Manuel Valls refuse de soutenir Hamon, dans un effort pour aider Macron

Il devient aujourd’hui de plus en plus clair que Macron est tout autant le champion de l’oligarchie mondialiste – il défend peu ou prou le “meilleur du pire” de la gauche et de la droite – que le champion de François Hollande, qui s’est refusé à soutenir le candidat théoriquement issu de son parti, Benoît Hamon.

Et si on savait que Valls n’apprécie pas Hamon, c’est autre chose de se refuser entièrement à le soutenir.

RT :

C’est dit : Manuel Valls ne parrainera personne. « Je ne quitte pas le PS mais donner mon parrainage serait une contradiction incompréhensible avec mes engagements », a déclaré Manuel Valls le 14 mars devant 300 partisans à l’assemblée.

L’ex-Premier ministre avait pourtant bel et bien assuré, à l’issue de la primaire, qu’il soutiendrait le candidat vainqueur. Il était question, alors, de rester bon perdant et de ne pas laisser tomber son parti. Mais dans un retournement de situation, le 14 mars, Manuel Valls s’est littéralement déchaîné au sujet Benoît Hamon : « Je ne peux pas me retrouver dans ce que je considère comme une dérive […] Nous ne pouvons pas accepter une gauche qui se replie sur elle-même et parfois dans une forme de sectarisme. » Les mots sont forts et sonnent comme un véritable affront.

C’est un manquement profond à son engagement. Il ne faut pas faire un engagement que l’on ne sera pas prêt à tenir, ou du moins ne pas se mettre dans une situation où l’on aura à ne pas le tenir. Par exemple l’an dernier lors de la primaire républicaine américaine, on peut douter que Trump eut jamais eu l’intention de soutenir un vainqueur autre que lui. Mais il s’était engagé à soutenir le vainqueur, et il a gagné.

Valls, lui, a perdu. On se demande encore comment il a pu croire qu’il séduirait la gauche française.

Il a ensuite ajouté : « Nous ne voulons ni du FN, ni d’un second tour Fillon-Le Pen […], mais que le camp progressiste, la gauche, l’emporte. » N’y aurait-il pas là une allusion à Emmanuel Macron ? Au regard de l’hostilité manifestée par l’ex-Premier ministre envers Benoît Hamon, cela ne serait pas étonnant.

Exactement.

C’est soutenir Macron sans l’avouer ouvertement.

Face à ces propos de Manuel Valls, le vainqueur de la primaire de la gauche a eu du mal à cacher sa déception : « Moi, je ne me sens pas trahi, mais sans doute les électeurs de la primaire se sentent-ils aujourd’hui trahis », a affirmé Benoît Hamon.

Et d’ajouter : « Je suis dans une situation particulière, puisque celui que j’ai battu devant les électeurs, selon des modes de délibération parfaitement transparents, décide de ne pas parrainer ma candidature. » Benoît Hamon affirme avoir été « surpris » par la décision de Manuel Valls. « Comment lutter efficacement contre le Front national quand on ne respecte justement soi-même pas le verdict des urnes ? », a-t-il lancé à l’encontre de son ancien rival.

C’est jouer la montre. Le FN a des chances extrêmement faibles de gagner la présidentielle cette année (il y a 15 mois il ne parvenait pas à emporter une seule région, n’obtenant une majorité absolue que dans un département).

L’ex-Premier ministre n’en démord pas. Ayant vraisemblablement à l’esprit le souvenir de ses déboires avec les frondeurs du PS dont Benoît Hamon faisait partie, il a visiblement du mal à digérer les accusations de trahison à son encontre. « Je n’ai aucune leçon de responsabilité ou de loyauté à recevoir », a-t-il en effet martelé.

On pourrait peut-être aussi lui rappeler comment lui et son gouvernement ont trahi leurs électeurs de 2012 ?

Je suis loin de partager l’ensemble des idéaux des électeurs de Hollande en 2012, mais enfin ils ont voté pour “mon ennemi c’est la finance”, pas pour Macron ministre ou le CICE.

