Candidature d’Emmanuel Macron : tout sauf une surprise

Suite à l’annonce de la candidature d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle, c’est le sujet n°1 dans tous les grands médias. Mais pour tous les observateurs de la politique française, ça n’était pas vraiment une surprise.

La conclusion logique de son activité depuis ce printemps

Emmanuel Macron a le profil idéal… aux yeux de l’oligarchie : jeune, dynamique, avec (((Jacques Attali))) comme mentor et un passage à la banque (((Rothschild))) comme expérience.

Il prétend incarner un renouveau rafraîchissant, tout en ne faisant que proposer davantage de politiquement correct, davantage d’immigration (en novembre dernier il proposait de débloquer 10 milliards supplémentaires pour les “réfugiés”), davantage de délocalisations et de désindustrialisation…

Il n’est cependant pas tout à fait idiot, et sait jouer des symboles pour donner l’impression qu’il aime la France – il s’était notamment rendu le 8 mai à la fête de Jeanne d’Arc à Orléans, une opération de récupération particulièrement cynique.

Macron à Yad Vashem
La véritable allégeance de Macron

Sa volonté de candidature ne faisait déjà guère plus de doute en juillet quand il organisait une première grande réunion partisane.

Ce qui est “remarquable” dans son mouvement, c’est qu’il n’a formulé ses propositions que six mois après l’avoir lancé.

C’est aussi essentiellement une création médiatique, propulsé là où il est grâce à la large publicité qu’il a reçu de leur part. Combien a-t-il réellement de militants ? On nous affirme qu’il aurait obtenu 6400 donateurs, ce qui pour quelqu’un dont les médias n’ont eu de cesse de faire la promotion est au fond bien faible. Certains candidats à la candidature (il leur faut réunir les signatures de maires) dont les médias ne parlent jamais disposent eux aussi de milliers d’adhérents/donateurs.

Quand Macron avait démissionné du gouvernement fin août, les derniers doutes possibles sur sa volonté de candidature étaient tombés.

L’annonce de sa candidature

Hier, l’équipe de M. Macron a fait fuiter aux médias l’information : il annoncerait sa candidature aujourd’hui. Il a ainsi pu doubler son temps d’exposition médiatique, en monopolisant à la fois les titres hier soir et aujourd’hui.

AFP :

C’est la fin d’un faux suspense de plusieurs semaines : l’ancien ministre de l’Economie Emmanuel Macron a annoncé mercredi à Bobigny sa candidature à l’élection présidentielle, contre “le système” pour promouvoir une “révolution démocratique”.

Dans une déclaration solennelle d’une quinzaine de minutes, M. Macron, 38 ans, a souligné “l’opportunité” offerte par l’élection présidentielle “pour choisir d’avancer”.

Toujours du flou, du flou, du flou.

[…]
Le fondateur d’En marche!, qui a toujours revendiqué son anticonformisme et sa liberté jusqu’à sortir avec fracas du gouvernement fin août, avait choisi un décor déroutant pour se lancer : un atelier mécanique d’un centre de formation. Une symbolique forte pour celui qui a encore martelé “refuser” le système, en-dehors de la logique des partis.

Tout en étant le bon chien-chien d'(((Attali))) et compagnie… Il est passé par Sciences Po ET l’ENA.

C’est absurde. Et pourtant il en fait son argument n°1.

Contre la fatalité d’une France “bloquée par les corporatismes de tous ordres”, “en déclin”, persuadée que “le pire est à venir”, l’ancien banquier d’affaires s’est dit “convaincu que notre pays a la force, le ressort, l’envie d’avancer.”

Avancer, mais vers où ? La marginalisation des français de souche ne ferait que s’accélérer sous Macron.

[…]
Affirmant placer sa candidature “sous le signe de l’espérance”, M. Macron, un brin grandiloquent, “en appelle aujourd’hui à toutes les femmes et les hommes de bonne volonté, à toutes celles et eux qui croient à la réconciliation de la liberté et du progrès, à toutes celles et ceux qui ne veulent pas guetter dans la pénombre lueur d’espérance mais veulent l’incarner”.

Désormais lancé, M. Macron, dont le mouvement revendique quelque 100.000 adhérents gratuits, fait face au plus dur.

Un chiffre d’adhésions parfaitement invérifiable, bien entendu.

