Élection présidentielle : Hamon s’effondre, le PS se réfugie auprès de Macron

L’effondrement de Hamon

Au sortir de la primaire du Parti Socialiste à la fin du mois de janvier ; Benoît Hamon bénéficiait d’une couverture médiatique favorable et de l’attrait de la nouveauté.

Mais le sort de sa candidature était d’ores et déjà en péril : son positionnement très à gauche le mettait déjà dans une situation impossible.

Jean-Luc Mélenchon avait une voix plus crédible en terme de “pureté idéologique” pour attirer ceux adhérant à ces fadaises (le Parti Socialiste est un repoussoir) ; alors que les sondages indiquaient systématiquement Fillon devant Hamon et présentaient Macron comme le seul susceptible de permettre le “ni Fillon ni Macron”.

Le phénomène du “vote utile”, qui avait traditionnellement bénéficié au PS, s’est retourné contre lui, et Hamon a petit à petit perdu des électeurs au bénéfice de Macron. Les cadres du parti, soucieux de conserver leurs prébendes, commençaient déjà à se rallier au héraut du néolibéralisme (le pire de la gauche et de la droite réunis !), Macron.

Lors du premier débat présidentiel, la performance médiocre de Hamon a achevé de l’enfoncer.

Cela a entraîné une fuite d’électeurs vers Mélenchon, beaucoup plus convaincant. Et pour ceux qui sont vraiment intéressés par les promesses de 6ème République, de diversité raciale ou de sortie du nucléaire, Hamon n’était alors même plus le vote utile.

Si les sondages sont imparfaits, le phénomène qu’ils reflètent ici est bien réel :

Moyennes sondages

Il ne s’agit pas d’un simple recul ; mais d’un réajustement profond. À mesure même que les électeurs potentiels d’Hamon apprennent, par les médias et leurs intéractions personnelles, que Mélenchon est en meilleure position, ils se rallient à lui, d’où la progression continue des intentions de vote exprimées en faveur de Mélenchon et la chute tout aussi continue de celles en faveur de Hamon.

Où ce phénomène s’arrêtera-t-il ? Difficile de le prédire ; mais certains sondages individuels donnent déjà Mélenchon à 15% et Hamon à 10%.

C’est un nouvel élément de chaos qui s’introduit dans la campagne, l’hypothèse d’un Mélenchon capable de concurrencer Fillon étant de nature à provoquer une nouvelle série de réajustements si elle devait se faire plus probable. La légère poussée de Dupont-Aignan, qui se fait essentiellement au détriment de Fillon, pourrait favoriser une telle issue.

Le duel Mélenchon-Le Pen ; seul où la candidate du Front National a de bonnes chances de l’emporter ; demeure très improbable, mais ne paraît pas impossible.

Le Drian et Valls se rallient officiellement à Macron

Pendant ce temps, les caciques du PS se rallient les uns après les autres à Macron, considéré comme celui qui pourra leur assurer une survie politique. Les ralliements de parlementaires et d’élus locaux étaient déjà nombreux ; mais des politiciens plus importants se joignent au mouvement.

Le Figaro :

Lorsqu’il a informé le chef de l’État de sa décision de rejoindre Emmanuel Macron, Jean-Yves Le Drian s’est vu demander de garder le silence jusqu’au 24 mars, comme l’avait révélé BFMTV à l’époque. Le ministre de la Défense a donc confié dès jeudi à Ouest France qu’il soutenait le leader d’En Marche !, mais il a attendu ce vendredi matin pour prendre officiellement la parole et expliquer les motivations qui l’ont poussé à faire ce choix.

« Je (le) soutiens pour plusieurs raisons. Comme la majorité des Français, je refuse que le choix de l’élection présidentielle se réduise à un choix entre l’extrême droite et une droite dure. Je ne me résous pas non plus à ce que la candidate du FN soit en tête au premier tour. Devant les menaces qui existent et pour la capacité de la France à agir dans le monde, nous ne pouvons pas prendre ce risque », martèle-t-il, citant également le « pragmatisme » et le « réalisme » de son champion en matière européenne.

“Pragmatisme” et “réalisme” en ce qui concerne l’UE signifiant “adhésion inconditionnelle”.

Et après Le Drian a suivi Valls, pour lequel existaient déjà des signes annonciateurs.

AFP :

Manuel Valls a franchi le pas mercredi en annonçant qu’il voterait dès le premier tour de la présidentielle pour Emmanuel Macron, une décision qui a suscité un remerciement prudent du candidat d’En Marche! et l’indignation de son concurrent PS Benoît Hamon, qui a appelé à “sanctionner” l’ex-Premier ministre.

