Pays-Bas : formation d’un nouveau gouvernement et montée en puissance du FvD

Il y a quelques jours, après plus de six mois de discussions semblant pratiquement interminables ; une coalition de gouvernement a été formée aux Pays-Bas.

À cette occasion, Le Monde s’intéresse au FvD, ce parti émergent dont nous notions, en dépit de nos réserves quant aux manoeuvres électorales, qu’il était plus intéressant que le PVV du fanatique pro-juif Geert Wilders.

Le Monde :

Surnommé « le Caméléon » pour sa faculté à s’adapter à différents partenaires, le premier ministre libéral, Mark Rutte, a pris, jeudi 26 octobre, la tête de sa troisième coalition d’affilée. Le gouvernement « Rutte III », constitué plus de sept mois après les élections, tient en quelques chiffres : quatre partis (Parti populaire pour la liberté et la démocratie, VVD, libéral ; Appel chrétien-démocrate, CDA ; réformateurs proeuropéens de D66, et Union chrétienne, protestant conservateur), seize ministres et huit secrétaires d’Etat, une seule voix de majorité (76 sièges sur 150) à la deuxième Chambre.

Une « belle équipe », selon M. Rutte, mais fragile et qui devra affronter l’opposition conjuguée des écologistes, des sociaux-démocrates et de l’extrême droite de Geert Wilders.

Selon toute probabilité, la coalition se brisera avant le terme normalement prévu, lorsqu’une crise provoquera le retrait de l’un des partenaires de coalition. En attendant, ce nouveau gouvernement continuera sur la voie destructrice menant à l’abolition du peuple néerlandais.

L’article du Monde nous parle ensuite du FvD :

Avec, en outre, la menace grandissante d’une « droite alternative » emmenée par le juriste Thierry Baudet, 34 ans, qui a tiré les leçons du récent échec de Geert Wilders et de son Parti pour la liberté (PVV).

Si ce dernier est le parti d’un seul homme, sans cadres et sans militants, dont le programme tient sur un feuillet, le Forum pour la démocratie de M. Baudet, professeur de droit à l’université de Leyde, compterait déjà 15.000 membres et se veut ouvert à tous les débats. Quand M. Wilders refuse les interviews, son jeune rival multiplie les apparitions dans les talk-shows.

Si le PVV vise un électorat populaire et les retraités, le Forum entend s’adresser surtout aux jeunes éduqués, aux travailleurs indépendants et aux entrepreneurs.

Baudet a un côté un peu élitiste – il avait débuté son premier discours parlementaire avec du latin ; mais une large part de la différence consiste à ne pas s’engager à distribuer plus d’argent.

Avant les législatives de mars qui, à la surprise générale, lui ont permis de décrocher ses deux premiers sièges, M. Baudet, supporteur de Donald Trump et pourfendeur de « l’hystérie anti-Poutine », était surtout connu jusque-là pour ses attaques contre l’Union européenne et ses plaidoyers en faveur d’un rétablissement des frontières.

Cela paraît assez bien. Le souci, avec tous ces gens, c’est que l’apparence est souvent trompeuse, et que lorsque l’on gratte, on découvre des détails inquiétants.

Un propos tenu il y a quelques mois par Baudet aurait pourtant pu faire croire à un début de conscience :

C’est une tentative de démontrer la haine de soi quand nous diluons homéopathiquement le peuple néerlandais avec toutes les autres nations du monde, afin que les Néerlandais cessent finalement d’exister, afin que qui nous sommes ne soit plus jamais une réalité manifeste.

Le Monde :

Fort de ses succès, M. Baudet mise désormais sur les élections municipales et provinciales de 2018, pour entrer dans les conseils de grandes villes. Dans le programme de son Forum, on trouve quelques thèmes généraux (une meilleure gouvernance, une politique de l’immigration plus rigoureuse, un autre système éducatif), mais surtout, une défense de « l’identité néerlandaise », une critique de « l’élite politique ».

