Que retenir des discours de Macron et Philippe au Congrès et à l’Assemblée nationale ?

Le discours de Macron

Si les grands discours de début de mandat des traîtres au pouvoir ne sont pas de nature à nous passionner, ils n’en sont pas moins des évènements politiques importants, et il est utile de savoir ce qui y a été dit.

Le Monde :

C’est le premier « discours sur l’état de l’Union » à la française. Le président de la République, Emmanuel Macron, a pris la parole, lundi 3 juillet, à la tribune du Congrès, devant les députés et les sénateurs réunis à Versailles.

Ceci a été largement considéré, à la veille du discours de son premier ministre Édouard Philippe à l’Assemblée Nationale, comme un affront à l’égard de ce dernier et comme un resserrement du pouvoir dans les mains de Macron.

Dans son discours, il est revenu longuement sur les ressorts qui ont mené à son élection. « Les Français ont fait le choix d’un pays qui repart de l’avant, qui retrouve l’optimisme et l’espoir », a-t-il estimé, souhaitant « retrouver de l’air, de la sérénité, de l’allant ».

Devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès, M. Macron a également listé quelques-unes des réformes qui devraient marquer son quinquennat. Un inventaire relativement vague, sans annonce surprise, mais qui confirme surtout un futur bouleversement parlementaire.

Nous allons donc passer en revue les éléments les plus significatifs de manière assez rapide.

Après trente minutes d’intervention, le chef de l’Etat a annoncé la première mesure concrète qu’il entend prendre au cours de son mandat : « La réduction d’un tiers du nombre des membres de l’Assemblée nationale et du Sénat. » Un souhait qu’il avait déjà formulé au cours de la campagne présidentielle.
[…]
Dans un souci d’« efficacité » du travail parlementaire, M. Macron a également indiqué qu’il souhaitait « mettre un terme à la prolifération législative » et produire moins de lois. « La navette [entre l’Assemblée et le Sénat] pourrait être simplifiée. Je pense même que vous devriez pouvoir, dans les cas les plus simples, voter la loi en commission », a-t-il également estimé.

On voit mal comment la simplification de la procédure d’adoption des lois réduirait leur prolifération.

Le locataire de l’Elysée propose en outre d’« abroger les lois qui auraient par le passé été trop vite adoptées, mal construites, ou dont l’existence aujourd’hui représenterait un frein à la bonne marche de la société française ».

Évidemment, un objectif aussi vague ne peut susciter que l’assentiment général, sans pour autant que quiconque soit d’accord sur ce que cela recouvre exactement.

[…]
C’est l’une des annonces les plus importantes de ce discours. M. Macron a proposé l’élection du Parlement « avec une dose de proportionnelle », afin que « toutes les sensibilités y soient justement représentées ».

La “dose” n’ayant toujours pas été précisée,

[…]
Dans une volonté de « pédagogie », M. Macron a annoncé qu’il s’adresserait chaque année au Congrès.

Trop de mes prédécesseurs se sont vu reprocher un manque de pédagogie, de n’avoir pas précisé le sens et le cap de nos mandats, trop ont pris des initiatives alors que le Parlement n’était pas informé pour que je me satisfasse de continuer cette méthode.

Le principe du discours annuel pour fixer le cap, en soit, fait sens, mais ce n’est pas ce qui attire ici mon attention. La pédagogie, c’est l’instruction des enfants. Ce président parle aux députés comme à des enfants.

[…]
M. Macron veut améliorer la représentativité, et entend en ce sens réviser le droit de pétition « afin que l’expression directe de nos citoyens soit mieux prise en compte ». Il a également affirmé qu’il n’était pas opposé à un recours au référendum pour valider ces réformes des institutions.

Il sait que le droit de pétition n’impose aucune contrainte ; et le référendum qu’il déclenche lui-même sur des questions qu’il choisit ne le menace pas davantage.

[…]
Devant députés et sénateurs, M. Macron a annoncé qu’il « [rendra] aux Français leurs libertés en levant l’état d’urgence à l’automne », alors que ce dernier est en vigueur depuis les attentats de novembre 2015. « Ces libertés sont la condition de l’existence d’une démocratie forte », s’est-il justifié.

Il a également évoqué le projet de loi antiterroriste présenté fin juin en conseil des ministres. « Le code pénal tel qu’il est, le pouvoir des magistrats tel qu’il est peuvent nous permettre d’anéantir nos adversaires », a-t-il d’abord affirmé, avant d’annoncer toutefois que le Parlement pourra « voter des dispositions nouvelles qui nous renforceront dans nos libertés. »

Quelle monstrueuse hypocrisie !

Le nouveau texte “antiterroriste” qu’il présente entérine plusieurs dispositions semblables à celles de l’état d’urgence ; principalement en ce qui concerne les perquisitions administratives et les assignations à résidence.