Après avoir “remercié” son ancien chef du gouvernement sur Europe 1, Emmanuel Macron, a toutefois assuré qu’il serait “le garant du renouvellement des visages, du renouvellement des pratiques”. Et son équipe n’a pas tardé à réaffirmer qu’il “ne gouvernerait pas” avec M. Valls.

Renouvellement de certains visages, peut-être, mais pour mieux ne pas remettre en cause les soubassements de la République droit-de-lhommiste servant les intérêts de groupes d’influence.

L’ancien Premier ministre, qui a progressivement rompu avec la candidature de Benoît Hamon depuis la primaire socialiste fin janvier, a justifié sa défection par la volonté de “ne vouloir prendre aucun risque pour la République” face au niveau élevé de la candidate du Front national Marine Le Pen, promise à une qualification au second tour selon les sondages.

“Donc je voterai pour Emmanuel Macron. Je prends mes responsabilités”, a-t-il affirmé sur BFMTV/RMC.

“L’intérêt supérieur du pays, l’intérêt supérieur de la France, va au-delà des règles d’un parti, d’une primaire et d’une commission”, a fait valoir le finaliste défait de la primaire socialiste pour justifier le reniement de son engagement, signé de sa main, à soutenir le vainqueur de la primaire.

Homme sans honneur, qui a prouvé être prêt à se vendre pour un peu de pouvoir, Valls est bien ridicule à prétendre s’intéresser à l’intérêt de la France !

[…]
A son QG mercredi, le candidat PS a lancé mercredi un “appel solennel” aux électeurs pour “sanctionner ceux qui se prêtent à ce jeu morbide”.

“Je vous demande en même temps de tourner la page de cette vieille politique, de tourner le dos à ces politiciens qui ne croient plus en rien et qui vont là où le vent va, au mépris de toute conviction”, a déclaré le candidat PS, en appelant à nouveau Jean-Luc Mélenchon et les communistes “à unir leurs forces aux siennes”.

Au stade de ratage où en est sa campagne, Hamon ferait mieux de se rallier à Mélenchon !

Le Drian et Valls ne représentent pas la totalité du PS, la fameuse “aile gauche”, avec entre autres Aubry et Montebourg, continuant encore de soutenir Hamon, mais ils en représentent la majeure partie.

[…]
Le patron du PS Jean-Christophe Cambadélis, critiqué pour l’absence de sanctions contre les socialistes soutenant Macron, a appelé “au calme”, en se disant “triste” et en refusant”toute Saint-Barthélémy socialiste” à l’égard “des manques individuels de certaines de ses personnalités”.

Il prend acte du fait que son parti est au bord de l’explosion.

En Marche : une fusion des néo-libéraux du PS et du centre-droit

J’ai mentionné le ralliement de l’aile “réformiste” (c’est à dire néo-libérale) du Parti Socialiste à Macron. C’est la grande majorité des parlementaires qui se sont rangés derrière lui.

Son mouvement ne s’y réduit cependant pas. Il y a aussi des néo-libéraux du centre-droit !

On peut ainsi citer le ralliement de Philippe Douste-Blazy, vendu opportuniste de première.

Le Point :

L’ancien ministre Philippe Douste-Blazy, cofondateur de l’UMP (devenue Les Républicains), apporte jeudi son soutien à Emmanuel Macron, jugeant que François Fillon « n’a pas été à la hauteur des responsabilités » en maintenant sa candidature. Emmanuel Macron « est porteur de ce message universel français fait d’un enracinement à des valeurs et d’une ouverture au monde », estime dans un entretien à Marianne Philippe Douste-Blazy, actuel conseiller spécial du secrétaire général de l’ONU sur le financement innovant du développement.

« L’élément-clé reste, à mes yeux, sa capacité à dépasser les clivages partisans de plus en plus artificiels et qui ont fait tant de mal à notre pays », développe l’ancien ministre, qui avait rallié une grande partie de l’UDF à la création de l’UMP en 2002 aux dépens de François Bayrou.

« J’espère que tous ceux qui s’étaient reconnus dans les idées portées par Alain Juppé, auquel je suis toujours resté fidèle, pourront nous rejoindre », a également déclaré Philippe Douste-Blazy

Un vrai suppôt du système.

Évidemment, pour s’adresser à des électeurs qui s’identifiaient à des étiquettes partisanes distinctes, et alors que l’étiquette néo-libérale n’est pas très porteuse ; les contradictions abondent.

