Récit commenté du premier débat de la présidentielle

Contexte et format du débat

Comme pour les débats de la primaire de droite ou les débats de la présidentielle américaine, Blanche Europe vous propose un récit commenté du débat qui condense tout ce qui s’est dit pendant trois heures.

Ce débat, organisé par TF1 dans son studio de la plaine Saint-Denis, est le premier débat télévisé organisé pour l’élection présidentielle avant le premier tout de l’élection, bien qu’un débat du second tour soit organisé depuis plus de 40 ans.

Le format n’invitant que les 5 principaux candidats (le critère officiel était d’obtenir au moins 10% dans les sondages) a été critiqué pour son manque d’équité ; il a aussi permis d’éviter un émiettement exagéré du temps de parole : en plus de 3 heures de débat, chaque candidat n’a déjà pu s’exprimer qu’un peu plus d’une demi-heure.

Le placement des candidats, tiré au sort, a – comme par surprise – placé Emmanuel Macron au milieu.

La vidéo même du débat pour ceux souhaitant le regarder :

La vitesse à laquelle les candidats parle est assez lente, je vous recommande d’écouter à x1,25 ou x1,5.

Selon les données de Médiamétrie (qui ne sont probablement pas tout à fait représentatives puisque les membres de son panel regardent plus la télévision que la moyenne de la population), le débat aurait réuni 48% de part d’audience avec presque 10 millions de téléspectateurs.

Compte-rendu du débat

Présentation initiale

Les candidats ont d’abord été invités à dire pourquoi ils désirent être présidents.

Fillon, premier à répondre, a commencé par regretter que seuls 5 candidats soient présents, faisant remarquer qu’avec le critère des sondages il n’aurait pas pu lui-même participer aux débats de la primaire de droite. Macron et Le Pen ont aussi repris cette critique, cette dernière suggérant à TF1 un autre débat entre les 6 candidats restants (bonne idée au demeurant mais qui ne se réalisera probablement pas). Fillon a poursuivi en se disant président du redressement national, se posant en adversaire de la bureaucratie, président de l’ordre et promettant de faire du pays la première puissance européenne en moins de dix ans. Fillon a aussi avancé qu’il serait le seul à pouvoir obtenir une majorité lors de l’élection législative.

Mélenchon a lui dit vouloir mettre fin à la monarchie présidentielle, rappelant son engagement à convoquer une assemblée constituante pour établir une VIème République. Il a lourdement insisté sur l’écologie, n’hésitant pas à promettre 100% d’énergies renouvelables. Il a repris son thème classique d’opposition à la finance et de lutte contre la pauvreté ; avant de conclure en promettant d’être un président de la paix.

Macron s’est présenté comme quelqu’un arrivé où il en est grâce à son travail, se disant fier d’avoir été banquier ; avant de se présenter en adversaire du clivage droite-gauche et en candidat nouveau porteur d’un projet “juste” et “efficace”. On remarquera que, citant les défis auxquels fait face la France, il a mis sur le même plan le danger djihadiste et… “la transformation numérique” et la “transformation climatique”.

Marine Le Pen a déclaré aspirer à diriger la République Française, “mais vraiment”, ne souhaitant pas diriger une région ou être “la vice-chancelière de Mme Merkel”. Elle a cité l’article 5 de la constitution qui enjoint le président à garantir l’indépendance nationale et l’intégrité du territoire, avant de développer ces deux thèmes :

L’indépendance nationale c’est le droit pour les Français de décider pour eux-même. Et moi je pense que la France a le droit de choisir d’aider prioritairement ses entreprises nationales ou ses agriculteurs ; de choisir de défendre son identité, de défendre ses valeurs, de défendre ses traditions ; de se réarmer contre la concurrence internationale déloyale ; de mettre en place les conditions pour venir en aide aux plus faibles d’entre nous, de faire vivre par exemple les zones rurales.

Sans se faire sanctionner ou sermonner par je-ne-sais-quelle structure supranationale

En gros, il s’agit pour les Français de faire valoir leurs intérêts, de défendre leurs intérêts ; pas les intérêts des banques [sourire en regardant Macron], pas les intérêts des grandes puissances financières, pas encore une fois les intérêts de telle ou telle capitale européenne qui aurait décidé pour eux.

Quant à l’intégrité du territoire, il est urgent de la remettre en place. Pour retrouver nos frontières nationales, pour lutter contre les filières des fondamentalistes islamistes qui pullulent sur notre territoire et représentent un danger absolument majeur, pour se réarmer face à la mondialisation, pour également, pardon, mais lutter contre le communautarisme qui d’ores et déjà entraîne un recul assez phénoménal des droits des femmes dans notre pays.

Enfin, je serais la présidente de la République qui rendra la parole au peuple, en mettant en oeuvre la proportionnelle, en mettant en oeuvre le référendum d’initiative populaire, pour ne plus jamais, que plus jamais des choses ne soient décidées sans le peuple ou contre le peuple.

Comme on le voit, et notamment avec la mention de la lutte contre le communautarisme, Marine Le Pen verse toujours dans le pseudo-nationalisme civique. Cependant, elle fait des progrès ; semblant avoir compris ces derniers temps que toujours reculer ne fonctionne pas. Elle ose enfin clamer haut et fort, sans honte, qu’il s’agit pour les Français de défendre leurs intérêts. C’est là le coeur des choses.

Enfin, Benoît Hamon a demandé aux téléspectateurs “quel peuple voulons-nous être ?” Il a opposé bellicosité et fraternité ; souci pour le futur de nos enfants (oui, il a osé !) ou obsession des profits de court terme ; etc. À la fin de ses comparaisons, une opposition entre “la paix et la coopération” et “la concurrence et le nationalisme”. Le candidat de la France métissée, qui veut offrir comme futur à nos enfants une France africanisée, se pose bien sûr du côté de l’anti-nationalisme. Il s’est aussi présenté comme “honnête” et “juste”.

Éducation

Le débat en est ensuite venu aux questions thématiques ; les premières ayant porté sur le thème de l’éducation.

Fillon a défendu l’école primaire à partir de 5 ans (et puis quoi encore !) et un apprentissage intense des “fondamentaux” (pour essayer de faire en sorte que les afro-bougnoules les maîtrisent). Il a dit vouloir revaloriser l’enseignement professionnel en le sortant du giron de l’Éducation Nationale – un projet voué à l’échec en raison de la cause raciale du problème éducatif en France.

Les autres candidats n’ont pas proposé de solution plus adéquate. Macron a aussi défendu un recentrage sur les fondamentaux et un nombre d’heure de cours accru ; et une révision de l’apprentissage.

Mélenchon a affirmé qu’il s’agit d’un problème de moyens. En sus d’un plus grand nombre d’enseignants et de lycée, il n’a pas hésité à défendre une allocation versée pour le suivi des études professionnelles dès 16 ans !

Le Pen a poursuivi la bêtise généralisée sur ce thème en défendant 100% d’apprentissages fondamentaux en primaire et en partageant la naïveté générale sur l’enseignement professionnel. Néanmoins, elle a défendu la fin du collège unique, ce qui pourrait éviter aux blancs d’un niveau décent d’être confrontés à la pire racaille immigrée.

