Tandis que Macron coupe le budget des armées, provoquant une sérieuse crise politique, il finance le métro d’Abidjan à hauteur de 1,4 milliards

[Mise à jour 19/07 : Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées, a démissionné. L’article a été mis à jour en conséquence.]

La baisse du budget des armées

La Tribune :

Plus de caramels, ni de bonbons, ni de chocolats. Pour le ministère des Armées, la fête semble finie. Comme dans la célèbre chanson de Dalida, le gouvernement d’Edouard Philippe n’a pas tenu parole (“paroles, paroles, paroles”, chantait Dalida). Alors que la France est en guerre sur plusieurs fronts, l’Hôtel de Brienne devra tenir le budget voté par le Parlement, ce qui signifie de facto une réduction de dépenses de 850 millions d’euros en 2017.

“Il faudra assurer le financement des opérations extérieures en trouvant des économies ailleurs”, souligne tranquillement dans un interview accordée au Parisien le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin pour qui finalement le pacte de stabilité est donc plus important que le pacte de sécurité. […] Dans le flou des propos du ministre des Comptes Publics, il est possible que le ministère des Armées doive payer le surcoût des opérations extérieures (OPEX), dont 450 millions sont seulement provisionnés en loi de finances initiale depuis cinq ans. Ces trois dernières années, le surcoût des OPEX a largement dépassé le milliard d’euros.
[…]
Comme d’habitude, le ministère de la Défense (ou des Armées) paie le plus lourd tribut au coup de rabot du gouvernement (850 millions sur un total de 4,5 milliards d’euros). Soit près de 20% du total de la somme économisée. Finalement rien ne change après une parenthèse de cinq ans, le ministère de la Défense reste bel et bien la variable d’ajustement préférée des responsables du gouvernement.

L’évolution du budget des armées ces dernières années est révélatrice :

Baisse du budget des armées

Si les sommes se maintiennent du fait de l’inflation, le budget des armées en proportion du budget total n’a de cesse de diminuer.

[…]
Comment croire désormais à une promesse d’un effort de défense à 2% du PIB en 2025 (50 milliards d’euros, hors pensions, surcoûts des OPEX et service national), deux ans après la fin du quinquennat. Comment croire à la crédibilité d’une trajectoire allant vers ses fameux 2% ? D’autant que Gerald Darmanin promet déjà que le gouvernement va faire encore plus d’économies en 2018 et réfléchit dès maintenant aux réformes structurelles à mener pour y parvenir.

On ne peut, bien sûr, pas sérieusement y croire.

Macron réprimande le général De Villiers : une sérieuse crise politique

Les Échos :

La bonne cinquantaine de députés réunis mercredi matin au sein de la commission de la Défense à l’Assemblée nationale en a eu pour son argent. Ils ont vite compris que leur première rencontre avec le chef d’état-major des armées, Pierre de Villiers, pourrait aussi être leur dernière. Tout juste prolongé dans ses fonctions pour un an alors que son mandat venait à échéance fin juillet, le général leur a juré qu’il ne se laissera pas « baiser » par Bercy et que les militaires en avaient soupé des promesses de lendemains qui chantent. Le Premier ministre, Edouard Philippe, a confirmé dans une interview aux « Echos » des économies budgétaires de 850 millions d’euros pour la défense en 2017, tout en promettant qu’il ferait « un effort supplémentaire l’an prochain ».

Après cinq ans d’opérations non-stop, de Serval, au Mali, à Sentinelle, en France, la pilule passe très mal dans les armées. Pas seulement parce que cette coupe contredit toutes les promesses d’augmentation de budget du président, Emmanuel Macron, mais aussi parce que les économies réclamées pour 2017 consistent à faire payer aux armées les opérations extérieures (opex) alors que ces dernières ont toujours été financées par la solidarité interministérielle.
[…]
Le général de Villiers a, lui, insisté sur le fait qu’il ne savait pas se battre sans moyens et qu’il venait de ramener en France trois nouveaux blessés. Il a laissé entendre qu’il pourrait une fois de plus mettre en balance sa démission, et pourquoi pas, à la veille du défilé du 14 Juillet. […] Le porte-parole du grouvernement Christophe Castaner a estimé que le président ne changera pas d’avis sur le budget 2017, mais qu’il confirmera son engagement de « faire en sorte que le budget des armées pendant cette mandature soit en forte augmentation, parce que c’est nécessaire à sa modernisation ». Il a insisté sur le fait que le gel de 850 millions ne se fera pas sur les salaires ou la sécurité, mais en décalant « quelques commandes sur du gros matériel par exemple ». Tout le problème est que l’armée décale déjà nombre de programmes depuis de très nombreuses années…

