Brexit : le gouvernement allemand craint une contagion

Traduction de l’article de New Observer.


Le gouvernement allemand a admis dans un document de synthèse secret fuité au journal Die Welt (de) que cinq autres pays – la France, l’Autriche, la Finlande, les Pays-Bas et la Hongrie – pourrait suivre l’exemple du Royaume-Uni et quitter l’Union Européenne.

Le document avertit qu’un processus de sortie britannique long et chaotique pourrait avoir un impact “crucial” pour renforcer les mouvements eurosceptiques dans ces cinq pays.


On comprend mieux pourquoi les principaux responsables de l’UE ont exhorté le Royaume-Uni à mettre en oeuvre immédiatement l’article 50 pour faire une sortie rapide. Mais ils sont assez coincés : un processus long et chaotique apparaîtrait en effet comme une oppression supplémentaire de l’UE ; mais un processus rapide et facile renforcerait l’idée que la sortie est possible sans fin du monde.


Le document, intitulé “Groupe de travail Brexit” a été développé par le ministère allemand des Finances pour ce qu’il décrit être une “difficile procédure de divorce”.

Le document dit viser à offrir au Royaume-Uni des “négociations de sortie constructives” qui pourraient se conclure par le pays devenant un “pays partenaire associé” de l’UE.

Le processus de sortie – gouverné par l’article 50 du traité de Lisbonne – autorise un processus de retrait de deux ans. “Cela crée le temps et la base pour les négociations”, indique le document, ajoutant que si nécessaire la période pourrait être prolongée.

Le document ajoute qu’il ne faut pas accorder au Royaume-Uni d’importants avantages – en particulier qu’il ne doit pas y avoir “d’accès automatique au marché unique de l’UE”, parce que “autrement d’autres États de l’UE suivront la trace du Royaume-Uni”.

Ce danger est mis en lumière par le fait qu’il y a des “tendances à l’imitation” dans d’autres pays de l’UE, indique le journal, listant spécifiquement la France, l’Autriche, la Finlande, les Pays-Bas et la Hongrie.

Die Welt indique dans son commentaire que le minstre allemand des Finances cherche de ce fait à “marcher sur une ligne intermédiaire sur la question fondamentale de si oui ou non l’UE devrait faire un exemple du Royaume-Uni pour empêcher d’autres pays de la quitter, ou si elle devrait essayer de lier l’île plus près de l’UE et de limiter les dégâts économiques avec l’espoir de convaincre plus tard la Grande-Bretagne de l’idée d’un Europe unie”.

Die Welt ajoute que la première attitude domine actuellement : la Grande-Bretagne ne devrait pas recevoir le moindre statut spécial et être “traitée comme n’importe quel pays en dehors de l’UE”, au risque que d’autres pays membres “demandent des conditions spéciales pour eux-mêmes via la menace des référendums. Et ce serait la fin de l’UE”.

En même temps, indique Die Welt, certains savent exactement combien est en jeu, d’un point de vue économique. Avec le Brexit, l’UE va perdre “presque 20 pourcents de sa puissance économique”, et de manière plus importante, dans un “divorce difficile”, des conséquences politiques imprévisibles pourraient émerger.

Pendant ce temps en France, la dirigeante du Front National, Marine Le Pen, a promis de tenir un référendum français si elle triomphe à l’élection présidentielle de l’an prochain.


Il serait intéressant de savoir combien de personnes à tendance plutôt d’extrême-gauche seraient capables de basculer lors d’un second tour sur la base de cette promesse.

Si le candidat de Les Républicains est Nicolas Sarkozy – nous avons tout intérêt à ce que ce soit Nicolas Sarkozy plutôt qu’Alain Juppé -, on peut imaginer certains mélenchonnistes se dire que “quitte à choisir entre ces deux mauvais choix, autant prendre celui qui va mettre fin à l’UE”.


Aux Pays-Bas, une sortie de l’UE a aussi été envisagée après que les électeurs néerlandais aient plus tôt cette année rejetée un accord d’association entre l’UE et l’Ukraine, et que le politicien populiste Gert Wilders [ndt : malheureusement pro-juif maladif] – actuellement en tête des sondages d’opinion – ait appelé à un référendum semblable à celui du Royaume-Uni.

Enfin, les contribuables allemands ne seront pas heureux d’apprendre qu’ils vont devoir contribuer 3 milliards d’euros supplémentaires au budget de l’UE une fois que le Royaume-Uni sera parti.


Pour la France, qui payait déjà 1 milliard par an pour compenser la participation budgétaire réduite du Royaume-Uni, il faudra compter plus de 2 milliards d’euros.

Auteur: Blanche

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2 Commentaires sur "Brexit : le gouvernement allemand craint une contagion"

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Komakino
26 juin 2016 9 h 12 min

Bonjour Blanche

Tout d’abord félicitations pour votre site remarquable.

Pour que la contagion atteigne la France cela risque d’être beaucoup plus compliqué que les anglais pour 2 raisons :

1 les medias
En Angleterre les médias étaient partagés et des médias d’influence tels que le Sun étaient pro Brexit et ont pu contrebalancer la propagande. En France 100% des (((médias))) majeurs seront contre la sortie.

2 l’euro

Les français auront peur d’être ruinés si on retourne au franc.

Warezerie
26 juin 2016 15 h 44 min

(((Ils))) sont en train de faire une pétition destinée au Parlement Britannique – déjà remise en cause après 2 jours parce qu’elle est l’objet d’une enquête pour fraude quant à l’authenticité des + de 2 millions de signatures 😀 – afin de recommencer, faire revoter, le référendum.

Compte rendu ici.

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