La notion d’identité a l’avantage et le défaut d’être assez vague : elle est souvent limitée à la culture en oubliant le peuple qui la génère.

Et justement, le FvD n’échappe pas à cet écueil.

Car voici ce que Theo Hidemma, n°2 du parti, a osé déclarer (nl) début septembre, rejetant les propos antérieurs de Baudet sur la dilution du peuple néerlandais :

Si tous les Marocains se mêlaient aux Néerlandaises, sans rien d’autre, alors vous n’avez pas besoin de clubs d’intégration et d’experts. (…) L’intégration sous les draps, c’est toujours beau.

Que dire, si ce n’est que ces propos sont profondément répugnants, et cela précisément parce qu’ils appellent à une activité anti-naturelle et destructrice ? Il a littéralement prôné le mélange racial comme solution à la catastrophe provoquée par l’invasion migratoire. Ce vieil imbécile n’a aucune conscience raciale, et pas le moindre semblant de virilité pour ne pas être dégoûté à l’idée de néerlandaises couchant avec des marocains.

Le Monde :

S’il reprend quelques thèmes chers à M. Wilders – son site n’évoque pas l’islam, mais il déclarait, en 2015, que celui-ci était « un danger » –, M. Baudet cultive un autre style, plus intellectuel et plus policé que celui du chef du PVV. « Il en est la variante plus présentable », analysent Mark Lievisse Adriaanse et Philip de Witt Wijnen, du quotidien NRC. Ce qui ne l’empêche d’adopter parfois un ton très macho pour prôner la « virilité » plutôt que « le consensus, une valeur féminine ».

Eh bien, s’il avait assez de “virilité”, il aurait du se débarrasser d’Hiddema. S’il a regretté les termes employés, il n’a pas osé aller plus loin.

[…]
Hajo Smit, rédacteur en chef du site Pauwnieuws.nl, l’un des forums où se retrouvent les adeptes de l’alt-right, explique que les Néerlandais « peuvent être fiers de leurs origines et de leur apport à l’Histoire » et entendent désormais que « leurs soucis soient pris en compte ».

Ils peuvent être fiers de leur Histoire, mais il s’agit de réagir s’ils veulent avoir un futur.

Et l’un des obstacles qu’il faut écarter avec fermeté, ce sont ces faux opposants au régime, vaguement attachés à la culture européenne mais prônant un “remède” qui ne fait qu’accélérer la diffusion du poison.

Auteur: Blanche

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6 Commentaires sur "Pays-Bas : formation d’un nouveau gouvernement et montée en puissance du FvD"

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Earl Turner 31
31 octobre 2017 22 h 55 min

Wouha le numéro 2 du parti “d’extrême droite” a le même type de discours que Jacques Attali, c’est un troll et/ou un traitre. Encore un parti qui après un semblant de succès décide de lisser son programme, de se dédiaboliser.

Je suis en train de me demander si le mieux n’est pas seulement de répandre un discours radical plutôt que de chercher à être élu.
Ca ne sert strictement à rien de créer un parti nationaliste, puis de recruter des modérés pour se dédiaboliser, puis de gauchiser son discours pour être élu, puis d’être élu, puis de faire la même politique que le (((Système))). Cela fait perdre du temps, alors que notre temps est compté.
Mieux vaut créer un parti nationaliste, rester ferme sur son programme, rechercher l’attrait des médias de masse par des déclarations provocatrices mais vraies. A moyen terme le but n’est pas de gagner la moindre élection mais d’obtenir une présence auprès du peuple pour les rallier à la juste cause.
La limite c’est la stratégie des médias de masse. Dès qu’ils parlent des nazis, de l’extrême droite, etc. ils augmentent leur part d’audience et peuvent vendre leur espace publicitaire plus cher. Mais faisant partie du Système ils hésitent fortement à nous accorder la parole…

Driant
1 novembre 2017 11 h 24 min

Entièrement d’accord avec vous, Earl Turner ! Ajoutons que nous ne remporterons jamais la victoire par les urnes, et qu’il est clair que la création de nouveaux partis prétendument de droite ne sert strictement à rien, en plus de semer la confusion dans l’esprit des personnes encore valables, et de les dresser les unes contre les autres au final.