Sous l’égide du premier ministre, Edouard Philippe, une « conférence des territoires » sera organisée « bientôt », afin de « conclure avec nos territoires de vrais pactes girondins » de décentralisation. Cette conférence était une promesse de campagne du chef de l’Etat, avec une réunion prévue tous les six mois.

Cela demeure pour l’instant absolument flou.

Le discours de Philippe

Le Monde :

Au lendemain de l’intervention solennelle du président de la République Emmanuel Macron au Congrès de Versailles, le premier ministre, Edouard Philippe, a décliné, mardi 4 juillet, « le discours de la méthode » de l’exécutif, notamment sur les volets économique et social, où le chef de l’Etat ne s’est guère aventuré.

Le chef du gouvernement a obtenu une large confiance de l’Assemblée nationale avec 370 voix pour, 67 contre et 129 abstentions. C’est le plus faible nombre de votes contre sur un discours de politique générale depuis 1959, ainsi qu’un record d’abstentions.

En bref, la plupart des députés de la supposée opposition – dont les trois-quarts du groupe parlementaire LR pourtant débarrassé des “constructifs” – ont préféré l’abstention, voire le vote pour. Cela ne change rien en pratique, mais c’est révélateur.

« Je ne prends en aucune façon cette confiance comme un blanc-seing. Je remercie l’ensemble des députés qui l’ont votée, je respecte évidemment ceux qui ne l’ont pas fait », a-t-il déclaré dans l’Hémicycle après la proclamation du résultat.

M. Philippe a annoncé que l’ensemble des « vaccins pour la petite enfance » aujourd’hui seulement « recommandés » par les autorités de santé deviendraient obligatoires dès l’an prochain.

Aujourd’hui seuls trois vaccins infantiles sont obligatoires : diphtérie, tétanos et poliomyélite, et huit autres, dont la coqueluche, l’hépatite B ou la rougeole, sont seulement recommandés. La ministre de la santé, Agnès Buzyn, a dit le 16 juin réfléchir à une telle obligation pour lutter contre le faible taux de couverture de certains vaccins et la réapparition de certaines maladies comme la rougeole.

Les vaccins souffrent d’une crise de confiance dans l’opinion publique, que les bidouillages d’entreprises pharmaceutiques cherchant à se gaver financièrement n’améliorent pas. Ce n’est pas cette mesure qui va améliorer les choses, au contraire.

Il veut aussi lutter contre le tabac. Pour cela, le gouvernement mettra en œuvre une promesse de campagne de M. Macron et « portera progressivement le prix du paquet de cigarettes à 10 euros », contre environ 7 euros actuellement (+ 40 %).

« Le tabac en France entraîne plus de 80.000 décès. C’est la première cause de mortalité évitable, et la consommation quotidienne de tabac augmente chez les adolescents. Ne rien faire est exclu », a-t-il dit, promettant aussi de « lutter sans merci contre les trafics ».

La contrebande va très probablement s’accroître considérablement avec un prix aussi élevé. En principe, je considère que le tabac est purement et simplement nuisible, mais il est difficile de ne pas soupçonner là plutôt une méthode destinée à remplir les caisses de l’État (ou plutôt, à diminuer un peu les déficits).

Il a promis que « d’ici la fin du quinquennat, tous les Français auront accès à des offres de soins sans aucun reste à charge pour les lunettes, les soins dentaires et les aides auditives ». « Notre stratégie de santé devra rompre le cercle vicieux du “renoncement aux soins” », a-t-il dit.

La stratégie du gouvernement pour être populaire est hélas assez bien pensée ici.

Édouard Philippe lors de son discours au parlement

Conformément à une promesse de campagne de M. Macron, la revalorisation « dès 2018 » de l’allocation adulte handicapé et du minimum vieillesse, actuellement à 800 euros, a été annoncée.

« Nous simplifierons les procédures pour les titulaires de droits sociaux qui souvent, par désespoir ou ignorance, ne les réclament plus », a annoncé M. Philippe.

La complexité administrative est très pénible. Là encore, le gouvernement prend une cible bien commode : il ne remet en rien en cause les fondements destructeurs du régime, mais peut s’attirer la bienveillance en corrigeant un défaut peu sensible politiquement.

[…]
M. Philippe a également rappelé que des mesures « améliorant le congé maternité et les solutions de garde d’enfant » seront annoncées par la ministre de la santé et des solidarités et la secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes.

En matière d’éducation, M. Philippe a promis de faire « profondément évoluer » le baccalauréat avec une mise en œuvre complète pour 2021. « Une concertation sera lancée dès la rentrée prochaine, pour resserrer les épreuves finales autour d’un plus petit nombre de matières et définir ce qui relève du contrôle continu », a-t-il dit.

La chute du niveau de cet examen va se poursuivre.

