Vers un retour du national-socialisme économique ?

La fin du dogme libre-échangiste

Il semblerait que le Président américain fraichement entré en fonction ait décidé de mettre en place le programme économique pour lequel il a été élu : soit l’« America First ! ». Appliqué à l’économie, ce slogan signifierait la limitation du libre-échangisme, qui détruit la richesse nationale pour la recréer à l’étranger, et la relocalisation d’une partie de la production aux Etats-Unis.

Souhaitant enterrer les traités de libre-échange, Donald Trump, a pris dès la première semaine de sa présidence un décret faisant sortir les Etats-Unis du Traité Transpacifique (TPP). Il a également fait part de sa volonté que son pays se retire des négociations sur le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TAFTA ou TTIP) et de renégocier l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA). « Nous allons arrêter les traités commerciaux ridicules qui ont poussé tout le monde hors de notre pays et pris nos entreprises, cela va être inversé » a-t-il déclaré lors de son premier jour de travail à la Maison-Blanche. Si ces projets avaient abouti, ils auraient institué les zones de libre-échange les plus importantes de l’Histoire (respectivement 40% et 45% du PIB mondial pour les traités Transpacifique et Transatlantique). Ces traités auraient conduit à supprimer toute souveraineté économique au profit des multinationales.

Le volontarisme du Président américain a convaincu Ford de relocaliser une partie de sa production automobile dans le Michigan. Pour les fabricants automobiles récalcitrants, le Président élu avait prévenu par un Tweet du 3 janvier 2017 qu’ils devraient construire aux Etats-Unis ou payer des « droits de douane importants ». Les représentants des trois grands constructeurs automobiles américains ont du montrer patte blanche après avoir été convoqué par le milliardaire pour une réunion de travail le 24 janvier dernier.

Bien avant l’élection présidentielle, le plus proche conseiller du président défendait déjà l’idée d’un patriotisme économique. En effet, si Stephen Bannon reconnait comprendre le libéralisme, il défend la mise en place de mesures protectionnistes et keynésianistes. « Je suis celui qui pousse un plan de grands travaux de milliers de milliards de dollars. Avec des taux d’intérêt négatifs dans le monde, c’est la meilleure occasion de tout reconstruire », « les mondialistes ont détruit la classe ouvrière américaine et ont créé une classe moyenne en Asie », déclarait-il au Hollywood Reporter le 18 novembre 2016. Cette politique quasi-rooseveltienne permettrait de rebâtir un pays dont les infrastructures sont démembrées et dont certains territoires sont sinistrés.

Trump partage cette vision tant protectionniste aux frontières de son pays que libérale sur plan interne. Cela se traduit notamment par la baisse, qu’il avait annoncé, de l’impôt sur les sociétés de 35 à 15%. Mesure couplée à une augmentation des droits de douanes (pouvant aller jusqu’à 35%) qui, selon lui, favoriseraient l’emploi. Cette dichotomie vertueuse pourrait inspirer les futurs gouvernants français, elle représente sans doute la nouvelle doctrine économique du XXIème siècle, pragmatique et hors idéologies libérale ou socialiste.

Face à la conjoncture économique et géopolitique actuelle, la théorie des avantages comparatifs de Ricardo apparait désormais bien datée en ce qu’elle ne prend ni en compte le coût du chômage, ni la perte d’autonomie d’un pays s’abandonnant complètement à l’étranger, ce qui peut s’avérer risqué en cas de durcissement des relations économiques internationales.

Le grand retour des droits de douane

Le retour des droits de douane est au coeur du dispositif trumpien et ce à contre-courant de l’idéologie du libre-échangisme qui a dominé les dernières décennies. Alors que ce mécanisme est réputé détruire la richesse, l’on peut pourtant tout-à-fait réconcilier les avantages comparatifs et le protectionnisme. Jean Claude Martinez, professeur à l’université Panthéon-Assas, propose d’instaurer des droits de douane déductibles.

Ce mécanisme ingénieux peut s’expliquer ainsi : des pantalons fabriqués en Chine à très bas coûts dans des conditions d’esclavage moderne arrivent au Havre à un prix défiant toute concurrence, l’Etat impose alors un droit de douane (une taxe) qui fait monter le prix des textiles importés au niveau du prix d’un textile français fabriqué par des salariés locaux dans des conditions décentes. Jusqu’ici rien de nouveau sous le soleil. C’est ensuite que la nouveauté intervient : ces droits de douanes seront alors remboursables à l’exportateur chinois sous forme d’un crédit douanier égal au montant de la taxe sur tout achat effectué en France incitant dès lors l’exportateur asiatique à importer des produits français ou à céder ce crédit douanier sur les marchés, ce qui in fine reviendrait au même.