Il faut donc un parti nationaliste et fasciste qui reste droit dans ses bottes pour servir de point de repère au peuple, et ce parti, grâce à son maillage sur le territoire national, devrait être en outre la matrice de la Résistance en vue de la révolution nationale et de la reconquête du pouvoir. Malheureusement, il n’existe rien de tel pour le moment.

Anon
1 novembre 2017 13 h 01 min

Ne jamais dire jamais, ne soyez pas dans la divination, car cela ne mène à rien. Se prendre pour Mne Irma, c’est déjà du défaitisme, je sais qu’il est compliqué de croire en un parti à l’heure actuelle, mais l’avenir n’est pas écrit et on pourrait avoir de bonne surprise. Fermer la porte à cette éventualité, c’est admettre sa défaite, c’est baisser les bras. Les hommes providentiels se sont toujours révélés dans les heures les plus critiques de l’histoire.

Driant
2 novembre 2017 6 h 29 min

Le défaitisme, c’est de renconcer à combattre. Or dans mes commentaires, j’ai toujours appelé à la lutte. Quand je dis que nous ne gagnerons jamais par les urnes, c’est aussi pour que les nôtres arrêtent d’attendre ces personnes providentielles dont vous ne savez pas si elles émergeront puisque vous n’avez pas non plus de boule de cristal, mais qu’elles se prennent en mains et passent à l’action sans plus attendre !

Kevin le boss
3 novembre 2017 13 h 36 min

Ayant écris à peu près la même chose sur un autre article de Blanche, je suis globalement d’accord avec vous.

Sauf sur le rapport aux médias. Ils sont contre nous mais nous avons aujourd’hui des outils les contourner. Je ne dis pas que c’est simple, comme beaucoup j’ai été surpris du faible score aux dernières présidentielles de François Asselineau comparé au bruit qu’il faisait sur le net .
Donc les boycotter pour leur hostilité et leur malhonnêteté, mais aussi car logiquement, une baisse du poids de l’audiovisuel public et des aides à la presse écrite doit être au programme de tout parti patriote. Une fois qu’un leader de notre camp aura annoncé cela, la dernière campagne de Fillon semblera des vacances tant le déchaînement médiatico-juridique contre lui sera effrayant.
Donc, autant leur rentrer dans le lard frontalement et dès le départ. Et je suis sûr que les français suivront sur ce sujet. L’hostilité de nos concitoyens vis à vis de la sphère médiatique est un atout qu’il ne faut pas négliger.

Mais il faut aller vite car ce type de campagne politique hors des sentiers battus (médiatiques) demande plus de temps que celles traditionnelles.

Steph
1 novembre 2017 18 h 52 min

Hiddema est né en 1944, ce qui lui fait 73 ans. À cet âge déphasé, on trouve beaucoup de vicieux capables de telles sorties. Cet avocat célèbre aux Pays-Bas était semble-t-il une “prise de guerre” pour le lancement du FvD. Attendons de voir.

Même si le FvD est imparfait, c’est déjà le signe d’un changement sociologique majeur : il existe désormais en Occident une partie importante des classes cultivées qui s’opposent à la décadence progressiste dans son entièreté. Selon Wikipedia, Thierry Baudet a publié un livre, Écophobie. La peur de la maison., où il explique qu’il n’aime pas non plus l’art contemporain, l’architecture postmoderne et la musique atonale.

C’est une excellente nouvelle, car même s’il ne touche pas à la question juive, il l’effleure.

Fait de société : il y a désormais des milliers d’occidentaux qui se retrouvent sur internet pour parler décadence après une journée parmi les nouarabes et les nihilistes.
Ils n’ont pas atteint une taille critique, mais leur influence sera croissante dans les années à venir. Ils auront bien plus de moyens de parvenir à leurs fins que les ‘populistes’ sans colonne vertébrale.

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