Le Brexit déclenché : attention à ne pas trop en espérer

Le Brexit enfin déclenché !

L’attente aura été longue : plus de neuf mois depuis le résultat du référendum. Mais les procédures ayant visé à provoquer l’annulation de cette décision ayant connu l’échec, et le gouvernement n’ayant plus aucun prétexte pour retarder les choses, elle a enfin été lancée.

AFP :

Les amarres sont larguées : le Royaume-Uni s’est embarqué mercredi pour un voyage historique et “sans retour” hors de l’Union européenne qui se retrouve fragilisée par un Brexit aux conséquences sismiques et imprévisibles.

Neuf mois après un référendum qui continue à diviser le pays, la lettre de divorce a été transmise au président du Conseil européen Donald Tusk par l’ambassadeur britannique à Bruxelles Tim Barrow, déclenchant formellement la procédure de sortie.

“Vous nous manquez déjà”, a lancé un Donald Tusk visiblement éprouvé en brandissant la lettre devant la presse. “Il n’y a aucune raison de faire comme si c’était une journée heureuse, ni à Bruxelles ni à Londres”, a-t-il ajouté en voyant ainsi ébranlé le projet européen, né sur les cendres de la Seconde Guerre mondiale.

Beau travail de propagande du journaliste de l’AFP qui, sans directement mentir, insinue l’idée que l’UE serait un remède contre une autre guerre européenne destructrice.

Au même moment à Londres, la Première ministre Theresa May annonçait devant les députés du Parlement de Westminster qu’il n’y aurait “pas de retour en arrière”.

Le Royaume-Uni est le premier pays à rompre les amarres avec l’Union, après 44 ans de mariage contrarié.

Elle a appelé le peuple britannique, Ecossais en tête, à se “rassembler” pour obtenir “le meilleur accord possible”.

A l’extérieur des bâtiments du Parlement, Nigel Farage, ancien leader du parti europhobe Ukip et grand architecte du Brexit, pavoisait : “On est les premiers à sortir. C’est historique. L’Union européenne ne s’en remettra pas.”

Martin Spearing, 65 ans, vendeur sur un marché londonien, était d’accord: “C’est la meilleure chose qui puisse nous arriver. Nous reprenons les commandes des mains de ces bureaucrates non élus de Bruxelles”.

Le déclenchement du Brexit ouvre une période de deux ans de négociations, un délai ambitieux tellement les discussions s’annoncent complexes et acrimonieuses.

Ca ne sera “sûrement pas facile”, a souligné le ministre allemand des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel, tout en lançant un “restons amis” à l’adresse de Londres.

Le président français François Hollande a lui estimé que “ce sera douloureux pour les Britanniques” et que l’Europe sera “sans doute” amenée à avancer à “des vitesses différentes” désormais.

Hollande reste accroché au discours de la sortie de l’UE forcément catastrophique.

Dans sa lettre de divorce, longue de six pages, Mme May dit vouloir “travailler dur” pour arriver à un accord. Mais son appel à mener en parallèle des négociations sur le “futur partenariat” avec l’UE risque de déplaire à Bruxelles, où l’on cherche d’abord à régler le divorce avant de se pencher sur l’avenir.

L’Union européenne “agira de manière unie et préservera ses intérêts” dans les négociations, a indiqué le Conseil européen qui doit soumettre ses “orientations” pour les discussions aux dirigeants des 27 pays européens lors d’un sommet le 29 avril à Bruxelles.

“Le chantier est si vaste que deux ans seront bien insuffisants”, estime Catherine Barnard, professeur de droit européen à l’université de Cambridge, soulignant “qu’à chaque pierre soulevée, d’autres apparaissent”.

C’est sûr que cette dame est d’une neutralité absolue…

Deux ans est un délai bien assez long dès lors qu’il y a la volonté politique d’aboutir et qu’on y met les moyens – si l’une des parties préfère plutôt faire du blocage, cela peut alors devenir insuffisant.

D’autant qu’avant même leur démarrage “il y a déjà des blocages”, constate Patricia Hogwood, professeur de politique européenne à l’université de Westminster, citant le dossier des citoyens européens au Royaume-Uni ou encore l’addition à payer pour la sortie ou l’accès au marché européen.

