Macron nomme premier ministre Édouard Philippe, maire juppéiste, démontrant l’interchangeabilité des affairistes cosmopolites

La nomination d’Édouard Philippe

Après une investiture dimanche vantée à outrance par la presse, Macron devait nommer son premier ministre ce lundi.

Le nom qu’il a annoncé n’est pas exactement une surprise, puisqu’il revenait avec insistance dans la presse ces derniers jours

AFP :

Emmanuel Macron a abattu lundi la première carte de sa “recomposition politique” en nommant un Premier ministre de droite, le député-maire (Les Républicains) du Havre Édouard Philippe, proche d’Alain Juppé, un défi lancé à la droite avant les législatives.

L’Élysée a annoncé la nomination de M. Philippe, 46 ans, lundi peu avant 15h00, au lendemain de la prise de fonctions du nouveau président de la République, qui se rend ensuite à Berlin pour rencontrer la chancelière Angela Merkel.

“Je suis (…) un homme de droite”, a revendiqué le nouveau Premier ministre lors de la passation de pouvoirs à Matignon, en rendant en même temps un hommage appuyé à Bernard Cazeneuve, qui a été un “exemple, au-delà des désaccords qu’il nous est arrivé de formuler”.

Les termes de “gauche” et de “droite” ont été tant galvaudés qu’ils ne veulent plus dire grand chose.

Historiquement et au-delà des particularismes locaux, on retrouve cependant des caractéristiques sociologiques confirmant que la division gauche-droite est ancrée dans la nature humaine (en) même : la gauche a une tendance égalitariste optimiste sur la nature humaine alors que la droite a une tendance élitiste et pessimiste sur la nature humaine. Bien sûr, il ne s’agit pas de positions binaires : il y a tout un continuum entre deux extrêmes sur lequel se répartissent les gens.

C’est d’ailleurs en ce sens que le nationalisme est “de droite”.

Le cosmopolitisme auquel adhère Édouard Philippe est indubitablement de gauche. En dépit de sa déclaration, très peu le différencie de Macron.

La composition du gouvernement, qui devrait également comporter d’autres personnalités de LR et du MoDem de François Bayrou, devrait être dévoilée mardi en fin d’après-midi, avant le premier Conseil des ministres de mercredi.
[…]
Alain Juppé a aussitôt salué sa nomination, jugeant qu’il avait “toutes les qualités” pour le poste, tout en réaffirmant son soutien aux candidats de droite aux législatives.

Juppé qui il y a quelques jours niait un accord avec Macron en vue de cette nomination…

“Maintenant c’est clair : avec un Premier ministre de droite, le Parlement a besoin de gauche”, a réagi Jean-Christophe Cambadélis (PS). En écho, Jean-Luc Mélenchon (LFI) a appellé à l’élection d’une majorité de gauche à l’Assemblée.

Cette nomination pourrait donner à un Parti Socialiste en perdition assez d’énergie pour ne pas sombrer complètement.

La présidente du Front national Marine Le Pen a vu dans la désignation d’Édouard Philippe la confirmation de “l’existence d’un système UMPS que l’on peut rebaptiser LREM”.

C’est l’évidence.

Qui est Édouard Philippe ?

AFP :

A 46 ans, Edouard Philippe, maire apprécié du Havre peu connu du grand public est propulsé Premier ministre. Un esprit “brillant” et “moderne” de la galaxie juppéiste, mais parfois “cassant” à l’image de celui qu’il a longtemps appelé son “patron”, Alain Juppé.

Il n’est sans doute pas devenu premier ministre en étant un imbécile, mais est-ce véritablement “brillant” de trahir son peuple pour de petits avantages personnels ? “Moderne” est censé ici être laudatif, signifiant “à l’avant-garde du progrès”, comme si ce qui est récent serait forcément meilleur. En vérité, cela pourrait tout aussi bien être traduit par “affairiste cosmopolite”.

Adepte de la boxe, comme Manuel Valls, il a accompagné Alain Juppé depuis la création de l’UMP en 2002 comme directeur général du parti. En 2010, il prend la succession du chiraquien Antoine Rufenacht comme maire du Havre, avant d’être élu en 2014 dans cette ville qui fut communiste jusqu’en 1995.
[…]
Après la défaite d’Alain Juppé à la primaire de la droite fin novembre, le député-maire a choisi sa ville plutôt que l’Assemblée, où il n’a pas été très actif.

