Baccalauréat : un papier sans valeur distribué à tout vent

Le système se félicite des résultats

Le Parisien :

Sur les 695.682 candidats du Baccalauréat 2016, huit sur dix (79,6%) ont décroché leur baccalauréat du premier coup à la session de juin 2016, un résultat en hausse de 0,8% sur un an, a annoncé le ministère de l’Education nationale mardi dans un communiqué.

A 75,5%, c’est la voie professionnelle qui connaît la plus forte hausse avec +2,9%. Pour la voie générale (81,6%) et la voie technologique (75,5%), le taux de réussite reste stable.

Entre mercredi et vendredi, 90100 candidats passeront le rattrapage, tandis que 7,2% des candidats sont recalés avec une moyenne inférieure à 8. Le taux de réussite quasi-définitif (avant la session de septembre) sera connu samedi après-midi.

Pour ne pas avoir son bac du premier coup, il faut vraiment être nul. Néanmoins, dans un effort pour le distribuer à toute force, du tiers à la moitié de ces candidats convoqués aux rattrapages s’y verront offrir le diplôme.

[…]
Mardi, les messages de triomphe ou de soulagement ont crépité, accompagnés du hashtag #J’aiMonBAC. « Le bac c’est de l’eau », plastronnent certains, expression prisée des jeunes sur les réseaux sociaux, qui signifie que ce n’est pas si compliqué.

“Affreusement simple” serait plus précis.

Leur ministre de l’Endoctrinement National, la marocaine Najat Vallaud-Belkacem, s’est félicitée de la distribution du bac dans un entretien accordé au Parisien :

Le Parisien : “Alors que 85 % des élèves obtiennent le bac, est-il raisonnable de continuer d’affirmer que l’université est ouverte à tous, alors que de fait des filières sélectives existent ?”

Implicitement, la question dit que le bac ne vaut plus grand chose. Ce qui est le cas.

NVB : “Soyons clairs, nous n’avons pas trop de bacheliers, ni trop d’étudiants dans notre pays. La question qui se pose est celle de leur bonne orientation. Car entre un jeune qui a fait des études supérieures et celui qui n’a pas de diplôme, le risque de se retrouver au chômage passe de 10 % à 50 %.”

Le problème, c’est qu’un crétin à qui on fait passer le bac à toute force est incapable d’arriver à quoi que ce soit – c’est souvent le cas des “chances pour la France”.

Alors certes, beaucoup d’élèves vont se perdre en psychologie, philosophie, etc.

Mais le fait est que les filières universitaires les plus utiles socialement – tout ce qui a trait aux sciences authentiques, notamment – sont aussi les plus exigeantes intellectuellement. Il est encore possible d’être dans le paraître dans des domaines plus littéraires – même si l’excellence authentique y exige là aussi de grandes capacités. Mais il n’est pas possible de faire semblant de comprendre des équations mathématiques.

Orienter vers l’université les personnes qui n’ont ni les capacités, ni en général l’envie, de suivre des études universitaires est une absurdité. Il serait beaucoup plus efficace, pour la société comme pour ces individus, de ne pas leur distribuer le bac et de plutôt les orienter vers des filières socialement utiles mais non universitaires – c’est en partie le cas avec les filières dites professionnelles (remplies de non-blancs), mais de manière très inefficace.

La réalité derrière la distribution du baccalauréat

J’ai reçu aujourd’hui un témoignage d’enseignant qui illustre ce qui se passe pour accomplir ce haut taux de “réussite”.

Attention, ça décape :

Bonjour Blanche Europe,

J’ai bien apprécié votre article sur la triche chez les Noirs américains [ndlr : voir ici], mais en France, si la triche est moins directe, elle existe d’une autre façon. En amont, le constat est banal. Le système de l’éducation nationale organise un sabotage des exigences, de façon à ce que “la diversité” ait toutes les chances d’avoir le bac, qui n’a presque aucune valeur.

Cela, nous le savons tous.

Le plus étourdissant est ce qui suit :

Mais en aval aussi, le système fait tout, absolument tout sauf la triche directe, pour donner le bac aux cancres et aux « chances ».

Je vous précise quelques faits pour étayer mon propos.