Dans les prochains mois, il devra partir à la chasse aux 500 parrainages requis et intensifier sa recherche de dons, alors qu’il a récolté pour l’heure 2,8 millions d’euros, loin des 9 millions visés.

Et s’il n’a pas fixé comme enjeu de “rassembler la gauche” ou “rassembler la droite”, mais plutôt de “rassembler les Français”, il devra affronter le feu roulant des critiques. Celui-ci a sans surprise été nourri ces dernières heures, de tous côtés.

Il faut “une expérience qui a été éprouvée par le temps” pour gouverner et “refuser les aventures individuelles”, a déclaré dans la foulée le Premier ministre Manuel Valls.
[…]
“C’est très embêtant”, a constaté le Premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis, redoutant une élimination de la gauche dès le premier tour si elle part fragmentée à la présidentielle.

La gauche n’est déjà pas capable de trouver une entente avec Mélenchon qui devrait rafler 10% à 15% des suffrages. Elle était déjà condamnée avant même cette nouvelle annonce.

A droite, le favori de la primaire Alain Juppé a invité à “ne pas être naïf” face à un candidat qui se présente en “chevalier blanc” alors qu’il “a totalement cautionné la politique économique menée depuis 2012”.

Juppé, exemplaire comme chacun le sait…

Macron fonde certainement son espoir sur les sondages qui lui prédisent 10% à 15% : il espère pouvoir gagner assez de terrain sur le candidat de la “droite” pour accéder à un second tour face à Marine Le Pen où il espère que son profil permettra d’attirer les retraités effrayés par le FN – les sondages prédisent environ 60% à 40% bien qu’en situation réelle il me semble que l’écart serait plus faible que cela.

C’est une stratégie très hypothétique – en ne participant pas à la primaire de gauche, il s’assure de perdre plus encore de voix de ce côté là -, mais n’ayant pas encore la quarantaine, Macron se dit qu’il peut bien prendre le risque d’échouer.

[…]
Engagé dans la primaire organisée par le PS, Arnaud Montebourg dénigre “le candidat des médias”, qui doit encore “démontrer qu’il a des propositions pour transformer le pays”, quand Marine Le Pen y voit, elle, le “candidat des banques”.

Des (((banques))) ET des (((médias))), plus exactement !

Le Figaro avait aussi un entretien intéressant sur l’aspect tactique de cette candidature :

FIGAROVOX – Emmanuel Macron a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle, moins d’une semaine avant le premier tour de la primaire de la droite et du centre. Cette date est-elle opportune ?

David DESGOUILLES – Il me semble que cette date n’est pas du tout opportune. Certes, l’objectif est de prendre de vitesse François Hollande, qui a annoncé son calendrier (Quelle erreur, au passage…) et qui devrait donc dire s’il est candidat dans la première quinzaine de décembre. Mais, pour Macron, l’annoncer dès le 16 novembre alors que l’actualité politique et entièrement concentrée sur le « money time » de la primaire de droite, constitue à mon sens une erreur tactique majeure. En fait, si j’avais dû donner un conseil, j’aurais proposé une annonce dans les 48h après le second tour de la primaire de la droite et du centre. Cette date aurait eu un triple avantage pour l’ancien ministre de l’Économie. Toujours prendre de vitesse François Hollande, puisqu’on est encore avant le 1er décembre ; connaître le futur adversaire de droite et ainsi adapter le contenu de l’annonce au profil du futur adversaire ; couper l’élan médiatique […] qui suit la désignation par une compétition interne – avec sa propre annonce de candidature.

D’après les informations du journal Le Monde, Emmanuel Macron espère peser sur le scrutin de la droite car selon un élu, « certains électeurs pro-Juppé pourraient rester chez eux et favoriser une victoire de Sarkozy, ce qui lui ouvrirait un boulevard au centre ». N’est-ce pas crédible ?

Je ne suis pas convaincu par l’argument. Pour deux raisons au moins. D’une part, les électeurs de gauche qui souhaitent voter Juppé pour faire barrage à Nicolas Sarkozy (si tant est qu’ils soient si nombreux que ça), ne vont pas y renoncer parce que Macron a annoncé sa candidature. Pour la bonne et simple raison qu’ils savent déjà que c’est dans ses intentions. D’autre part, la candidature de Nicolas Sarkozy ne lui ouvrirait pas tant que ça un boulevard au centre puisque cela déclencherait automatiquement une autre candidature, celle de François Bayrou.