Hamon a dénoncé la remarque de Le Pen sur l’apprentissage des langues d’origine comme nauséabonde. Comme Mélenchon, il propose un accroissement des moyens. En bon gauchiste métissolâtre, il a déclaré vouloir accroître la “mixité sociale” au collège (encore !). Il a dit vouloir imposer une obligation de “mixité sociale” pour la totalité des collèges de France – c’est à dire obliger les élèves blancs à être confrontés aux arabes et aux nègres.

Sécurité

Le Pen a défendu un accroissement des effectifs des forces de l’ordre et a dénoncé les manifestations anti-policières, et a dénoncé les guet-apens dont sont victimes les policiers. Elle a fait remarquer que les deux policiers brûlés à Viry-Châtillon n’ont pas reçu la visite du président – en comparaison implicite au nègre Théo qui a reçu une telle visite qui n’empêcha pas les émeutes immigrées. Elle a défendu, conformément à son programme, un accroissement des places de prison et des peines moins laxistes, dénonçant notamment l’automaticité des remises de peine.

Fillon a dénoncé les solutions de ses concurrents appelant à plus d’emploi public, faisant remarquer que la France est endettée à environ 100% de son PIB. Contre l’insécurité qu’il a lui-même qualifié de croissante, il propose le “respect” pour les forces de l’ordre en leur ôtant des tâches administratives et en rendant obligatoires des polices municipales armées dans les villes de plus de 10.000 habitants (il s’abstient de préciser que ce serait financé par des impôts locaux supplémentaires). Il a lui aussi mentionné des places de prison supplémentaires (mais moins) et des peines planchers.

Hamon a dit vouloir le rétablissement de la police de proximité et une prime pour le travail dans les zones difficiles. Il a aussi affirmé sa volonté de lutter contre “toute forme de discrimination lors des contrôles d’identité” (que la cour de cassation a déjà interdit en dépit du bon sens). Bref, Hamon se veut le président des racailles afro-bougnoules.

Mélenchon a dénoncé les puissants échappant à la prison et la succession de lois sécuritaires (“quinze en dix ans”) dont l’efficacité n’a pas été évaluée. Il a pour le reste essentiellement repris la position de Hamon.

Macron a jugé que la gravité de la situation était exagérée par ses concurrents, tout en affirmant que la priorité est une sécurité proposant de libérer les policiers de certaines tâches et de créer “une force de police de sécurité quotidienne” (comprenne qui pourra). Il a proposé d’attribuer aux policiers un pouvoir d’amende face à la petite délinquance et un pouvoir d’éloignement du territoire sur autorisation du juge (est-ce une manière déguisée de parler d’expulsions ? Où est la nouveauté ?). La sécurité étant un des thèmes lui permettant de pêcher à droite, Macron s’est dit pour l’exécution des peines prononcées ; une mesure largement approuvée par la population française.

Fillon a défendu sa proposition, logique, d’abaisser la majorité pénale à 16 ans, et a fait remarquer que la police de proximité de Jospin fut un échec et qu’elle ne permettrait pas de lutter contre les bandes attaquant la police au cocktail Molotov. Macron a critiqué la proposition de Fillon, disant que le juge peut déjà passer outre s’il le souhaite. Mélenchon a qualifié cela de mauvaise idée, tout en rappelant qu’il est pour la citoyenneté à 16 ans (oui, c’est contradictoire). Le Pen a affirmé que Fillon avait déjà défendue l’idée en 2006 sans l’appliquer ensuite (Sarkozy l’avait bel et bien fait), et face à “l’explosion” de la criminalité dont les mineurs délinquants ne seraient qu’une “facette”, a rappelé être pour la suppression des aides sociales aux parents de mineurs délinquants récidivistes. Hamon a attaqué Le Pen comme non sérieuse, affirmant que la prison rend les délinquants plus dangereux (et il y a une part de vérité dans ce discours).

L’immigration

L’immigration ; le sujet roi puisque le destin d’un pays et sa démographie sont inextricablement liés ; a donné lieu à un débat très vif.

Macron, qui cherche à séduire avec une position modérée, a affirmé vouloir renforcer nos frontières et accroître les reconduites aux frontières des clandestins tout en présentant l’immigration légale – et ses “200.000 titres de séjours délivrés par année” – comme ne posant aucune difficulté. Pour séduire à gauche, il a dit vouloir accélérer fortement la procédure de demande d’asile, affirmant que les “réfugiés” fuient un “régime” et se sont battus pour leur “liberté” et qu’il serait de notre devoir de les accueillir – alors qu’en réalité seule une infime minorité fuit une persécution politique. Comme Merkel, il a dit vouloir une coordination européenne sur la question.

Fillon n’a pas hésité à critiquer Macron sur ce point, rappelant qu’il avait félicité Merkel pour l’invasion massive qu’elle avait provoquée. Il a rappelé que “l’immense majorité” de ces pseudo-réfugiés “fuient la pauvreté” et ne sont donc nullement des réfugiés politiques ; et a défendu sa proposition de quotas d’immigration votés chaque année par le parlement. Nous en avions discuté plus en détail dans un précédent article. On rappellera que le Canada, cité en exemple par Fillon, a fixé son dernier quota annuel à près de 1% de sa population ; et qu’il faut donc encore fixer un niveau suffisamment faible.

Hamon n’a lui pas hésité à affirmer que “la proportion d’étrangers en France est stable depuis les années 30”. Oui parce que vous comprenez, quand Ahmed reçoit des papiers de leur République, il devient “français” comvouzémoi. Quand il y a plus d’un tiers de naissances d’origine extra-européenne en France, pour Hamon il n’y a rien à voir. Il a aussi avancé l’argument du solde migratoire ; comme si des nègres entrants étaient comparables à des blancs partants. Cet anti-blanc n’a pas hésité à affirmer que l’Europe “n’a pas été à la hauteur”, manquant d’hospitalité envers les “réfugiés”. Ironiquement, il a dit qu’il veut que suivant “le modèle allemand” on permette aux “demandeurs d’asile” de travailler, alors que l’examen de la situation révèle que très peu travaillent, que peu sont capables d’exercer un emploi complexe et que beaucoup ne désirent pas du tout travailler.

Mélenchon a dénoncé les “fantasmes”, a affirmé que les immigrés partent en “exil” à cause des situations dans leur pays d’origine (mais qui est responsable de cette situation, M. Mélenchon, si ce n’est eux ?) et que nous devrions les traiter comme nous voudrions être traités dans une situation comparable. Car bien sûr, demain les Blancs vont se mettre à mener des guerres tribales au coeur de l’Europe en régressant à l’âge de bronze, survivront face à la famine et aux maladies grâce aux dons alimentaires et à la médecine africaine, et pourront partir par millions s’installer dans un Congo à la pointe de la technologie (sans doute enverra-t-il des spationautes sur Mars) pour y vivre dans de meilleures conditions ! L’absurdité est évidente.

Une civilisation et un État sont le fruit d’un peuple et on ne peut pas remplacer ce dernier sans affecter les premiers.

