L’élection présidentielle autrichienne va être refaite !

Nous avions précédemment rapporté les fraudes qui pouvaient avoir déterminé l’issue de la présidentielle autrichienne ainsi que la décision du FPÖ de déposer un recours officiel pour ces irrégularités. L’écart entre Norbert Hofer, le candidat du FPÖ, et Alexander Van der Bellen, l’écolo-communiste déclaré gagnant était d’à peine 30.000 voix.

Le scrutin du 23 mai a été annulé en raison de ces irrégularités.

AFP :

Les Autrichiens vont retourner aux urnes pour élire un président après un coup de théâtre sans précédent: l’invalidation du scrutin qui offre au candidat d’extrême droite Nobert Hofer une deuxième chance de décrocher la magistrature suprême manquée de peu en mai.

La Cour constitutionnelle, la plus haute juridiction du pays, a donné raison vendredi au recours du parti d’extrême droite FPÖ qui contestait la régularité de l’élection présidentielle après la défaite de Norbert Hofer, 45 ans, battu par l’écologiste Alexander Van der Bellen, 72 ans.

Ni fraude, ni manipulation du scrutin du 22 mai n’ont été constatées mais une accumulation de négligences dans le dépouillement, qui entachent la validité du résultat.

L’AFP tente de diminuer la portée de ce qu’elle appelle des “négligences”. Il y a peu de fraude avérée, mais ces “négligences” ont pu dissimuler des fraudes changeant le résultat, et c’est bien pour cela que la Cour Constitutionnelle a donné raison au FPÖ. Sinon, le résultat aurait été validé.

Quand dans une ville qui votait dans les urnes à 60% pour le FPÖ, les bulletins par correspondance, comptés sans scrutateurs, sont à 70-80% contre le FPÖ, il y a probablement plus que des “négligences”.

Première conséquence de ce scénario totalement inédit dans cette petite République de 8,7 millions d’habitants, et dans l’UE : une nouvelle élection sera organisée, sans doute à l’automne.

La répétition d’un duel extrêmement serré s’annonce entre les deux candidats, que seules 30.863 voix avaient séparés, dans un contexte européen chahuté par le résultat du référendum britannique.

Je n’ai aucune idée de l’influence du Brexit sur la prochaine élection, mais cela va épicer cette deuxième campagne électorale.

Des autrichiens avaient rassemblé assez de signatures pour organiser un référendum sur la sortie de l’Union Européenne il y a quelques mois de cela, mais le gouvernement autrichien avait refusé de l’organiser.

Norbert Hofer a averti que son parti organiserait un référendum sur la question si l’UE cherchait à renforcer l’intégration. Or, le projet des gouvernements allemands et français semble être exactement celui d’États-Unis d’Europe.

[…]
Cette conjonction électorale n’a pas échappé à la députée européenne Beatrix von Storch, élue du parti populiste allemand AfD : elle a salué dans un tweet “d’abord le Brexit, maintenant de nouvelles élections en Autriche”, “une sacrée semaine”.

M. Hofer avait échoué de justesse à devenir le premier chef d’Etat européen issu d’une formation d’extrême droite.

Deuxième conséquence : M. Van der Bellen, qui devait prendre ses fonctions vendredi 8 juillet, ne pourra être investi.

L’intérim à la tête de l’Etat sera assuré collégialement par la présidente et les deux vice-présidents du Conseil national, la chambre basse du parlement, parmi lesquels figure… M. Hofer.

Ce dernier a promis de “strictement séparer” ses casquettes de candidat et de dirigeant par interim, tout en se réjouissant de la “difficile décision” de la Cour.

La haute juridiction, qui a auditionné plus de 60 témoins en deux semaines d’audiences publiques, a confirmé que plusieurs dizaines de milliers de bulletins du vote par correspondance avaient été dépouillés soit en dehors des heures légales, soit sans la supervision requise, une pratique jusque là largement tolérée.

Le dépouillement de ces votes n’était autorisé qu’à partir de 09h00 le lundi 23 mai, mais certains bureaux avaient débuté plus tôt, sous la pression, selon des témoins, de devoir délivrer le plus vite possible les résultats de cette élection scrutée dans toute l’Europe.