Caricature Hollande-Macron-Valls

A un peu plus d’un mois du Premier tour de la présidentielle, alors qu’à droite, les candidats, que pourtant tout opposait durant leur primaire, ont décidé d’enterrer la hache de guerre, la gauche, elle, apparaît plus que jamais divisée, minée par ses conflits internes.
[…]
S’il y en a bien un qui peut jubiler, c’est Emmanuel Macron. Le candidat d’En Marche ! a indiqué à plusieurs reprises que son parti restait ouvert à tous ceux qui souhaitaient le rejoindre.

Tant qu’ils approuvent son projet anti-national, bien entendu.

Et, devant une telle débâcle de la gauche, il a même pu se permettre quelques petits sarcasmes.

Interrogé sur l’éventualité de ralliements du côté de Manuel Valls, Emmanuel Macron avait déclaré non sans ironie que son mouvement n’était pas une « maison d’hôtes », ajoutant ne pas vouloir consacrer son temps à parler des vicissitudes de partis qui ne l’intéressaient pas.

Pas encore élu, déjà arrogant le Macron !

Ce petit tacle aux vallsistes a évidemment entraîné une justification de la part de l’ex-Premier ministre qui, comme pour ne pas perdre la face, a assuré qu’il gardait son indépendance. « Il ne s’agit pas de négocier, de se rallier ou de rejoindre une “maison d’hôte”. Ce n’est pas le sujet. Nous devons rester groupés et rassemblés. Sur le fond », a-t-il martelé.

Puisqu’il dénonce Hamon sur le fond, comment donc interpréter cela ?

Valls n’apprécie pas forcément Macron à titre personnel, mais force est de constater qu’il joue à casser plus encore le Parti Socialiste – ce dont nous ne nous plaignons d’ailleurs pas – au bénéfice du champion de l’oligarchie.

Plutôt que Manuel Valls en premier ministre, nous aurons Emmanuel Valls… euh, pardon, Emmanuel Macron, en président.

Auteur: Blanche

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4 Commentaires sur "Manuel Valls refuse de soutenir Hamon, dans un effort pour aider Macron"

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15 mars 2017 21 h 37 min

Le PS est sur le point d’exploser, tant mieux mais cela risque de profiter à Macron… et c’est ce qui est voulu. Si nous l’avons comme président beaucoup de cons, pardons de Français seront content.

Driant
16 mars 2017 14 h 01 min

Que le PS abandonne ainsi son candidat légitime, le vainqueur de sa primaire, pour soutenir quasi-unanimement l’outsider qu’ “on” (en l’occurrence Hollande, patron du PS) est allé chercher pour le projeter sur le devant de la scène, amène à se poser des questions.

Le PS est en train de s’auto-détruire en toute connaissance de cause (d’ailleurs, il devrait faire un score minable aux législatives – à moins que Maqueron élu président ne parvienne à ramasser les miettes du PS pour les agglomérer à lui). Quel est donc le but poursuivi par Hollande, et derrière lui le Bilderberg ?

J’ai dans l’idée qu’ils veulent défaire le PS complétement décati, dans un contexte qui voit le PCF moribond et les Verts insignifiants, pour faire émerger une nouvelle “gauche” qui ne dirait pas son nom pour ne pas rebuter les nombreux déçus du PS, et permettrait au bout du compte de rallier dans une nouvelle mouvance unique (véritable ramasse-merde qui pourrait être baptisée “les démocrates”) tous les gauchos de base. La gauche ressuscitée, quoi.

J’espère me tromper, car si c’est bien leur intention et s’ils réussissent à le faire, inutile de dire qu’ils continueront à occuper durablement tout l’espace politique, dans la foulée des 35 années déjà écoulées…

Ksenia
17 mars 2017 13 h 40 min

Une grande partie des éléphants du PS cherchent déjà à se réfugier dans l’arche de Macron…
Si seulement ces espèces pouvaient disparaître… C’était bien la peine d’organiser des primaires à droite comme à gauche, si les vainqueurs sont contestés…
Comme l’écrit Driant, il est probable que le PS devienne ‘ les sociaux-démocrates ‘ ou les ‘ démocrates ‘, un machin fourre tout aux ordres de Bruxelles et des ((( cliques ))) habituelles…

18 mars 2017 13 h 52 min

Si l’arche de Macron pouvait couler cela serait un vrai soulagement, les gauchistes : une espèce que l’on ne veut pas protéger de l’extinction, au contraire !

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