Gorsuch confirmé comme juge à la Cour Suprême : un maigre soulagement

C’est jusqu’à présent à peu près le seul point sur lequel Trump a été efficace pour tenir sa promesse de campagne. Mais c’est une bien maigre consolation alors que l’attaque contre la Syrie marque un revirement intégral vers la sorte de néo-conservatisme contre lequel Trump s’était opposé avec tant de véhémence.

AFP :

Donald Trump a célébré lundi sa plus belle réussite intérieure depuis le début de sa présidence en accueillant à la Maison Blanche le juge Neil Gorsuch, dont la confirmation à la Cour suprême redonne le goût de la victoire aux républicains.

Le magistrat de 49 ans a prêté serment dans la roseraie à l’extérieur du Bureau ovale, sa dernière étape avant de siéger au temple du droit américain qu’il va faire pencher du côté conservateur.

“Nous sommes réunis ici pour un moment historique”, a lancé le président Trump qui, en réussissant à imposer le juge Gorsuch, sait qu’il a contenté des millions d’électeurs de la droite américaine, dont certains avaient voté pour lui uniquement dans cet objectif.

“Un nouveau vent d’optimisme traverse notre pays et une foi renforcée dans l’Amérique remplit nos coeurs”, a poursuivi M. Trump, en rendant hommage à “l’intégrité incontestable” du magistrat.

Celui-ci va pouvoir rapidement peser sur la jurisprudence dans le sens souhaité par les religieux traditionalistes, les militants des armes à feu, les opposants à l’avortement ou certains puissants intérêts financiers.

La mention par l’AFP des “puissants intérêts financiers” est amusante, quand on sait qu’ils soutenaient en très large majorité Hillary Clinton. La vérité c’est qu’aucun des juges approuvés par un Sénat corrompu n’est susceptible de menacer sérieusement ces intérêts.

Quant au reste, on peut supposer qu’il retardera la corruption totale de la Cour et prolongera la survie du 1er amendement (liberté d’expression) et du 2ème amendement (droit aux armes).

M. Trump s’est auto-félicité d’avoir réussi à confirmer Neil Gorsuch dans les cent premiers jours de sa présidence, une période au cours de laquelle le chef de l’exécutif a au contraire essuyé de cuisants revers sur sa réforme de l’assurance santé et son décret anti-immigration.

La proposition de réforme de l’assurance santé a échoué parce que le texte de loi proposé était d’une nullité impardonnable. Cela aurait pu être une raison pour se débarrasser de l’inepte vendu Paul Ryan, qui a promu ce texte et devait le faire passer en tant que président de la chambre des députés où les républicains ont une majorité confortable ; mais cela n’a même pas été utilisé à cette fin.

Devant les huit autres juges de la Cour suprême, Neil Gorsuch a promis d’être “un serviteur fidèle de la Constitution et des lois de cette grande nation”.

Il a prêté serment la main gauche posée sur une Bible tenue par son épouse, face au juge Anthony Kennedy, l’un des deux octogénaires de la vénérable institution. Les juges de la Cour suprême sont nommés à vie, d’où l’importance de leur désignation.
[…]
Deux heures auparavant, Neil Gorsuch a prêté un premier serment face au président de la Cour suprême, John Roberts.
[…]
Neil Gorsuch pourra siéger dès la semaine prochaine. Il remplace le pilier conservateur Antonin Scalia, décédé en février 2016. La cour est actuellement composée de quatre magistrats conservateurs et quatre progressistes, dont trois femmes.

Une information plus pertinente serait “dont trois juifs”  (((Ruth Bader Ginsburg))), (((Stephen Breyer))) et (((Elena Kagan))).

Ruth Ginsburg
La sorcière juive (((Ginsburg)))

Dans un pays extrêmement polarisé politiquement, la confirmation de M. Gorsuch a fait l’objet d’une âpre bataille, qui a fait voler en éclats une règle historique du Sénat imposant une majorité qualifiée pour permettre le vote.

Plus exactement, elle a annulé à la majorité simple une règle permettant d’empêcher un vote par obstruction si il n’y a pas une majorité qualifiée pour faire cesser les débats. C’est à peu près la seule décision courageuse prise par les parlementaires républicains depuis le début de l’année.

Cet affrontement idéologique a duré 14 mois, les républicains refusant tout au long de 2016 d’accorder une audience au juge Merrick Garland, nommé par Barack Obama pour remplacer M. Scalia.

Cette tactique extrêmement controversée s’est soldée au final par une victoire majeure pour Donald Trump et pour le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell.

Un maigre succès au regard des autres reculades, mais un succès tout de même.

Un juge gauchiste qui aurait permis l’avènement de lois criminalisant les propos racistes aurait été une catastrophe.

Auteur: Blanche

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