La révolte contre la civilisation, troisième partie

Vous pouvez retrouver l’index de la traduction ici, et ici la deuxième partie.

Rappelons néanmoins en quelques mots ce que l’auteur avait développé jusque là : le fondement essentiel de toute civilisation est dans son matériel humain. Ce n’est pas la civilisation qui élève l’homme, c’est un groupe d’assez bonne qualité qui édifie une civilisation, la quantité étant là sans importance face à la qualité. Les races humaines diffèrent et toutes n’ont pas la capacité de sustenter une civilisation.

La disparition d’une civilisation – pour ses facteurs internes – se relie à trois tendances destructrices : à la surcharge culturelle par l’accumulation des traditions et la complexification infinie, à la régression biologique et à la révolte atavique. La deuxième partie traite des deux premières tendances, celle-ci va traiter de la troisième.

Chapitre 1 : Le fardeau de la civilisation (troisième partie)

Nous avons observé que les civilisations tendent à chuter tant de par leur poids sans cesse croissant que par le délabrement de leurs fondations humaines. Mais nous avons indiqué qu’il existe encore une autre tendance destructive, que l’on pourrait appeler “révolte atavique”. Voyons ce que cela veut dire précisément.

La civilisation dépend de souches raciales supérieures. Mais ces souches sont constituées d’individus qui, loin d’être précisment égaux, diffèrent grandement en qualités et capacités. A un bout de l’échelle humaine on retrouve un certain nombre d’individus supérieurs, à l’autre bout un certain nombre d’individus inférieurs, et au milieu des deux extrêmes se tient la masse des individus intermédiaires qui de même se trouve plus haut ou plus bas sur l’échelle.

Bien sûr, il n’y a pas de séparation de teinte claire entre ces “supérieurs”, “inférieurs” et “intermédiaires” ; au contraire les nuances se fondent imperceptiblement à leurs limites et on trouve entre ces groupes des individus “limite” dont il est difficile de déterminer la classification exacte. Néanmoins, ces classes existent, de même que le jour et la nuit existent. A l’aube ou au crépuscule, on ne peut pas définir un moment de bascule précis. On ne peut pas dire “Maintenant c’est le jour, dans une minute ce sera la nuit”. Et pourtant le jour et la nuit sont des faits d’une importance transcendance, et l’on divise les heures en des catégories de lumière et d’obscurité qui, quoiqu’un peu arbitraire, sont essentiellement vraies.

Maintenant parmi nos catégories humaines, nous avons observé que le progrès est principalement du aux supérieurs. Ce sont eux qui fondent et font avancer la civilisation. Quant à la masse intermédiaire, elle accepte les réalisation de ses pionniers créatifs. Son attitude est réceptive. Cette réceptivité est due au fait que la plupart des intermédiaires sont suffisamment proches de supérieurs pour comprendre et assimiler ce que ceux-ci ont initié.

Mais qu’en est-il des inférieurs ? Jusqu’à présent, nous n’avons pas analysé leur attitude. Nous avons vu qu’ils sont incapables de créer ou de faire progresser la civilisation, et son donc une entrave au progrès. Mais ils ne sont pas de simples facteurs négatifs dans la vie civilisée ; ils sont aussi positifs – dans un sens inverse, destructif. Les éléments inférieurs sont, instinctivement ou consciemment, les ennemis de la civilisation. Et ils sont ses ennemis, non pas par hasard, mais parce qu’ils sont plus ou moins incivilisable. Nous devons nous rappeler que le niveau de la société ne coïncide jamais avec les niveaux de ses unités humaines.

Le niveau social est une sorte de compromis – un équilibre de ses forces constituantes. Ce fait implique que les individus doivent être placés différemment. Et il en est ainsi. Les individus supérieurs se tiennent au-dessus du niveau social ; parfois nettement au-dessus de celui-ci – d’où l’expression sur les hommes “en avance sur leur temps“. Mais qu’en est-il des individus “en retard sur leur temps” ? Ils ont toujours été nombreux, et, plus haute est la civilisation, plus il y aura tendance à y en avoir.

