Le récit commenté du débat de la primaire de droite

Ce n’est pas une surprise, puisque tous les 7 candidats étaient connus et avaient fait connaître leurs positions avant que les candidatures ne soient validés et que le processus soit entré dans sa phase finale.

Mais cela a été confirmé sans aucune ambiguïté : tous ces candidats ne pourraient que connaître un échec cuisant en tant que présidents, n’étant absolument pas à la hauteur du défi sur la question identitaire. Certains pourront être de plus ou moins bons gestionnaires économiques, mais même ceux au discours le plus martial ne cherchent qu’à renforcer la solidité de leur (((République))) – seul Poisson a osé faire remarqué que la France fait face à un choix de civilisation, mais embué dans son christianisme mou, il n’a pas su aller jusqu’au bout de son idée, moins encore jusque là où il faudrait aller.

Le débat en lui-même était assez bien organisé pour réussir à faire parler 7 candidats – qui ont eu chacun un peu plus d’une quinzaine de minutes de temps de parole -, avec des questions nombreuses et des réponses assez courtes. Mais dans ce format, il s’agissait à vrai dire moins d’un débat que de la présentation par chacun de quelques points programmatiques. Il comportait deux thèmes principaux, sur l’économie et la sécurité, avec une introduction et conclusion.

Le récit du débat

On peut retrouve ici mon analyse sur les gagnants et les perdants de ce débat.

On peut retrouver ici la vidéo complète du débat :

Mon récit, basé sur les notes que j’ai prise au cours du débat, regroupe l’essentiel de ce qui a été dit lors de ces presque deux heures et demies, en condensé.

Le récit suit globalement l’ordre de déroulement du débat, mais à cause des conditions d’un débat à 7, certains candidats ont exprimé leurs positions sur tel ou tel sujet après que d’autres thématiques liées aient été mentionnées. Pour une plus grande clarté, j’ai opéré un regroupement des déclarations par thématique qui ne respecte pas toujours l’ordre chronologique.

Présentations initiales

Les sept candidats qui se trouvaient sur le plateau étaient de gauche à droite Bruno Le Maire, Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet, (((Nicolas Sarkozy))), (((Jean-François Copé))), Jean-Frédéric Poisson et François Fillon.

Après l’explications des règles du débat, chaque candidat a été prié de dire pourquoi il se présente.

Le répugnant et hypocrite (((Copé))) s’est placé en déçu d’un sarkozysme qui n’avaient pas tenu ses promesses en 2007, et qu’il prétend vouloir accomplir en 2017, promettant le renforcement des forces de l’ordre, une énorme fermeté contre le communautarisme et la CGT, tout cela avec un gouvernement par ordonnance pour court-circuiter le parlement.

Juppé lui a repris d’emblée sa tactique de tolérance et d’ouverture centriste, prétendant comprendre le peuple et se présentant comme celui qui va tout résoudre – terrorisme, chômage, etc. – tout en étant digne.

(((Sarkozy))) a tenté d’effacer son bilan en rappelant la crise financière de 2008. Il a parlé d’un défi sans précédent depuis 1945 face au “choc migratoire” et au “chômage de masse” – ainsi qu’au niveau d’imposition… et a continué à vendre son discours de force.

Bruno Le Maire a fait valoir que tout va de pire en pire, et s’est présenté comme incarnation du renouveau face à ses adversaires avec qui tout continuerait comme avant.

NKM a été horrible. Que dire de plus. Dès sa présentation, vantant “les valeurs républicaines”, la “droite de progrès qui aime la liberté et l’audace” (c’est à dire dans son esprit, qui valide tout ce que promeut la gauche : multiculturalisme, homosexualité, etc.), elle parlait avec une voix absolument insupportable. Son discours sur une droite moderne était déjà complètement creux, mais cette voix complétait le tout.

Jean-Frédéric Poisson a souligné avec une grande justesse que la droite au pouvoir n’avait jamais que faire des pauses dans les projets de la gauche, souvent même les accompagnants, et ce contre la volonté des électeurs. Ce que Poisson qualifie de projets de la gauche, ce sont en érité les projets du (((mondialisme))) qui sont partagés d’un Sarkozy jusqu’à un Mélenchon. Il a parlé de dernière chance en 2017, et d’« enjeux de civilisation », apparemment cependant sans bien comprendre ce qu’ils sont véritablement aujourd’hui.