Le consommateur français pourra continuer d’acheter son pantalon chinois et en échange le consommateur chinois aura l’opportunité de gouter – par exemple – à nos produits agricoles, ce qui enrichirait notre économie.

Un protectionnisme respectueux des libertés économiques

L’on peut tout à fait défendre une plus grande liberté contractuelle dans les relations de travail et prôner une baisse de l’impôt sur les sociétés, (ce qui s’apparenterait à ce qui est communément appelé du « libéralisme »), tout en acceptant l’idée d’un Etat stratège, au moins pour les secteurs primaires et secondaires (agriculture et industrie).

En effet, l’idée d’Etat stratège n’est pas synonyme de sur-réglementation dans les relations de travail. Beaucoup de ceux qui se réclament du libéralisme ont parfois tendance à amalgamer le droit social français (relations individuelles et collectives de travail) et la macroéconomie. Or, on peut parfaitement faire primer la liberté contractuelle sur le code du travail tout en défendant des mesures protectionnistes.

Singapour est très souvent cité comme exemple de libéralisme ayant réussi, on oublie pourtant de préciser que dans ce modèle singapourien, l’État détient une participation majoritaire dans les sociétés phares de chaque domaine stratégique (par exemple : PSA International qui est le second opérateur portuaire mondial, ou encore Singtel et Singapore Airlines), ce qui n’empêche pas – bien au contraire – d’induire dans leur sillon une myriade de compagnies purement privées.

Au lieu de regarder l’économie d’un pays d’un seul tenant, pourquoi ne pas la décomposer et lui appliquer un modèle économique qui s’adapterait à chaque secteur et à chaque territoire : libéralisme dans les relations de travail concernant le secteur tertiaire (dans les villes) ; planisme, protectionnisme et préférence nationale pour doper les secteurs secondaire et primaire (industries et agriculture périurbaines). Cette décomposition induirait l’excellence de nos services tout en armant suffisamment la France périphérique, grande oubliée de la mondialisation.

Que les services soient ultra concurrentiels entre Paris, Londres et New York est acceptable voire nécessaire, mais l’industrie a besoin, dans une certaine mesure et pour des raisons stratégiques, de l’Etat. Si l’on poussait la logique ricardienne jusqu’au bout, il faudrait alors sous-traiter son industrie nucléaire à la Corée du Nord puisque cela réduirait les coûts…

S’agissant du primaire, jamais l’empire Romain n’aurait raisonné comme Ricardo en ergotant sur le coût du blé quand il domina le Nil au nom de son indépendance céréalière.

Cosmopolites contre enracinés, une nouvelle lutte des classes ?

Si nous ne devons pas laisser le champ libre aux droit-de-l’hommistes sur le terrain juridique, nous ne devons pas laisser le champ libre aux libéraux dogmatiques sur le terrain économique car ceux-là servent une même idéologie cosmopolite favorisant, au détriment des peuples, les intérêts d’une oligarchie mondialisée.

Les oligarques et leurs dominions (journalistes, politiciens) profitent d’une concurrence mondiale qui leur offre aussi bien des ouvriers indiens à bas coût que des berlines détaxées et des livreurs de sushis africains corvéables à merci. Ce sont les grands heureux de la mondialisation et ils partagent une même idéologie cosmopolite de dilution des nations et de fongibilité des êtres.

Le génie de l’oligarchie aura d’ailleurs été de transformer la lutte des classes en luttes des valeurs : ce n’est plus un combat entre bourgeois et travailleurs mais entre gentils citoyens du monde et méchants fascistes enracinés. En clair, la charge morale a été renversée au profit des puissants et au détriment de la classe moyenne.

Ne nous y trompons pas, le crime n’est pas seulement économique, il est identitaire car il a pour effet de priver les peuples de leurs racines artisanales, industrielles et gastronomiques. Le jour où la France serait privée de Neufchatel – pour des motifs comptables – au profit du Babybel made in Babel, alors la France ne serait plus la France et les cosmopolites auraient définitivement gagné.

Les dogmatismes économiques (libéralisme, socialisme) sont des religions qui, trop longtemps, ont enfermé les gouvernants dans des paradigmes inopérants. Ce qu’il faut c’est être libéral en interne et protectionniste en externe. À l’image d’un Lee Kuan Yew, père fondateur de Singapour, il faut être pragmatique. Le seul dénominateur commun partagé par les diverses mesures économiques doit être l’intérêt de la nation. C’est ce qu’annonce la politique de l’America First de Trump qui sera celle du nationalisme économique.

Auteur: Éclair

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10 Commentaires sur "Vers un retour du national-socialisme économique ?"

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16 février 2017 21 h 15 min

L’idée d’appliquer une politique secteur par secteur est très justifiée !