La vérité est qu’alors que la civilisation avance elle laisse derrière elle une multitude d’êtres humains qui n’ont pas la capacité de tenir le rythme. Les retardataires, bien entendu, varient grandement. Certains sont des sauvages ou barbares congénitaux ; des hommes qui ne pourraient pas avoir leur place dans n’importe quelle civilisation, et qui en conséquence restent en arrière depuis le départ. Ce ne sont pas des “dégénérés”, ce sont des “primitifs”, amenés dans un environnement social auquel ils n’appartiennent pas. Ils doivent être clairement distingués des vrais dégénérés : les imbéciles, les faibles d’esprit, les névrotique, les fous – tout ces déchets mélancoliques que toutes les espèces produisent mais qui sdisparaissent promptement dans l’état de nature, alors que dans les sociétés humaines ils sont trop souvent préservés.

De plus, au delà des primitifs et des dégénérés, la civilisation par son avancée même condamne automatiquement de fraîches multitudes aux rangs des “inférieurs”. De même que les “primitifs”, qui se sentiraient chez eux dans un environnement sauvage ou barabre sont étrangers à toute sorte de civilisation, beaucoup d’individus qui s’en sortent assez bien dans les stades initiaux de la civilisation n’ont ni l’esprit ni la fibre morale pour répondre aux demandes plus sévères des civilisations plus élevées, plus complexes. Les plus plus poignants de tous sont ceux à la limite, qui échouent à atteindre un ordre social, qu’ils parviennent à comprendre mais dans lequel, d’une manière ou d’une autre, ils n’arrivent pas à réussir.

Tels sont les rangs des inférieurs – la vaste armée des inadaptables et des incapables. Laissez moi à nouveau souligner que “inférieur” ne veut pas nécessairement dire “dégénéré”. Les dégénérés sont, bien sûr, inclus, mais le mot “inférieur” et un term relatif qui signifie “en dessous”, dans ce cas signifiant que la personne est sous le standard de la civilisation. Le mot inférieur a, en revanche, été si souvent employé comme synonyme pour dégénéré qu’il tend à produire une confusion de la pensée, et pour éviter cela j’ai créé un terme qui semble décrire collectivement toutes ces sortes de personnes dont je viens de discuter. Ce terme est Le Sous-Homme1 – l’homme qui se trouve sous les standards de capacité et d’adaptabilité imposés par l’ordre social au sein duquel il vit. Et c’est le terme que j’emploierais désormais.

Maintenant, comme le sous-homme considère-t-il la civilisation ? La civilisation lui offre peu de bienfaits et de plus faibles espoirs. Elle lui offre en général peu au delà d’une maigre subsistence. Et, tôt ou tard, il sent instinctivement qu’il y a un échec, que les bienfaits de la civilisation ne lui sont pas destinés. Mais cette civilisation, qui retient ses bienfaits2 n’hésite pas à imposer des fardeaux. Nous avions précédemment affirmé que les fardeaux les plus lourds de la civilisation sont portés par le supérieur. Dans l’absolu c’est vrai ; mais relativement, le fardeau intrinsèquement plus léger du sous-homme paraît plus lourd à cause de son incapacité innée. La discipline même de l’ordre social oppresse le sous-homme ; elle le contrecarre et le réprimande à tout moment. Pour les natures sauvages3 la société est un tourment, l’homme congénitalement primitif, placé dans la civilisation, a en permanence des ennuis, finissant habituellement en prison4.

Tout cela semble inévitable. Mais en plus de ces handicaps sociaux, le sous-homme souffre de l’action d’individus mieux placés, qui prennent avantage de ses faiblesses et incapacités pour l’exploiter et le mener à des niveaux sociaux plus bas encore que ceux qu’il occuperait normalement.

Tel est le sort malheureux du sous-homme. Maintenant, quelle est son attitude envers la civilisation de laquelle il a si peu à espérer ? Quoi, si ce n’est l’opposition instinctive et le mécontentement ? Ces sentiments, bien sûr, varient tout du long depuis l’antipathie irraisonnée à la haine enflammée et à la rébellion; Mais, en dernière analyse, elles ne sont pas dirigées simplement contre les imperfections de l’ordre social, mais contre l’ordre social lui-même. C’est un point qui est rarement mentionné, et plus rarement encore compris. Pourtant, c’est le coeur de toute l’affaire. Nous devons réaliser que l’attitude basique du sous-homme est une révolte naturelle et instinctive contre la civilisation. La réforme des abus peut diminuer l’intensité du mécontentement social. Elle peut aussi diminuer le nombre des mécontents, parce que les abus sociaux précipitent dans les abysses beaucoup de personnes qui n’y ont pas réellement leur place ; des personnes qui étaient naturellement capables de s’insérer dans l’ordre social si elles avaient eu une chance juste. Mais, en excluant tout ces cas anormaux, il reste un vaste résidu d’humanité inadaptable, dépréciée, essentiellement incivilisable et incorrigiblement hostile à la civilisation. Toute société engendre au sein d’elle-même des sauvages et des barbares, mûrs pour la révolte, et toujours prêts à ravager et à détruire.

