Allemagne : l’immigration première préoccupation, mais l’AfD traverse des troubles

L’immigration, première préoccupation des Allemands, et de très loin

Une étude (de) menée récemment sur 2104 allemands révèle que 83% des Allemands, interrogés sur les défis les plus pressants auxquels fait face l’Allemagne, ont cité l’immigration parmi leurs réponses.

La méthodologie de l’étude précise :

L’enquête se fonde la question ouverte suivante : “Que pensez-vous être les questions les plus urgentes qui sont maintenant à résoudre [en Allemagne] ?” Les sondés ne sont limités en aucune manière dans leurs réponses, des réponses multiples sont possibles.

Si la question reste ouverte, la domination de l’immigration dans les esprits fait effectivement passer tout le reste au second plan : presque tous les autres sujets reculent depuis le sondage de 2015 ; le chômage, deuxième sujet le plus cité, n’est mentionné que par 13% des sondés.

En 2014, seuls 13 pourcents des sondés citaient l’immigration – un niveau assez habituel pour cette question. Il y a un an, en 2015, 35% des sondés citaient l’immigration parmi leurs réponses. On a donc une augmentation spectaculaire de 13% à 83% en à peine deux ans.

On notera que dans l’essentiel de l’Europe Occidentale – France, Bénélux, Italie, Suisse, Allemagne, Autriche, îles britanniques, pays scandinaves – l’immigration est la menace n°1 depuis des années, souvent depuis plus de 30 ans. La plupart des gens cependant n’envisageaient pas la question à long terme – seulement en des termes très immédiats.

C’est pourquoi l’immigration a toujours été relégué dans la hiérarchie des préoccupations bien au-delà de ce qui aurait du être sa place légitime.

Graphique remplacement démographique
Même avec des hypothèses très optimistes, la conséquence de l’invasion migratoire n’a jamais fait aucun doute. La composition raciale d’un peuple détermine ses réalisations.

L’importance aujourd’hui accordée à la question est donc la marque d’un véritable bouleversement.

Cependant, il ne faut pas conclure trop vite : en dépit de la catastrophe qu’elle a provoqué, Merkel parvient à survivre en terme de popularité. En fait, selon le dernier sondage Infratest-DIMAP pour juillet (de), elle serait à 59% contre 70% avant l’invasion migratoire. Tout comme les lecteurs allemands de Welt, j’ai du mal à avaler un chiffre aussi haut. Mais elle n’a clairement pas non plus une impopularité à la François Hollande. A-t-elle gagné le soutien de l’extrême-gauche pour compenser ses pertes à droite ?

Le danger réside dans tous ces imbéciles qui ont appris à haïr leur propre peuple et croient que si l’immigration est une question importante, il faut la résoudre par “l’intégration” ou autres fariboles semblables.

Période trouble pour l’AfD

L’AfD, après un coup interne à l’été 2015 pour réorienter son programme et sa ligne politique, a émergé comme le principal parti anti-immigration.

Je persiste à penser que le choix de bien des Allemands à se tourner vers l’AfD n’est pas le plus sage. En dépit de certaines déclarations tranchées, l’AfD n’en demeure pas moins beaucoup plus mou que le NPD ; un parti allemand diabolisé par les médias mais qui prévenait notamment du danger de l’immigration depuis des décennies, et qui dans l’ensemble pourrait mériter l’appelation de nationaliste. Le NPD est d’ailleurs aussi la cible d’une tentative d’interdiction, dont on attend encore le verdict.

Néanmoins ; cela vaut déjà mieux que la CDU de Merkel.

Le parti traverse actuellement une baisse de popularité, provoquée par plusieurs facteurs, certains qui ne devraient pas peser longtemps, et un autre qui pourrait se révéler beaucoup plus gênant :

  • La critique marquée des joueurs non-blancs au sein de l’équipe de football d’Allemagne.
  • La suite immédiate du Brexit, avec les médias présentant les soutiens de ce résultat comme mal préparés, ayant fait de fausses promesses (ce qui est vrai pour certains, et surtout tout aussi vrai pour les pro-UE) et n’affrontant pas leurs responsabilités. L’AfD étant hostile à l’UE, cela a provoqué un contre-coup.
  • Plus inquiétant à moyen et long terme, les divisions de l’AfD en Bade-Würtemberg, avec un impact au niveau national.
  • Nous rapportions ici il y a un mois que l’AfD s’apprêtait à exclure un de ses députés régionaux pour avoir qualifié le judaïsme d’ennemi intérieur. Il s’avère que tout ne s’est pas passé comme prévu.

