La Russie se retire de la Syrie, où les kurdes font un nouveau pas vers l’autonomie

La Russie a annoncé par surprise la semaine dernière le retrait du contingent militaire russe qui soutenait la Syrie principalement avec ses bombardements aériens.

Il semble dans ces conditions impossible que le gouvernement Assad recouvre un contrôle complet du pays.

L’intervention russe, qui s’était faite elle aussi par surprise à l’automne dernier, et avait rendus furieux les turcs et autres partisans de la destruction de la Syrie. Avec ses bombardements réels contre les groupes “rebelles” islamistes, elle a permis au régime d’Assad de reprendre pied et de reconquérir du terrain. Cela a aussi bénéficié aux kurdes.

La situation qui se dessinait il y a un mois quand la Turquie s’inquiétait sérieusement de la progression kurde se confirme aujourd’hui.

AFP :

Des bombardiers russes ont commencé mardi à quitter la Syrie dans la foulée de l’annonce surprise de Vladimir Poutine du désengagement du gros de son contingent militaire, dont les Occidentaux espèrent qu’il aura un effet positif sur les négociations de Genève.

Ce nouveau coup de théâtre orchestré par le chef de l’Etat russe, maître depuis des mois du tempo dans la crise syrienne, intervient alors que le conflit entre dans sa sixième année. Il a pris de court opposants syriens et Occidentaux, dont les réactions rivalisaient de prudence.

Ce repli tactique intervient alors que le problème de l’avenir du président Bachar al-Assad demeure entier, Damas restant sourd aux exigences de l’opposition syrienne.

Conformément à l’ordre donné lundi soir par Vladimir Poutine, le corps expéditionnaire russe a commencé à charger équipements et matériel militaire dans des gros porteurs qui vont ensuite voler vers la Russie. La télévision russe a montré des techniciens manipulant de nuit des caisses dans des avions de transport Iliouchine 76.

Et le ministère russe de la Défense a ensuite annoncé le départ de la base aérienne de Hmeimim, dans le nord-ouest de la Syrie, d’un premier groupe de bombardiers modernes Su-34 et d’avions de transport Tupolev-154 transportant des techniciens et du matériel militaire.

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Le chef de l’Etat russe, qui a toujours la main sur l’échiquier syrien depuis l’irruption des avions russes dans le ciel syrien le 30 septembre, a annoncé son coup de poker après avoir appelé le président Bachar al-Assad.

“La tâche qui avait été demandée à notre ministère de la Défense et aux forces armées a été globalement accomplie et j’ordonne donc au ministère de la Défense d’entamer à partir de demain (mardi), le retrait de la majeure partie de nos contingents”, a dit à la télévision M. Poutine.

“Néanmoins, pour permettre la surveillance de la trêve dans les combats (entrée en vigueur le 27 février), la partie russe conserve sur le territoire syrien un site de maintenance de vols”, selon un communiqué du Kremlin.

La presse russe estimait mardi que l’annonce surprise de Vladimir permet à Moscou de présenter son intervention comme une victoire politique en évitant l’enlisement et favorisant le processus de paix.

Il est aujourd’hui encore difficile de prédire ce qui se passera entre le régime, l’opposition prétendument “modérée”, l’État Islamique et les kurdes.

Les kurdes, du fait notamment de la pression turque, ont été exclus des négociations de Genève pour la résolution du conflit syrien.

En conséquence, ceux-ci ont annoncé unilatéralement la création d’une région fédérale. (Si l’indépendance est probablement souhaitée, ils la savent cependant impossible du fait de la Turquie)

RT :

« Le système fédéral a été approuvé pour la région de Rojava (Kurdistan syrien) dans le Nord de la Syrie », a affirmé Sihanouk Dibo, un responsable du Parti de l’union démocratique (PYD), principal parti kurde en Syrie, à l’issue d’une réunion à Rmeilane, dans le nord-est de la Syrie.

Un responsable de la direction des Affaires étrangères de Kobané, Idris Nassan, a indiqué mercredi que les zones contrôlés par les Kurdes porteront le nom de « Fédération de Syrie du Nord » et représenteront tous les groupes ethniques.

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[…]Le gouvernement syrien estime de son côté que la création d’un système fédéral dans les zones contrôlées par les Kurdes n’a pas de conséquence politique ou légale, apprend-on dans les médias proches du pouvoir.

Cependant, le gouvernement syrien sera bien obligé à un moment ou à un autre d’y faire face. En supposant que les islamistes soient vaincus dans les mois à venir (ce qui n’est pas encore fait) ; les kurdes ne seraient pas pour autant prêts à se soumettre au gouvernement de Damas. Et donc, à moins de faire directement la guerre aux kurdes, il faudrait bien leur accorder des concessions.

Aussi, en dépit de ces paroles fermes, l’autonomie kurde finira certainement par être, d’une manière ou d’une autre, reconnue ; en dépit de l’hostilité turque.

Auteur: Blanche

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