Si la situation de l’armée française est pourrie et qu’il ne faut pas croire qu’elle viendra nous sauver ; la réaction du général est assez compréhensible.

On notera que ces propos n’ont pas été tenus publiquement : ce sont des députés qui les ont fait fuiter.

Ceci, cependant, n’a pas changé la volonté de Macron de “recadrer” le chef d’état-major des armées.

Le Figaro :

Le général Pierre de Villiers, chef d’état-major des armées sèchement recadré après ses réserves sur les économies demandées à la défense, sera reçu vendredi par Emmanuel Macron, selon l’agenda du chef de l’Etat communiqué samedi par l’Elysée. Le général de Villiers sera reçu vendredi à 18H00 à l’Elysée par le président de la République. Aucune précision sur l’objet de cette rencontre n’a été donnée.

En pleines festivités du 14 Juillet, le chef de l’Etat a reproché au général, sans jamais le nommer, d’avoir mis de façon “indigne” une polémique budgétaire “sur la place publique” et l’a rappelé au “sens du devoir et de la réserve”.
[…]
“La République ne marche pas comme cela. Si quelque chose oppose le chef d’état-major des armées au président de la République, le chef d’état major des armées change”, déclare au Journal du Dimanche, Emmanuel Macron. […] “Il a donc toute ma confiance” à condition de “savoir quelle est la chaîne hiérarchique et comment elle fonctionne, dans la République comme dans l’armée”.

Ce rappel à l’ordre brutal, devant tous les chefs militaires, a jeté un froid et pose la question du maintien de Pierre de Villiers qui, à 61 ans, venait tout juste d’être reconduit pour une dernière année

Ceci a engendré une polémique importante. Naturellement, tous les adversaires de Macron se sont engouffrés dans la brèche, tandis que l’Huffington Post dénonce le rôle de la “patriosphère” dans ces attaques anti-Macron ; mais c’est bien le genre d’évènements qui est susceptible d’agacer même une bonne partie de ceux qui ont porté Macron à la présidence.

[Mise à jour : De Villiers a annoncé sa démission]

AFP :

Le chef d’état-major des Armées françaises, Pierre de Villiers, en conflit avec le président Emmanuel Macron sur une baisse des crédits militaires, a démissionné mercredi, une décision sans précédent qui marque la première crise d’ampleur du quinquennat.

“Dans les circonstances actuelles, je considère ne plus être en mesure d’assurer la pérennité du modèle d’armée auquel je crois pour garantir la protection de la France et des Français”, écrit le général de Villiers en annonçant son départ dans un communiqué.

Son successeur sera nommé ce mercredi en Conseil des ministres. Le général François Lecointre, conseiller militaire du Premier ministre, sera le nouveau chef d’état-major des Armées, ont indiqué à l’AFP des sources gouvernementales.

La démission du chef d’état-major des Armées, un fait sans précédent sous la Ve République, intervient alors qu’Emmanuel Macron a multiplié ces derniers jours les rappels à l’ordre sévères à son égard.

Plus de 2 milliards déversés en Côte d’Ivoire

L’argumentaire du gouvernement pour ces baisses budgétaires est la nécessité de faire des économies pour empêcher la dette de s’envoler. Il y a bien d’autres économies que nous pourrions suggérer (par exemple, cesser de financer la multiplication des arabes et des nègres nous parasitant ; ou revoir le système monétaire en s’appuyant sur la force de frappe nucléaire pour dissuader d’un “bombardement démocratique”) ; mais mettons-les de côté un instant.