Avant de corriger les copies, il y a dans toutes les disciplines de grandes réunions dans toutes les académies, qui expliquent comment corriger, qui établissent les barèmes, qui donnent des conseils. Ces réunions sont dirigées par les inspecteurs de chaque discipline, qui sont les supérieurs hiérarchiques des profs, et sont obligatoires. Les inspecteurs sont le bras séculier du ministère, leur rôle est de faire passer aux troupes les instructions d’en haut. Ce sont toujours les mêmes : bienveillance, tolérance. Cela se vérifie dans absolument toutes les disciplines, puisque les directives émanent du centre.

Au cours de ces réunions sont établis des seuils dans la notation. Dans ma matière, le seuil inférieur était les années précédentes de 5/20, c’est-à-dire que si une copie ressemblait de loin à une copie, il fallait mettre 5, même s’il n’y avait rien de bon. Cette année, le seuil est passé à 6/20.

Lors de la phase de correction, il y a une deuxième réunion, où les correcteurs se communiquent leurs moyennes, dans le but de les harmoniser. Il va de soi que le but est de conditionner le correcteur pour le faire entrer dans le moule moyen.

A la fin de la correction, le correcteur entre ses notes sur un site sécurisé. Mais même là il n’est pas toujours libre. Des correcteurs d’une certaine académie ont reçu des mails de la hiérarchie, pour demander aux profs correcteurs de ne pas verrouiller leurs notes de bac, pour pouvoir intervenir dessus.

Lors des jurys de bac, qui sont censés être souverains, sont nommés des “vice-présidents” que l’on forme un peu avant la réunion pour leur délivrer le message, qui se répète tous les ans : la “bienveillance”. Autrement dit, forcer le passage pour ceux qui ont au-dessus de 9,5. Mais il y a un changement notable cette année : le jury, sous la houlette de son vice-président, peut changer la note d’une épreuve de bac sans l’accord du prof en question. Par exemple, il peut modifier les notes du bac de français, qui a eu lieu en première. Autrefois, la coutume était de regarder dans son paquet de copie pour voir si l’on pouvait rajouter un point à la copie, et changer l’appréciation en fonction du changement de note. C’était démagogique, mais les apparences étaient sauves. Cette année, les correcteurs ont été informés que ce n’était plus la peine de changer les notes sur les copies, ni même de les regarder.

Lors de ma réunion, la vice-présidente a justifié l’augmentation indue d’une note à un cancre perturbateur (d’après son livret scolaire) au nom peu autochtone, en expliquant que la notation des profs d’une certaine matière était sujette à caution. Information qu’elle avait dû recevoir juste avant de la bouche du proviseur, lors de la mini-formation. Tous les moyens, même l’attaque sournoise contre les collègues, sont bons pour chouchouter le conquérant. J’ai remarqué que les photos des candidats n’apparaissent plus sur les livrets scolaires, moyen dérisoire inventé par la “République incolore” comme dit Valls, pour cacher l’africanisation de l’Europe.

Vient ensuite l’oral de rattrapage, pour ceux qui ont eu entre 8 et 10. Il faut savoir qu’il suffit d’être admis au rattrapage et d’y aller pour obtenir une sorte d’équivalent de bac, qui s’appelle le certificat de fin d’études secondaires. Je rappelle que le 6/20 remplace un 1/20. L’effort pour avoir ce certificat est donc extrêmement faible. Nous n’avons presque rien à envier aux Américains.

À l’issue des oraux de rattrapage, le même jeu se répète : sous la houlette d’un président de jury, souvent un jeune prof de fac un peu largué, qui n’est là que pour sauver la vieille apparence selon laquelle le baccalauréat est le premier diplôme universitaire, la dictature des bons sentiments atteint des sommets, servie par des gauchistes sans caractère et autres homosexuels. Les pauvres cancres qui se sont entraînés toute l’année à ne pas avoir leur bac voient leurs efforts déçus, puisque tout est fait pour leur donner le précieux sésame auquel plus personne ne croit.

Auteur: Blanche

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5 Commentaires sur "Baccalauréat : un papier sans valeur distribué à tout vent"

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Grand Sorcier
6 juillet 2016 19 h 32 min

Il s’agit malheureusement d’un mal qui touche non seulement le bac, mais également le monde universitaire. Il peut prendre des formes diverses, mais on en revient toujours à la meme conséquence: un nivellement par le bas – et le mot est faible. Étant moi-même titulaire d’un master en sciences appliquées, j’ai pu constater à quel point les universités sont de plus en plus administrées comme des entreprises.

