La Californie jure de protéger les immigrés illégaux

Faisons une petite expérience de pensée. Un État américain peuplé majoritairement de blancs porte à sa tête un gouvernement qui décide de pallier aux manquement des autorités fédérales, et fait appliquer par sa police d’État les lois fédérales sur l’immigration. Que se passe-t-il ? Quelle est la réaction de la machine judiciaire, des médias, des politiciens ?

Pallier à une non-application de la loi, ce n’est rien de mal, n’est-ce pas ?

Et pourtant, les tribunaux vont être saisis et vont sommer les autorités de l’État d’arrêter ; tandis que les médias mènent une campagne de dénigrement qualifiant les autorités d’extrémistes, campagne associée à du chantage économique de la part de grandes entreprises ; le tout avec la bénédiction de la majorité des politiciens.

Cela paraît fou ?

C’est très exactement ce qui est arrivé à l’État d’Arizona il y a quelques années avec sa loi SB 1070.

Mais les autorités d’État versant de généreuses allocations aux immigrés clandestins et les protégeant des autorités fédérales ? Ça, par contre, c’est super selon les (((médias))) !

Le Monde :

La Californie s’est déclarée « Etat sanctuaire » pour protéger les immigrants en situation irrégulière. Si les villes « sanctuaires » sont désormais des centaines aux Etats-Unis, contrecoup de la volonté de l’administration Trump d’expulser les sans-papiers, c’est le premier Etat à décider de se doter de cette dénomination – décriée par le gouvernement fédéral – sur l’ensemble de son territoire.

Ce sont des autorités locales qui disent littéralement “nous allons faire tout notre possible pour compliquer l’application des lois”.

Dans un pays sain, ce serait de la sédition, et ce serait sérieusement réprimé.

Quelques heures avant la clôture de la session parlementaire, samedi 16 septembre, le Sénat de l’Etat le plus peuplé du pays (39 millions d’habitants, dont 38 % de Latinos) a adopté le projet de loi SB54 qui faisait l’objet d’un débat animé depuis des mois. Il limite les contacts entre les services de police des collectivités locales et la police fédérale, qui, aux Etats-Unis, est en charge de l’immigration. En cas d’infraction au code de la route par exemple, les agents ne pourront pas demander aux contrevenants de présenter leur titre de séjour aux Etats-Unis.

Le texte, appelé « Loi sur les valeurs californiennes », a été approuvé malgré l’opposition des shériffs républicains et les menaces de l’administration Trump de couper les subventions aux entités « sanctuaires ». Le gouverneur démocrate Jerry Brown devrait le promulguer, d’autant qu’il a été nettement édulcoré, à sa demande, par rapport à la version initiale, soutenue par les associations de défense des sans-papiers, et présentée un mois après l’élection de Donald Trump.

Le Monde va bientôt nous présenter cette loi comme moins raisonnable.

Il est toujours facile de faire des propositions extrêmes par rapport auxquelles d’autres propositions, pourtant insensées, semblent modérées.

Dans un premier temps, il était question d’interdire aux collectivités locales d’utiliser la moindre ressource pour partager des informations ou arrêter des sans-papiers à moins qu’ils ne soient soupçonnés de crimes graves. In fine, le texte autorise la police de l’immigration (ICE) à pénétrer dans les prisons de comtés pour interroger les suspects. Les polices locales pourront aussi partager leurs informations et transférer les clandestins aux autorités fédérales s’ils ont été condamnés dans les 15 années précédentes pour l’un des 800 crimes ou délits détaillés dans une autre loi (California Trust Act), dont conduite en état d’ivresse et possession illégale d’arme à feu. Si les shériffs sont restés opposés au texte, le compromis a été jugé tolérable par l’association des commissaires de police.

Pour les opposants, le California Values act est un signe de laxisme qui, selon l’expression du directeur de la police de l’immigration, Thomas Homan, « met en danger la sécurité des Californiens ». Les élus ont « fait passer la politique avant la sécurité du public », a-t-il réagi. Sur Twitter, des appels vengeurs se sont multipliés, appelant à supprimer tout financement fédéral à l’Etat, sixième économie du monde.