Est-ce que même l’électeur moyen d’Emmanuel Macron trouverait normal que tandis que les budgets sont rabotés de partout au nom des économies, le gouvernement déverse libéralement des milliards d’euros en Afrique ?

Macron et Ouattara
Macron rencontrant le président ivoirien Ouattara. À l’époque, il était question de “coopération militaire” sans plus de détails.

Africa News :

Un nouveau pas vient d‘être marqué pour la concrétisation du projet du métro d’Abidjan. La France a en effet accordé à la Côte d’Ivoire une aide de 1,4 milliard d’euros qui devrait permettre de boucler le financement de ce projet.

L’annonce est venue du Premier ministre ivoirien, Amadou Gon Coulibaly qui faisait un compte-rendu d’une mission interministérielle ivoiro-française effectuée les 12 et 13 juillet 2017. Si aucune date n’a été avancée pour le début des travaux, il ne fait nul doute que l’aide française pourra sérieusement précipiter les choses.

Une fois bouclée, la ligne 1 du métro d’Abidjan longue de 37,9 kilomètres vise le transport d’environ 300.000 passagers par jour dans la capitale économique ivoirienne.

En quoi est-il dans l’intérêt de la France de financer ces travaux, exactement ? En quoi un métro à Abidjan nous profitera-t-il, au point de rembourser cet investissement considérable ?

Ce métro sera construit par le groupe Bouygues – évidemment, les Africains n’ont pas la technologie pour ce faire – donc une petite partie des sommes reviendra dans l’économie française (et les bénéfices de Bouygues !) par ce biais ; mais c’est loin de compenser tout l’investissement.

Outre le financement du métro d’Abidjan, la Côte d’Ivoire a également obtenu de la France le financement d’autres secteurs prioritaires inscrits au Plan national de développement (Pnd) 2016-2020, parmi lesquels l’énergie, les infrastructures routières, la santé, la sécurité, l’éducation et la formation. Ce qui porte à 2,1 milliards d’euros l’apport financier de la France, partenaire historique de la Côte d’Ivoire.

Des centaines de millions supplémentaires déversés dans d’autres “projets” !

Les sommes en question versées sur la période 2017-2020, pour la seule Côte d’Ivoire, correspondent à deux années et demies de coupe du budget des armées !

La finalisation de ces accords n’intervient que près d’un mois après la rencontre, le 11 juin 2017, entre les présidents ivoirien Alassane Ouattara et français Emmanuel Macron, à Paris.

Lors de leur rencontre, ils avaient évoqué la “coopération militaire”.

Cette expression de novlangue traduite en français donne “assistance militaire unilatérale de la France à la Côte d’Ivoire” – car franchement, là encore, que peut faire pour nous la Côte d’Ivoire ? Tout au plus maintenir l’ordre sur son territoire pour nous éviter d’avoir à y envoyer nos troupes…

Conclusion

La mise en parallèle de ces deux faits d’actualité offre une vue saisissante des priorités du gouvernement anti-français dirigé par Emmanuel Macron. Déverser des milliards sur des pays du Tiers-Monde ou sur les colons qu’ils nous envoient, c’est “pas cher”, quitte à aller raboter sur des choses comme le budget militaire (alors que la France a déjà des quantités absolument lamentables d’avions, de véhicules de combat, de personnels de combat…).

Auteur: Blanche

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18 Commentaires sur "Tandis que Macron coupe le budget des armées, provoquant une sérieuse crise politique, il finance le métro d’Abidjan à hauteur de 1,4 milliards"

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Driant
19 juillet 2017 14 h 26 min

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la France a basculé dans un anti-militarisme plus ou moins discret, mais qui ne s’est jamais démenti.
Aujourd’hui, on s’aperçoit que cet anti-militarisme se transmue plus discrètement encore dans une volonté de supprimer les forces armées.
La ré-adhésion à l’OTAN en était un signe avant-coureur. L’idée était non seulement d’abaisser au minimum le volume des Armées, mais aussi à terme, de faire l’économie de notre force de frappe nucléaire qui n’aurait plus qu’à dépendre des Etats-Unis, via l’OTAN. A noter que depuis quelques années, le budget dédié au nucléaire militaire, de même que l’opportunité de la Dissuasion, font l’objet d’articles critiques plus ou moins réguliers dans les médias… Ce n’est pas anodin !