Fillon lui s’est présenté en porte-parole de la vérité – comme si sa déclaration sur la France en faillite rattrapait son approbation silencieuse du remplacement de population – et s’est fait le partisan de la “transformation” plutôt que de la réforme – changement sémantique qui apparemment permettrait de résorber le chômage “en 5 ans” et de faire de la France la première puissance européenne “en 10 ans”.

Cette séquence s’est conclue par deux autres questions sur la primaire : sur la participation des électeurs de gauche et du FN – Juppé disant que c’est la primaire “de la droite et du centre”, et non seulement de la droite, et qu’il ne faut pas stigmatiser les participants venus de gauche (cela ne s’invente pas !) ; alors que Sarkozy a mentionné une élection à 4 tours et dit que si on préfère la gauche, on vote dans la primaire de gauche.

Enfin, tous se sont engagés à soutenir le vainqueur de la primaire, avec plus ou moins de sincérité.

L’économie

La première partie du débat a été consacrée à l’économie. Il serait trop long de la retracer en détail au vu de son intérêt assez faible – un président qui parviendrait à améliorer sensiblement la situation économique sans s’attaquer sérieusement à l’invasion que nous subissons serait sans doute la pire des catastrophes possibles, puisqu’il encouragerait les Français à la passivité confortable face à leur destruction.

Chômage

Sans aucune surprise, tous se présentent en champions anti-chômage.

Et ils sont relativement d’accord sur les méthodes. Pour Fillon, réduire massivement les charges, pour (((Copé))), une baisse massive des charges sociales, pour (((Sarkozy))), un choc massif de baisse des charges… Les montants varient dans les propositions (Fillon a la plus radicale, et il a insisté sur la différence d’ampleur de sa proposition), mais le vocabulaire reste identique.

(((Copé))) et Juppé ont aussi défendu leur idée d’allocations chômages dégressives, qui fonctionnerait très bien, expliquent-ils, puisqu’ils redresseraient l’emploi…

Le Maire a défendu sa proposition de privatiser pôle emploi, disant qu’il “faut briser des tabous” mais sans expliquer en quoi cela changerait quoi que ce soit ; il a aussi insisté sur la supression des emplois aidés.

NKM a elle insisté essentiellement sur les emplois indépendants qui ont une situation très difficile en France.

Durée hebdomadaire du travail

Poisson, interrogé sur son flou sur ce sujet, a souligné que la plupart des raisons avancées pour vouloir modifier cette durée – souplesse pour les employeurs, valorisation du travail – sont bien mieux résolues par d’autres moyens. Il a aussi rappelé qu’en moyenne les salariés à temps plein travaillent 39h.

(((Sarkozy))) a vanté la liberté avec des négociations par entreprise, chaque heure étant payée.

Le Maire a prétendu que les 35h auraient fait perdre le “sens du travail” en France, et qu’il veut lui aussi plus de négociation.

Fillon a souligné la stupidité de la solution de Sarkozy alliant défiscalisation des heures supplémentaires et négociations du temps de travail (la défiscalisation rendant plus rentable d’avoir une durée de travail faible) ; avant de proposer la suppression de la durée légale du travail.

Juppé a dit que les français sont productifs quand ils travaillent, et a parlé d’une liberté pour les entreprises de passer aux 39 heures. Il ne semble pas s’être interrogé sur le lien entre 35 heures et productivité – depuis ce changement, les entreprises privées ont fait la chasse au temps passé à flâner.

Absolument aucun candidat n’a mentionné la question de l’automation croissante de nombreux emplois qui crée un chômage structurel. (Et non, les emplois de haut niveau ne peuvent pas remplacer entièrement cela, pour la simple et bonne raison que la personne à faible capacité intellectuelle ne sera jamais capable de l’accomplir ; tandis que les services à la personne (s’occuper des vieux, ce qui est assez peu intéressant) ne peuvent être un débouché que s’ils sont massivement subventionnés).