Ce ne sont pas des “blocages”, ce sont des difficultés à régler et c’est exactement pour cela qu’il y a besoin d’un accord. Il n’y aura blocage que si les deux parties se montrent inflexibles en exigeant des choses opposées.

Il faut noter qu’après l’expiration du délai de deux ans, il n’y a plus besoin d’accord pour mettre légalement fin aux contraintes juridiques associées à l’UE. Cela contribue à établir les conditions du rapport de force.

Devant les députés, Mme May a assuré vouloir faire du sort des trois millions d’Européens vivant au Royaume-Uni une “priorité”.

Mais concernant la facture à payer, au titre notamment des programmes pour lesquels le Royaume-Uni s’est déjà engagé, les divergences persistent.

Le gouvernement britannique “ne reconnaît pas les montants parfois très importants qui ont circulé à Bruxelles”, a lancé le ministre des Finances Philip Hammond.

Selon un haut responsable européen, la Commission européenne a évalué la note entre 55 et 60 milliards d’euros.

Ces différends et la volonté de Bruxelles de signifier que le Royaume-Uni ne peut pas avoir de meilleur accord “en dehors qu’en dedans” de l’UE, pour éviter de donner des idées de sécession à d’autres pays, ouvre la perspective qu’il n’y ait pas d’accord du tout.
[…]
Au plan intérieur, Mme May devra gérer le mécontentement des Britanniques qui ont voté contre le Brexit et dont certains promenaient mercredi son effigie en carton-pâte devant le Parlement pour dénoncer son manque d’écoute à leur égard.
[…]
Mais selon un sondage YouGov publié mercredi, 44% des Britanniques interrogés ne regrettent pas le Brexit (contre 43% qui le regrettent) tandis que seuls 21% veulent que le gouvernement fasse machine arrière.

Les anti-Brexit ne sont pas un problème majeur. Pour les satisfaire, il faudrait mécontenter les pro-Brexit, plus nombreux.

Ne pas surestimer les conséquences du Brexit

Les textes de l’Union Européenne imposent aux États-membres un certain nombre de contraintes gênantes notamment en matière économique et migratoire. Ils imposent aussi l’adoption de directives dont un certain nombre sont douteuses et dont la quantité même est problématique.

Cependant, l’appartenance à l’UE est davantage un symptôme qu’une cause fondamentale ; contrairement à ce que croient naïvement certains.

En dernière analyse, c’est bien le gouvernement du pays qui tout à la fois accepte de renoncer à certaines formes de souveraineté et est responsables de nombre d’initiatives délétères, notamment dans le domaine de l’immigration.

Un État nationaliste ne pourrait mener sa politique dans le cadre de l’UE ; mais ne pas être dans l’UE ne sauve pas par exemple la Suisse : la sortie de l’UE est nécessaire mais non suffisante.

New Observer :

Tout d’abord, les défenseurs du Brexit ont assez faussement prétendu que la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) est le tribunal qui a “interféré le plus en “forçant” la Grande-Bretagne à accepter le diktat des “droits de l’Homme”, permettant à des musulmans radicaux et à des criminels immigrés de demeurer au Royaume-Uni.

La CJUE […] est en effet le tribunal le plus important de l’Union Européenne – en ce qui concerne la loi de l’Union Européenne – et reçoit la tâche de l’interpréter et d’assurer son application égale dans tous les États membres de l’UE.

Cependant, le tribunal qui applique réellement les “droits de l’Homme” est la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) – qui est une entité supranationale établie selon les termes de la convention européenne des droits de l’Homme. Cette convention est un traité international distinct pour “protéger les droits de l’Homme et les libertés fondamentales en Europe”, rédigé en 1950 par le Conseil de l’Europe alors nouvellement formé – une entité qui existe encore et est totalement distincte de l’Union Européenne.

Le Conseil de l’Europe et l’UE ont un drapeau identique ; ce qui ajoute à la confusion ; mais plusieurs pays n’appartenant pas à cette dernière appartiennent au premier ; comme la Russie ou la Turquie. Ces derniers pays, cependant, se soucient beaucoup moins des jugements de la CEDH, adoptant une attitude qui choquerait les obsédés du légalisme.

La CEDH s’est faite remarquer par de nombreuses décisions particulièrement délirantes, parmi lesquelles nous en avons commentées plusieurs.

