Alep reconquis en dépit de l’offensive djihadiste à Palmyre

Les forces gouvernementales syriennes avaient repris Palmyre à l’État Islamique en mars, et depuis une nouvelle offensive lancée le 15 novembre, avaient repris l’essentiel d’Alep-Est.

La victoire des forces de Bachar al-Assad semblait inéluctable.

Mais un élément de chaos s’est ajouté à cela avec une surprenante attaque islamiste à Palmyre.

Un élément de chaos qui, heureusement, n’aura pas suffit.

L’État Islamique attaque Palmyre

RFI :

Alors que le ministère russe de la Défense et l’ONG Observatoire syrien des droits de l’homme avaient annoncé, samedi, l’échec de l’offensive du groupe Etat islamique contre Palmyre, dimanche, la situation a basculé.

La défense de Palmyre nécessite de gros moyens, car le groupe Etat islamique est fortement présent dans le désert entourant la ville et son site antique. On peut acheminer des renforts de Raqqa, au nord, et de Deir Ezzor, à l’est, rappelle notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh.

Ces deux derniers mois, l’armée syrienne et ses alliés ont dégarni les fronts de Palmyre pour envoyer des troupes à Alep, où une offensive majeure est en cours.

De plus, Damas et Moscou pensaient que le groupe Etat islamique, qui se bat à Mossoul (en Irak), et sur plusieurs fronts en Syrie, avait perdu toute capacité offensive. Mais les jihadistes ont réussi à regrouper d’importantes forces pour lancer des attaques éclair à partir de plusieurs axes vers Palmyre.

La Russie a accusé Washington d’avoir relâché les offensives à Mossoul et Raqqa et d’avoir laissé transiter les djihadistes depuis l’Irak.

Malgré des dizaines de raids menés par les avions russes et syriens, vendredi et samedi, ils ont ouvert une brèche dans les lignes de défense et se sont rués vers la ville.

Des sources proches du Hezbollah ont indiqué que des unités spéciales russes stationnées dans la ville avaient détruit à l’explosif leur base avant de se retirer pour empêcher que les installations et le matériel ne tombent aux mains des jihadistes.
[…]
Les troupes gouvernementales ont établi de nouvelles lignes de défense à 5 kilomètres de la ville, et des renforts ont été envoyés de Damas et de Homs.

Palmyre a une importance stratégique. Les jihadistes s’intéressent notamment aux champs gaziers autour de Palmyre et aux gigantesques dépôts d’armes et de munitions de l’armée syrienne à Mahin, à 140 kilomètres au sud-est de la ville antique.

Vacarme médiatique sur les “atrocités” contre les civils

AFP :

Incapable d’arrêter la machine de guerre du régime de Bachar al-Assad qui a reconquis la quasi-totalité d’Alep à la faveur d’une offensive dévastatrice lancée le 15 novembre, la communauté internationale a tenté d’y stopper le drame humanitaire.

Le porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Rupert Colville, a fait état “d’informations indiquant que des forces progouvernementales avaient tué au moins 82 civils, dont 11 femmes et 13 enfants” dans des quartiers de la ville repris par l’armée.

Et ces informations indiqueraient que l’armée syrienne les a tué pour s’amuser ? Ou bien parce que les rebelles les utilisaient comme boucliers humains face aux bombardements ?

Le chef du groupe de travail sur l’aide humanitaire en Syrie, Jan Egeland, a dénoncé “les atrocités commises par les milices victorieuses à Alep”.

En écho, le Premier ministre français Bernard Cazeneuve a condamné les “innombrables atrocités” commises par le régime qui peuvent constituer des “crimes contre l’Humanité”. Et Londres a demandé le départ de M. Assad accusé d’une “cruauté barbare”.

En écoutant ces mots, qu’imagine-t-on ?

Des viols de masse, des meurtres gratuits, des actes de torture – phénomènes atroces attestés lors de guerres passées.

Mais y a-t-il des preuves en ce sens ? Non, on nous indique que quelques dizaines de civils sont morts ces derniers jours, et c’est supposé être une preuve de “barbarie”. L’invasion américaine en Irak était-elle décrite comme le comble de l’atrocité ? La guerre saoudienne au Yémen suscite-t-elle ce genre d’hurlements indignés ?

[…]
La télévision d’Etat a diffusé des images filmées dans les quartiers repris aux rebelles : des ruines et des gravats à perte de vue.

Quittant cette zone, des centaines d’hommes et de femmes formaient une file sans fin et avançaient à petits pas dans le froid et la boue, certains emmitouflés dans des couvertures ou des manteaux, portant leurs enfants et leurs maigres possessions dans des sacs en plastique.

Le froid et la boue c’est triste ; mais est-ce la preuve d’une quelconque barbarie ?

