d’une semaine alors tout les cons qui aujourd’hui nous crachent a la gueule seront les premiers a tendre le bras : les “patriotes” , les “nationaliste” de pacotille et même les chrétiens ! LOOl

jim33
12 février 2019 10 h 54 min

Rho2 : désolé j’ai écorché ton pseudo ! Je ne me suis point relus . 🙂

Rho 2
12 février 2019 16 h 14 min

Pas grave ! C’est juste un pseudo. Tu as raison ; je suis un vieux con un peu taré.
La preuve : je vote Marine et je défile avec les Gilets Jaunes.
De mon point de vue, mieux vaut voter pour une semi-merde qui se fait troncher par un juif que pour une merde absolue qui se fait enculer par des boucaques et offre tout son peuple aux youtres pour qu’ils l’enculent et le génocident. Et mieux vaut les électeurs et les militants du RN que ceux d’En marche qui nous marchent allègrement sur la gueule…
En gros, mieux vaut une bronchite qu’un cancer.
Et s’abstenir et rester devant son clavier, c’est au final voter Macron et lui laisser les mains libres pour accomplir le programme de ses (((maîtres))). Programme que chacun de nous connaît et sur lequel Faits et Arguments vient de nous apporter encore plus de précisions.
La radicalité impose de se préparer sérieusement pour le jour où nous pourrons et devrons mener des actions radicales. Pour ma part, j’ai ce qu’il faut et je sais m’en servir.
Un vieux con armé, ça pourra peut-être se révéler plus utiles que des jeunes radicaux purs et durs en paroles et surtout en critiques, mais qui n’auront pratiquement jamais tenu un flingue, sauf peut-être dans une fête foraine. Et il faut aussi savoir cogner ; la hargne ne suffit pas.
Se préparer ne signifie pas se mettre en retrait et attendre l’arrivée d’un nouveau Fuhrer comme les youtrons attendent leur messie…
Tout ce qui va dans le bon sens, même si c’est fort peu, est utile. Et c’est aussi la seule solution pour recruter de nouveaux camarades ; on peut convaincre un frontiste de devenir plus radical car il a déjà fait un pas ou deux dans la bonne direction.
Si chacun de nous avait convaincu en dix ans une dizaine de mecs de la justesse de nos idées, on serait, de facto, dix fois plus nombreux. Tu crois vraiment que ça ne servirait à rien ?
Alors, c’est même pas la peine d’aller sur ce site…
Mieux vaut faire une action kamikaze ou attendre la mort…
Si tu choisis la première option, je te conseille le dîner du CRIF ; la quasi totalité de nos pires ennemis y sont présents chaque année.
Mais si tu ne fais que buter un vigile ou casser une vitre, tu leur auras juste donné un prétexte pour intensifier la répression.

jim33
12 février 2019 18 h 32 min

Tu te m’éprends .

Premièrement , je n’attends pas un fuhrer comme un ado de 14 ans et puis je me doute bien qu’il ne tombera pas du ciel ….. et encore moins dans l’espace aérien français …..

Deuxièmement , je n’ai pas insinué que les gilets jaunes ne servent a rien . C’est toi qui remet ca sur le tapis . Je me moque simplement du français “patriote” de base qui a le “black blanc beur” chevillée au corps et pour qui le mot nation rime avec république .

Concernant l’action suicide j’en laisserai la primeur aux anciens . Moi a ton age je serai surement mort. Ton sarcasme garde le pour les agneaux aux dents de lait ou pour les ex gauchos reconverties en jean ss du net car ce genre de pique est digne d’un vrai rat masqué ! !

Il n’y avait aucune attaque dans mon message , juste une vanne camaradesque. Tu la mal prit pas grave , ca passera j’en ai rien a cirer ! Tu sais dans la vie irl je dois surement être encore plus “con” que toi . Pour le lambda , je suis le genre de ga qu’il ne fait pas bon a inviter …… ma seule présence fait se sentir mal à l’aise beaucoup de gens . Pourquoi ? Le regard , l’esprit et l’âme .

Cela fait un petit moment que j’ai laissé tomber les grands pamphlets ou les débats enflammés. Pourquoi ? Car le français de base en a rien a foutre ! Les gens lisent de moins en moins . Alors même le meilleur d’entre nous a l’esprit de synthèse remarquable ne pourra pas tout éclairer en un message ou deux . Il faut pour ca des sources , des liens qui mènent le plus souvent a plus d’intenses recherches . Pour ma part j’ai décidé de mettre de la musique. Voila ce qui touche les gens , qui réveille et stimule leurs “orgueils” . Du RAC NS ; En moins de 1 mois et malgré la censure j’ai eu presque 20 000 vues . Il y a très peu de message de gauchiste . J’en ai eu en tout et pour tout que 4 , que j’ai effacé bien entendu . A l’heure actuelle , la musique est le meilleur des ((philtres)) que nous avons .

D’ailleurs message pour nico : Sur la vidéo qui marche le plus je peux mettre un lien vers Blanche Europe . Je viens d’avoir l’idée la . je pense qu’elle va sauter après ca ! pas grave lol .

12 février 2019 19 h 19 min

Poster des liens de Blanche Europe sur le net est une bonne idée. Pas besoin de mon avis sur le sujet : c’est évidemment une bonne action à faire !

Sinon, je pense que Rho 2 avait bien compris que tu ne l’attaquais pas 🙂

Attention à l’orthographe, je sais je rabâche mais il est toujours plus agréable de lire un commentaire quand il est dénue – ou presque ! – de fautes. Ce n’est pas inutile, car un commentaire mal construit et bourré de fautes n’inspire pas la confiance et n’aura pas beaucoup d’effet sur les gens.
C’est en règle générale, pas que pour le site.

Prend le comme un conseil, pas comme un grave reproche 😉

Et poste autant de liens que tu veux, ça ne peut qu’être positif pour nous !

jim33
12 février 2019 19 h 35 min

nico
C’es fait . Désoler pour l’orthographe . Je ne vais pas sortir l’excuse de la colère car je ne l’était pas …. lool
Ni de la précipitation car j’ai pris mon temps .
La fatigue peut être , une journée shopping ca use ajouter a ca mes propres lacunes et ont y est !

12 février 2019 21 h 35 min

Il n’est jamais trop tard, mon ami, pour améliorer son orthographe et donc augmenter ses chances de se faire entendre.
Par exemple, pour ton commentaire au dessus :

Nico,
C’est fait. Désolé pour l’orthographe. Je ne vais pas sortir l’excuse de la colère car je n’étais pas énervé. Lol !
Ni de la précipitation car j’ai pris mon temps.
La fatigue peut-être, une journée shopping ça use, ajoutez à ça mes propres lacunes et on y est !

Rien de bien sorcier, pour t’aider à prendre de bonnes habitudes je te conseille de télécharger un dictionnaire Français dans ton navigateur. Il te signalera un maximum de fautes et tu pourras t’auto-corriger plus rapidement.

Cela ne pourra que t’aider 😉

PS : merci pour avoir mis un lien !

Derrick
12 février 2019 22 h 06 min

Tu as dis que tu faisais du RAC NS, tu as une chaine sur Youtube ?

[…] Paru dans Blanche Europe […]

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