“MeToo” : tumulte après la “tribune Deneuve” s’inquiétant de la criminalisation du flirt

La tribune qui a fait réagir

Depuis quelques temps, la délation des hommes ayant importuné sexuellement des femmes bat son plein. La criminalisation des hommes tentant de séduire des femmes est une absurdité ; mais c’est ce vers quoi tend la “lutte contre le harcèlement”. Aux États-Unis, l’aspect positif de l’affaire, c’est que ce phénomène qui se limitait jusqu’alors à persécuter les hommes ordinaires s’est étendu aux agents du régime anti-blanc, provoquant une véritable hécatombe – ou peut-être devrais-je dire une vraie (((Shoah))) vu le nombre de youpins impliqués.

Dans ce contexte, Le Monde a publié un peu plus tôt ce mois une tribune s’inquiétant de la haine anti-masculine derrière le féminisme contemporain, et qui a provoqué de très fortes réactions jusque dans la presse anglo-américaine.

Comme toutes les tribunes parues dans Le Monde, l’accès à l’intégralité du texte est réservée aux abonnées, mais j’en ai déniché une version complète. Les réactions qu’elle a suscité et mes commentaires suivent. (Le processus éditorial du Monde avant de faire sortir cette tribune est aussi intéressant.)

Le Monde :

Le viol est un crime. Mais la drague insistante ou maladroite n’est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste.

A la suite de l’affaire Weinstein a eu lieu une légitime prise de conscience des violences sexuelles exercées sur les femmes, notamment dans le cadre professionnel, où certains hommes abusent de leur pouvoir. Elle était nécessaire. Mais cette libération de la parole se retourne aujourd’hui en son contraire : on nous intime de parler comme il faut, de taire ce qui fâche, et celles qui refusent de se plier à de telles injonctions sont regardées comme des traîtresses, des complices !

Or c’est là le propre du puritanisme que d’emprunter, au nom d’un prétendu bien général, les arguments de la protection des femmes et de leur émancipation pour mieux les enchaîner à un statut d’éternelles victimes, de pauvres petites choses sous l’emprise de phallocrates démons, comme au bon vieux temps de la sorcellerie.

De fait, #metoo a entraîné dans la presse et sur les réseaux sociaux une campagne de délations et de mises en accusation publiques d’individus qui, sans qu’on leur laisse la possibilité ni de répondre ni de se défendre, ont été mis exactement sur le même plan que des agresseurs sexuels. Cette justice expéditive a déjà ses victimes, des hommes sanctionnés dans l’exercice de leur métier, contraints à la démission, etc., alors qu’ils n’ont eu pour seul tort que d’avoir touché un genou, tenté de voler un baiser, parlé de choses « intimes » lors d’un dîner professionnel ou d’avoir envoyé des messages à connotation sexuelle à une femme chez qui l’attirance n’était pas réciproque.

Cette fièvre à envoyer les « porcs » à l’abattoir, loin d’aider les femmes à s’autonomiser, sert en réalité les intérêts des ennemis de la liberté sexuelle, des extrémistes religieux, des pires réactionnaires et de ceux qui estiment, au nom d’une conception substantielle du bien et de la morale victorienne qui va avec, que les femmes sont des êtres « à part », des enfants à visage d’adulte, réclamant d’être protégées.

En face, les hommes sont sommés de battre leur coulpe et de dénicher, au fin fond de leur conscience rétrospective, un « comportement déplacé » qu’ils auraient pu avoir voici dix, vingt ou trente ans, et dont ils devraient se repentir. La confession publique, l’incursion de procureurs autoproclamés dans la sphère privée, voilà qui installe comme un climat de société totalitaire.

La vague purificatoire ne semble connaître aucune limite. Là, on censure un nu d’Egon Schiele sur une affiche ; ici, on appelle au retrait d’un tableau de Balthus d’un musée au motif qu’il serait une apologie de la pédophilie ; dans la confusion de l’homme et de l’œuvre, on demande l’interdiction de la rétrospective Roman Polanski à la Cinémathèque et on obtient le report de celle consacrée à Jean-Claude Brisseau. Une universitaire juge le film Blow-Up, de Michelangelo Antonioni, « misogyne » et « inacceptable ». A la lumière de ce révisionnisme, John Ford (La Prisonnière du désert) et même Nicolas Poussin (L’Enlèvement des Sabines) n’en mènent pas large.