Les syndicats

Le Maire a dit qu’on ne voudrait plus du “syndicalisme politique”, Sarkozy défendant la supression du monopole de présentation des syndicats au 1er tour des élections professionnelles. Copé dit vouloir empêcher les syndicats de bloquer les entreprises avec des référendum d’entreprise.

Poisson a marqué sa différence en disant se méfier des “attaques frontales contre les syndicats”.

Juppé a rejeté la liberté de candidature au 1er tour des élections professionnelles, mais a insisté sur 2 mandats maximaux et un temps minimum passé au travail plutôt qu’à la représentation.

NKM a dit qu’il faut négocier, avant de relancer sa marotte des travailleurs indépendants et des mots creux comme “nouvelle société”, “énergie”, “initiative”, “créativité”.

Fillon s’est aussi dit pour un nouveau statut pour les travailleurs indépendants.

Impôts

Toutes les baisses de charges mentionnées dans la partie “chômage” concernent aussi naturellement la partie impôt.

Sarkozy a défendu sa promesse de diminuer l’impôt sur le revenu, demandant comment on peut être contre les augmentations d’impôts de Hollande si on ne souhaite pas les annuler. Sarkozy a rappelé sa promesse de supprimer l’ISF – qui était largement partagée.

Fillon, en plus de sa forte baisse des charges, a promis des baisses ciblées sur les classes moyennes avec une augmentation du plafond pour le quotient familial et le rétablissement des allocations familiales pour tous.

Juppé, à qui l’on demandait s’il ne sous-estimait pas le “ras-le-bol fiscal”, a déclaré qu’il souhaite bien lui aussi diminuer l’impôt avec le quotient familial.

Poisson a défendu son idée de faire payer à tous l’impôt sur le revenu, comme symbole d’appartenance à la communauté française – et s’est plaint que la discussion soit davantage orientée sur la gestion que sur la politique. Il a déclaré que toutes ces diminutions ne mènent à rien si le pays reste “sous-attractif” à cause du “coût social” et de l’immigration. Il a aussi critiqué le libre-échange et le marché unique de l’Union Européenne.

NKM a mis en avant l’idée d’une “réforme refondatrice” pour simplifier un système trop complexe, avec un taux unique, la fusion des minima sociaux, etc.

Copé a défendu son augmentation de la TVA et la supression de l’ISF, disant qu’il ne faut pas mettre les deux en rapport, mais son augmentation de la TVA avec la baisse qu’il propose des charges sociales, rappelant que le gouvernement Sarkozy avait mis cela en place avant qu’Hollande ne l’annule.

Dépenses

C’était à qui mieux-mieux pour réduire les dépenses, il est vrai délirantes. Mais pas un seul candidat n’a mentionné le coût de l’immigration, qui pose des problèmes à tous les étages : logement, allocations, éducation, chômage… (Le Maire a rapidement mentionné l’AME, mais c’est quasiment négligeable en comparaison de ces autres coûts.)

Le Maire a dit vouloir réduire de 500.000 le nombre de fonctionnaires, mais semblant y inclure les emplois aidés ; et parlant d’une nébuleuse “solidarité” en lieu et place du tout social;

(((Sarkozy))) a dit vouloir réduire de 300.000 le nombre de fonctionnaires, pour moitié dans les collectivités territoriales.

(((Copé))) a dit vouloir les réduire, sauf dans la sécurité – il veut plein de policiers, gendarmes, militaires… Avec lui on aurait un État policier sur-armé pour défendre les (((auto-élus))).

NKM a dit vouloir supprimer le statut de la fonction publique pour les primo-entrants.

Déficit

Poisson a dit que ce qui est en question c’est la structure même des comptes de l’État, et qu’il faut se méfier car la réduction du déficit ne pourra pas se faire seulement en réduisant le nombre de fonctionnaires, surtout qu’il faudra augmenter massivement ce qui est lié à la sécurité.

Fillon, interrogé sur la dette qu’il augmenterait en 2017 répond que non, il s’agit du “déficit de la gauche”, qu’il va diminuer après. Il souligne que l’augmentation du temps de travail des fonctionnaires qu’il préconise est nécessaire à la diminution du nombre d’emplois publics. Il y a eu quelques échanges avec (((Sarkozy))), qu’il a accusé de ruser après qu’il ait parlé de sa proposition d’un temps de travail de 37h payées 37 pour les fonctionnaires.

