Le rejet de Clinton rallie les républicains autour de Trump

Si quelques figures se disant républicaines continuent à s’opposer à Donald Trump, avec en figure de proue le juif William Kristol – dont nous aurons l’occasion de reparler -, maintenant presque un mois après la victoire de Trump, les résistances ont continué de s’effondrer. Même l’ignoble opportuniste cubain Marco Rubio, un de ses anciens adversaires lors des primaires s’est fait à cette idée.

Il ne fait aucun doute que les figures du parti vont tenter d’influencer Trump pour le pousser vers une ligne plus cocuservatrice, mais leurs moyens de pression sont limités alors que les électeurs ont rejeté cette ligne et approuvé la position plus national-populiste de Trump.

AP :

Le meilleur allié de Donald Trump pour convaincre les républicains sceptiques se révèle être Hilary Clinton.

Ayant surmonté une campagne de millions de dollars “Jamais Trump” destinée à lui barrer la route de la nomination républicaine, il bénéficie désormais d’une vague de donateurs du GOP [ndt : “Grand Old Party”, surnom du parti républicain], de dirigeants du parti, d’électeurs, et de groupes conservateurs qui se rallient sous une nouvelle bannière : “Jamais Hillary”.

“Rien n’unit les républicains mieux qu’une Clinton”, a déclaré Scott Reed, un stratège politique pour la chambre de commerce des États-Unis qui a conseillé des précédentes campagnes du GOP. Bien que Reed dit qu’il demeure “beaucoup d’inconnues” à propos de Trump, il ajoute que “les connues à propos d’Hillary sont de très puissants stimulants pour les républicains”.

Grâce au profond dédain pour la probable candidate démocrate, Trump accumule ce genre de soutiens chalereux du GOP.

Le sénateur de Floride Marco Rubio, qui avait traité Trump de dangereux “escroc” lors de sa propre campagne présidentielle ratée dit désormais qu’il veut bien s’impliquer dans l’élection générale pour arrêter Clinton.

Même “Little Marco Rubio” se rend ! Même le Robioto se propose, sans doute en opportuniste ne voulant pas détruire sa carrière politique, d’aider Trump contre Clinton.

Pour rappel, le Robioto :

“Si vous pouvez vivre avec une présidence Clinton pour 4 ans, c’est votre droit”, a écrit Rubio sur twitter vendredi. “Je ne peux pas et je vais faire ce que je peux pour l’éviter.”

Plus tard, il a répété sur twitter que son aide ne doit pas être considérée comme pro-Trump. “J’ai dit que je serais ‘honoré’ d’aider le parti à battre Hillary”, a-t-il écrit.

“Jamais Hillary” ornait la ligne de sujet du nouveau courriel d’appel aux dons du Comité National Républicain qui n’a pas la moindre mention de Trump. Les super-PAC [ndt : PAC = comité d’action politique] conseillés par Karl Rove, sceptique envers Trump, utilisent “#NeverHillary” sur twitter pour promouvoir des vidéos sur ses scandales perçues – même si Rove dit que les groupes ont peu de chance de dépenser de l’argent pour promouvoir Trump.

La semaine dernière, quand la National Rifle Association a apporté son soutien à Trump, la déclaration venait sans grand argumentaire de vente pour lui. Mais elle incluait un message franc pour ses 5 millions de membres à propos de Clinton.

Si je n’avais pas publié d’article spécifique là-dessus, ce soutien de la NRA, très logique quand on sait que Clinton veut restreindre encore le droit de possession et de port d’armes à feu, est un poids significatif. La NRA est un groupe d’influence assez puissant dans la politique américaine.

Trump à la NRA

Pour la NRA et d’autres groupes à tendance républicaines, Clinton est devenue une raison pour oublier les positions passées inégales de Trump sur les sujets conservateurs.
[…]
De même, Clinton est devenue un point d’entrée pour les grands donateurs qui n’étaient pas enchantés par – ou même clairement hostiles à – Trump.