Mélenchon en sus des traités commerciaux et des guerres a présenté le changement climatique comme danger menaçant de provoquer un exode migratoire massif vers l’Europe ; conciliant dans sa position l’anti-racisme gauchiste et une position se félicitant un peu moins de l’invasion que Hamon (car il a remarqué que ses anciens électeurs tendent à fuir vers le FN notamment pour cette raison).

Marine Le Pen a adopté une position sans équivoque :

Je veux arrêter l’immigration. C’est clair. Et j’assume totalement mon propos, je veux arrêter l’immigration légale et illégale – solde de 10.000 pour l’immigration légale.

La mention du “solde migratoire” plutôt que de l’immigration tout court est le principal point faible de ce propos ; puisque, répétons-le, un nègre entrant n’équivaut pas à un blanc sortant. D’un point de vue électoral, c’est une formulation qui semble à première vue quasiment identique, ce qui permet de garder mobilisés les électeurs anti-invasion mais n’apporte donc presque aucun bénéfice d’élargissement vers des électeurs plus mous sur le sujet.

Elle a poursuivi en disant vouloir rétablir des frontières, affirmant que l’on ne pouvait compter ni sur la Grèce ni sur l’Italie pour cela ; elle a cité les 9 millions de pauvres vivant en France qui devraient avoir la priorité (même si une partie des 9 millions sont en vérité des colons allogènes) ; et a dit vouloir couper toutes les pompes aspirantes.

Mélenchon a protesté, mais elle a insisté, affirmant que les immigrés “gagnent parfois sans travailler […] cinq ou dix fois plus que ce qu’ils gagnent en travaillant chez eux”, et qu’elle comprend pourquoi ils viennent mais qu’elle est là “pour défendre le peuple français” Elle a aussi rappelé que des soldats de l’État Islamique s’étaient infiltrés dans le flux de “migrants” de 2015-2016. L’argument est un peu simpliste pour défendre une restriction générale de l’immigration ; mais il n’en est pas moins efficace. Marine Le Pen a conclu son intervention en dénonçant la répartition des “migrants” dans les “villages” sans même demander l’avis de la population.

Laïcité

Macron, premier interrogé, a commencé par définir la laïcité – liberté d’adhérer à une religion ou de ne pas en avoir, lois civiles au-dessus des lois religieuses ; la présentant comme un “bouclier”.

C’est un sujet sur lequel à peu près tous les candidats partagent l’essentiel – ils se sont tous dits en faveur de la laïcité. Mélenchon cependant a dénoncé son utilisation pour “s’en prendre aux musulmans” ; alors que Le Pen l’a présentée en danger face aux “revendications incessantes” des musulmans pour des accomodements en leur faveur.

Le Pen a aussi insisté dans son discours anti-communautariste qui se fourvoit, rappelant la proposition idiote d’inscrire dans la Constitution la non-reconnaissance des communautés.

Elle a été interpelée par Hamon, avant d’accuser Macron d’être en faveur du “burkini” qui n’existait pas encore il y a quelques années. Macron a alors répliqué en accusant Le Pen de diviser la société et de faire des musulmans des ennemis de la République.

Mélenchon l’a accusée de vouloir établir une police du vêtement. Le Pen a défendu sa volonté d’interdiction en affirmant que ces vêtements marquent une soumission de la femme – mais Mélenchon avait raison de considérer que c’était elle qui souhaite une rupture de la laïcité.

Fillon s’est félicité d’avoir fait partie du gouvernement ayant imposé l’interdiction du voile à l’école ; et a affirmé que la question qui se pose c’est “l’intégration de la religion musulmane”. Fillon a affirmé que les problèmes rencontrés avec l’intégrisme musulman avaient été rencontrés avec d’autres religions, déclarant ainsi que “la religion catholique a mis des siècles à accepter les règles de la République”. La chronologie historique de Fillon ne tient pas ; une dizaine d’années d’anti-cléricalisme à la fin du XVIIIème siècle puis quelques décennies de luttes d’influence sous la IIIème République constituent difficilement “des siècles”. Il a aussi mentionné les Juifs, comme il l’avait fait en novembre dernier. Enfin, il a conclu son intervention en disant que les musulmans devraient s’opposer à l’intégrisme et qu’il faudrait dissoudre les groupes salafistes.

Institutions

Jean-Luc Mélenchon a dit qu’une “démocratie fonctionne” si il y a “consentement à l’autorité” (en vérité, c’est valable pour tous les types de gouvernement) et qu’aujourd’hui la population ne consent plus. Il a fait rire Le Pen en faisant remarquer que les médias sont aujourd’hui plus détestés que les politiciens ; et a aussi cité les juges, la police (en réalité la police est très largement approuvée). Partant de cela, Mélenchon a dit vouloir construire du “vivre-ensemble”.

En sus de sa nouvelle constitution, Mélenchon a défendu le vote obligatoire et le vote à partir de 16 ans ; deux mesures destinées à accroître le vote gauchiste.

Il a défendu les libertés que constitueraient l’avortement et le suicide assisté (“la forme suprême de la liberté personnelle” selon ss termes).

Il a prétendu vouloir, avec cette nouvelle constitution, “réunir le peuple français, qui a tellement changé”. Les afro-maghrébins ne sont pas français, M. Mélenchon.

Marine Le Pen a défendu l’instauration du référendum d’initiative populaire pour redonner la décision aux Français et en a profité pour attaquer l’Union Européenne et d’autres institutions comme la CEDH empêchant au pays d’avoir une pleine souveraineté. Elle a réaffirmé sa volonté d’introduire la proportionnelle aux élections et de supprimer intercommunalités et conseils régionaux, changements présentés comme renforçant le pouvoir local.

Hamon s’est dit en faveur d’un droit de pétition obligeant le parlement à débattre ; ce qui est totalement inutile ; et d’une proportionnelle à prime majoritaire aux législatives. Il a aussi critiqué les lobbys, pendant que le vendu Macron acquiesçait de la tête.

Macron, qui s’est senti visé (“je pense que c’est pour moi”) est intervenu et a accusé ses concurrents de n’avoir pas véritablement renouvelé autour d’eux. Il a vanté le fait que son mouvement ne bénéficie pas de subventions publiques car n’ayant pas encore d’élus – ce à quoi Hamon a répliqué en demandant de qui vient cet argent. Macron a répliqué que sa campagne est financée par des personnes physiques donnant de 1 à 5500 euros, citant un don moyen de 50 euros, et a appelé Hamon à ne pas insulter ses donateurs. Hamon lui a dit le croire et que les riches ont le droit de lui donner s’ils le souhaitent mais lui a demandé de prendre l’engagement qu’il n’y a pas des cadres des industries pharmaceutique, chimique et pétrolière, bancaires. Bien sûr ; Hamon savait parfaitement qu’il y a de telles personnes parmi les donateurs du vendu Macron. L’échange s’est fait plus confus, avant que Hamon ne puisse enfoncer le clou ; demandant si lorsqu’il faudra prendre des décisions délicates affectant divers secteurs industriels Macron se montrera véritablement libre de toute pression.