Ce n’est pas une simple question de sécurité. Les chicanos sont fréquemment criminels, mais la plupart de leurs victimes à Los Angeles sont d’autres chicanos (quoique si on compte le trafic de drogue ça soit plus large).

Il y a un aspect financier. Le coût net des immigrés illégaux et de leurs enfants a été estimé à près de 30 milliards de dollars par an (en).

L’aspect politique qui motive les autorités californienne n’est pas non plus neutre. Plus de clandestins, c’est une population plus importante lors du recensement et un poids plus important à la chambre des députés (et indirectement à la présidentielle) lors des réajustements décennaux (même lorsque les clandestins ne votent pas, mais nous savons que les démocrates n’attendent que la première occasion pour leur donner la citoyenneté). Ce n’est pas neutre, parce que tout le pouvoir politique capturé ainsi est retiré aux autres portions de la population, et en particulier à la (petite) majorité blanche.

Enfin, il y a l’aspect démographique, dont l’aspect politique n’est au fond qu’un reflet. La politique est une affaire de pouvoir. Pour avoir du pouvoir, le plus efficace est l’entraide selon des lignes ethniques ou raciales, et le pouvoir ainsi obtenu est utilisé pour renforcer encore la position de son groupe. L’invasion de la Californie renforce la position chicano et érode une position blanche déjà très mauvaise du fait des ravages de l’individualisme et de la (((propagande anti-raciste))).

Le vote est une nouvelle confirmation du rôle qu’entend jouer la Californie – Etat qui compte quelque 2,7 millions de sans-papiers – de leader de la « résistance » à l’administration Trump, notamment sur l’immigration.

L’estimation du nombre d’immigrés illégaux ne tient pas compte du bon million d’enfants de clandestins dotés de papiers américains du fait d’une interprétation constitutionnelle douteuse consacrant le “droit du sol”. Par ailleurs, émanant des partisans de l’invasion, c’est sans doute une sous-estimation (l’estimation du nombre d’immigrés clandestins au niveau fédéral est placée à 11-12 millions depuis dix ans (en) !)

Indignés par les menaces du président républicain de mettre fin dans les six mois au programme dit DACA, qui protège les jeunes « dreamers » amenés par leurs parents avant l’âge de 16 ans, le gouverneur Brown et les parlementaires ont pris des mesures d’urgence le 12 septembre. 30 millions de dollars ont été débloqués pour aider les jeunes à renouveler leur statut avant que tombe le couperet.

Remarquez le ton du Monde plein de sympathie pour les autorités californiennes en reflétant leur “indignations” et en parlant de “jeunes « dreamers » », en omettant tout qualificatif plus direct comme “immigré illégal” ; citant plus loin un autre politiciens démocrate critiquer les “tendances xénophobes”…

[…]
Plus généralement, les responsables californiens réclament un « droit d’exception » sur l’immigration. Dans les années 1970, quand l’Etat était accablé par la pollution automobile, il avait obtenu le droit de réglementer lui-même la qualité de l’air. C’est cela qui lui a permis d’être à l’avant-garde sur l’environnement. Aujourd’hui, certains réclament la même exception sur l’immigration. Parmi les idées : la création d’un statut de « résident du Golden State », par exemple, qui ne serait pas valable dans le reste des Etats-Unis, mais témoignerait de l’histoire particulière du peuplement de la Californie.

La comparaison entre la qualité de l’air et l’immigration – qui a des implications politiques et démographiques directes – est franchement osée ! Contrôler qui a le droit ou non d’être sur son territoire fait partie des prérogatives les plus fondamentales d’un État souverain.

Les autorités californiennes devraient militer pour l’indépendance ! Ce serait une bonne chose à tous points de vue : cela amorcerait l’éclatement des États-Unis, cela créerait une balance démographique et politique moins mauvaise dans l’État fédéral restant, et les Californiens pourront inviter des millions d’immigrés supplémentaires si ça leur chante…

Auteur: Blanche

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