Déjà, des éditeurs ­demandent à certaines d’entre nous de rendre nos personnages masculins moins « sexistes », de parler de sexualité et d’amour avec moins de démesure ou encore de faire en sorte que les « traumatismes subis par les personnages féminins » soient rendus plus évidents ! Au bord du ridicule, un projet de loi en Suède veut imposer un consentement explicitement notifié à tout candidat à un rapport sexuel ! Encore un effort et deux adultes qui auront envie de coucher ensemble devront au préalable cocher via une « appli » de leur téléphone un document dans lequel les pratiques qu’ils acceptent et celles qu’ils refusent seront dûment listées.

Le philosophe Ruwen Ogien défendait une liberté d’offenser indispensable à la création artistique. De même, nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle. Nous sommes aujourd’hui suffisamment averties pour admettre que la pulsion sexuelle est par nature offensive et sauvage, mais nous sommes aussi suffisamment clairvoyantes pour ne pas confondre drague maladroite et agression sexuelle.

Surtout, nous sommes conscientes que la personne humaine n’est pas monolithe : une femme peut, dans la même journée, diriger une équipe professionnelle et jouir d’être l’objet sexuel d’un homme, sans être une « salope » ni une vile complice du patriarcat. Elle peut veiller à ce que son salaire soit égal à celui d’un homme, mais ne pas se sentir traumatisée à jamais par un frotteur dans le métro, même si cela est considéré comme un délit. Elle peut même l’envisager comme l’expression d’une grande misère sexuelle, voire comme un non-événement.

En tant que femmes, nous ne nous reconnaissons pas dans ce féminisme qui, au-delà de la dénonciation des abus de pouvoir, prend le visage d’une haine des hommes et de la sexualité. Nous pensons que la liberté de dire non à une proposition sexuelle ne va pas sans la liberté d’importuner. Et nous considérons qu’il faut savoir répondre à cette liberté d’importuner autrement qu’en s’enfermant dans le rôle de la proie.

Pour celles d’entre nous qui ont choisi d’avoir des enfants, nous estimons qu’il est plus judicieux d’élever nos filles de sorte qu’elles soient suffisamment informées et conscientes pour pouvoir vivre pleinement leur vie sans se laisser intimider ni culpabiliser.

Les accidents qui peuvent toucher le corps d’une femme n’atteignent pas nécessairement sa dignité et ne doivent pas, si durs soient-ils parfois, nécessairement faire d’elle une victime perpétuelle. Car nous ne sommes pas réductibles à notre corps. Notre liberté intérieure est inviolable. Et cette liberté que nous chérissons ne va pas sans risques ni sans responsabilités.

On retrouve dans cette tribune un mélange de constats raisonnables et de sottises dans l’esprit de la “libération sexuelle” et des formes antérieures du féminisme.

Dans les constats raisonnables :

  • Ni la galanterie ni le flirt ne sont des agressions.
  • Il y a certains salauds abusant de leur pouvoir.
  • Il y a un certain puritanisme à l’oeuvre chez les féministes anglo-américaines.
  • Le féminisme réduit les femmes à l’état de victimes. Mais la mode actuelle est que plus un groupe se dit “oppressé”, plus en réalité il reçoit d’avantages.
  • Il n’y a aucune forme de justice quand quelques témoignages pour des faits imaginaires ou complètement anodins suffisent à détruire la carrière d’un homme.
  • L’exigence de rendre livres, films et autres contenus conformes au dogme féministe, avec des méchants hommes qui font souffrir d’innocentes victimes, est complètement délirante ; il s’agit de travestir la représentation du monde qu’ils font afin de promouvoir des faussetés.
  • La remarque sur le dernier “suédisme” en date.
  • La haine des hommes joue une part significative dans ce féminisme ; en particulier avec toutes les lesbiennes qui sont ses militantes les plus féroces.

Dans les imbécilités (pour certaines des constats corrects sur le “féminisme #metoo” auxquels sont opposés des objections ineptes) :

  • La défense de la “libération sexuelle”, qualifiant de “réactionnaires” l’hostilité à une sexualisation rampante.
  • Affirmer que la femme moyenne est un être fort et autonome, pleinement adulte, à qui pourrait être accordée une pleine responsabilité.
  • La défense du criminel (((Polanski))).
  • L’image de la femme forte à la tête d’une équipe professionnelle et s’assurant que son salaire est “égal”, versant dans les délires carriéristes du féminisme.
  • La défense des négro-bougnoules qui frottent leur sexe contre les femmes dans le métro.
  • L’idée qu’une femme peut légitimement choisir de ne pas avoir d’enfants.

Les réactions à la tribune

Tout l’intérêt d’examiner les réactions à cette tribune, c’est de comprendre quel est l’état du discours féministe au sein des “élites” médiatico-intellectuelles.