Tous ont été interrogés sur le laxisme budgétaire qu’ils ont reproché à la gauche. Le présentateur voulait des réponses par oui ou par non, mais il n’en a pas eu.

Le Maire a promis qu’il tiendrait 0,5%, parce que l’équilibre a souvent été promis et non tenu (son argument me paraît complètement pourri, tous les objectifs de déficits promis n’ont pas été tenus).

Juppé a parlé de l’importance de la “stabilité” et de la “visibilité” pour les acteurs économiques, et de son objectif d’éliminer le déficit structurel et d’absorber les baisses d’impôt.

NKM s’est présentée comme la première a voir eu l’idée de diminuer les déficits…

(((Sarkozy))) a eu une position intéressante&nbp;: il a dit que ce n’est pas la priorité de la France, et que l’objectif clé est de réduire les dépenses, parlant de “priorité absolue” pour des dépenses sous les 50% du PIB.

(((Copé))) a utilisé son rôle de ministre du budget sous (((Sarkozy))) pour se présenter sous un jour favorable, et a lui aussi insisté vouloir diminuer le déficit.

Poisson a rejoint la position de Sarkozy, soulignant que les 3% viennent du traité de Maastricht – mais comme Juppé l’a souligné plus tard, l’utilité de diminuer le déficit n’a pas grand rapport avec ce traité.

Fillon enfin, évidemment, s’est présenté en héros de la lutte contre le déficit.

Retraites

Presque tous proposent la retraite à 65 ans, sauf (((Sarkozy))) qui propose 63 ans en 2020 et 64 ans en 2025, et a insisté que c’est la date d’entrée en vigueur de la réforme qui est importante.

Face à cela, Juppé s’est posé en gestionnaire sérieux.

NKM s’est dite pour une retraite à points (elle a parlé sans rire d’un système “plus agile”).

Le Maire s’est dit pour la fin des régimes spéciaux pour les nouveaux entrants, avec l’approbation d’autres candidats.

Les questions “des internautes”

Les questions sont spécifiques à chaque candidat, vous pouvez les retrouver à 1h06m43s dans la vidéo du débat.

C’était essentiellement des questions un peu gênantes qui avaient été sélectionnés : la réaction de Juppé face à un blocage massif (semblable à celui de 1995 quand Juppé était premier ministre), comment peut-on croire (((Sarkozy))) sur ses référendums après ce qu’il a fait pour le référendum sur l’UE de 2005, à Fillon sur un niveau de SMIC décent, à NKM si elle n’a pas confondu primaire socialiste et primaire de la droite, à Copé enfin sur la lutte fratricide à la tête de lUMP quelques années plus tôt. Seules deux questions ont été relativement innocentes : ce qui démarque Poisson (qui a dit qu’il faut reconstituer l’unité du peuple, mais apparemment en gardant les hordes non-blanches), et si Le Maire veut réformer la constitution (il a dit non).

Transparence et honnêteté

Faisons bref :

Le Maire a défendu sa demande que le casier judiciaire soit présenté pour être candidat, Juppé s’est défendu sur sa condamnation passée, (((Sarkozy))) a lui aussi réaffirmé son innocence, tout comme ((((Copé))).

Sur la démission des ministres mis en examen, NKM s’est dit pour, (((Copé))) pour parce qu’il sait ce que c’est que d’être attaqué par la presse  (((Sarkozy))) contre au nom de la présomption d’innocence.

Poisson a dit que l’immunité présidentielle doit être maintenue pour que le président ne puisse pas être l’objet de pression, mais qu’il faut des peines planchers d’inéligibilités.

L’identité et la sécurité

Les fichés S

Rappelons que seuls un peu plus de la moitié des fichés S le sont pour islamisme.

Le Maire s’est prononcé pour une “justice d’exception” face à une “menace d’exception”, et en faveur de l’expulsion automatique des étrangers dangereux.

Juppé a réitéré qu’il faut éviter l’internement automatique des fichés S, invoquant les professionnels et les libertés fondamentales. Fillon était sur une position assez semblable.

