Le “décodex” du journal Le Monde pour valider les grands médias

Qu’est-ce que ce “décodex” ?

Il s’agit d’une extension de navigateur qui utilise une base de données où les sites ont été classées dans diverses catégories par des journalistes du quotidien. La base de données est aussi consultable sous d’autres formes.

Le journal a donné une large publicité au lancement de cet outil.

Le Monde :

Une fois l’installation terminée, le Décodex vous accompagnera tout au long de votre navigation, à travers trois types de messages, qui vous renseigneront sur les sites Internet, mais aussi sur les comptes Twitter, pages Facebook et chaînes YouTube que vous consulte.
[…]
Grâce à ces recherches, vous pourrez savoir rapidement si vous consultez un site parodique, un compte Twitter très peu fiable, une page Facebook orientée qui n’affiche pas clairement la couleur ou une chaîne YouTube plutôt sérieuse.

Les extensions pour navigateurs du Décodex vous permettent également de choisir vous-même pour quels types de site vous souhaitez être directement informé. Il suffit pour cela de vous rendre dans la page de réglage et de cocher ceux pour lesquels vous souhaitez voir un message de notification apparaître sur votre écran. Pour les autres sources, l’information restera accessible en un clic sur le petit « D » en haut à droite de votre navigateur.

En bref, il s’agit de s’en remettre aux journalistes du Monde comme à une autorité supérieure pour nous dire où on peut avaler tout ce qu’on nous raconte et là où il ne faudrait pas s’attarder.

Il ne s’agit pas de croire tout ce que l’on lit – je recommande naturellement le scepticisme et regrette le manque de sérieux de trop de sites “alternatifs”.

Se fier aveuglément à une source serait déjà bien assez mauvais, mais le militantisme politique du Monde aggrave fortement les choses.

RT :

« Au Monde, nous n’avons jamais renoncé à cette bataille des faits. Nous avons toujours considéré qu’une grande rédaction, alimentant à la fois un quotidien et un site généralistes, se devait chaque jour de révéler, de vérifier, de hiérarchiser et de mettre en perspective des informations. » Le ton est solennel. Dans un édito publié le 2 février, Jérôme Fenoglio, directeur du quotidien Le Monde, présentait le « Decodex ».

Fruit du travail des « Décodeurs », rubrique du monde.fr chargée de « vérifier » la parole publique, il se veut un outil de référence pour aider l’internaute à choisir son information. Il a été financé par le fonds Google. Samuel Laurent, boss des « Décodeurs », évoque un montant compris entre 50 000 et 60 000 euros.

Cela fait franchement cher, mais il est vrai que les grands médias ne sont pas connus pour leur efficacité.

Un outil très politisé

De nombreux observateurs se sont interrogés sur la manière dont Le Monde a classé les publications. « Dans ce travail, nous n’avons pas tenu compte de la nature des positionnements politiques ou idéologiques des sites, des pages ou des comptes sur les réseaux sociaux étudiés. Notre seul critère a été leur respect des règles journalistiques (croisement des sources, vérification, etc.) », a affirmé Samuel Laurent.

C’est, bien entendu, un mensonge, comme nous allons le voir dans la suite de cet article.

Pourtant, à y regarder de plus près, certains « labels » ont de quoi étonner. Ce qui n’est pas surprenant, c’est la couleur verte qui est associée à l’écrasante majorité de la presse mainstream française et étrangère. Pour L’Obs, Libération, L’Express, CNN, la BBC ou… Le Monde, que les internautes se rassurent, « Les Décodeurs » ont donné leur blanc-seing.

Mais qu’est-ce qui fait donc virer un site au orange ? Dans les griefs retenus par « Les Décodeurs », on trouve le qualificatif « militant ».

C’est un critère imbécile. Non pas parce que le militantisme politique n’influence pas la manière dont un site internet présentera l’information, mais parce que le sous-entendu est qu’il y aurait des médias neutres – et implicitement Le Monde pense aux médias dominants qu’il représente.

Quoique il soit théoriquement possible de s’en rapprocher ; la simple hiérarchisation de l’information suffit à rendre un site d’information orienté. Lors de la présentation de point de vues différents sur un sujet, le choix des points de vue digne d’être mentionnés comme celui de leurs représentants n’est pas non plus neutre.

Mais bien sûr, les médias dominants sont loin de s’en rapprocher. C’est d’autant plus évident qu’on se rapproche des mythes centraux de l’ordre établi : on n’aura jamais la parole donnée sur quelques paragraphes à un défenseur compétent du racisme en réponse aux organisations anti-racistes – y compris et surtout aux États-Unis où les propos racistes sont légaux.

Mais c’est aussi valable dans le traitement de l’actualité.

RT, qui est un outil de propagande russe autant que Le Monde est un outil de propagande de ses riches propriétaires favorables à la mondialisation métisseuse, se concentre particulièrement sur le biais du journal dans les question géopolitiques.

Dans un exemple plus proche, il suffit de voir l’attitude de ce journal face aux “populismes” et à tout ce qui les représente un tant soit peu – Brexit, Trump, Front National, etc.

[…]
En septembre de la même année, Le Monde publiait un graphique censé démontrer la répartition des victimes du conflit syrien. Le travail du quotidien faisait apparaître une majorité écrasante de morts imputables au gouvernement de Bachar el-Assad, bien plus que l’Etat islamique. Hors les données provenaient du Réseau syrien des droits de l’homme (RSDH). Un organisme connu pour son positionnement anti-Assad et financé, selon plusieurs médias, par l’Occident. Fadel Abdoul Ghany, président du RSDH, avoue d’ailleurs ne pas comptabiliser le nombre de victimes dans les rangs des pro-Assad.

