Les non-blancs fortement surreprésentés parmi les criminels incarcérés aux États-Unis

Traduction de l’article de New Observer.


Les non-blancs – noirs et hispaniques – représentent 64 pourcents de la population carcérale américaines, bien qu’ils ne représentent que 37 pourcents de la population totale ; et ils représentent 75 pourcents des prisonniers dans les pénitentiers fédéraux.

Ces données utilisent la définition peu rigoureuse de la race du gouvernement fédéral américains, qui classe de manière routinière des hispaniques commes “blancs”, et les données réelles pourraient être encore plus distordues que les statistiques rapportées.

Ce problème des taux d’emprisonnement des non-blancs a été souligné la semaine dernière dans un article du Washington Post, intitulé “L’Amérique a enfermé tellement de noirs que cela a déformé notre perception de la réalité”.

L’article du Washington Post est, de manière caractéristique, concentré sur “l’effet” de l’enfermement de tant de non-blancs, plutôt que sur sa cause, mais il rapporte néanmoins un certain nombre de points importants :

  • Il y a environ 1,6 millions de prisonniers incarcérés dans les prisons fédérales et d’État.
  • Ces données excluent les prisonniers dans les prisons locales.
  • A n’importe quel moment, 7,7 pourcent des hommes noirs âgés de 25 à 54 ans sont incarcérés.
  • Cela se compare à 1,6 pourcents des hommes blancs du même âge qui sont incarcérés.
  • Au cours des 40 dernières années, la population carcérale a quintuplé.
  • En 2003, le service statistique du Ministère de la Justice estimait qu’un homme noir avait une chance sur 3 d’être incarcéré dans une prison fédérale ou d’État au cours de sa vie.
  • D’après les données du recensement 2014, il y a davantage de jeunes noirs ayant abandonné le lycée se retrouvant en prison qu’il n’y en a ayant un emploi.
  • Un enfant noir sur neuf a eu un parent derrière les barreaux.
  • Un noir adulte sur treize ne peut pas voter à cause de son passé criminel.

L’étude sur la population actuelle du recensement liste aussi le nombre de “décrochés” qui ont été “mis en institution en 2014”. Cela signifie habituellement emprisonné, mais cela peut aussi signifier enfermement dans un hôpital psychiatrique ou une clinique. Parmi les “décrochés”, pour les blancs le chiffre est de 7,6 pourcents pour les blancs alors qu’il est de 29 pourcents pour les noirs.

L’article du Washington Post ajoute que le “boom des prisons a fait une telle brèche que récemment, des sociologues ont complètement reconsidéré combien de progrès la communauté noire a fait ces dernières décennies”, ajoutant que la “montée des taux d’incarcérations parmi les hommes noirs combinée avec la chute brutale des taux d’emploi des noirs durant la Grande Récession [ndt : à partir de 2008] a laissé la plupart des hommes noirs dans une position relative aux hommes blancs qui n’est pas vraiment meilleure que la position qu’ils occupaient seulement quelques années après la loi des droits civiques de 1965”.

Les derniers chiffres du gouvernement sont contenus dans le rapport de septembre 2014 du Ministère de la Justice américain, “Les prisonniers en 2013”.

D’après ce rapport, les noirs non-hispaniques (37 pourcents) représentaient la plus large proportion de prisonniers masculins sous les juridictions des États et fédérales en 2013, par rapport aux blancs non-hispaniques (32 pourcents) et aux hispaniques (22 pourcents).

Le rapport souligne qu’il utilise les “distributions de races et d’origine hispanique de son étude des prisonniers de 2004 dans les installations correctionnelles d’État et fédérales pour ajuster les données administratives du NPS pour refléter l’auto-identification de la race et de l’origine hispanique par les prisonniers”.

Ce que ce texte indigeste veut dire en d’autres mots est que quiconque est libre de se prétendre “blanc”, et est automatiquement inclut dans les statistiques raciales de ce groupe.


Ici, arrêtons-nous un instant pour considérer un exemple concret de classification truquée avec ces personnes les plus recherchées au Texas l’été dernier :

Fugitifs les plus recherchés au Texas en date du 7 août 2015
Ces personnes recherchés sont tous classés comme “blancs” alors qu’ils sont de manière très évidente non-blancs.

Et puis, la diversité est très présente dans tout ce qui est lié à la violence, mais qu’en est-il des arnaques, mmmh ?

C’est beau la diversité !

En utilisant cette définition défectueuse, le Ministère de la Justice indique que 2,8% des hommes noirs de tout âges résidant aux États-Unis étaient emprisonnés au 31 décembre 2013, à comparer à 1,13% des hommes hispaniques et 0,47% des hommes blancs.

Dans la tranche d’âge avec le plus haut taux d’emprisonnement pour les hommes (de 25 à 39 ans), les noirs étaient emprisonnés à des taux au moins 2,5 fois supérieurs aux hispaniques et 6 fois supérieurs aux hommes blancs.

Pour les hommes âgés de 18 à 19 ans – la tranche d’âge avec les plus grande différences de taux d’incarcération entre blancs et noirs, les noirs étaient 9 fois plus souvent emprisonnés que les noirs (1,092% contre 0,115%).

La différence entre femmes noires et blanches du même âge était plus petite mais encore substantielle avec un taux d’incarcération de 0,033% pour les femmes noires âgées de 18 à 19 ans contre 0,007% pour les femmes blanches.

Dans les prisons fédérales – les institutions qui détiennent les délinquants qui ont commis le crimes les plus sérieux – le fossé racial est plus grand encore.

D’après les données officiels diffusées par l’Office Fédéral des Prisons, il y a actuellement 195.728 prisonniers dans les prisons fédérales.

Par race, le ministère de la Justice affirme que 58,7 pourcents des prisonniers sont “blancs”, 37,8 pourcents noirs, 1,5 pourcents asiatiques, et 2 pourcents amérindiens. Ils n’ont pas une catégorie pour “hispaniques” par race.

En revanche, quand il évalue par “ethnicité”, il est révélé que les “hispaniques” représentent 65.713 prisonniers. En les déduisant des chiffres des “blancs”, cela révèle qu’il y a 48.864 “blancs non-hispaniques” dans les prisons fédérales – soit 24 pourcents du total.

Cela signifie, bien sûr, qu’au moins 75 pourcents – et probablement davantage, étant donné le procédé d’auto-classification raciale utilisé par le gouvernement – de tous les prisonniers des prisons fédérales sont des non-blancs.

Auteur: Blanche

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1 Commentaire sur "Les non-blancs fortement surreprésentés parmi les criminels incarcérés aux États-Unis"

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dom
4 mars 2016 15 h 09 min

Pourtant, dans les films que nous sert Hollywood, le criminel est toujours un blanc ? Comment ça se fait ça ? :o)

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