La pathétique alliance entre Ted Cruz et John Kasich

Après la victoire écrasante de Trump à New York, ses adversaires se sont inquiétés qu’il puisse atteindre le fameux chiffre des 1237 délégués. Ils tentent donc désespérément de lui barrer la route.

Qui sont Cruz et Kasich ?

Ted Cruz, élu sénateur du Texas, se présente comme “ultra-conservateur”, et est spécialisé dans la séduction des républicains religieux, se faisant passer pour un grand chrétien très anti-avortement.

Il est aussi censé être opposé à l’immigration massive, alors qu’il ne s’y opposait pas il y a moins de deux ans (en) et que sa femme travaillant pour Goldman Sachs préconisait dans un rapport l’abolition totale des frontières en Amérique du Nord.

Donald Trump l’appelle “Ted le menteur”, et ça n’est pas sans raisons. Il pourrait aussi dire Ted le tricheur, d’autant plus après le vol de la primaire du Colorado.

Ted Cruz passait pour ne pas faire partie des élites du système, mais cette image qui l’avait aidé jusqu’alors s’est totalement effritée suite à toutes ces manipulations prouvant que les cadres du parti cherchent à le faire gagner contre le choix populaire.

Quant à John Kasich, gouverneur de l’Ohio, c’est le “modéré” par excellence. Il a beau se présenter comme “sérieux”, en fait cela veut surtout dire qu’il est d’accord sur à peu près tout avec les marxistes culturels (il dit tout de même être contre l’avortement et le mariage homosexuel pour ne pas s’aliéner complètement les conservateurs) ; trouvant par exemple scandaleux (en) qu’on veuille empêcher des malades mentaux d’utiliser les toilettes de l’autre sexe, et ayant promis une régularisation massive des millions d’immigrés clandestins vivant aux États-Unis.

Ajoutons à cela son soutien sans réserve aux accords de libre-échange qui ont d’ailleurs contribué à saigner l’Ohio qu’il gouverne ; sa volonté de faire plein de guerres pour Israël, et le soutien financier que lui a accordé George Soros, et on comprend qu’il s’agit d’un pourri intégral.

Le principal objet de sa candidature était de gagner l’Ohio afin que le système puisse disposer de ses délégués – cela fait un long moment que Kasich est mathématiquement éliminé.

L’alliance Cruz-Kasich

Le Figaro :

Le sénateur du Texas va laisser le champ libre à John Kasich dans l’Oregon, tandis que ce dernier se retire de l’Indiana. L’objectif ? Battre le milliardaire Donald Trump dans ces États et l’empêcher de réunir les 1237 délégués nécessaires pour gagner la primaire.

Pour Donald Trump, la manœuvre reflète le « désespoir » de ses rivaux. Dans la nuit de dimanche à lundi, les deux derniers adversaires du milliardaire aux primaires du parti républicain, Ted Cruz et John Kasich, ont annoncé un accord pour empêcher l’homme d’affaires de réunir le seuil fatidique des 1237 délégués nécessaires pour se faire investir à la convention du parti, en juillet.

Et Trump a bien raison. Ce genre d’alliance va forcément irriter une part de leur base électorale, et s’ils avaient pu l’éviter, ils l’auraient évité. Ce sont les résutats de New York – avant ceux du reste de la Nouvelle Angleterre que l’on connaîtra demain – qui leur ont fait sentir l’urgence d’agir.

Ted Cruz et John Kasich ont ainsi convenu de ne pas se faire de l’ombre dans trois des primaires à venir : celui qui obtient le moins d’intentions de vote se retire afin que l’autre soit l’unique alternative à Donald Trump, évitant ainsi une dispersion des voix. Concrètement, Ted Cruz laisse l’Oregon (17 mai) et le Nouveau-Mexique (7 juin) au gouverneur de l’Ohio qui a, selon les sondages, de meilleures chances de battre Donald Trump dans ces deux États. En retour, John Kasich abandonne l’Indiana (3 mai).

L’État le plus significatif ici est l’Indiana, car le candidat arrivant en tête empochera une bonne trentaine de délégués, ce qui pourra être décisif. Les modes de scrutin en Oregon et au Nouveau-Mexique rendent l’impact de ce changement assez faible.

« Avoir comme candidat Donald Trump serait un désastre pour le parti républicain », a souligné le porte-parole de Ted Cruz pour justifier ce rapprochement. Et d’ajouter : « Trump s’est mis à dos les femmes, les Hispaniques, et bien d’autres groupes avec ses propos à l’emporte-pièce. Quel que soit son adversaire démocratique – Clinton ou Sanders – , Trump perdrait la présidentielle et ferait perdre au parti une génération ».

C’est un mensonge grossier – que Le Figaro ne prend bien sûr pas la peine d’analyser. Lors des primaires à New York, Trump a obtenu 63% du vote des hommes et 57% du vote des femmes – une différence notable mais qui n’est due qu’au fait que les hommes sont plus fréquemment de tendance nationaliste. Mais il n’y a aucun désamour notable des femmes envers Trump qui le menaceraient particulièrement à la présidentielle. Pour les Hispaniques, et autres groupes non-blancs, il est de toute façon impossible pour un candidat républicain d’en séduire plus d’une poignée.

Surtout, ce qu’oublient de préciser ces anti-Trump, c’est que Trump est le seul à pouvoir gagner.

Ce ne sera pas facile, et cela demandera de mobiliser fortement les indépendants et de rallier une partie des blancs jusqu’alors démocrates mais délaissés par ces derniers.

Mais les millions et des millions d’américains qui se mobilisent pour Trump voteraient-ils pour un Cruz si ce dernier volait la nomination ? La réponse est clairement non. Aucun candidat républicain autre que Trump n’a la moindre chance parce qu’il perdrait d’emblée des millions d’électeurs républicains.

[…]
Cette alliance Cruz-Kasich était réclamée depuis de longues semaines par les stratèges républicains qui espèrent ouvrir la voie à une convention négociée où le parti de l’éléphant pourrait choisir un autre prétendant que Donald Trump. Si aucun candidat n’émerge au premier tour de la convention, les délégués sont libres de changer de favoris dans les tours suivants.

Convention négociée… convention truquée, oui !

Mais certains craignent que cet accord ne soit trop tardif. […] Cette union est aussi limitée : elle ne concerne ni le Nebraska, ni la Virginie occidentale. En outre, ni Kasich et Cruz n’ont donné de consignes de vote pour mobiliser leurs partisans.

Officiellement, l’alliance consiste simplement à ne pas dépenser des fonds de campagne dans l’un ou l’autre État, sans consigne de vote explicite.

Le problème, c’est que toute la presse a titré – et à juste titre – sur “l’alliance” et que l’objectif de barrer la route à Trump de la part de Cruz et Kasich est tout à fait claire. Si les équipes de Cruz et de Kasich ont rendu l’accord public, c’est bien pour inciter leurs électeurs à suivre un certain choix – ce bien que le profil des électeurs de Cruz et de Kasich soit totalement différent et que la plupart rechigneraient au moindre vote stratégique.

Conclusion

Cette alliance semble morte-née, et va probablement se retourner contre ses auteurs. Un analyste du Washington Post, qui n’est pourtant pas de notre bord, partage cet avis (en) Nous saurons demain à quel point ils auront été écrasé dans le Nord-Est des États-Unis, mais il ne serait pas surprenant d’apprendre que, sur les 118 délégués liés par le vote des électeurs (il y en aura aussi 54 non-liés par ce vote), une centaine finiraient dans l’escarcelle de Trump.

Auteur: Blanche

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