Libération :

[Cette] semaine, le responsable de « La Droite avec Macron » (et ex-secrétaire d’Etat chiraquien aux PME) Renaud Dutreil, vantait en Macron le fossoyeur du hollandisme… le jour même où un proche conseiller de François Hollande rejoignait le mouvement En marche, Bernard Poignant.

Fidèle parmi les fidèles de François Hollande puisqu’il a été son conseiller à l’Elysée depuis son élection en 2012, ce dernier a ainsi annoncé mardi qu’il quittait ses fonctions pour soutenir librement Emmanuel Macron. Un choix fait par « fidélité au quinquennat de François Hollande », assure-t-il. « Je ne peux porter ma voix sur un candidat qui a mené une fronde et a voulu censurer donc renverser le gouvernement nommé par le Président », explique Poignant, en référence au frondeur Benoit Hamon.

Quelques heures plus tôt, Renaud Dutreil expliquait pourtant qu’Emmanuel Macron n’avait « rien à voir avec le hollandisme» (insistant sur le fait qu’il n’y était passé que «de manière éphémère »).

D’ailleurs, certains de ceux qui ont été séduits par le spectacle Macron ont fini par remarquer l’arnaque.

Le Figaro :

Bertrand Soubelet
Bertrand Soubelet

Entre le général Bertrand Soubelet et Emmanuel Macron, la rupture est consommée. Le ralliement de l’ex-numéro trois de la gendarmerie au candidat du mouvement En marche! n’aura duré que deux mois.
[…]

Le Figaro – Pourquoi avez-vous décidé de quitter le mouvement En marche! ?

Général Bertrand Soubelet – Je ne me retrouvais plus dans le mouvement En marche!. Emmanuel Macron m’a proposé de rejoindre son mouvement avec la promesse qu’il ferait de la politique autrement, qu’il sortirait des clivages partisans, qu’il participerait au renouvellement du personnel politique en s’appuyant sur des personnalités de la société civile. Or, je constate le contraire. Il accepte tous les ralliements, y compris ceux issus d’un gouvernement qui nous met dans le mur depuis cinq ans. Après l’actuel ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, voilà que le premier ministre Manuel Valls appelle à voter pour lui. Le mouvement est devenu une recyclerie où tous ceux qui nous gouvernent depuis toujours tentent de sauver leur place.

RT :

Il s’agissait d’une recrue de choix pour l’ancien chef de Bercy : général quatre étoiles, [Soubelet] avait fait parler de lui fin 2013, en dénonçant lors de son audition devant le Parlement l’état sécuritaire et pénal de la France – une prise de parole qui lui avait valu d’être rétrogradé de son poste de numéro trois de la Gendarmerie. Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, notamment, n’avait pas apprécié cette initiative.

Trois ans plus tard, Bertrand Soubelet avait finalement été écarté pleinement de la Gendarmerie (mis sans affectation), après la publication de son essai Tout ce qu’il ne faut pas dire, reprenant les mêmes constats.

Il s’agissait pourtant d’un livre assez mou – qui évitait justement de dire beaucoup de choses.

On comprend le ralliement de Soubelet à Macron quand on considère que c’est aussi un cocu qui se dit horrifié par la progression du FN.

Mais sa défection est d’autant plus dommageable à celui qui cherchait à représenter intégrité et nouveauté.

Conclusion

La question se pose : les Français ont-ils vraiment envie d’un deuxième quinquennat semblable à celui de Hollande ? Non, bien sûr ; et ça n’est pas par hasard que Macron a fait énormément d’efforts pour essayer de se présenter comme “hors-système” et comme “ni de droite ni de gauche”.

L’effondrement de Hamon et le ralliement de la majeure part du PS à Macron contribue à clarifier beaucoup cette situation. Cela ne peut que lui nuire, toute la question étant de savoir si cela sera assez.

Auteur: Blanche

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15 Commentaires sur "Élection présidentielle : Hamon s’effondre, le PS se réfugie auprès de Macron"

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Albers
30 mars 2017 11 h 23 min

il n’est pas sûr que les ralliements de n’importe qui et de n’importe quoi fassent élire Macron. On voit la débandade foireuse de ceux qui veulent sauver leur place. Il faut souhaiter que leur lâcheté fassent fuir les électeurs !!

30 mars 2017 15 h 23 min

Le bateau ps coule et les rats quittent le navire, le bateau continuera de couler petit à petit…

apostat du rock
30 mars 2017 15 h 54 min

Doute bla bla ne s’est pas t’il fait poissé à Marrakech ?
https://youtu.be/594X3M5yG_Q

STOP GÉNOCIDE DES BLANCS
30 mars 2017 17 h 35 min

Vivement que l’électorat de Fillon rejoigne celui de Marine !