Le Monde a publié un tas de tribunes en réaction (là encore, dont le texte complet est inaccessible pour les non-abonnés) et dont le sommaire indique que les extrémistes anti-hommes ont plutôt l’avantage. (À noter aussi une tribune imbécile qui prône un rôle plus actif des femmes dans la séduction ; traduisant une mécompréhension totale de la psychologie humaine, de ses racines biologiques et des causes évolutives faisant que si la femme cherche à être la plus attrayante possible, c’est à l’homme de chercher ensuite à la conquérir.)

AFP :

Des militantes féministes répondent mercredi à la tribune défendant la “liberté” des hommes “d’importuner”, signée par Catherine Deneuve et une centaine de femmes, les accusant de vouloir “refermer la chape de plomb” soulevée par le scandale Weinstein et de “mépriser” les victimes de violences sexuelles.

“Dès que l’égalité avance, même d’un demi-millimètre, de bonnes âmes nous alertent immédiatement sur le fait qu’on risquerait de tomber dans l’excès. L’excès, nous sommes en plein dedans (…) En France, chaque jour, des centaines de milliers de femmes sont victimes de harcèlement. Des dizaines de milliers d’agressions sexuelles. Et des centaines de viols. Chaque jour”, écrivent les signataires d’un texte publié sur le site francetvinfo.

L’argumentaire de ces féministes est totalement émotionnel ; et il est hypocrite quand on considère qu’elles sont parmi les premiers soutiens à l’importation massives de sauvages du Tiers-Monde qui sont les principaux coupables de joies comme le “harcèlement de rue” (une des signataires de ce texte proposait d’élargir les trottoirs…) ou comme les viols collectifs dans les caves des immeubles de banlieue.

[…]
“Avec ce texte, elles essayent de refermer la chape de plomb que nous avons commencé à soulever. Elles n’y arriveront pas”, poursuivent les signataires, concluant que “les porcs et leurs allié.e.s ont raison de s’inquiéter. Leur vieux monde est en train de disparaître”.

N’oubliez pas que dans l’esprit de ces tarées, le mot “porc” ne désigne pas simplement les pervers du genre de (((Weinstein))), mais pratiquement n’importe quel homme un minimum masculin.

Le Monde :

Aussi universelle que le mouvement #MeToo qu’elle entend critiquer, la tribune de cent femmes françaises publiée dans Le Monde, le 10 janvier, passionne la presse internationale. Depuis sa parution, elle est abondamment traduite et commentée à travers le monde.

Ce texte, défendant la « liberté » des hommes « d’importuner » les femmes et dénonçant un « féminisme qui prend le visage d’une haine des hommes et de la sexualité », y est parfois résumé à la naissance d’un mouvement « contre le puritanisme » mené par l’actrice Catherine Deneuve, signataire la plus célèbre à l’étranger.

Comme les journaux britanniques The Telegraph ou The Guardian, beaucoup de médias soulignent au passage qu’elle est « surtout connue pour avoir joué le rôle d’une prostituée dans le film de Buñuel, Belle de jour, en 1967 » ; ils évoquent aussi ses critiques lors du lancement du mot-clé #MeToo, en octobre 2017, dans la foulée des révélations sur le producteur américain Harvey Weinstein.
[…]
L’intérêt pour ce texte s’explique aussi par la concomitance de sa publication avec le soutien au mouvement #MeToo affiché lors de la remise des Golden Globes, dimanche 7, à Los Angeles, ainsi que le soulignent El Pais en Espagne ou le New York Times aux Etats-Unis. Au cours de cette soirée hollywoodienne, inspirées par la campagne Time’s up, plusieurs centaines d’actrices vêtues de noir ont témoigné de leur solidarité avec les femmes victimes d’agression sexuelle.

L’une des figures de ce mouvement, Asia Argento, s’est empressée d’attaquer les signataires françaises sur Twitter :

Catherine Deneuve et d’autres femmes françaises racontent au monde comment leur misogynie intériorisée les a lobotomisées au point de non-retour.

La radio publique américaine NPR évoque elle « le débat qui fait rage en France » après la publication de la tribune, tandis que de nombreux journaux font aussi état de la réponse qu’ont apportée à ce texte les associations féministes françaises.

Quant à la BBC, elle explique que la polémique met aux prises deux générations de féministes : les plus âgées « qui voient dans #MeToo une menace pour la libération sexuelle obtenue dans les années 1960 » et les plus jeunes pour qui « la lutte contre le harcèlement sexuel constitue la dernière étape dans le combat des droits de femmes ».

Sous le titre #moiaussi, le magazine allemand Der Spiegel profite de ces passes d’armes pour revenir longuement sur le « débat sur le sexisme » suscité en France depuis plusieurs mois par l’affaire Weinstein.