Le Royaume-Uni est et demeur signataire et partie contractante de cette convention. Il n’y a donc aucune justification pour que quiconque affirme que par le Brexit le Royaume-Uni échapperait à “l’application des lois sur les droits de l’Homme”.

Deuxièmement : Plus de 52741 lois, votées par le parlement européen depuis 1990 vont être transposées dans la loi britannique dans le cadre de la Grande Loi d’Abrogation du gouvernement britannique. Cela signifie que des milliers de lois desquelles les militants pro-Brexit ont dit qu’elles “handicapent” le Royaume-Uni vont demeurer – et vont seulement être considérées comme loi “britannique” plutôt que loi “de l’UE”.

Troisièmement, et surtout, la menace véritable pour la poursuite de l’existence du Royaume-Uni comme pays développé indépendant […] a tout à voir avec les politiques d’immigration en provenance du Tiers-Monde activement promues par tous les partis britanniques représentés au parlement de Londres.

Des militants pro-Brexit ont affirmé que l’immigration du Tiers-Monde via l’UE pose une menace pour l’homogénéité du pays – mais la réalité est que le nombre de non-Blancs entrés par l’UE est faible et se compte en milliers – contre des millions entrés grâce à des lois crées par le parlement britannique.

Et vu les trahisons des promesses des conservateurs en ce qui concerne l’immigration, cela ne paraît pas près de changer.

Conclusion

Le Brexit favorise l’explosion de l’Union Européenne, et c’est une bonne chose. Il ne faut cependant pas en surestimer les conséquences.

Auteur: Blanche

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11 Commentaires sur "Le Brexit déclenché : attention à ne pas trop en espérer"

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Guilty Spark 88
30 mars 2017 11 h 21 min

Ils vont quitter l’UE et constateront que les pakistanais sont toujours là avec leurs commerces dégueulasses. Mais au moins, effectivement les Polaks et les Roumains qu’ils foutront dehors ne pourront pas revenir.
Après tout, le poulet au curry vaut bien d’être noyés sous des seaux de merdes ambulantes…

31 mars 2017 0 h 54 min

Les vrais Anglais devraient boucher le tunnel sous la Manche !
ça les protègerait…. certes, tout en laissant la crotte stagner en France.

30 mars 2017 15 h 20 min

C’est une étape, toutefois l’Angleterre est pourrie à un stade inquiétant. La sortie de l’UE n’empechera pas l’importation massive des migrants et, en conséquence, la continuation du remplacement de la population Blanche .
Faire exploser l’UE c’est bien mais il faut aussi gérer le pays avec une préférence raciale Blanche pour tout changer dans le bon sens, sinon ça ne sert pas à grand chose…

Driant
30 mars 2017 23 h 01 min

Pour bien comprendre la Grande-Bretagne, il faut toujours garder présent à l’esprit que c’est une île. Les Britanniques n’ont jamais vraiment fait partie de l’Europe réelle (géographique) et ne sont entrés dans l’Europe virtuelle (l’union européenne) qu’à reculons et à condition de recevoir quelque chose, mais sans jamais rien lâcher.
L’union européenne était devenue trop contraignante pour eux et ne leur rapportait plus rien, alors ils l’ont larguée ! Mais c’est pour faire ce qu’ils veulent, et ce qu’ils veulent c’est uniquement faire du commerce et de la spéculation financière, s’en foutre plein les fouilles sur le dos de tout le monde comme d’habitude et sans rien redevoir à personne.
Ils n’apporteront rien à notre cause car ils vont continuer à baigner dans le mondialisme commercial, cosmopolite et financier.

Ils nous ont juste rendu service – et encore, involonairement – en coupant les attaches avec Bruxelles, mais c’est tout.

Par contre, il faudrait s’inspirer de leur manière de tourner le dos à des choses qui ne leur conviennent plus, et en disant cela je pense à une certaine Marine Le Pen, en-dessous de tout lorsqu’elle a commencé par dire, toute contente d’elle-même, la grosse conne, qu’elle allait “re-négocier les traités européens” avant d’aggraver son cas en proposant de conditionner l’abandon de l’euro à un référendum, pour s’effondrer littéralement en précisant qu’elle démissionnerait en cas de victoire du non. Plus que con que ça, tu meurs !