30 mars 2017 17 h 40 min

Non le barrage c’est mieux de leur point de vue, tu te rends pas compte du danger de l’extrême droite ! Ils feront comme d’habitude.

Gemar.Pressac.39/45
31 mars 2017 9 h 35 min

C’est en cours, au deuxième tour l’électorat de mélanchon et de asselineau en cas de défaite de leur candidats voteront pour Le Pen fille.
C’est dans la boîte.

Darkeuclyde
31 mars 2017 11 h 46 min

Les mélanchonistes et les asselinistes, j’ai comme des doutes à leur sujet, voter pour MLP pour eux seraient l’équivalent de voté pour la peste donc je ne vois pas trop pourquoi ils iraient le faire. Ils voteront blanc ou n’iront pas voté du tout, après on le saura si Marine est élu.

Ksenia
31 mars 2017 13 h 00 min

D’après les posts sur RT, beaucoup d´asselinistes sont de gauche, ils traitent les électeurs FN de nazis, donc, aucune chance qu’ils votent Marine…

Darkeuclyde
31 mars 2017 16 h 04 min

Aucun abrutis de gauchiste n’irait voté Marine sauf si un choque et réveil pour affronter la réalité des choses ce qui est peu probable voir impossible vue le niveau d’embrigadement de certains ou de la plupart des électeurs de Mélanchon et Asselineau.
Aussi je ne sais pas vous mais il y a quelques jours un article est paru sur Suavelos faisant l’apologie de notre cher et tendre Asselineau, j’ai à peine lu la première ligne que je m’en suis allé vers de plus vertes prairies, j’ai bien le sentiment que Suavelos n’est qu’un attrape con et que les principaux contributeurs tel que Daniel, Merkado (aucun doute de son double jeu pour le coup) et Lespingal ne sont pas aussi racialistes et fidèle à la race blanche qu’ils le prétendent. Des Soral et Dieudonné 2.0 ? Peut-être, on le verra dans l’avenir de toute manière.

Steph
1 avril 2017 2 h 42 min

Trois choses
– Merkado a un QI de poule, ça crève les yeux ; le twittos de base sans culture
– Asselineau est un énarque de 59 ans. Il ne peut pas et n’aura jamais de sentiment racial comme les -40 ou -30ans (tout dépend de la région). Pour lui l’âge d’or c’est De Gaulle. Par contre un tel crâne d’oeuf sera sensible à une “courbe en cloche” des QI. Comme Soral, il fait un boulot respectable dans un cadre antiraciste qui lui est à détruire.
– L’UPR, c’est le parti des abstentionnistes de 40 ans qui ont toujours connu le FN et jamais la souveraineté. On peut comprendre leur frustration. Pour les reports de voix, ne vous inquiétez pas trop : quelqu’un de convaincu par le Frexit ne peut pas voter Macron au second tour… au pire il s’abstient.

Darkeuclyde
1 avril 2017 9 h 10 min

Tant qu’ils ne votent pas Macron et qu’ils s’abstiennent ce n’est pas dérangeant car à mon avis psychologiquement ils sont morts en quelque sorte si ils n’ont jamais voté FN ou fait quelque chose pour la France et l’Europe blanche on ne peut rien pour eux.

Pour ce qui est de Merkadouille, je l’ai trouvé toujours très très arrogant et hautain, tu ne penses pas comme lui, il faut voir la manière dont il traite dans ce cas là, ça me fait penser à un gauchiste une fois j’avais essayé de lui d’expliquer que le
réchauffement climatique c’était du pipeau et que sur notre planète il y avait des cycles qui faisait que on alternait des périodes semi-glaciaire et des périodes chaude comme les nôtres. Mais rien n’y fait et ce monsieur n’ayant aucun argument, a menacé d’être violent car selon lui je disais n’importe quoi lol.

Pour revenir à notre chat, Merkado est juste un être méprisable qui ne mérite pas qu’on s’intéresse à son travail de merde au vue de ce qu’il dit ou écrit dans ses vidéos ou articles.

Ksenia
30 mars 2017 18 h 53 min

Après tous les mammouths sans âge de la politique et de la finance, les ((( conseillers ))), tous ces dinosaures qu’on espérait éteints et dont le spectre réapparaît, tous ces has-been qui ont rejoint l’arche de Macron……voici les éléphants du PS qui qui y cherchent refuge, les anciens ministres qui veulent désespérément le redevenir…c’est un spectacle pitoyable…!
Valls est un repoussoir, espérons que les Français comprendront enfin que voter Macron, c’est voter pour un 2éme quinquennat Hollande !

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