L’un des éléments qui l’illustre le mieux est le fait que les universités, au Canada notamment, sont subventionnées au pro rata du nombre d’étudiants diplômés , et non plus d’étudiants admis comme c’était le cas il n’y a encore pas si longtemps.

A l’époque, les universités pouvaient donc admettre un grand nombre d’étudiants et en éliminer une large part d’entre eux au terme de la première année, le niveau étant suffisamment relevé pour le permettre. Dorénavant, les étudiants sont traités selon une approche clientéliste, et tout est fait pour les garder sur la liste des inscrits, puisque l’école n’a plus intérêt à limiter son nombre de diplômés.

Il n’est désormais plus rare de voir des étudiants échouer et reprendre un meme cours 1, 2 voire meme 3 fois. Les reports d’examens sont de plus en plus courants et peuvent être faits très facilement avec de fausses attestations médicales. Et, par pure coïncidence, nos amis les maghrébins sont surreprésentés dans cette catégorie d’étudiants.

Pas besoin d’un quelconque diplôme pour voir que cela mènera au chaos.

Sven le latin
7 juillet 2016 8 h 33 min

Pareil pour les diplômes d’état, dans le domaine du sport par exemple les brevets étaient délivrés par les CREPS (centre régionaux éducation physique et sportive) au terme d’un an de formation assez difficile puisqu’il fallait avoir de solides notions de physiologie, biomécanique et méthodologie d’entrainement, il fallait également avoir un bon niveau physique dans son domaine….. mais tout ça c’était avant !

parce que maintenant ce sont des centres de formation privés qui délivrent ces diplômes, or ces centres pullulent et qu’il faut bien qu’ils gagnent leur croute ! donc déjà fini les épreuves physiques, a l’entrée il y a un simulacre de sélection et a la sortie plus rien, certains futurs entraineurs on 20 kilos a perdre mais pas grave tant qu’il paye sa formation !

ensuite, la règlementation qui occupait autrefois une toute petite partie du contenu de formation est aujourd’hui a égalité de temps avec la physiologie !

idem pour les jury, autrefois ils étaient des gens de terrain, maintenant ce sont des technocrates de jeunesse et sport qui n’ont jamais exercé !

pour finir, comme les centres de formation doivent être rentables plus qu’excellents, ils font passer des examens très simples et du coup chaque année inondent le secteur de nouveaux entraineurs qui sont ne sont absolument pas au niveau et ne maitrisent parfois pas les bases de leur discipline.

darkeuclyde
7 juillet 2016 13 h 16 min

Etant en 1ère jusqu’à juin, j’ai du passer le bac écrit de français et de science puis l’oral après coup et j’avoue que l’écrit n’était pas dur du tout ou du moins ça le laissait penser car le bac blanc lui avait un niveau plus haut que le bac classique, bien qu’il paraît normal de faire plus dur pour l’entraînement que pour le test réel. Mais tout de même.

La seule chose ou je suis sur de m’être planté dans tout les cas c’est à l’oral car j’ai du présenter un poème de Senghor, sur lequel j’avais peu réviser et ne prenait aucun intérêt et goût car ne me concernant pas du tout donc je me suis totalement raté sur ce point.

J’avoue avoir été choqué quand on a fait ceci en cours mais plus quand j’ai du présenter un de ces textes à l’oral de français, on ne nous présente même plus les vrais auteurs, les bons ceux qui aimaient la France et étaient conscient de cette civilisation européenne, au lieu de cela on se tape un bamboula qui vient d’un pays paumé en Afrique profonde et que l’on doit décrire dans sa nostalgie, c’est vraiment pitoyable.

Ksenia
8 juillet 2016 12 h 01 min

A l’oral du bac de français, je devais commenter un texte de Montesquieu, sur les Lettres Persanes. J’ai fait un beau discours hypocrite sur la tolérance, et j’ai eu une bonne note. A tous ceux qui passent des examens, soyez hypocrites, allez dans le sens du ((( politiquement correct ))), et vous serez reçus!!!

darkeuclyde
8 juillet 2016 18 h 13 min

J’avoue que j’ai eu Senghor comme dit plus haut et je suis resté neutre, mais j’ai aussi ce gros problème dans cette société actuelle : c’est que je ne peux pas dire ou écrire ce qui va à l’encontre de mes idéaux ou de ma pensée, c’est pour cela que je me suis embrouillé en classe avec beaucoup d’élèves à cause de cela et le pire c’est que c’était dans 95% des quelques cas des filles, aller savoir POURQUOI !

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