La réponse, bien entendu, est non. Macron sera attaché à ses grands donateurs et orientera ses actions publiques en fonction de leurs intérêts. Le phénomène n’est pas aussi prononcé en France qu’aux États-Unis, mais la dénonciation féroce qu’avait fait Trump de ces influences lors de la campagne s’applique bien à Macron :

Hillary Clinton rencontre en secret des banques internationales pour comploter en secret pour la destruction de la souveraineté américaine, afin d’enrichir ces pouvoirs financiers mondiaux, ses amis des intérêts particuliers et ses donateurs

Remplacez “Hillary Clinton” par “Emmanuel Macron” et “souveraineté américaine” par “souveraineté française” et c’est parfaitement valable.

Bien sûr, Macron a pris lors du débat l’engagement de “n’être tenu par personne”, mais aucun candidat politique ne s’est jamais engagé publiquement à défendre les intérêts des groupes de pression riches et influents.

Après que l’animateur soit intervenu pour dire qu’il s’agit d’un débat à cinq candidats, Mélenchon a fait éclater de rire la salle en déclarant qu’il “faut bien qu’il y ait un débat au PS”. Macron a essayé de s’en sortir en disant que s’il y était, il aurait participé à la primaire et n’aurait pas été là lors du débat.

Revenant au thème des institutions, Fillon a vanté la stabilité de la Vème République, citant le fait que même Hollande a pu continuer à gouverner comme preuve. Fillon a affirmé que la monarchie présidentielle n’est pas prévue dans les institutions et qu’elle est le fruit d’un président cherchant à remplacer premier ministre et ministres.

Moralisation de la vie publique

Hamon s’est dit en faveur d’une publicité des dons politiques, Fillon en faveur d’une commission chargée de faire des propositions sur le sujet, Macron a sans rire déclaré qu’il faut “supprimer les conflits d’intérêts”, rendre publique les échanges entre représentants du gouvernement et des groupes d’intérêts et rendre “transparentes” les rémunérations.

Mélenchon a demandé à ne pas être mis dans “le même sac” que Fillon et Le Pen en ce qui concerne les “affaires”, et a cité plusieurs mesures proposées par l’association Anticor, pour la plupart assez logiques. Il a aussi fait remarquer judicieusement qu’il faut non seulement s’attaquer aux corrompus, mais aussi aux corrupteurs.

Le Pen a affirmé que certains candidats défendent les “intérêts de grands groupes”, dans une allusion transparente à Macron (et dans une moindre mesure Fillon) et que l’intérêt des Français est “quasi-systématiquement contraire à l’intérêt commercial de ces grands groupes”. Elle a aussi dénoncé le “pantouflage”, décrivant un parcours démarrant aux grandes écoles puis passant par la fonction publique, un emploi privé bien rémunéré (elle cite l’emploi de banquier), puis enfin un retour vers la vie politique. Macron est intervenu en disant alors “je crois que c’est encore pour moi”, et en effet il était bien visé. Le Pen s’est un peu ridiculisée avec des mimiques bizarres tout en affirmant que ce ne serait pas une attaque personnelle contre Macron. Néanmoins, elle a dénoncé avec raison que les politiciens avec de tels parcours finissent par prendre des décisions favorables à des intérêts particuliers.

Macron a dit qu’il ne se fatiguera pas à répondre à “ces attaques ad hominem », et a accusé Le Pen de diffamation.

Énergie nucléaire et pollution

Hamon s’est dit pour la diminution de la part du nucléaire dans la production énergétique française ; et a vanté des énergies renouvelables qu’il a idéalisées. Fillon a dit vouloir le maintien du nucléaire et mettre en place une taxe carbone. Macron a pris la voie médiane en disant vouloir “réduire notre dépendance au nucléaire” mais “de manière économiquement sensée”.

Sur la pollution, Macron s’est dit pour une uniformisation progressive de la taxation du diesel et de l’essence et pour une rénovation des logements.

Le Pen s’est dit contre une augmentation de la taxation du diesel pour ne pas pénaliser les familles qui avaient été incitées à en acheter ; et a dénoncé comme anti-écologique le modèle du libre-échange intégral où des produits traversent la moitié de la planète. Elle a notamment cité le cas de l’agriculture et de la sécurité sanitaire associée.

Mélenchon sur ce sujet a dit que l’élimination de l’agriculture chimique pour recréer une agriculture paysanne serait non seulement écologique mais une “formidable” source d’emplois. Ironiquement, je suis assez d’accord avec ses thèses sur le sujet.

Chômage

Fillon, premier interrogé, affirme que puisque les autres pays voisins ne partageraient pas notre situation difficile, ce ne serait pas de la faute de “l’Europe” ou du “système économique”. Si le taux de chômage en France est en effet pire qu’en Allemagne ou au Royaume-Uni, c’est cependant une présentation très biaisée. Les États-Unis, qui ont supposément un taux de chômage de 5% (ne tenant compte que des personnes ayant très récemment cherché activement un emploi) ont aussi des régions entières décimées par les délocalisations permises par le libre-échangisme que soutient Fillon.

Prévenant une attaque qu’il sentait venir, Fillon a aussi déclaré que cette différence entre la France et certains pays voisins (Fillon ne compare pas à l’Espagne qui coule, évidemment…) ne se faisait pas au prix pour ces derniers d’une précarité très significative. Il a ainsi défendu sa volonté de revenir sur les 35 heures.

Macron a dit que ce ne serait pas utile de les supprimer parce que les situations varient beaucoup et a eu un vif échange avec Fillon après lui avoir fait remarqué qu’il ne les avait pas supprimées quand il était premier ministre. Il a proposé une forte réduction des impôts sur les entreprises.

Hamon lui a défendu ses propositions de réduction du temps de travail et de revenu universel ; des appâts séduisants pour tenter de nous faire avaler sa France métissée.

Mélenchon a défendu sa proposition d’obligation de l’État à trouver un travail à tous. Avec force gestes, il a défendu une “politique de la demande” pour revenir au plein emploi. Il a contesté l’affirmation de Fillon selon laquelle la France serait le pays où la durée de travail est ls plus faible en Europe (vraie sur les temps pleins, fausse si on compte aussi les temps partiels). Il a attaqué tant Fillon que Macron sur leur volonté de faire primer des accords d’entreprise sur une loi d’ensemble. On notera aussi qu’il s’est plaint qu’avoir un travail n’empêche pas d’être sous le seuil de pauvreté ; mais il faut remarquer que ce seuil est relatif et qu’en conséquence il y aura inévitablement des pauvres selon ce critère. Si on jugeait à l’alimentation, aux soins médicaux, à l’électricité, à l’eau courante, au mobilier, à l’électronique, etc. alors le nombre de pauvres est nettement plus réduit ; la pauvreté frappant surtout des personnes devant faire face à un crédit ou à un loyer cher.

Macron a répliqué à l’attaque en vantant le “dialogue social” alors que Mélenchon a dénoncé encore le “rapport de force” défavorables aux salariés.

Fillon a ensuite attaqué Macron et Mélenchon sur leur imprécision, en particulier Macron sur ses contradictions entre maintien des 35 heures et accords d’entreprise.