En Allemagne toujours, la Süddeutsche Zeitung propose une lecture plus nuancée de la polémique suscitée par la tribune française et se félicite que des femmes défendent un tel point de vue : « La contribution venue de France est importante pour faire en sorte que #MeToo ne soit pas perçu comme un mouvement unilatéral des femmes contre les hommes. »

Mais c’est de fait un mouvement anti-masculin. Seulement, dans les pays anglophones où il est né, il traduit moins la création d’une persécution anti-masculine que sa généralisation jusqu’aux membres éminents du régime anti-blanc. En France, et dans d’autres pays où il n’y a encore guère de cas d’homme jeté en prison parce qu’une fille ayant couché avec lui bourrée l’a accusé de viol, la dynamique est différente.

Catherine Deneuve forcée à présenter ses excuses

Le Monde :

Après un tollé d’une semaine, Catherine Deneuve reprend la parole. L’actrice, qui faisait partie des signataires d’une tribune collective publiée dans Le Monde sur la « liberté d’importuner » des hommes au nom de la « liberté sexuelle », justifie dans les pages de Libération sa prise de position polémique. Dans ce texte publié dimanche 14 janvier, Catherine Deneuve « présente [ses] excuses » aux « victimes d’actes odieux qui ont pu se sentir agressées » par le texte.

L’agitation a été si forte qu’elle s’est sentie forcée de reculer.

[…]
« On m’a parfois reproché de ne pas être féministe », répond Catherine Deneuve, qui rappelle être « une des 343 salopes avec Marguerite Duras et Françoise Sagan qui a signé le manifeste “Je me suis fait avorter” écrit par Simone de Beauvoir. »
[…]
Catherine Deneuve reconnaît elle-même avoir signé un texte qu’elle qualifie de « vigoureux, à défaut de le trouver parfait ». A ce titre, elle déplore avoir reçu le soutien des « conservateurs, racistes et traditionalistes de tout poil », et rappelle qu’elle est « une femme libre ».

C’est une salope riche et célèbre, qui a oeuvré à la dégénérescence de la société et s’inquiète désormais des conséquences mêmes de ce qu’elle a soutenu.

Conclusion

Ce tour d’horizon indique qu’en dépit des dégâts que #MeToo provoque dans les rangs du système, ses organes de propagande ne peuvent s’empêcher de le soutenir. Le golem féministe a totalement échappé au contrôle de ses maîtres.

C’est une bonne chose, parce que les extrémistes féministes sont des fanatiques sans vision stratégique d’ensemble. Leurs exigences délirantes vont profondément affaiblir le régime.

Auteur: Blanche

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5 Commentaires sur "“MeToo” : tumulte après la “tribune Deneuve” s’inquiétant de la criminalisation du flirt"

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Sven le latin
27 janvier 2018 10 h 50 min

même si les différents golems échappent les uns après les autres au contrôle de leur maitre, les dégâts qu’ils ont déjà commis et ceux qu’ils vont commettre vont être problématiques, et croyez bien que le maitre continuera a les protéger parce qu’il ne veut surtout pas a éventuellement avoir a rendre des comptes devant les milliards de victimes directes ou indirectes de ses golems !

Snapdragon
28 janvier 2018 2 h 38 min

Les (((maîtres))) sont pris à leur propre piège ils vont se faire dévorer par le monstre qu’ils ont créés.
Puis se sera le chaos.
Et donc une bonne occasion de mettre de l’ordre une bonne fois pour toute…

AA
27 janvier 2018 13 h 50 min

nufnuf
29 janvier 2018 0 h 53 min

Il faut jouer leur jeu si une femme demande de l’aide ou quoi que se soit ( une inconnue bien sûr ) partez ! Si on vous demande pourquoi ben… tu avais peur que ton aide soit mal interprétée par la personne en question. Si une femme se trouve dans une pièce avec vous essayer de partir aussi.

Je constate également que ça touche principalement les femmes blanches et j’en déduis que dans quelque temps elle seront isolées et des laissés pour compte.

Pierre
3 février 2018 16 h 26 min

Bonjour Mme Catherine Deneuve,
Je suis 100/100 avec vous.
Hélas les lesbiennes anti-Hommes et les racistes anti-blancs contrôlent les médias d’information.
Quand on sait que les élites de lesbiennes féministes anti-Hommes (blancs surtout) font la promotion de l’extermination des hommes dans des camps de concentration(sans poursuite judiciaire et protestation des médias).
Et qu’elles se font avorter dès qu’elles savent que leur enfant est un mâle.
Il est normal que ces merdes vous diabolisent.

A plus

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