Mais si Macron fait des erreurs, ce n’est pas nous qui allons pleurer !

Auteur: Blanche

Partager cet article sur

Publier un commentaire

8 Commentaires sur "Candidature d’Emmanuel Macron : tout sauf une surprise"

10000

Montrer les commentaires les :   Plus récents | Plus anciens
16 novembre 2016 20 h 05 min

Lui aussi il est enjuivé jusqu’aux racines…

Ksenia
16 novembre 2016 20 h 23 min

EM est une créature du ((( Système ))), du sur-mesure taillé par un couturier casher !
C’est un banquier relooké en politicien, un ((( Attali ))) version jeune et avec un joli visage. Un juif synthétique, un ambitieux aux dents longues, très longues…

Il est malin, car il sait courtiser différentes droites, les libéraux comme la droite des valeurs, avec ses déplacements au Puy du Fou ou à la fête de Jeanne d’Arc, ou encore en se disant royaliste.
L’un de ses meilleurs soutiens n’est-il pas Yves de Kerdrel, directeur de Valeurs Actuelles ? [ qui prend ses lecteurs pour des gogos. ]

Les gens semblent en transe à ses meetings, les ((( médias ))) le vénèrent un peu comme Ali Juppé, et les voir l’un contre l’autre au 2eme tour les comblerait de joie.

Son idéal ? ” Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires. “

16 novembre 2016 20 h 39 min

On a tous envie de devenir milliardaires mais on ne peut pas tous exceptés ceux qui font partis du (((système))). C’est vrai qu’il arrive à profiter de certaines personnalités ce qui le rend encore plus médiatisé. En ce moment on le voit de partout avec beaucoup de remarques positives des médias, ce qui est assez suspect ( si vous voyez ce que je veut dire…). Qui veut nous faire croire qu’un banquier comme lui peut diriger la France, ce sont tous des menteurs et des escrocs. Avec hollande et sarko on a eu la dose mais macron sa serait le coup de grâce niveau arnaques.

Albers
17 novembre 2016 14 h 19 min

il a l’allure d’un mannequin d’une maison de haute couture, certes il présente bien, mai a-t-il exposé son programme ?
“apprenez que tout flatteur vit aux dépends de celui qui l’écoute” nous disait La Fontaine

Analyste
17 novembre 2016 4 h 44 min

“En marche” rassemble à la fois les winners de la mondialisation, et les déchets que celle-ci a apportés. Sociologiquement c’est le F.A.N., le Front Anti-national.
Disons que Macron est une réadaptation du PS, mais sans le PS qui est mort et qui aura probablement disparu d’ici 5 ans.

Il n’y a aucun engouement pour lui. Par contre il sera utile si Fillon passe !
Les juifs et leurs débiteurs préfèrent pour l’instant Ali Juppé et Sarközy.
Mais ils savent que Fillon, même s’il ne remettra pas en cause le dogme eurolibéral, est tout de même un catho pro-russe qui, s’il devenait un peu plus viril, pourrait éloigner du pouvoir beaucoup de youpins.
En plus, Fillon aurait automatiquement les voix des petits vieux qui n’osent pas “voter Pétain”. Il aurait l’argent et les médias pour se droitiser à l’infini.

Driant
17 novembre 2016 11 h 33 min

Ce type qui cumule toutes les tares possibles et imaginables (ancien de Sciences Po, ancien de l’Ecole Nationale des Abrutis, ancien banquier chez Rothschild, ministre dans un gouvernement PS mais ultra-libéral mondialiste…), ce type va jouer les “hommes nouveaux” et il faut s’attendre à ce qu’une foule de francouilles décérébrés tombent dans le panneau. Une deuxième chose me fait peur : il est jeune et, même s’il n’est pas élu, on va l’avoir sur le dos un sacré bout de temps encore… Et ce type-là, s’il arrive un jour au pouvoir, pourrait se révéler pire encore que tout ce que nous avons connu jusqu’à présent !

papyrebel
17 novembre 2016 12 h 24 min

Quelque soit le résultat de ces primaires, qui sont comme chacun l’a bien compris une vitrine de l’ ” UMPS” et une campagne électorale pour les Présidentielles de 2017, la majorité des Français seront cocus … En effet, tant que rien n’obligera les élus à réaliser ce qu’ils ont dit, promis et écrit nous continuerons comme nous le faisons depuis une quarantaine d’années .

wpDiscuz