[…]
En quatre semaines, l’offensive a coûté la vie à plus de 463 civils à Alep-Est selon l’OSDH, tandis que 130 civils étaient tués par des tirs rebelles à Alep-Ouest.

Et bien sûr on n’aura pas d’indignation médiatique contre les rebelles. Pas plus non plus contre les membres de la coalition à Mossoul qui provoquent eux aussi de nombreuses morts civiles dans leur combat.

La vérité, c’est que dans toute guerre il y a des morts civiles qui sont inévitables. Même si on accepte les données de l’OSDH – qui n’est pas une organisation neutre – elles ne démontrent en rien des abus massifs.

Reddition des “rebelles” à Alep

AFP :

Les rebelles et les civils étaient sur le point d’être évacués d’Alep aux termes d’un accord conclu mardi, une opération qui marquera la fin de plus de quatre ans de rébellion face au régime dans cette deuxième ville de Syrie.

Sur le terrain, les armes se sont tues depuis le milieu de l’après-midi après quatre semaines de bombardements intenses sur les quartiers tenus par les insurgés dans la partie orientale d’Alep, selon une journaliste de l’AFP et une ONG syrienne.

L’accord d’évacuation a été annoncé par des groupes rebelles et confirmé par la Russie et la Turquie, parrains respectifs du régime de Bachar al-Assad et de l’opposition, après un tollé international suscité par des atrocités qui auraient été commises contre les civils dans les quartiers repris par l’armée.

Nous l’avons vu plus haut, ce tollé suscité par des chancelleries soutenant activement les “rebelles” (États-Unis, France, Royaume-Uni, etc.) et par les médias suivant leur ligne est simplement une manière de défendre à tout pris ces “rebelles”.

[…]
Selon un responsable d’un influent groupe rebelle à Alep, l’accord visant à évacuer “les habitants et les rebelles avec leurs armes légères des quartiers assiégés”, a été conclu “sous la houlette de la Russie et de la Turquie” et “entrera en vigueur dans les prochaines heures”.

“Les blessés et les civils seront évacués” en premier puis suivront les rebelles, a déclaré à l’AFP Yasser al-Youssef, du groupe Noureddine al-Zinki. En sortant, “ils choisiront de se rendre soit dans l’ouest de la province d’Alep ou vers la province d’Idleb (nord-ouest)”, des régions sous contrôle rebelle.
[…]
A New York, où une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU s’est tenue, l’ambassadeur russe Vitali Tchourkine a confirmé un accord pour évacuer les rebelles d’Alep, qui pourrait intervenir “dans les heures qui viennent”.
[…]
Les Affaires étrangères turques ont parlé “d’un cessez-le-feu” à Alep et d’un “consensus” pour que les civils suivis par des groupes d’opposition soient évacués en direction d’Idleb.
[…]
Une reprise totale d’Alep permettra au régime de contrôler les cinq plus grandes villes du pays, avec Homs, Hama, Damas et Lattaquié. Un revirement rendu possible par le soutien crucial de Moscou, allié indéfectible du régime.

Auteur: Blanche

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3 Commentaires sur "Alep reconquis en dépit de l’offensive djihadiste à Palmyre"

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Oscar Stépanov
14 décembre 2016 3 h 35 min

L’indécent parti-pris des régimes occidentaux en faveur de leurs frères spirituels djihadistes met en évidence – «inconcevable» ? 150% réelle en tout cas – l’existence d’un axe obscurantiste unissant les valets «Européens» de la République Calviniste d’Amérique avec les israéliens, les turcs et les principautés moyen-âgeuses arabes, notamment l’Arabie Séoudite qui brille par son hallucinant «wahhabisme».
Le Réseau Voltaire, massivement boudé «dans nos milieux», dit depuis longtemps ce que très peu de gens ont envie de lire et de savoir. En l’occurrence, il titre carrément ceci concernant la récente attaque sur Palmyre : «Washington fait occuper à nouveau Palmyre par Daesh». http://www.voltairenet.org/article194529.html

Oscar Stépanov
14 décembre 2016 3 h 37 min

Il est d’autant plus surprenant que ce genre de fait soit ignoré «dans nos milieux», que c’est totalement concommittant avec l’immigrationnisme enragé de nos pro-djihadistes gouvernementaux, ces fils de pute Kalergistes (et judéo-crétins, mais ça va de soi).

Irminsul
14 décembre 2016 12 h 13 min

Ce qui compte, c’est contrôler les zones peuplées comme Alep. L’Etat islamique peut bien avoir repris un trou comme Palmyre, ça n’a pas beaucoup d’importance. La reprise de Palmyre c’est un peu la contre-offensive des Ardennes de l’Etat islamique.

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