Ksenia
31 mars 2017 0 h 24 min

Cette partie de son programme est incompréhensible. Si Marine était élue, elle proposerait un référendum sur la sortie de l’UE et de l’Euro…mais si les Français votaient ‘ non’, elle démissionnerait ? Il y aurait donc de nouvelles Présidentielles ? …Elle doit avoir un plan B, non?

Driant
31 mars 2017 6 h 55 min

Proposer un référendum sur la sortie de l’UE, c’est très risqué car beaucoup trop hasardeux. Si elle est élue, ce sera sur les questions de la sécurité, de l’immigration, dans une moindre mesure sur l’Europe, mais beaucoup moins sur la question de l’euro qui pose un problème particulier. Les Français, qui ne sont pas des “flèches”, se sont habitués à cette monnaie au lieu d’en voir les graves inconvénients, et trouillards comme ils sont, ils s’imaginent qu’un retour en arrière n’est pas possible sans même être capables d’expliquer pourquoi… Même des gens plutôt conservateurs et qui voudraient voter FN achoppent sur cette question de l’euro. Autrement dit, c’est le “non” qui pourrait bien l’emporter si MLP prenait le risque de ce référendum…

Après avoir déjà fait la connerie de vouloir “re-négocier” les traités européens, c’est-à-dire de prendre langue avec des Juncker et des Schultz qui lui riraient au nez (sans compter que cette re-négociation la condamne à rester dans l’union européenne alors que tout le problème, c’est de la quitter…), elle se verrait alors dans l’impossibilité d’appliquer son programme politique. Elle l’a bien compris et c’est pour ça qu’elle dit qu’elle démissionnerait.

Seulement, en démissionnant, elle ferait évidemment revenir toute la bande des euro-mondialistes et cela rendrait caduque la victoire du Front National et son accession au pouvoir – si difficilement acquises ! Un immense gâchis, dont le Front National pourrait sortir complètement discrédité, ce qui entraînerait son implosion. En tout cas, moi, si les choses devaient se passer comme ça, je lui tournerais le dos définitivement.

Ajoutons que, de toute façon, ce qu’on demande à MLP,, ce n’est certainement pas de discuter (“négocier” comme elle dit) avec ces salopards de Bruxelles, mais de défendre les intérêts supérieurs de la France et cela n’implique aucunement de devoir encore solliciter une population parmi laquelle beaucoup de personnes n’auraient même pas voté pour elle !

31 mars 2017 0 h 52 min

Même Asselineau a eu le cran d’affirmer qu’il n’organiserait pas de reférendum, car étant élu sur un programme il l’appliquerait directement, à savoir quitter l’U.E.
Mais MLP veut rassurer, se dédiaboliser, alors que les ressemblances entremacron et Fillon s’accentuent et qu’elle devrait donc les distancer si elle assumait un programme clair et net.

Driant
31 mars 2017 7 h 00 min

C’est la seule explication possible. Mais ça reste une énorme maladresse politique de sa part et l’on se pose la question, une fois de plus,de savoir si elle se sent obligée de cacher son jeu, ou si elle est sincère et si elle ferait vraiment ce qu’elle dit. Ce qui dans le cas présent pourrait être catastrophique…

Guilty Spark 88
31 mars 2017 12 h 22 min

Personne ne peut prédire les conséquences d’une sortie de l’UE et elle doit en avoir conscience. Elle propose donc des demi-mesures floues pour essayer de rassurer son électorat tout en cherchant à séduire les indécis.
L’essentiel dans l’immédiat est qu’elle soit élue car le choc serait bouleversant. Ça serait fun.
Ensuite, qu’elle sorte de l’UE si ça lui chante. De toutes façons, le seul intérêt qu’on en retirerait, c’est son démantèlement. Ce qui, à défaut de “rendre” par magie leur souveraineté aux États européens, permettrait de transformer l’essai et d’ébranler un peu plus l’ordre établi.

Ksenia
31 mars 2017 12 h 54 min

Il est possible qu’elle cache son jeu. Les campagnes électorales n’existent que pour faire des promesses que l’on ne tiendra pas, comme ce référendum pour rassurer les électeurs frileux sur cette question délicate…
Si elle est allée voir Poutine, ce n’est pas pour démissionner six mois après l’élection ?
Sinon ce serait absurde et détruirait le FN…

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