Fillon a été assez efficace en proposant de remettre au goût du jour des lois déjà existantes pour retirer la nationalité aux djihadistes qui combattent en Syrie et en Irak et éviter qu’ils rentrent ; tout comme des emprisonnements pour relation avec l’ennemi et l’expulsion des étrangers dangereux.

Interrogée sur la communication des listes aux maires, NKM a dit qu’il faut que ceux-ci puissent demander si la personne qu’ils vont recruter est fichée.

Poisson s’est dit clairement opposé à cet internement, et en accord avec Fillon sur l’application des lois existantes. Interrogé sur son vote contre la prolongation de l’état d’urgence, il a expliqué que cela n’est plus efficace. Le Maire a dit qu’il faut le maintenir à cause du danger, restant assez flou.

(((Sarkozy))) a dit que le prochain attentat n’est pas une question de “si” mais de “quand”, et que c’est pourquoi il prône l’internement des quelques centaines de fichés S “les plus dangereux”, quitte à faire éventuellement des erreurs.

Islam, Syrie, laïcité

Fillon a parlé de la montée d’un totalitarisme et a demandé une coalition mondiale contre cette montée de l’islamisme. Interrogé par un présentateur sur les “bombardements inhumains” d’Alep (c’est la propagande à la mode en ce moment), Fillon a été intelligent sur cette question, soulignant que c’est la guerre et que les médias étaient plus discrets sur le massacre des chrétiens d’Orient. Il a clairement dit qu’il y a 2 camps, les islamistes et les autres, et que même s’il n’adore pas les autres il vaut mieux eu que les islamistes.

(((Copé))) a prôné un “tournant sécuritaire totale avec l’embauche de 50.000 policiers, gendarmes, gardiens de prison, militaires.

Juppé a répété la position officielle des (((mondialistes))) : il n’y aurait pas de paix si on laisse Bachar al-Assad au pouvoir, et de même il faudrait être très méfiant avec l’Iran (mais pas avec l’Arabie Saoudite apparemment ?). Il a prôné la construction de places de prison.

Le Maire a dit qu’il faut combattre l’islam politique, mais que cela ne sert à rien si on garde des liens étroits avec l’Arabie Saoudite et le Qatar, une pique qui apparaît notamment destinée à (((Sarkozy))).

Interrogé sur la laïcité, Poisson – qui rappelons-le est président du Parti Chrétien-Démocrate – a déclaré que la loi de 1905 est la garantie de la neutralité de l’État et de la liberté religieuse, pas l’interdiction de la religion en public, et a fustigé la polémique sur les burkinis (je l’ai aussi fait).

Il a tenu un discours très bizarre sur l’islam : il a affirmé clairement que l’islam est incompatible avec les principes de la République Française et a parlé d’un problème avec la civilisation musulmane, mais a dit qu’il n’y aurait pas de problème avec les musulmans. Selon lui, il faudrait s’entendre avec les musulmans non radicaux pour moderniser leur religion, comme si “la parole de Dieu” pouvait être modernisée.

(((Copé))) a parlé d’une “double souffrance” des musulmans dont la religion serait “instrumentalisée”, et s’est plaint que le culte musulman n’est pas organisé.

NKM a parlé d’un “islam de France”, en mettant le salafisme hors-la-loi, citant des prêches sur la musique qui transformerait en cochon ou la femme qui vaudrait moitié moins que l’homme qui ne permettent pas aujourd’hui l’interdiction (elle semble “oublier” que si c’est moins prêché par d’autres, c’est tout à fait dans le Coran). Elle a aussi dit qu’il faut combattre les financements venant de l’étranger, en les remplaçant par une taxe sur le halal (idée extrêmement sournoise).

(((Sarkozy))) et (((Copé))) ont eu quelques échanges sur qui avait eu l’initiative pour la loi interdisant le voile intégral, chacun la revendicant, Fillon apportant son soutien à Sarkozy sur ce point.

Fillon a souligner qu’il ne faut “pas taper sur la liberté religieuse” pour régler un problème qui ne concerne “qu’une seule communauté”, la communauté musulmane, prônant un contrôle très ferme de l’organisation du culte musulman.