La concertation aboutira « avant septembre 2018, pour une mise en œuvre complète de cette réforme pour le bac 2021 ». « Nous dépensons bien plus que les autres pays pour le lycée, notamment parce que notre système est rigide et conçu autour du baccalauréat, mais nous conduisons 60 % – 60 % ! – de bacheliers à l’échec en licence ! », a-t-il déploré.

Parce que la plupart n’auraient jamais du en premier lieu suivre des études générales. C’est la sélection antérieure qui est en cause ; les imbéciles ne deviendront pas intelligent même en corrigeant les profondes tares “pédagogistes” du système éducatif (ce que Macron n’entend d’ailleurs pas faire).

Il a aussi affirmé une « ambition forte » pour la filière professionnelle.
[…]
M. Philippe a annoncé la présentation en 2018 au Parlement d’une loi quinquennale de programmation des moyens de la justice au Parlement.

Il y a aussi tout un tas de mesures fiscales confirmées par rapport aux promesses de campagne, mais dont le calendrier n’a guère été précisé.

[…]
D’autres promesses électorales du président se sont concrétisées en objectifs officiels : 2 % du PIB consacrés à la défense en 2025, suppression du régime social des indépendants (RSI), accès au très haut débit partout en France d’ici à 2022…

Le premier ministre a annoncé que la convergence entre la fiscalité du diesel et de l’essence serait réalisée « avant la fin de la mandature », en 2022, confirmant ainsi une promesse de campagne du candidat Macron. Il a également annoncé une accélération de la « montée en puissance de la fiscalité carbone », l’objectif de recycler « 100 % des plastiques » d’ici à 2025, et confirmé que le gouvernement n’accorderait plus de nouveaux permis d’exploration d’hydrocarbures.

L’arnaque de la taxe carbone refait surface.

Enfin, un plan de 50 milliards d’euros sera mis en œuvre pour la transition écologique, la santé, les transports, l’agriculture et la modernisation de l’État. L’économiste Jean Pisani-Ferry, conseiller de M. Macron durant la campagne, en aura la charge.

Pisani-Ferry, le zozo ultra-pro-Système qui prétend qu’il faut lutter contre les “discriminations” pour améliorer l’économie.

Conclusion

Il s’agit surtout de la confirmation que Macron va essayer de mettre en oeuvre ses idées pro-Système, sans véritable surprise.

Auteur: Blanche

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6 Commentaires sur "Que retenir des discours de Macron et Philippe au Congrès et à l’Assemblée nationale ?"

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barnes
6 juillet 2017 9 h 36 min

Rien à attendre si ce n est la continuité de notre descente aux enfers.
Ça fait 50 ans que ça dure; depuis l élection volé je ne suis rien qui vient de ce faux gouvernement pour moi ya rien apres le 7 mai.
J attend juste l addition; à savoir la chute de tte cette mascarade.

barnes
6 juillet 2017 9 h 42 min

Je vais même plus loin en faisant le constat que je ne suis pas le seul à faire.
L europe est morte apres la guerre 39_45 elle avait déjà perdu des plumes apres 18.
Depuis 70 ans c la lente agonie les pays eeuropéens sont que l ombre de ce q ils furent.
La france représente pus rien pour moi.

Leonidas
6 juillet 2017 11 h 23 min

Macron a été présenté par le Système comme une homme jeune et nouveau qui allait faire des choses nouvelles, et toute l’action de Macron va consister à faire croire qu’il veut tout changer pour ne rien changer à l’essentiel.
Les pauvres cons qui ont voté pour lui croient avoir un président et s’imaginent qu’il est le président de la France. Ils n’ont pas compris que ce type n’est qu’un employé du Bilderberg pour qui le seul boulot demandé est l’instauration de la mondialisation, et la France un truc à éliminer.

Rien de changé pour nous, si ce n’est que la menace qui s’intensifie nous oblige à intensifier notre résistance.

Hermendine
6 juillet 2017 13 h 24 min

Même constat de mon côté, des gens qui croient fermement qu’enfin le sauveur est parmi nous. J’ai même croisé une retraitée qui approuve entièrement de payer plus de taxes!
Absolument aucune suspicion sur le produit, sa soudaine apparition, l’engouement hyper zélé des merdias pour le phénomène, et par dessus tout, qu’il provienne tout droit du monde de la finance semble même au contraire les rassurer !
Monde de zinzins…

7 juillet 2017 12 h 35 min

Il est jeune et dynamique, en plus il était banquier donc il va renflouer l’économie Française et sauver la France ! Le seul truc qui va s’agrandir c’est le trou de balle des Français…

Michael
7 juillet 2017 19 h 07 min

l’Agenda 21 made in Maurice Strong / Rothschilds (comme tout le mouvement écolo) est bien sûr au programme!

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