Conférence de Buisson sur l’avenir de la droite : le choix du conservatisme

Patrick Buisson est traité par la presse comme un épouvantail : goule d’extrême-droite maurrassienne, responsable des prétendus excès xénophobes de Sarkozy, théoricien nauséabond d’un nationalisme décomplexé, l’homme est vendu comme un nouveau Maurras ou un nouveau Rosenberg.

Or il vient d’effectuer à Versailles une conférence d’une heure quarante, quittant la réserve où il s’était installé après son ouvrage de mémoire, afin d’y traiter le sujet de “la droite.”

La vidéo entière de cette conférence est disponible ici :

Le discours est de bonne tenue. Buisson s’exprime très bien, ses phrases sont élégantes. Leur contenu est également altier : Buisson déplore la décrépitude de la France, souhaite la conservation d’une vieille gloire très noble et préconise la naissance d’un mouvement capable de perpétuer cet héritage menacé.

La manière envisagée pour y parvenir est l’union des droites, dans le sens d’un conservatisme rigoriste. Le résultat envisagé est, peu ou prou, un retour à la société des années 1930.

Et c’est là que le bât blesse. Sans empiéter sur la très bonne analyse fournie par Démocratie Participative, dont on recommande la lecture, une telle position souffre de deux tares.

La première, c’est la sclérose inhérente au conservatisme, qui fige, certes, le passé, l’empêche de disparaître comme c’est le risque devant les folies modernes, mais ne fait que le figer, et fait du pays un musée où le mouvement des hommes empêche seulement l’accumulation de la poussière. Pas de nouvelle création, pas d’évolutions sociales, pas de nouveau jaillissement du génie européen : seulement son image dans un daguerréotype.

La seconde, qui vient en complément de la première, est d’éviter toute prise de risque pour faire advenir ce règne du conservatisme dans un monde écrasé par le progressisme. La voie envisagée est électorale. Buisson n’allait pas, bien sûr, encourager la révolte armée, mais, pour obtenir la majorité des voix nécessaire, il s’attache aux notions (indispensables) d’identité française et de mode de vie français. Il ne va pas plus loin. Ce ne sont que des valeurs et des comportements qui déterminent ce consensus, omettant ainsi une part énorme du mécanisme de destruction du monde occidental, à l’œuvre aussi bien physiquement que moralement.

Quand vient l’heure des questions, arrive enfin une question sur le problème de la concurrence démographique en France. Et là, Buisson s’effondre. N’évoquant pas l’ethnos, il évoque “les musulmans”, et argue que leurs valeurs religieuses les portent à être tout aussi heurtés par le progressisme imbécile que nous, faisant d’eux des alliés électoraux potentiels (non sans reconnaître, bien entendu, le problème posé par l’islamisme, détaché de l’islam tout court et davantage des allogènes qui en sont le vecteur). De même, il mentionne la frange économiquement ou socialement réactionnaire de la gauche comme une source de rassemblement potentiel.

Cette vision s’oppose par plusieurs traits aux valeurs que Blanche Europe défend. En ce qui concerne le constat des antagonismes ethniques et raciaux d’abord, c’est une évidence. Mais aussi par la question économique, que Buisson résout par un traditionnel capitalisme banquier et bourgeois de droite, ignorant complètement les aspirations socialisantes qui gisent dans le peuple français, pendant socialiste du national-socialisme, et qui se justifient aussi bien par le droit qu’ont les travailleurs de jouir du fruit de leur travail que par la solidarité interne dont un peuple doit faire preuve. Enfin, en étouffant tout élan rénovateur et révolutionnaire, qui ruinerait le silence de musée que souhaite instaurer cette droite, et anéantirait son inertie immobiliste par sa vigueur, la reléguant loin en arrière.

Par-devers ces questions idéologiques de fond, se pose la question de leur efficacité pratique.

On observe, partout, un retour de la droite, mais jeune, subversive, et inconventionnelle. Le conservatisme historique, sous sa forme traditionnelle en Europe, est balayé avec son jumeau siamois, le néoconservatisme. Inversement, on constate que les fascismes ont connu un triomphe phénoménal au dernier siècle, et que le tabou intellectuel posé sur eux s’érode avec le temps et l’exagération. Le seul contre-exemple est l’Angleterre, au tempérament singulier. S’il faut croire en un sens de l’Histoire, il est du côté du fascisme.

Auteur: Haken

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