Sarkozy a parlé d’un problème avec “l’islam politique” qui veut “prendre le contrôle de la société”, et a prôné la suppression des allocations pour le port du voile intégrale, tout en réitérant son opposition au burkini au nom de l’égalité homme-femme.

Juppé a lui dit souhaiter un Code de la laïcité qui appuyerait notamment sur l’égalité homme-femme ; définissant la laïcité comme la liberté de religion mais avec un respect des lois par les religions. (On se demande quand même comment Juppé va convaincre les musulmans de changer la parole de leur prophète pour satisfaire à ses conditions… C’est de la vantardise électoraliste complètement creuse.)

Regroupement familial

Enfin !

On n’y croyait plus, mais la question de l’immigration a bel et bien été abordée.

Sans grande surprise, les candidats se sont montrés faibles sur ce terrain.

Juppé a dit vouloir lutter contre l’immigration illégale, tout en se félicitant de l’immigration légale qui négrifie la France. Il a minimisé le regroupement familial à 10.000 cas par an, et a proposé un durcissement bidon.

Apparemment, quelqu’un a décidé que cela ne s’appelle regroupement familial que quand la personne n’a pas de papiers français. Imaginez avec un bon gros accent afwicain : “J’m’appelle Mewdi, et j’viens de la Wépublique Démocwatique du Congo. J’ai été natuwalisé fwançais, et maintenant, quand je fais venir mon fwèwe de la Wépublique Démocwatique du Congo, c’est pas du wegwoupement familial, pawc’que je suis fwançais.”

Jean-Patrice Kéka
Le futur concepteur d’Ariane VI

Juppé a souligné l’importance des mariages blancs et gris dans l’immigration familiale, sans proposer bien sûr le moindre changement.

Le Maire a proposé de limiter le regroupement familial pour les étrangers avec des conditions de revenu, et a adopté une posture de fermeté sur l’expulsion des personnes en situation irrégulière ou à la demande d’asile refusée.

NKM, sur ce sujet a bien fait sentir ses origines juives, sans les mentionner. (((NKM))) a en effet expliqué que le droit d’asile “fait partie de notre identité”, rien de moins. Sa pseudo-fermeté sur l’expulsion des déboutés n’est qu’un mensonge politique.

Poisson a été faible. Bien qu’ayant sans doute tenu le propos le plus radical, il n’a pas su le dire avec assez de clarté pour le faire bien comprendre. Il a dit que les 200.000 immigrés annuels, mêmes légaux, ont modifié le “paysage” de la France, et qu’il faut “faire cesser ce flot”, et en particulier qu’il faut suspendre le regroupement familial autant que possible.

Fillon s’est prononcé en faveur de quotas votés par le parlement et strictement appliqués sur le nombre de personnes accueillies chaque année, sauf pour les demandes d’asile.

Sarkozy a souligné à raison le danger du Sahel avec tous les Africains qui s’y reproduisent hyper-vite, et qui afflueront vers la France. Mais la crédibilité pour dire stop à l’immigration de celui qui a supprimé la double peine (l’expulsion des étrangers condamnés à de la prison), qui lors de son mandat n’a strictement rien fait face à la vague maghrébo-nègre, et qui a dit que l’avenir c’est le métissage, sa crédibilité donc, est inexistante.

Notons aussi un point important, qui n’est jamais mentionné : quand les Français en ont marre de l’immigration, ce n’est pas parce qu’ils considèrent que le flux est trop élevé mais parce qu’ils constatent trop d’étrangers déjà présents. Proposer de réduire la vitesse d’invasion n’est pas une réponseà la demande réelle – diminuer le niveau d’invasion, et donc par suite faire repartir ces gens chez eux.

Intégration ou assimilation

Le passage sur l’intégration a été assez terrible.

Poisson a dit ne pas savoir où il se situe, demandant si les Juifs sont plutôt intégrés ou assimilés. La réponse est intégré, mais soulever cette communauté anti-française comme modèle, non (Poisson a aussi pas mal parlé de racines judéo-chrétiennes).

Juppé a été comme prévu insupportable : il a littéralement parlé de la “diversité” qui “fait notre richesse”, mentionnant explicitement la religion et la “couleur de peau” (c’est à dire, par euphémisme, la race).Pour lui, la France c’est la langue et les “valeurs républicaines”.