Hamon est ensuite intervenu pour dire qu’augmenter le temps de travail quand il y a autant de chômeurs serait contre-productif, et a accusé Fillon d’avoir échoué gravement en tant que premier ministre, ce à quoi Fillon a répliqué :

Et vous pensez qu’en tant que ministre de François Hollande vous n’avez pas échoué ?

Fillon a aussi élargi cette nouvelle attaque à Macron. Enfin, après un nouvel échange vif entre Fillon et Hamon, l’animateur est intervenu.

Marine Le Pen, qui était restée très calme pendant que ses opposants s’attaquaient les uns les autres, a été invitée à intervenir à son tour. Elle a commencé par dire ne pas avoir voulu intervenir dans “ce débat d’ultra-libéraux”, avant de préciser qu’elle parlait de Macron et Fillon face à la réaction de Mélenchon. Elle a dénoncé le “libre-échange total” et la “mise en concurrence déloyale”.

Dans une bonne séquence, elle a dit que les responsables politiques tendent à accuser les Français du problème : ils ne travailleraient pas assez, les chômeurs seraient paresseux (bon, c’est vrai en Corse)… Et elle a conclu la caricature de Fillon et Macron en disant que “et puis après tout, le trou de la Sécurité Sociale c’est de la faute des malades, ils n’ont qu’à pas se soigner”.

Elle a ensuite insistée être chargée du travail des Français et pas de celui dans les pays voisins, défendant la commande publique auprès d’entreprises françaises, et le protectionnisme ; citant l’exemple de fruits et légumes cultivés avec des manoeuvres à bas coût sans respect des normes sanitaires.

Elle en est alors revenu au thème de l’Union Européenne, affirmant que ses adversaires (“pour certains”, excluant ainsi Mélenchon) avaient soutenus l’Union Européenne et le traité de Lisbonne voté contre la volonté des Français exprimée lors du référendum de 2005 ; liant à raison l’UE à ces politiques économiques.

Elle a cité l’exemple de la délocalisation d’une entreprise bénéficiaire, pour laquelle la France représente son premier marché européen, et a affirmé qu’elle taxerait à 35% les produits de telles entreprises. Cela correspond précisément à ce que Trump a déclaré vouloir faire. Et je dois dire que ce n’est pas trop tôt que Marine Le Pen s’inspire enfin sérieusement de la campagne Trump, ce que nous avons ici appelé de nos voeux à de multiples reprises.

Pouvoir d’achat

Hamon a défendu sa proposition du revenu universel. Si le défi de la robotisation croissante est réel ; sa proposition serait une incitation supplémentaire à l’invasion migratoire et à la procréation des envahisseurs afro-maghrébins et serait donc une catastrophe intégrale.

François Fillon a dénoncé l’irréalisme des promesses de Hamon et a affirmé vouloir relancé les investissements pour créer de l’emploi – notamment par une baisse des impôts sur les salaires -, et créer du pouvoir d’achat par l’emploi. Il a aussi dénoncé que des étrangers prennent le contrôle de notre économie, faisant sourire Marine Le Pen.

Macron s’est dit d’accord avec Fillon sur la relance de l’investissement (ils sont tous les deux très d’accords sur les thèmes économiques), mais a sorti des mots creux pour expliquer qu’il veut que l’emploie paie bien. Il a avancé la suppression de la taxe d’habitation comme solution pour augmenter immédiatement le pouvoir d’achat. Fillon est alors intervenu, déclarant que “personne n’y croit”, Macron l’a accusé de vouloir rétablir l’universalité des allocations familiales et supprimer l’ISF, ce à quoi Fillon a réplique que Macron avait défendu devant lui cette dernière proposition.

Mélenchon a fait remarquer justement que quel que soit la taxe que l’on prévoit de supprimer, le coût de la mesure retombera sur l’impôt, et que cet impôt sera payé par les classes moyennes. Il a alors défendu sa propre proposition d’une imposition à 14 tranches qui, selon ses dires, diminuerait l’imposition des personnes gagnant moins de 4000 euros mensuels. Il s’est aussi distingué de Hamon en rappelant ne pas être – pour le moment – favorable au revenu universel.

Enfin, Marine Le Pen a commencé par dénoncer l’augmentation des impôts sous le gouvernement Fillon et la président Hollande. Elle a dénoncé vivement le RSI, un système privé obligatoire, qui est catastrophique pour les indépendants. Elle a enchaîné les promesses de distribution financières : 20% de plus pour le minimum vieillesse et l’allocation adulte handicapé (Mélenchon est intervenu quand elle a dit que “personne” ne parlait de ce dernier, et les deux ont accepté être d’accords sur ce sujet). Enfin, la candidate frontiste a défendu l’instauration d’une prime pour le pouvoir d’achat, financée par une taxe à l’importation de 3%. Elle a attaqué Fillon, déclarant que “le meilleur moyen de tuer une entreprise c’est de tuer ses clients”. Enfin, elle a dénoncé le coût des mutuelles, faisant remarquer qu’une large part des 8 milliards d’euros de leurs frais de gestion correspondait à de la publicité, et a dit vouloir l’interdiction de la publicité pour les mutuelles (une très bonne idée).

Fillon a contre-attaqué en accusant la sortie de l’euro et le retour du franc proposée par Marine Le Pen d’être une mesure aux conséquences économiques cataclysmiques. Puisque les économistes invités dans les grands médias ne dénonceront jamais la non-viabilité d’une monnaie associée à des économies aussi différentes que celles de la Grèce et de la Finlande sans transferts de richesse massifs des pays en meilleure situation dans la zone monétaire vers ceux en moins bonne situation ; il a pu faire ses prédictions catastrophistes sans crainte que la plupart des spectateurs du débat ne réalisent son mensonge. Fillon évitera de faire remarquer que des dissolutions de monnaies supra-nationales ont déjà eu lieu dans le passé sans les conséquences cataclysmiques qu’il prédit – on pourrait ainsi citer la dissolution du rouble soviétique qui s’est pourtant faite dans des conditions très mauvaises.

Marine Le Pen a justement fait remarquer qu’il s’agit seulement de faire peur aux électeurs et que des tactiques semblables avaient été utilisées contre le Brexit et contre Donald Trump.

Macron, en zélateur de l’Union Européenne, a entièrement rejoint l’attaque de Fillon, affirmant que le Royaume-Uni allait bientôt subir le choc du Brexit. Marine Le Pen a fait remarquer que pour le moment le pays va très bien, mais ses opposants ont affirmé que c’est parce qu’il est encore dans l’Union Européenne.

Marine Le Pen a rappelé que l’Union Européenne interdit toute forme de protectionnisme utile, et en référence à la polémique de la “clause molière” a rappelé que l’Union Européenne interdit même que l’on oblige à parler français sur les chantiers français. Elle a conclu en montrant un graphique de la production industrielle de la France, l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne avant et après l’euro, invitant à y voir un lien de cause à effet entre la monnaie unique et la désindustrialisation touchant la France et les pays du Sud de l’Europe :

Graphique montré par Le Pen

Retraites

Hamon a dit vouloir renforcer les mesures pour compenser la pénibilité et permettre dans un couple à un conjoint de transférer des trimestres de cotisation à l’autre.