Ne nous y trompons pas, le crime n’est pas seulement économique, il est identitaire car il a pour effet de priver les peuples de leurs racines artisanales, industrielles et gastronomiques. Le jour où la France serait privée de Neufchatel – pour des motifs comptables – au profit du Babybel made in Babel, alors la France ne serait plus la France et les cosmopolites auraient définitivement gagné.

Ceci s’applique aussi à l’élevage des canards dans le grand Sud-Ouest. Les épidémies de grippe aviaire sont extrêmement suspectes. Les versions officielles parlant d’oiseaux sauvages ayant contaminé les canards en extérieur sont accueillies avec beaucoup de méfiance, pour ne pas dire plus, dans la profession. Les éleveurs observent que c’est tout un secteur et toute une région qui sont attaqués, au bénéfice de monopoles qui font fabriquer le foie gras dans les pays de l’Est. En plus, les éleveurs d’oies et de canards avaient dû dépenser des cents et des milles en dispositifs sanitaires pour se mettre “aux normes” en s’endettant la plupart du temps. Je pense que endant que certains bureaucrates les épient, d’autres planifient leur disparition. La mode du véganisme est à interpéter dans le même (((contexte))).

Il est impossible et scandaleux d’être dogmatiquement libéral avec les intérêts de la France et de son agriculture en particulier, cela correspond à un monde stable (non libéral justement) qui n’existe plus du tout.

16 février 2017 21 h 40 min

Pour les élevages de foie gras je suis d’accord, je pencherais plutôt du côté de la Chine qui a une production de foie gras qui augmente de 20% chaque année et puis on les connait pour nous empoisonner ils ont l’habitude…
Déjà que les éleveurs sont de moins en moins nombreux alors quand on décime des élevages entiers pour cause de maladies c’est la mort assurée pour l’éleveur, d’autant plus que les assurances ne couvrent pas tout.
En parlant des agriculteurs n’oublions pas le nombre qui se pendent chaques semaines, et pendant ce temps là l’Europe nous enfume.
Il faudrait diffuser autour de nous l’idée du modèle national socialiste économique car personne ne le connait ( on ne nous l’a pas appris en histoire juste on nous a dit que Hitler était le diable et que les nazis n’avaient que de mauvaises idées…).
D’ailleurs à entendre les médias, l’Europe et plein de gens en général le nationalisme c’est un cancer, qu’est ce qu’il ne faut pas entendre !

Jacot
16 février 2017 21 h 37 min

Tout à fait de ton avis basile : les épizooties de grippe aviaire sont suspectes ! On se souvient comment, lors des premiers cas, on devait tout planquer, les journalistes dramatisaient à l’envi pour que tou le monde comprenne bien qu’il était nécessaire de shoahtiser tout les élevages ! Mais maintenant, on signale des cas de grippe coin-coïne comme si de rien n’était, quelque chose de normal, sans s’attarder sur les malheurs des éleveurs…

le véganisme, encore un truc de pudibonderie gauchiasse !

Ksenia
17 février 2017 11 h 11 min

En effet Jacot, beaucoup d’antifas sont vegan, quand ils ne sont pas antispécistes ( ces cinglés qui pensent que la vie d’un ver de terre compte autant que celle d’un homme… ).

Les ((( cosmopolites ))) veulent détruire nos traditions, et peu leur importe les malheurs de nos agriculteurs, la ruine du travail de toute une vie … ( 600 cas de suicides par an, soit environ 2/jour… ) ((( Ils ))) font abattre des élevages entiers de canards sous prétexte que cette grippe aviaire serait transmissible à l’homme…
((( Ils ))) veulent nous imposer des ‘ fermes des 1000 vaches ‘ où les animaux (sur)vivent dans des conditions indignes…
Gageons que certains seront plutôt mal accueillis au Salon de l’Agriculture…

C’est bien l’identité qui est visée, et dans tous les domaines…

De plus les éleveurs, mais aussi les zoos et les parcs animaliers sont aussi obligés de faire vacciner leurs oiseaux, c’est également un business juteux pour les ((( laboratoires )))…

Bravo à Trump pour son ‘ America first ‘, mais nous, nous sommes pieds et poings liés avec l’UE et ses normes absurdes… Frexit !

Earl Turner 31
16 février 2017 22 h 49 min

Hitler avait raison ! Le temps nous le prouve un peu plus chaque jour et au rythme où ça va il finira par ne plus être diabolisé d’ici peu.

buitonie
16 février 2017 23 h 52 min

la france en grand l europe en blanc immaculé

Gemar.Pressac.39/45
17 février 2017 8 h 47 min

Si seulement on pouvait le ressusciter ne serais-ce qu’une journée, je suis sur que les gens ce réveilleraient.

STOP génocide des blanc
17 février 2017 12 h 03 min

Pour notre plus grand bonheur, il nous faudraient un Hitler dans chaque état de race blanche.

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