Le Maire a enchaîné en cocuservateur pendable, insistant sur la culture, l’identité qui “enferme” alors que la culture “bouge” et serait ouverte, mais pas négociable (ne cherchez pas à comprendre).

Il a eu un petit échange avec Juppé qui a voulu préciser que pour lui la culture était incluse dans ce qu’il avait dit et a proféré ce slogan qui ne trompe pas “unité dans la diversité”.

(((Copé))) a balayé la question, insistant sur la sécurité, l’économie et la laïcité, semblant cependant plus pencher du côté de l’identité heureuse que de “l’assimilation malheureuse”.

NKM a encore fait parler ses racines juives, mentionnant une “troisième voie” entre identité heureuse et identité gauloise, “l’identité républicaine”, fondée sur l’adhésion aux “valeurs”. Elle a aussi dit que le droit du sol ferait “partie de notre identité”.

Fillon a déclaré que selon le code civil, l’assimilation est une condition pour recevoir la nationalité française. Mais comme quiconque ayant deux yeux peut le constater, cela ne fonctionne pas comme ça.

(((Sarkozy))) a expliqué que son emploi de l’assimilation est en opposition au droit à la différence. Nous avons déjà abordé en long et en large les prises de position hypocrites de celui qui veut métisser les Français. (Son positionnement politique est néanmoins révélateur de l’opinion publique française qui commence a en avoir vraiment marre.)

Poisson est intervenu une deuxième fois sur ce sujet, se disant contre la france multiculturelle promue par la gauche, et dont il a rappelé que les Français ne veulent pas. Cependant il s’est sabordé lui-même : après s’être dit pour “l’identité judéo-chrétienne”, il s’est dit pour une France “généreuse” et “ouverte”.

Non.

Non. Soit on est pour la France multiculturelle, et on utilise des termes comme la France “généreuse” avec les envahisseurs, soit on est contre, et on n’est pas pour que la France soit “ouverte” à toute la lie du Tiers-Monde, à toute la fange des races de boue qui veulent venir vivre chez nous.

Dans l’ensemble, tous se disent néanmoins contre le communautarisme, sauf que c’est la pire des choses : soit on a une société homogène racialement et culturellement (de loin la meilleure chose), et qui est donc communautaire sans que cela ne remette en question son unité ; soit on a une société multiraciale et multireligieuse avec de multiples communautés ; mais la société multiraciale sans communautarisme (jamais totalement réalisable), c’est tout simplement la foire au métissage.

Conclusions des candidats

Enfin, chaque candidat a été invité à conclure.

Le Maire a vanté son “renouveau” dans la “modération” et le “compromis”. Comme si c’était avec cela que l’on pouvait résoudre les problèmes auxquelles fait face la France.

(((Sarkozy))) a vanté son expérience et son énergie, et a insisté pour dire qu’on peut s’en sortir mais que ce serait “maintenant ou jamais”.

NKM a recyclé ses propos ineptes sur le “progrès” et ses idées “modernes”.

Poisson a été intéressant : il a regretté qu’on ait parlé davantage de gestion que de politique. Ceci dit, quand il demandait si la France a vocation à rester une puissance moyenne, il posait la mauvaise question. La bonne question est&nsp;: “La France a-t-elle vocation à se maintenir, ou à disparaître métissée ?”. Autre point intéressant, il a rappelé que beaucoup des promesses faites au cours de la soirée figuraient dans le programme du RPR de 1993, qui avait emporté une majorité historique, et dont les promesses ne furent pas tenues.

Fillon a insisté qu’il n’y a pas que deux candidats qui auraient déjà gagné la primaire.

(((Copé))) l’hyper-pourri s’est présenté comme l’homme du courage, de l’action et de la décision…

Juppé lui, s’est présenté comme sérieux, confiant, optimiste, promettant que tout ira bien avec lui.

Auteur: Blanche

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5 Commentaires sur "Le récit commenté du débat de la primaire de droite"

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Rahowa73
14 octobre 2016 19 h 08 min

La famille Kosciusko-Morizet n’est plus juive ?
https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_Kosciusko-Morizet
Il manque les ((( ))) non ?

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