Le Huffington Post appelle à exécuter Trump et les chefs républicains, puis retire son article après l’attaque contre eux

Le Huffington Post n’est pas un journal. Au mieux, c’est un blogue. Quand on ne produit guère que des tribunes commentant l’information plutôt que de la rapporter, on ne prétend pas à un rang de presse (L’Obs suit le même chemin). Cependant, ce site se donne des airs de grande information, et est accrédité comme tel. À ce statut doit correspondre une responsabilité : quand on veut être un grand journal, on pèse et surveille ses contenus.

C’est ce que n’a pas fait le Huffington Post, qui, comme on peut le voir en bannière ci-dessus, a témérairement pris l’avant-garde de l’orthodoxie de gauche en appelant ouvertement au meurtre de Donald Trump. Le titre de l’article en cause signifie : “La destitution ne suffit plus : Donald Trump doit faire face à la Justice”, et les propos qui suivent se traduisent par : “La destitution et la révocation ne sont que les premières étapes : pour rédimer* l’Amérique, Donald Trump doit être poursuivi pour trahison, et, s’il est reconnu coupable par un tribunal, exécuté”.

Ce n’est pas tout : d’après l’auteur de l’article, Jason Fuller, la “peine capitale” ne doit pas être réservée au seul Président, mais à “tout ceux qui l’aident dans ses entreprises”, celles-ci se concevant comme le système de pensée raciste secret que la gauche le répute promouvoir, et toutes les mesures pouvant être prises en ce sens – gouvernementales, mais aussi métapolitiques. Toutes les personnes concernées doivent donc “toutes faire face à la Justice”. Ceci concerne entre autres les chefs républicains Mitch McConnell et Paul Ryan, ainsi que le conseiller de Trump Steve Bannon.

Voilà qui ne fait pas dans la demi-mesure.

Ce qui, selon ce grand démocrate (par ailleurs ennemi acharné de la peine de mort, comme on s’en doute, sauf pour ses ennemis), justifie une telle sévérité, est, d’une part, les liens d’allégeance que Trump aurait envers la Russie, et, d’autre part, le détachement qu’il opère par rapport aux grandes “valeurs” que la gauche a unilatéralement définies comme absolues et éternelles pour le monde entier.

Le Daily Stormer a raillé (en) ce courroux subit, rappelant que le même Fuller serait certainement réticent à l’idée d’envoyer sur la chaise électrique ceux qui préféreraient aux intérêts américains ceux des nations asiatiques ou africaines, ou même, bien sûr, ceux d’Israël, que les États-Unis appuient fanatiquement depuis sa création.

L’accès de vertu sélective du Huffington Post est également ciblé : c’est au nom du Bien, pour “restaurer la boussole morale de l’Amérique” et même pour la “rédimer”, que Fuller conduirait à la potence le gouvernement de son pays. Le journaliste qui s’exprime ainsi se décrit lui-même comme un “critique” “de l’intimidation et de l’extrémisme”. On le voit. Car la vertu est évidemment du côté de la destruction de la nation, de la race, et des générations passées et futures. Livrer l’Amérique à la submersion allogène, aux déviances féministes et homosexuelles, au pillage judaïque et à la dictature progressiste et démocratique, tout cela est conforme à la “boussole morale” de Fuller, et ne lui semble par contre pas relever de la “trahison” méritant la corde ; et il serait très étonné d’apprendre qu’il existe des personnes pour juger que c’est au contraire beaucoup plus grave et passible des pires supplices.

Tant de rectitude morale a ses limites, tout de même. Un démocrate, James Hodgkinson, encouragé par de semblables tribunes, a en effet pris une arme et tenté d’abattre des chefs de file parlementaires républicains, parlant lui aussi de “trahison” et de forfaiture morale, et désireux de faire payer Trump pour sa conduite. Le Huffington Post s’est senti merdeux, et a retiré l’article. Seulement, Internet n’oublie pas, et l’archive du texte est dûment conservée à l’adresse que voici (en).

On se perd en conjectures sur les raisons de ce retrait. Ce sont des tribunes comme celle en cause qui ont poussé Hodgkinson à l’acte ; le Huffington Post n’étant d’ailleurs pas le seul titre, loin s’en faut, à faire étalage de ce genre d’imprécations. S’il était cohérent avec sa pensée, il devrait encenser le tueur en puissance ; il s’en distancie. Peut-être craint-il qu’une approbation ou une incitation de son crime ne constitue véritablement une trahison justifiant l’échafaud.

La farce ne serait pas complète sans un peu d’hypocrisie, le Daily Stormer rappelant quelles critiques avaient été faites de lui par l’association antiraciste (((SPLC))) lorsqu’il avait jugé que la femme du candidat à la présidentielle Ted Cruz pourrait être passible de sanctions similaires : l’association juive avait alors écrit que “la menace, possiblement illégale en vertu des lois fédérales, n’est nullement surprenante venant du cloaque néonazi qui compte des voix telles que celle de Dylann Storm Roof, le tireur présumé de Charleston”, etc.

On attend désormais une réaction du (((SPLC))) au sujet du “cloaque” démocrate qui compte des voix comme celle de James Hodgkinson, et du “cloaque” journalistique qui compte des voix comme celle de Jason Fuller.

Auteur: Haken

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