C’est vraiment à une destruction en règle, pensée, planifiée et organisée de toute la société que nous assistons. Ils ne laisseront rien debout si nous ne parvenons pas à leur faire échec !

Fantomette
22 juillet 2017 9 h 14 min

Je suis entièrement d’accord avec vous..

Gudridur
19 juillet 2017 16 h 35 min

Dans les années 1950, un journaliste Cartier se plaignait des investissements ad nutum de la France pour ses colonies au détriment des régions métropolitaines.
De l’eau a coulé depuis, la France a perdu ses colonies mais semble contrainte à toujours payer sa pension à l’Afrique. Metro d’Alger, du Caire, d’Abidjan…même foutaises, de l’argent gaspillé à construire des installations inutiles aux noirs. Vous les voyez payer leurs tickets journellement et attendre dans l’ordre comme au Japon la sortie des usagers pour monter dans les wagons ?
Perpignan avant Abidjan !

19 juillet 2017 21 h 13 min

Et après les nègres disent que la France pille l’Afrique…sans nous ils n’auraient même pas de batiments ( sauf en terre !).

STOP GÉNOCIDE DES BLANC
22 juillet 2017 8 h 35 min

Une installation qu’ils ne sauront pas entretenir ! A la moindre revendication syndicale leur métro sera détruit !

Snapdragon
19 juillet 2017 18 h 15 min

Prochaine étape démissions et désertions en masse des militaires après s’être prît une grosse branler en opex à cause d’un manque de moyens .
Ce qui justifierait un coup d’État.

19 juillet 2017 21 h 13 min

Un coup d’état ? Alors que les militaires sont de plus en plus non Blancs ?

Ortografix
20 juillet 2017 2 h 19 min

Bien vu.

Driant
20 juillet 2017 8 h 34 min

Il ne faudra pas compter sur les militaires pour ça. Qu’on leur prive de leur paye ou qu’ils se fassent étriller en opex. Ils quitteront l’armée et puis c’est tout.
Les militaires français n’ont même pas voté majoritairement Front National. Même ça, ils n’ont pas su ou pas voulu. Des vrais nuls.

L’armée française est à l’image de la France, et ses militaires à l’image de ce que sont devenus les français.

20 juillet 2017 12 h 31 min

Tout à fait, les policiers et les militaires devraient voter à 100% FN et ben même pas. Comme les Français ils sont soit endormis soit non Blancs.

STOP GÉNOCIDE DES BLANC
22 juillet 2017 8 h 40 min

La plupart des militaires du rang écoutent du Rap à bougnoule et ne sont même pas patriote et très rarement nationaliste,et en plus de ça il y a du communautarisme extra-européens à l’armée (negre, musulmans)!

23 juillet 2017 17 h 19 min

Oui beaucoup de témoignages de militaires Blancs sont disponibles sur le net.

Ortografix
20 juillet 2017 2 h 18 min

L’armée française, vous voudriez qu’elle soit plus forte ? C’est insensé. Tout comme les flics, les militaires sont programmés pour obéir au pouvoir établi. L’armée est d’ailleurs très «diversifiée».

Driant
20 juillet 2017 8 h 39 min

Les derniers militaires français qui furent capables de patriotisme et d’abnégation, et de “mettre leur peau au bout de leurs idées” pour reprendre l’expression de l’un d’entre eux (Pierre Sergent), ce sont ceux qui allèrent dans l’OAS.
Depuis, l’Armée a été complètement épurée et la première chose que fait chaque nouveau ministre de la Défense au moment d’entrer en fonction, c’est de s’assurer qu’elle est bien dans les clous de la raie publique.

Earl Turner 31
20 juillet 2017 21 h 58 min

Je n’ai jamais entendu d’envahisseurs africains dire que s’il y avait eu un métro dans leur ville ils y seraient resté plutôt que de venir en Europe.

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