“Sous la pression” ? Leurs bureaux de vote étaient retransmis en direct à la télé ? Qu’il y ait eu une forte tension, on peut l’imaginer, mais cette excuse est pour le moins douteuse.

“Nous avons toujours fait comme ça”, avaient justifié les responsables des bureaux de vote interrogés par les juges.

“Les règlements électoraux doivent être respectés strictement, à la lettre”, a rappelé vendredi Gerhart Holzinger, président de la haute juridiction, selon lequel la décision de la Cour est “destinée à renforcer la confiance dans notre Etat de droit et dans notre démocratie”.

Pour le chancelier social-démocrate Christian Kern, l’important est qu’il n’y a avait “pas eu de fraude électorale”. “Notre Etat de droit est robuste et fonctionne bien”, a insisté le chef de l’exécutif en poste depuis un mois et demi, au sein d’une coalition avec les conservateurs.

Il y a quand même eu environ 2000 bulletins annulés pour fraude (en). Ce n’est pas énorme, et il est positif que la Cour Constitutionnelle ait réagi, mais dire qu’il n’y en a pas eu du tout, c’est exagéré.

La déroute historique des sociaux démocrates et des conservateurs, dont les candidats avaient été éliminés au premier tour de la présidentielle, avait poussé son prédécesseur à la démission, offrant une nouvelle illustration du discrédit qui frappe les partis traditionnels en Europe.

Les irrégularités constatées portent sur 77.926 suffrages, plus du double des voix qui ont séparé les candidats. Le président sortant, Heinz Fischer, a appelé à “moderniser” la loi électorale.

Par exemple, on pourrait supprimer le vote par correspondance.

Pour rappel, la Constitution autrichienne avait du être modifiée pour y supprimer la garantie du secret du vote afin de permettre le vote par correspondance. Une technique de vote qui, utilisée surtout par des personnes âgées vulnérables pouvant être soumises à des pressions, et qui sont plus sujettes à la fraude comme des affaires au Royaume-Uni l’avait démontré.

Conclusion

L’organisation d’un nouveau vote est une grande victoire.

Bien entendu, cela n’a vraiment d’intérêt que si Norbert Hofer gagne cette fois ci, et c’est pour le moins difficile à prédire.

Une victoire en septembre pourrait avoir plusieurs avantages :

  • Même si le FPÖ est très imparfait, placer symboliquement un président “d’extrême-droite”.
  • Favoriser très légérément les chances de Donald Trump, et un peu plus sérieusement celles de Marine Le Pen. Il n’y aura pas d’apocalypse en Autriche, et cela diminuera certaines peurs en France.
  • Derrière ces résultats électoraux, c’est la mentalité qui change. Le Brexit a favorisé un développement des attitudes ouvertement racistes. Même si le FPÖ ne se veut pas raciste, sa victoire contribuera malgré tout à cette libération face au carcan du politiquement correct.

Auteur: Blanche

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3 Commentaires sur "L’élection présidentielle autrichienne va être refaite !"

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Warezerie
1 juillet 2016 19 h 38 min

Espérons que ce recommencement n’ait pas pour seule différence une tricherie plus élaborée et furtive.

Ksenia
2 juillet 2016 11 h 12 min

Je me réjouis de cette excellente nouvelle! J’espère que Norbert Hofer sera élu en dépit d’une campagne de haine, de culpabilisation, etc, bref de PROPAGANDE antipatriotique qui ne manquera pas….
Mais l’Autriche n’est pas la France- on n’ose imaginer la campagne d’entre deux tours si Marine est qualifiée !!! – et les Autrichiens moins manipulables…

Maurice
4 juillet 2016 17 h 13 min

Ah, enfin, ils se sont réconciliés avec Andreas Hofer, le défenseur du Tyrol. On peut objecter qu’ils ont consulté leur carte et qu’un fois tombés sur le Tyrol, la mémoire leur est revenue comme par miracle.

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