Celui qui a milité dans sa jeunesse pour Michel Rocard — il a d’ailleurs fait partie de la commission Rocard/Juppé sur le grand emprunt (2009) — a écrit des chroniques sur la campagne chaque semaine depuis janvier dans Libération.

C’est très révélateur. C’est une confirmation de ses tendances cosmopolites mais aussi de la sympathie que lui porte (((Drahi))) pour lui ouvrir les colonnes de son journal.

Il s’avère en fait qu’Édouard Philippe avait participé à la réunion 2016 du fameux groupe mondialiste Bilderberg.

Il me semble sot d’affirmer que le déroulement exact des évènements était prévu à l’avance, il est en revanche certain que Philippe était l’un des agents que les meneurs de l’oligarchie apatride souhaitaient utiliser.

Il ne faut pas oublier que si Juppé avait remporté la primaire de la droite, et aurait ensuite été élu président, alors Édouard Philippe aurait très probablement été son premier ministre : Macron était d’une certaine manière un plan de secours où cela ne fonctionne pas.

Dans l’une d’elles, il explique que quand Alain Juppé a tiré “sa révérence” début mars en renonçant définitivement à briguer l’Elysée, cela lui a donné “la niaque d’être à sa hauteur”.

Dans une autre, intitulée +Ambulans+ (En Marche, en latin), il conseille à Macron de “transgresser” pour “constituer une majorité d’un nouveau type”…

Bref, il avait déjà quelques idées sur ce qui pourrait se passer…

Lui a un profil ultra-classique : Sciences Po, classement dans la botte à l’Ena lui permettant d’intégrer le Conseil d’État, mais aussi quelques années dans un cabinet d’avocats anglo-saxon et chez Areva.


Un pur produit du système.

Opposante communiste au Havre, Nathalie Nail voit des similitudes entre lui et le nouveau président, critiquant un “louvoiement entre la droite et la gauche”. “Ces gens là ont une formation Sciences po-ENA et après ils choisissent en fonction des opportunités”, dit-elle.

Bien que communiste, Mme Nail a parfaitement raison sur ce point.

“Intelligent, vif d’esprit, par moment un peu braque”, décrit une petite main de LR, qui le juge “solide” mais “cassant”. “Il est assez moderne dans sa manière de travailler”, vante un de ses proches qui met aussi en avant sa “fidélité” et sa “loyauté”.

Pas de fidélité ou de loyauté envers son propre peuple en tout cas. Alors, quelle peut bien être la “loyauté” d’une telle personne ?

[…]
“Il n’est pas très accessible”, glisse un élu normand, qui trouve qu’il n’exprime “pas une chaleur colossale” mais qu’il est un homme “de qualité”.
[…]
Ce germanophone, marié et père de trois enfants, se définit comme “beaucoup plus libéral qu’Alain Juppé” et confiait en 2015 s’entendre “très bien” avec “Bernard Cazeneuve, qui a le sens de l’Etat”.

Le rêve pour les partisans de l’ordre établi.

Le parti “Les Républicains” divisé

En sus de nommer un agent fidèle, ce choix avait un autre objectif : faire exploser le parti Les Républicains, qui était seul à même de priver Macron d’une majorité à l’Assemblée Nationale.

La nomination d’Édouard Philippe, hypothèse qui circulait depuis la soirée du second tour de la présidentielle, est le premier acte de la “recomposition” politique souhaitée par M. Macron, largement élu (66,1%) face à Marine Le Pen.

Elle est un défi lancé à la droite à moins d’un mois des législatives, fissurant la cohésion du parti entre une aile “modérée” et une aile qui s’est radicalisée à la faveur de la présidentielle.

Le terme “radicalisé” est assez osé de la part de l’AFP ; le RPR d’il y a 20 ans était beaucoup moins cosmopolitiquement correct que “l’aile droite” de LR.

Dans la foulée de la nomination de M. Philippe, vingt-deux élus LR […] ont signé un communiqué commun appelant à saisir “la main tendue par le président de la République”.