Le Monde s’est aussi fait le relais d’à peu près toutes les désinformations et calomnies à l’égard de Trump – les prétendues agressions sexuelles obtinrent ainsi un porte-voix médiatique au Monde.

Mais il y a bien plus surprenant. Ainsi, L’Humanité, « quotidien d’information généraliste, ancien organe central du Parti communiste français, classé politiquement à la gauche de la gauche » selon « Decodex » bénéficie du bon code couleur. Le journal ne serait donc pas « militant ».
[…]
RT France s’est vu classé dans la catégorie orange. Si Le Monde admet que notre média « peut présenter des enquêtes de qualité », il nous reproche notre « biais » pro-russe. Une tare que la chaîne qatarie Al Jazeera ne s’est pas vue reprochée. Appartenant au gouvernement de Doha, cette dernière a passé le test haut la main et a gagné sa pastille verte.
[…]
Buzzfeed, à l’instar d’Al Jazeera, a obtenu la faveur du Monde. Le 10 janvier, la version américaine du site prenait une décision à l’éthique journalistique douteuse. Alors que CNN (elle aussi classée en vert) rendait public l’existence d’un rapport compromettant sur Donald Trump sans en publier le contenu arguant que ses journalistes n’avaient pu vérifier les informations, BuzzFeed a fait le pari inverse en mettant en ligne les 35 pages dans la foulée des révélations de sa consœur.

C’était le “Pissgate”.

[…]
Mais après tout, pastille verte ou pas, Le Monde a couvert ses arrières en précisant que ces sites sont « en principe plutôt fiables ». Personne n’est à l’abri d’une boulette.

Bien sûr, une erreur involontaire comme cela arrive à tous les sites d’information – tous – n’est pas comparable à un mensonge volontaire.

Je suis allée voir quelques autres exemples par curiosité.

Le site Jeune Nation – nationaliste assez racial au temps du précédent rédac-chef, hélas un peu plus christianisé depuis – a été classé rouge. Le Monde affirme correctement “Le site d’un mouvement nationaliste radical” sans plus de précision, avant que la notice commune à tous les sites “dangereux” affublés d’une croix rouge n’indique :

Ce site diffuse régulièrement de fausses informations ou des articles trompeurs. Restez vigilant et cherchez d’autres sources plus fiables. Si possible, remontez à l’origine de l’information.

C’est particulièrement ridicule quand on considère que Jeune Nation publie assez peu d’articles d’analyse et que toutes les informations de son journal quotidien sont tirées des médias dominants (fiables selon Le Monde).

En dépit des assurances de la vermine Samuel Laurent sur la neutralité politique de l’outil, Jeune Nation qui est presque toujours fiable se voit classer comme trompeur simplement en raison de son affiliation politique.

Blanche Europe n’a pas encore été classé bien qu’ayant nettement plus de trafic que le site sus-mentionné, mais ne doutons pas que nous aurons le droit aussi à une croix rouge de la part des désinformateurs patentés du journal Le Monde

Conclusion

Tout ce qu’on peut souhaiter au Monde est de se faire attaquer en diffamation

Auteur: Blanche

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6 Commentaires sur "Le “décodex” du journal Le Monde pour valider les grands médias"

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jmfrance
8 février 2017 9 h 44 min

Conclusion, tout ce qui est vert n’ est pas à prendre au sérieux, et tout ce qui est rouge si . Merci le Monde.

9 février 2017 19 h 52 min

Bientôt l’extension sera obligatoire sur nos pc non ? C’est pour être sûr d’avoir de (((vraies))) infos bien entendu !

Muspelheim
10 février 2017 9 h 34 min

Il y a deux choses que je reproche a l’article, la première est qu’une critique pourtant évidente a ce décodex, n’a pas été formulée du moins pas explicitement : a savoir que la moindre des choses pour prétendre a la rigueur de cette application aurait été de donner la possibilité a l’utilisateur d’avoir pour chaque site répertorié de la démonstration que ce dernier appartient a une catégorie plutôt qu’a une autre, par exemple en donnant une liste concrète d’articles mensongers, et une liste concrète d’articles orientés politiquement. En d’autres termes on dit au peuple que penser, sans même lui donner la possibilité de vérifier la validité des idée qu’on lui impose, les français seront en effet plus impressionnés par un spécialiste diplômé leurs défendant une thèse a une heure de grande écoute sans jamais la démontrer, que par un livre aux nombreuses notes de bas de page défendant la thèse contraire.D’ailleurs le comble pour un peuple se revendiquant des lumières, est de ne même pas savoir pour beaucoup ce qu’est une note de bas de page. Demandez un jour a un français moyen quelle est la différence entre ibid. et op. cit. vous allez bien rire.

La deuxième je la garde pour plus tard 😉

Ksenia
10 février 2017 12 h 13 min

Le mensonge, c’est la vérité…c’est totalement orwellien !
Il faut donc lire de préférence les sites classés rouge et orange…Incroyable que RT soit désigné comme manipulateur, mais pas Al Jazeera !
Et l’Immonde va même jusqu’à mentir sur sa date de parution puisque le 5 on achète un journal daté du 6…

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