“L’Histoire Mondiale de la France”, ou la pseudo-Histoire politiquement correcte

Histoire Mondiale de la France est un ouvrage collectif dirigé par Patrick Boucheron, publié en ce début d’année aux Éditions du Seuil.

Ces dernières semaines, toute la presse (((oligarchique))) est tombée en pamoison devant la publication de cette Histoire mondiale de la France, journalistes et folliculaires rivalisant en éloges et en dithyrambes sur cet ouvrage qualifié d’emblée de maître-livre, destiné à supplanter tout ce qui s’était écrit jusqu’à présent sur l’histoire de notre cher et vieux pays comme disait un certain général. Cet ouvrage connaîtra sûrement une diffusion considérable, toutes les bibliothèques des lycées et collèges de France et de Navarre en achetant probablement un, voire plusieurs exemplaires, ce qui ne signifie pas pourtant qu’elle sera véritablement lue.

Car, pour m’être infligé in extenso la lecture de ce gros pavé de plus de huit cents pages, il n’y a vraiment pas de quoi crier au chef d’œuvre. Comme c’est en général le cas dans les ouvrages collectifs – on compte plus de 120 auteurs – les diverses contributions se révèlent très inégales, le médiocre et le très mauvais l’emportant de façon écrasante sur le passable.

Plus ennuyeux, il est difficile de saisir le fil conducteur de cette histoire. Patrick Boucheron, professeur au Collège de France et surtout gauchiste pavlovien, s’est répandu aussi bien dans la presse que sur les ondes pour expliquer que son travail se donne pour objectif de présenter « une conception pluraliste de l’histoire contre l’étrécissement identitaire (sic) qui domine aujourd’hui le débat public ».

Suite à ces propos, on comprend vaguement que le but de Patrick Boucheron et de ses nombreux collaborateurs, pour l’essentiel de jeunes post-doctorants, serait de prouver que la France n’existe pas et que l’Histoire de France n’est une construction – raisonnement d’ailleurs spécieux, car si l’Histoire est certes une construction intellectuelle, cela ne signifie pas pour autant que la France n’est qu’une illusion.

Partant de ce présupposé idéologique, on aurait pu croire que la raison d’être du livre consistait à se lancer dans une vaste « déconstruction » de ce que Boucheron appelle le « légendaire national », or ce n’est pas le cas, à l’exception de quelques chapitres comme celui consacré à Alésia (qui est, à mon avis, un des meilleurs – ou plus exactement un des moins mauvais – de l’ouvrage). Le livre se révèle dans les faits comme une sorte de fourre-tout ne faisant qu’effleurer les sujets qu’il prétend embrasser, par exemple la construction des cathédrales au XIIIe siècle est évoquée seulement à travers les tribulations d’un tailleur de pierre champenois en Suède.

Le livre suit un déroulé chronologique (même si Boucheron qualifie la chronologie de « réactionnaire »), chaque chapitre étant consacré à une date parfois connue mais le plus souvent inattendue ou saugrenue. Par exemple, pour l’année 1917, le livre ne retient ni la bataille du Chemin des Dames et les mutineries qui la suivirent, ni les conséquences de la révolution russe ou de l’entrée en guerre des États-Unis, ni la nomination de Pétain ou l’accession au pouvoir de Clémenceau, mais une vague révolte des Kanaks en Nouvelle-Calédonie…

D’autres choix ne peuvent que susciter la perplexité du lecteur le mieux intentionné : pour 1816, c’est l’éruption d’un volcan en Indonésie (???), et pour 1973, le coup d’État du général Pinochet au Chili (!!!). Tous ces chapitres ayant peu ou prou la même longueur (environ cinq pages), tous les évènements sont ainsi rapportés au même niveau : le couronnement impérial de Charlemagne au lancement du N° 5 de Chanel ou à la Coupe du Monde de 1998.

Ce refus de hiérarchiser les évènements est bien sûr intentionnel : il s’agit de prouver que tout se vaut et que, finalement, le parfum de mademoiselle Chanel a joué un rôle bien plus important dans notre histoire que le couronnement de Charlemagne en 800, qualifié « d’épisode dénué de signification ».

L’ouvrage se place plus ou moins sous les auspices de l’histoire « postcoloniale » et « connectée », une école historiographique très à la mode dans les pays anglo-saxons, qui entend refaire l’histoire de monde sans prendre le point de vue occidental et qui privilégie les rencontres et les échanges entre les civilisations.

Même dans cette optique, qui pourrait avoir sa légitimité, le livre rate complètement son objectif, tant les diverses dates étudiées semblent avoir été prises au hasard et sans aucune logique, car cette Histoire mondiale de la France n’est, contrairement à ce que laisserait entendre son titre, ni une histoire de la France dans le Monde, ni une histoire de l’influence des cultures étrangères sur la France, elle se réduit en une sorte de kaléidoscope où l’on saute en permanence du coq à l’âne.

Cette absence complète de conception se révèle fort gênante pour le lecteur, qui finit par ne pas savoir quel est le but poursuivi par les auteurs, à moins de vouloir prouver ainsi que l’Histoire de France n’existe pas. Notre pays ne serait en définitive qu’une sorte de Finisterre de l’Eurasie, un bidonville globalisé à la façon de la « jungle de Calais », où s’échoueraient les vagues successives de « migrants ».