La campagne présidentielle principale mobilisera en effet de l’aide des donateurs. Le montant dépensé par la campagne républicaine sera probablement de l’ordre de 2 milliards de dollars. Jusqu’ici ; ses propres finances, les fonds issus de ses produits de campagne (casquettes “Make America Great Again”, etc.) et aussi des milliers de donations non sollicitées ont joué ; mais les choses vont changer avec la grande campagne. C’est bien entendu une crainte réelle et fondée que cela influe sur sa politique une fois élu.

Le milliardaire du Minnesota de la radio et de la télévision Stanley Hubbard a aidé à payer pour la campagne “Jamais Trump”, mais il dit être prêt à donner de l’argent au candidat du GOP pour arrêter Clinton.
[…]
Sheldon Adelson, un milliardaire des Casino dont le problème principal est la protection d’Israël, a pressé les républicains juifs à s’unir derrière Trump.

“Comme beaucoup d’entre vous, je ne suis pas d’accord avec lui sur chaque sujet. Cependant, je ne vais pas rester de côté et laisser Hillary Clinton devenir le prochain président”, a-t-il écrit dans un courriel à ses confrères de la direction de la Coalition des Juifs Républicains.

Sheldon Adelson
Honnêtement, Adelson fait ce qui est intelligent. Les Juifs ont besoin de jouer en faveur des deux camps en lice. Et c’est embêtant pour nous. J’aurais vraiment aimé qu’il se place contre Trump, mais avec un nombre restreint d’autres juifs républicains il fait diversion sur la proportion de Juifs parmi les “Jamais Trump” jusqu’au-boutistes, qui est très élevée, et surtout se place en position de pouvoir influencer Trump.

Qu’un homme puisse déclarer que sa principale préoccupation est la protection d’un pays étranger devrait tirer les sonnettes d’alarme, mais comme il s’agit d’Israël c’est médiatiquement toléré.

De même, un “Conseil des Blancs Républicains” serait considéré comme honteux, mais le “Conseil des Juifs Républicains” est considéré parfaitement acceptable.

Conclusion

Trump s’est imposé comme une figure incontournable, et a toutes les chances de devenir le prochain président des États-Unis. Il finit petit à petit d’éliminer les restes d’opposition dans son propre camp pour mieux affronter Clinton. Il ne faut sans doute pas placer en lui des espoirs exagérés, mais qu’il le veuille ou non, dans les masses il ranime la flamme de la conscience blanche, et dès lors qu’il tient ses promesses sur le mur et l’expulsion des clandestins, il offrira du temps dont le mouvement nationaliste a besoin pour se développer. Pour nous en Europe, il offrira aussi un exemple qui pèsera lourd.

Auteur: Blanche

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3 Commentaires sur "Le rejet de Clinton rallie les républicains autour de Trump"

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31 mai 2016 14 h 26 min

“Il ne fait aucun doute que les figures du parti vont tenter d’influencer Trump pour le pousser vers une ligne plus cocuservatrice”

Dans l’autre direction, on aimerait que Trump aide les politiciens qui pensent comme lui à s’affirmer au Parti Républicain, et qu’il devienne possible pour ceux qui ont des opinions nationalistes d’être sélectionnés par le parti pour se présenter aux élections sous l’étiquette républicaine.

C’est difficile de savoir comment ça marche. En France, les juifs de la direction parisienne de l’UMPS décident qui a le droit ou pas de se présenter sous l’étiquette du parti. Celui qui critique les choix de la direction n’obtiendra pas l’étiquette UMPS. Par contre, aux USA, c’est décentralisé. Je suppose que ça se passe au niveau de chaque état. Si Marco Rubio avait continué à dénoncer Trump, je suppose que le Parti Républicain de Floride lui aurait quand même permis de se présenter à l’élection sénatoriale sous les couleurs du Parti Républicain. Je ne sais pas quel intérêt a Rubio à se rallier à Trump. J’espère qu’il ne s’attend pas à obtenir un poste de ministre !

31 mai 2016 15 h 29 min

Clint

Pivoine
1 juin 2016 17 h 29 min

Je n’en attendais pas moins d’un homme aussi intelligent que Clint Eastwood !

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