Mélenchon a dit vouloir diminuer l’âge de la retraite (retour à 60 ans et 40 années de cotisation), et a justement fait remarquer que l’âge officiel de 62 ans ne veut pas dire grand chose quand il faut aussi disposer de 43 années de cotisation ; donnant en pratique selon ses dires un âge réel de 66 ans. Le financement proposé est d’un irréalisme stupéfiant :

Il faut et il suffit que les femmes soient payées commes les hommes, et à partir de là les cotisations sociales auxquelles cela donnerait lieu équilibreraient le régime.

Marine Le Pen, qui a un programme identique à Mélenchon sur ce point, a attaqué ceux qui ont provoqué la mauvaise situation économique actuelle et qui entendent faire des économies là-dessus plutôt qu’à d’autres endroits (et de citer des économies liées à l’immigration et à l’Union Européenne).

Fillon a accusé Marine Le Pen d’avoir “le programme commun de la gauche en 81” – précisant immédiatement “sur les retraites”. Il a ensuite défendu les réformes des retraites successives auxquelles il a participé pour assurer l’équilibre financier du régime, assurant ensuite qu’en ce qui concerne la pénibilité le seul critère objectif est l’espérance de vie par profession mais que ce serait difficile à mettre en oeuvre (il a notamment fait remarqué que les enseignants devraient travailler plus longtemps). Il a affirmé qu’il fallait augmenter l’âge de la retraite jusqu’à 65 ans pour être à équivalence avec les pays voisins (“oubliant” l’effet de l’exigence des 43 années de cotisations).

Il y a eu un échange avec Le Pen, cette dernière affirmant que les retraites baisseraient depuis que Fillon les réforme, ce que ce dernier a contesté. Fillon a mentionné la retraite par points défendue par Macron et a “mis en garde les Français”, avertissant que dans cette solution “très moderne”, l’équilibre est souvent assuré en ajustant la valeur du point (c’est à dire en diminuant les pensions).

Macron a accusé Fillon de vouloir faire des économies sur le dos des retraités (alors que la base électoral de Fillon est constituée de retraités, c’est osé…), avant de défendre une réforme en profondeur du système pour universaliser le régime (et les fameux régimes spéciaux et les différences entre public, salariat privé et statut indépendant sont assez différents pour que cette mesure soit tentante)

Système de santé

Hamon a commencé par dénoncer les risques environnementaux qui augmentent l’occurence des maladies chroniques ; puis la difficulté pour obtenir des soins auprès d’un médecin généraliste ou à l’hôpital ; prônant l’incitation pour lutter contre les déserts médicaux.

Mélenchon dit vouloir une sécurité sociale intégrale remboursant 100% des dépenses médicales, y compris les parts aujourd’hui couvertes par les complémentaires et en supprimant le RSI, tout en affirmant que ce ne serait pas trop cher. Il fait aussi remarquer que l’espérance de vie a cessé d’augmenter et diminue même désormais. L’attribution des causes effectuée par Mélenchon – âge de la retraite plus tardif et facteurs environnementaux nouveaux – est en revanche plus questionnable.

Fillon a dit vouloir augmenter l’importance des médecins généralistes, notamment dans les déserts médicaux ; prônant un meilleur salaire et des “maisons de santé” pour pallier au fait que les médecins ont aujourd’hui rarement envie de travailler 80 heures par semaine.

Macron a aussi prôné “plus d’autonomie”, avançant lui aussi l’idée d’un rôle plus important du médecin généraliste. Il a lui aussi insisté sur le thème de la prévention.

Le Pen a dénoncé le gaspillage, remarquant notamment l’immense quantité de médicaments non utilisés vendus et remboursés par la sécurité sociale. Elle a souhaité un développement des médicaments génériques (une molécule n’étant plus soumise à un brevet peut être fabriquée à moindre coût par un laboratoire ne cherchant pas à payer le coût de la recherche), et dénoncé les déremboursements de plus en plus importants. Sur le thème de la prévention, elle a accusé Macron de démanteler la médecine du travail. Elle a aussi attaqué Fillon en se disant heureuse qu’il ait renoncé à “son projet de privatisation” de la sécurité sociale (Fillon a qualifié cela de “caricature”). Enfin, elle a conclu son intervention en disant vouloir étendre le “droit à l’oubli” (pour les personnes ayant eu des maladies graves, la connaissance de ces maladies permettant d’évaluer un risque supplémentaire et poussant à ne pas leur donner un emploi, etc.) et en disant que les “troubles autistiques” sont très mal gérés en France.

Macron est intervenu en se disant d’accord sur l’autisme, le handicap, etc. mais en affirmant qu’il faut un programme financé.

Hamon a ensuite repris la parole, défendant une meilleure aide pour les vieux (euphémiquement, les “personnes âgées”)… et quelques instants plus tard l’euthanasie (Mélenchon a exprimé son accord sur ce dernier point). En toute honnêteté et au risque de heurter certains lecteurs, il me semble que le principal risque posé par cette pratique est celle de dérives (euthanasie de personnes en bonne santé ; décisions prises par une personne tierce pour de mauvaises raisons ; meurtres déguisés…) ; mais que sur le fond la plupart des arguments sur le “droit à la vie” sont ineptes. Il existe certaines conditions dans lesquelles une vie ne vaut en effet plus la peine d’être vécue et où la société bénéficie de cette fin de vie.

Place de la France dans le monde

Interrogé sur la poursuite d’interventions en Afrique et au Moyen-Orient, Hamon affirme que la France doit les poursuivre dans le cadre de missions internationales approuvées par l’ONU. Il a agité la menace russe pour demander plus de coopération militaire européenne. Il a suggéré que les autres pays de l’UE financent aussi en partie les interventions menées par la France.

Marine Le Pen a défendu sa volonté de quitter l’OTAN en affirmant vouloir que personne ne décide à notre place, faisant remarquer que si la France avait été dans le commandement intégré de l’OTAN en 2003 elle aurait du participer à la guerre d’Irak. Elle a défendu une augmentation immédiate du budget à 2% du PIB et jusqu’à 3% à la fin du quinquennat ; suscitant une intervention de Fillon dénonçant les conséquences budgétaires de cette proposition.

Mélenchon a confirmé vouloir lui aussi que la France quitte l’OTAN, affirmant que “l’Europe de la défense” évoquée par Hamon c’est “l’Europe de la guerre”. Il a dit vouloir une conférence de sécurité de l’Atlantique à l’Oural pour négocier les frontières. Il a affirmé vouloir que la France prenne la tête d’une alliance de pays non-alignés, non pas en tant que pays “occidental” mais que pays “universaliste” – cela reflète bien la pensée du personnage.

Hamon lui a demandé de préciser ce qu’entendait Mélenchon en parlant de négociation des frontières. Mélenchon a expliqué qu’il s’agirait de négocier la frontière entre la Russie et l’Ukraine (vous savez, celle qui fut garantie en échange du renoncement de l’Ukraine à l’arme nucléaire). Il a aussi soulevé les problèmes entre les Polonais et les Ukrainiens (l’Ouest de l’Ukraine ayant été l’Est de la Pologne avant la Seconde Guerre Mondiale) et entre les Hongrois et leurs voisins (les frontières découpées après la Première Guerre Mondiale continuent en effet aujourd’hui encore de susciter tensions et revendications). Hamon a en réponse dénoncé vivement l’annexion de la Crimée.