Bien sûr, il n’y a pas de « grands hommes » (ni même de femmes illustres), ni non plus de grands écrivains ou artistes, sans même parler de culture ou de peuple français. Tout reste toujours observé au niveau le plus prosaïque, à croire que l’homme se réduit à n’être qu’un vulgaire tube digestif. Des mots comme « courage », « grandeur », « héroïsme », « sainteté », « devoir » et bien sûr « patrie » demeurent absolument proscrits.

Un trait frappant réside aussi dans la quasi-absence de l’Histoire militaire. L’article consacré à Alésia évoque principalement l’instrumentalisation de la défaite de Vercingétorix sous la IIIème République après le désastre de Sedan. Les articles sur Azincourt et Pavie prennent le même parti-pris.

Le livre finit par se transformer en un salmigondis indigeste dans lequel on mélange tout et son contraire, les affirmations risibles se succédant les unes aux autres : l’homme de Cro-Magnon étant qualifié par exemple de « migrant et métis par nécessité », (((Rachi))), un rabbin de Troyes mort au début du XIIème siècle de « premier véritable écrivain français » ou le château de Versailles de « triomphe du multiculturalisme ».

Tout en se voulant un ouvrage de vulgarisation, le livre alterne dans les faits synthèses s’adressant effectivement au grand public et études pointues rédigées en jargon pseudo-scientifique ne pouvant intéresser que de rares « spécialistes ».

Conclusion

En définitive, un très mauvais livre qui ne mérite certainement pas les couronnes qu’on lui tresse, et qui sombrera probablement dans l’oubli le plus complet d’ici quelques années.

Il est néanmoins le signe de l’inquiétante déréliction de l’Université française.

Sans même évoquer le nihilisme profond qui imprègne tout l’ouvrage, de nombreux chapitres (je pense par exemple à celui consacré au couronnement de Charlemagne) n’atteignent même pas le niveau d’une dissertation d’un étudiant médiocre de khâgne et donnent la fâcheuse impression d’avoir été rédigés à la va-vite sur un coin de table.

Auteur: Procope

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23 Commentaires sur "“L’Histoire Mondiale de la France”, ou la pseudo-Histoire politiquement correcte"

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17 février 2017 20 h 46 min

Bien voila donc un livre qui ne vaut pas la peine d’être lu ! Merci pour cette analyse et cette critique très bien argumentée.
Bon après, un livre écrit par un gaucho… il ne fallait pas s’attendre au chef d’oeuvre !

Vinking
17 février 2017 22 h 33 min

Et bé , quand la reconquête auras lieu , on va pourvoir se taper de supers autodafés si (((ils))) :. continuent a pondre tant de merde , déjà y a de quoi faire mais bon apparemment on auras pas froid les quelques premier hivers suivant le massacre des putain mondialiste.

17 février 2017 22 h 37 min

On va faire de jolis feux en effet !
Dire que l’on déforeste pour imprimer de telles chiures gauchistes… on va économiser du pétrole quand on pourra brûler tout ça.

llortsedsnoc
21 février 2017 0 h 08 min

Évite de brûler le Bescherelle (En plus, c’était un bon français bien blanc…), ça pourra t’aider. Parce que les bons français devraient faire attention à parler correctement note langue.

Guilty Spark 88
17 février 2017 22 h 59 min

Un livre à l’image de la France et de l’Europe que nous montrent les (((médias))) : des trucs sans queue ni tête apparus au hasard sur un caillou pommé dans une galaxie insignifiante quelque part dans un univers quelconque. Nous sommes là, mais nous aurions pu être ailleurs, ou autre part encore.
D’ailleurs, goyim, c’est pour ça que nos frères de poussière d’étoile venus d’Afrique sont comme vouzémoi et n’ont donc aucune raison de ne pas venir chez vous répandre leur QI à 2 chiffres, leur culture attardée et leur agressivité héréditaire.

Earl Turner 31
17 février 2017 23 h 38 min

Je n’avais pas entendu parler de ce livre. D’après cette critique j’imagine que 39-45 n’échappe pas aux (((vérités))) habituelles.
Encore des arbres coupés pour rien, coupés pour devenir de la merde.

Guilty Spark 88
18 février 2017 1 h 57 min
18 février 2017 10 h 28 min

Comme par hasard, bon ils reviendront aisément je ne me fait pas de soucis mais ça prouve qu’ils deviennent célebres !
Plus il y a de censure plus cela veut dire que c’est vrai.

Ksenia
18 février 2017 13 h 15 min

En attendant, les sites islamistes ne sautent pas beaucoup… Espérons que nos Démocrates reviendront au plus vite…

18 février 2017 13 h 26 min

Oui c’est bizzare tout de même…Ils reviendront aisément et même si youtube les censure ils ont toujours soundcloud et facebook.

Guilty Spark 88
18 février 2017 13 h 52 min

Ils ont mis en place un site : http://democratieparticipative.biz/

18 février 2017 14 h 00 min

Ah super merci du partage !

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