La nomination du député-maire LR du Havre comme Premier ministre “représente un acte politique de portée considérable” et “la droite et le centre doivent prendre la mesure de la transformation politique qui s’opère sous leurs yeux”, ont plaidé ces élus juppéistes (Benoist Apparu, Fabienne Keller…) ou lemairistes (Arnaud Robinet, Delphine Burkli…), rejoints par Nathalie Kosciusko-Morizet et Jean-Louis Borloo.

Cette nomination “a du sens, elle casse la droite”, s’est félicité un membre du premier cercle du nouveau chef de l’État.

Chef de file LR pour les législatives, François Baroin a averti que ceux qui “se rapprochent de Macron” avant le scrutin des 11 et 18 juin seront “exclus” du parti.

Interrogé sur une éventuelle exclusion de M. Philippe, le secrétaire général des Républicains Bernard Accoyer a répondu qu’il n’en était “pas question”, mais souligné que M. Philippe s’était “de lui-même” mis “en dehors” de sa famille.

S’il s’est mis en dehors, pourquoi ne pas l’exclure ?

C’est de la finasserie politicienne : Accoyer sait que son parti menace d’exploser et essaye de l’empêcher. Mais en l’absence de menace d’exclusion, davantage se rallieront à Macron, ce qui va détruire la campagne de son parti aux législatives.

Le parti d’Emmanuel Macron a annoncé la semaine dernière une première liste de plus de 400 candidats aux législatives dont une vingtaine de députés sortants, tous de gauche.

La REM doit publier le nom des derniers investis d’ici mercredi, qui pourrait inclure le nom de plusieurs sortants LR, espère-t-on à En Marche!.

C’est une quasi-certitude. Ou du moins LREM choisira de ne pas leur opposer d’adversaire.

Mais il s’agira de candidats cosmopolitiquement corrects à n’en pas douter.

Conclusion

La nomination d’Édouard Philippe comme premier ministre n’est pas exactement une surprise au sens où la presse la présentait comme probable depuis plusieurs jours ; mais n’en demeure pas moins un coup politique aux conséquences importantes.

Les extrémistes cosmopolites rejoignant Macron ne constituent certes qu’une minorité d’élus ; mais c’est bien suffisant pour semer la pagaille. Cette manoeuvre devrait couler Les Républicains et assurer une confortable majorité au président de leur République.

Bien que se revendiquant “de droite”, Édouard Philippe mènera avec zèle une politique détruisant la France à petit feu, s’inspirant de la situation d’outre-Rhin : Merkel, que Macron est allée rencontrer ce lundi, n’est-elle pas à la tête d’une coalition entre le grand parti “de gauche” et le grand parti “de droite” ? Le supposé conservatisme de l’allemande ne l’avait pas empêché de favoriser l’invasion migratoire avec un fanatisme rare ; gageons que ce n’est pas le “libéralisme” d’Édouard Philippe qui s’opposera à Macron en ce domaine, pas plus d’ailleurs que dans celui de la dégénérescence sociétale.

Auteur: Blanche

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4 Commentaires sur "Macron nomme premier ministre Édouard Philippe, maire juppéiste, démontrant l’interchangeabilité des affairistes cosmopolites"

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Driant
16 mai 2017 7 h 48 min

Il y avait les termes d’ “extrême gauche” et “extrême droite”, on va maintenant pouvoir dire “extrême mondialisme” quand on parlera d’individus tel que ces deux pourris d’Edouard Philippe et de Macron, et de leur politique.

16 mai 2017 20 h 40 min

Extrême ordure convient bien ( mais on va pouvoir rassembler un paquet de politiques dans cette catégorie !).

dom
16 mai 2017 8 h 52 min

Encore un gouvernement qui va nous réserver de grandes choses….. “esprit moderne”, tu parles ! Ils ont de ces expressions pour fourrer toutes les saloperies qu’ils envisagent ! Et alors ils sont quoi, ceux qui ne sont pas qualifiés d'”esprits modernes” ? Des aliénés bientôt sans doute ?

genocidaire
16 mai 2017 10 h 46 min

L’UMPS dans toute sa splendeur. Ou LRPS plutôt (prononcez l’herpès)

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