Fillon, interrogé sur sa volonté d’établir une relation positive avec la Russie, a fait remarquer que la séparation du Kosovo de la Serbie fut permise par une intervention occidentale et que ce serait comparable à la situation de la Crimée. Fillon a affirmé que c’est le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes qui doit prévaloir. Il a qualifié la lutte contre l’État Islamique par la France d’échec ; Hamon l’accusant d’être du côté de Bachar al-Assad. Fillon a poursuivi en rappelant que le gouvernement Hollande a livré des armes à des rebelles “modérés” qui étaient en réalité des djihadistes. Tout en se disant opposé à une défense européenne, il a exprimé le souhait que les autres pays, et en particulier l’Allemagne “assise sur ses excédents budgétaires” accroissent leur participation pour les interventions extérieures. Fillon a aussi déclaré que Trump serait “imprévisible” et qu’il soit “moins efficace” pour aider au maintien de la paix (tout en avouant l’inefficacité de la politique américaine au Moyen-Orient sous ses présidents précédents, ne cherchez pas à comprendre).

Macron a commencé par se plaindre qu’on ait peu parlé “d’Europe” (comprendre, de l’Union pseudo-Européenne) et a accusé ses adversaires, Fillon mis à part, de ne même pas avoir fait l’effort “d’un bouclage financier” de leurs programmes et de proposer surtout des cadeaux. Sachant que tous les gouvernement successifs depuis 40 ans n’ont finalement pas tenu leurs objectifs budgétaires ; il n’y a en effet guère de doute que les programmes de Hamon, Mélenchon ou Le Pen n’y parviennent pas non plus. Ceci dit, les programmes de Macron et de Fillon échoueront probablement aussi sur ce plan même si ce devait être dans une moindre mesure, et d’autres conséquences non directement budgétaires des programmes comme l’immigration ont une importance cardinale pour comparer leur valeur.

Avec un culot monstre qui a sans doute fait plaisir à son mentor (((Attali))), Macron a affirmé que sa tâche serait de défendre “indépendance” et “sécurité” de la France ; une déclaration si incongrue dans sa bouche que Le Pen n’a pu s’empêcher de rire tout en l’interpelant : “Son indépendance ?”

Il a parlé d’une indépendance “dans l’Europe non pas pour s’y fondre, non pas pour s’y confondre” alors que Marine Le Pen était effarée par une telle audace dans le mensonge. Il a marqué son hostilité à la Russie dirigée par Poutine.

Marine Le Pen a attaqué en déclarant :

Vous savez que M. Macron vous avez un talent fou, vous arrivez à parler septz minutes, je suis incapable de résumer votre pensée, vous n’avez rien dit, voilà.

Elle a poursuivi en faisant remarquer que Macron est toujours dans la demi-mesure dans ses déclarations pour éviter de s’aliéner des gens en prenant des positions tranchées.

Macron a finalement répliqué en répétant plusieurs des fortes oppositions au programme de Le Pen qu’il venait d’exprimer.

Lutte contre les attentats djihadistes

Interrogé par l’animateur sur les moyens d’éviter que des attentats djihadistes ne se produisent à nouveau ; Mélenchon a balayé la question d’un revers de main. L’animateur lui a alors demandé si il pense que “la question est secondaire”, ce à quoi il a répondu “assez oui”. Il est difficile de quantifier à quel point cette faute monstrueuse le pénalisera (étrangement, les médias ne semblent pas avoir publié d’articles sur le sujet).

Puis, sous l’insistance du journaliste, il a affirmé que l’islam politique est un prétexte, qu’il faut cesser les guerres au Moyen-Orient, se passer du gaz et du pétrole. En même temps, il a dit qu’il faut “défaire l’ennemi sur place” (comment faire en cessant les guerres au Moyen-Orient ?) et “le capturer quand il est ici” ; plan d’une incroyable précision s’il en est.

En bon padamalgamiste, Mélenchon a insisté sur la lutte contre la division lors des attentats et a appelé à de lourdes punitions pour ceux collaborant avec l’ennemi (non, pas les nombreux musulmans ne dénonçant pas les djihadistes, mais l’entreprise Lafarge qu’il a citée nommément).

Hamon a affirmé qu’il serait impossible d’avoir un risque zéro (c’est vrai si on veut garder les bougnoules), mais qu’il faudrait mettre fin à la “lune de miel” avec le Qatar et l’Arabie Saoudite. Il a vanté l’emploi de solutions politiques pour assurer le succès des opérations militaires ; et en affirmant revenir au sujet de la lutte contre le terrorisme sur le territoire français, il a proposé… d’augmenter l’aide au développement aux pays du Tiers-Monde ! Il a résumé cela par cette formule :

Leur développement, c’est notre sécurité.

C’est bien sûr totalement inepte ; le fait que de nombreux terroristes sont des non-blancs nés et élevés en Europe dans des conditions matérielles décentes en atteste amplement.

Il a aussi proposé de renforcer le renseignement humain ; qui est en effet supérieur au renseignement technologique dans ces domaines. Tout en reconnaissant qu’il s’agit de musulmans, Hamon a affirmé que les terroristes seraient aussi des “français” (mais il faudrait améliorer le développement du Mali ou de l’Algérie pour qu’ils ne commettent pas des attentats parce qu’ils sont tellement attachés à la France que c’est la situation du Mali ou de l’Algérie qui leur importerait : les contradictions sont sans fin) et que la République devrait s’interroger sur ses propres responsabilités. C’est une poursuite du discours gauchiste classique sur la faute à la société.

Marine Le Pen a elle commencé par affirmer qu’il faudrait retrouver la maîtrise de nos frontières ; puis qu’il faudrait interdire les organismes islamistes ; avant de soutenir l’expulsion des étrangers islamistes fichés S et la “déchéance de nationalité” pour les “double-nationaux qui sont convaincus de liens avec le fondamentalisme islamiste”. Elle a aussi défendu la fermeture des mosquées salafistes et la fin du financement étranger de l’islam. Dans la même logique elle a dit vouloir dissoudre l’UOIF (organisation affiliée aux frères musulmans). Elle a enfin fait remarquer qu’une accalmie ne signifie pas une fin du problème citant “deux attentats” la semaine dernière, en référence à la tentative d’attentat d’Orly et probablement au double meurtre commis par un homme en tenue islamique (mais qui avait tué des membres de sa propre famille).

Fillon a affirmé que nous serions “en présence d’un mouvement totalitaire”, faisant une comparaison implicite au bolchévisme et au national-socialisme (ce dernier étant présenté comme l’horreur absolue par les propagandistes anti-blancs en dépit de toute réalité). Il a appelé à l’utilisation des lois sur l’intelligence avec l’ennemi pour arrêter les islamistes et à retirer la citoyenneté (improprement appelée “nationalité”) à ceux tournant leurs armes contre la France.