    Frauke Petry, Beatrix Von Storch et Jörg Meuthen
    Frauke Petry, Beatrix Von Storch et Jörg Meuthen

    Libération :

    La guerre est déclarée dans les rangs du groupe parlementaire régional du parti populiste Alternative für Deutschland (Alternative pour l’Allemagne, AfD) au Bade-Wurtemberg, dans le sud-ouest de l’Allemagne. Jörg Meuthen, le patron de l’AfD dans cette région, a réclamé l’exclusion de l’élu local Wolfgang Gedeon pour ses propos antisémites : ce dernier a écrit que « le judaïsme du Talmud est l’ennemi intérieur de l’Occident chrétien » et s’étonne que les Allemands trouvent normal d’avoir érigé au cœur de Berlin un mémorial de l’Holocauste. Un Holocauste dont il considère que la négation relève de la liberté d’expression.

    La demande d’exclusion n’a pas obtenu la majorité de deux tiers nécessaires pour être adoptée, seulement 13 des 23 députés du Parlement régional ont voté pour. En conséquence, ces 13 députés ont d’eux-mêmes quitté le parti, déclarant être la « vraie » AfD. Une scission qui donne une nouvelle occasion à Jörg Meuthen de contester le leadership de la coresponsable du parti, Frauke Petry. Depuis plusieurs mois, les deux se livrent à un bras de fer dont le dernier épisode constitue le point culminant.

    Jörg Meuthen est (ou était ?) en effet le porte-parole du parti…

    Frauke Petry a réussi à convaincre Wolfgang Gedeon de se retirer lui-même du parti pour éviter sa division. Pas suffisant pour retenir Jörg Meuthen. Qui a annoncé qu’il ne voulait pas retourner au sein d’un parti [qu’il a] rebaptisé « alternative pour antisémites ».

    Et un brave homme sacrifié à cause d’un cocu philosémite…

    Ce mercredi, la scission du parti est devenue réalité. Jörg Meuthen a annoncé la création de « son » groupe parlementaire, Alternative für Baden-Würtemberg, composé des 13 députés favorables à l’exclusion de Gedeon. Cette division au sein du groupe parlementaire du Bade-Wurtemberg, où le parti a obtenu en mars plus de 15% des voix, a des répercussions au niveau national.

    Quelles seront exactement ces répercussions nationales ? On ne le sait pas encore. Au minimum quelques cocus pro-juifs préfèreront-ils continuer à voter Merkel, ce qui ferait très plaisir à la (((communauté))), mais cela pourrait aller jusqu’à une scission nationale.

    Ces troubles offrent en tout cas une bien mauvaise publicité au parti. Selon le sondage hebdomadaire INSA/YouGov, ses intentions de vote sont passées de 14% à 11-12%. Les autres sondeurs donnent des scores plus faibles à l’AfD mais corroborent une perte d’environ 2%.

Auteur: Blanche

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7 Commentaires sur "Allemagne : l’immigration première préoccupation, mais l’AfD traverse des troubles"

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33charlemagne
28 juillet 2016 18 h 04 min

Infratest-DIMAP est un instrument de propagande, car le sondage est un instrument important pour manipuler les opinions. L’AFD est diabolisé dans les (((medias allemand))) 24h sur 24 ce sera très difficile pour eux même malgré les attentats. 70 année de lavage de cerveau on laissé leurs traces.

un blanc
28 juillet 2016 18 h 07 min
Ksenia
28 juillet 2016 18 h 37 min

Frauke Petry fait comme Marine Le Pen…Faut -il donc absolument se prosterner devant ((( l’idole ))) pour être élu ?

Quant à la mère Merkel, elle ne regrette rien de sa politique migratoire et veut toujours plus de rape-fugees, de kill-fugees … Assassin !!!

Vipère Kubrick
28 juillet 2016 19 h 42 min

Jörg Meuthen a annoncé la création de « son » groupe parlementaire, Alternative für Baden-Würtemberg, composé des 13 députés favorables à l’exclusion de Gedeon.

13… toujours des chiffres symboliques !

Le chien-chien qui pisse partout pour marquer son territoire.

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