Macron a lui aussi affirmé qu’il est impossible de garantir qu’il n’y aura pas de nouvel attentat. Comme plusieurs de ses concurrents, Macron a insisté sur la lutte contre l’islamisme au Moyen-Orient. Pour les actions intérieures, il a fait une vague proposition demandant plus de moyens.

Conclusions des candidats

Fillon a affirmé que “l’enjeu” c’est “l’alternance” et qu’il serait “le seul candidat” pouvant la réaliser, dénonçant “la révolution des extrêmes qui nous conduirait au chaos” – attaque contre Mélenchon et Le Pen – et la “poursuite par d’autres moyens de la politique socialiste de François Hollande” – attaque contre Hamon et Macron. Il a aussi affirmé une nouvelle fois qu’il serait le seul à pouvoir bénéficier d’une majorité législative “cohérente et stable”, et affirmé avoir la volonté de tout faire pour la France (ce qui est un mensonge).

Hamon a lui dit proposer un “vote utile”, en votant “pour” plutôt que “contre”, parlant notamment d’égalité, de protection sociale… Soit dit en passant, entre son nez et ses oreilles, Hamon a vraiment une sale tête.

Marine Le Pen a affirmé que la plupart des promesses faites ce soir là par ses opposants ne pourraient pas être mises en oeuvre en raison de l’Union Européenne ; affirmant que l’indépendance ne consiste pas à obéir à Bruxelles mais à “décider pour nous-mêmes”. Elle a dénoncé la “mondialisation sauvage” tant sur le plan économique que migratoire ; et a rappelé son engagement à un référendum après négociations avec l’Union Européenne, promettant de suivre la décision de l’électorat. Elle a affirmé à raison que la situation actuelle est la conséquence de “mauvais choix politiques” et a appelé à faire de “bons choix politiques” pour que la situation s’améliore “immédiatement”.

Mélenchon, conformément à ses thèses, a dénoncé le pouvoir de l’argent et a parlé de “l’intérêt général humain” et de “nos responsabilités vis à vis de l’humanité universelle”. Il a résumé ainsi son programme :

Rendre la France aux Français en la libérant de l’oligarchie. Rendre la République à la France en la libérant de la monarchie présidentielle.

Sachant qu’il compte bien garder tous les envahisseurs extra-européens qui colonisent la France depuis des décennies, c’est pour le moins osé de parler de “France aux Français” !

Macron a adopté la posture du réconciliateur unificateur. Dans une longue série de mots creux, il a mentionné le “courage” et “l’énergie” plutôt que “la peur” et a réaffirmé sa volonté d’un “renouvellement” profond.

Conclusion

Il y a de notre point de vue deux choses importantes : qui a marqué des points avec ce débat, et ce que Le Pen a dit était-il satisfaisant ?

Pour le vainqueur du débat, il est difficile d’en désigner un lors d’un débat à cinq, plus encore en ayant une préférence partisane.

Emmanuel Macron a tout du long cherché à ne s’aliéner personne, mais il a en conséquence eu un discours souvent vide et flou. Certaines de ses propositions marquées à tendance néo-libérales ne sont pas de nature à séduire ; et sa dénonciation des cadeaux promis par ses concurrents tombe à l’eau au vu de son propre appât avec la taxe d’habitation. Des sondages menés après le débat affirment qu’il l’aurait remporté ; ça n’est pas mon avis. Cependant, il a évité de commettre une faute grave.

Macron est néanmoins un gagnant du débat du simple fait que Benoît Hamon, lui, a eu une performance très peu convaincante. Hamon est indubitablement le perdant de ce débat.

Mélenchon, assez bon orateur, a eu une performance correcte et a tenu un discours à même de séduire son électorat.

Fillon a été solide, mais sans grands moments d’éclats. Il avait remporté la primaire de la droite grâce à ses bonnes performances lors des débats, il aura plus de mal à réitérer cette performance au niveau national où les lignes de démarcation sont beaucoup plus tranchées.

Enfin, Marine Le Pen a eu un discours très décidé. Certains points de son programme seront jugés “gauchistes” par d’aucuns, mais ils sont en adéquation avec son électorat. Elle a eu de bonnes répliques,et je serais tentée d’affirmer qu’elle a été la gagnante du débat.

Cette impression découle cependant sans doute des positions qu’elle a défendues au cours de ce débat, et c’est pourquoi je n’ose pas en faire une déclaration à valeur générale. Certes, on est encore loin de toute référence raciale, mais tout du long c’est l’intérêt des Français qui était le point de référence de son discours – et nous devons amener nos compatriotes à voir que le nationalisme est l’aboutissement logique de cette pensée – et elle a défendu sur les thèmes cruciaux comme l’immigration ou l’UE des positions fermes qui sont dans l’intérêt de notre nation.

À défaut d’accroître significativement les chances de victoire du Front National en mai et juin ; ce débat confirme donc une évolution marquée du climat politique, du zeitgeist, dans la bonne direction.

Auteur: Blanche

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6 Commentaires sur "Récit commenté du premier débat de la présidentielle"

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Gemar.Pressac.39/45
22 mars 2017 8 h 30 min

Lorsque la loi plevel sera dissoute ainsi que Sos racaille, il y aura moyen de réintroduire les thèses raciales dans le débat.
Soyez patient, on ne peut pas avoir tout tout de suite.

Fenrir
22 mars 2017 9 h 34 min

Oui pour moi aussi Marine a remporté le débat. Elle est la seule à avoir un programme qui va dans le sens de nos convictions.
Elle est obligée d’être dans la demi-mesure car elle n’aurait aucune chance sans cela, déjà que cela va être compliqué..
Mais si elle arrive au pouvoir nous serons en position de force!
Il y a de l’espoir si Macron est son adversaire au second tour, il sera mis devant ses incohérences, j’espère que la majorité des français ouvrira les yeux sinon c’est à désespérer et ce peuple n’aura que ce qu’il mérité..

Ksenia
22 mars 2017 13 h 26 min

Pour ((( BFM Tel aViv ))), c’est évidemment Big Chouchou qui a remporté le débat, sondages bidons à l’appui…
Les caméras l’ont favorisé, étant filmé de face, et sûrement avec un éclairage plus favorable…il a perdu ses petits nerfs plus d’une fois face à MLP, et espérons que nos compatriotes n’aient pas été dupes de ce qui a pu passer pour de l’autorité…
Marine a été la meilleure, même si au début elle était trop hésitante…elle droit encore trouver le juste ton entre ‘ trop calme ‘ et ‘ trop autoritaire ‘…

STOP GÉNOCIDE DES BLANCS
22 mars 2017 13 h 52 min

Marine à été tranchante, clairement la candidate de la France souveraine, je reprochais la mollesse du FN, mais la Marine a été très combative j’espère qu’elle gagnera, on aura besoin de plusieurs miracle, mais si elle y arrive, la France pourrait être sauver !

22 mars 2017 15 h 59 min

Je suis d’accord aussi je trouve que Marine à su convaincre. Après est ce que les Français voteront pour elle ? C’est une autre histoire.

Jacot
23 mars 2017 7 h 39 min
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