En temps normal, ces éléments de chaos passent presque inaperçus. La civilisation se dote automatiquement de forts contrôles sociaux qui répriment les éléments anti-sociaux. D’une part, l’homme civilisé supporte instinctivement sa civilisation, tout comme le sous-homme s’y oppose instinctivement ; et quand la civilisation est menacée, ses soutiens se lèvent immédiatement à sa défense. Ensuite, la société maintient une armée permanente (composée de policiers, de soldats, de juges, et d’autres), qui est habituellement assez capable pour maintenir l’ordre. La simple présence de cette armée permanente dissuade les éléments anti-sociaux de l’action de masse. Des individus désespérés, bien sûr, plongent dans le crime, mais la société les pourchasse et les élimine par la prison et l’échaffaud.

Le sous-homme peut ainsi être contrôlé. Mais il demeure, il se multiplie, il attend son heure. Et, de temps en temps, son heure arive. Quand une civilisation vacille sous son propre poids et par le délabrement de ses fondations humaines ; quand sa structure est secouée par les ravages de la guerre, de la dissension ou de calamités ; alors les forces longtemps réprimées de la révolte atavique se rassemblent pour l’action.

Et (fait notable !) de telles révoltes ont en général des meneurs capables. C’est ce qui les rend si formidable. Ce corps d’officiers révolutionnaires est principalements composé de trois types significatifs : celui à la “limite”, le “déshérité” et le “supérieur fourvoyé”. Considérons les tour à tour.


J’insère ici mon commentaire dans le texte pour ajouter un quatrième type que l’auteur a manqué, et qui peut se révéler d’une importance toute particulière : le membre d’une autre race. Son intérêt et son objectif sont clairs : détourner les forces sociales latentes pour son intérêt propre. Il peut être individuellement d’une qualité variable.

L’exemple typique en est l’action juive, et tout particulièrement l’action juive en Russie bolchévique. Le bolchévisme était en effet avant tout un mouvement juif, comme cela a été très abondamment documenté. Profitant de l’opportunité causée par la première guerre mondiale, de soutiens financiers juifs et de la première révolution contre le Tsar, il s’est emparé du pouvoir ; et après avoir acquis le contrôle de l’Etat, il a établi un véritable règne de la terreur, qui s’est largement appuyé sur les éléments anti-sociaux, et qui donc lui devaient tout.

On peut retrouver cette manipulation dans d’autres contextes cependant. Par exemple, les médias juifs n’ont de cesse de blâmer sur l’homme blanc l’inaptitude fondamentale des noirs, des maghrébins, et autres, à la civilisation moderne. La fureur contre cet ordre social qui ne leur est pas adapté est ainsi détournée contre les blancs, amplifiant fortement les tendances naturelles au conflit racial tout en protégeant l’oligarchie juive.


Nous avons déjà noté le cas de celui à la “limite”, l’homme qui ne parvient pas à “faire bien”. Nous avons vu comme son sort est difficile et avec quelle chaleur il se retourne contre l’ordre social où il échoue à s’insérer. Beaucoup de ces personnes échouent à cause d’un défaut fatal – une tare de caractère ou une “tournure” mentale. Elles peuvent en d’autres aspects très bien être supérieures et posséder des talents brillants qu’elles peuvent utiliser puissamment contre la société.

Nous avons aussi noté celui du “déshérité”, l’homme foncièrement capable de réussir dans la civilisation, mais jeté dans les profondeurs par l’injustice sociale ou par des méfaits individuels. Privés de ce qui leur revient de droit, les déshérités sont de même susceptibles d’être les adversaires les plus âpres de la société. Ils s’engagent volontiers dans l’armée du chaos (où ils n’ont pas vraiment leur place), et s’ils possèdent des talents marqués ils peuvent très bien être des ennemis dangereux.

Enfin, il y a le “supérieur fourovyé”. C’est un étrange phénomène ! Placé par la civilisation dans le fourgon de la civilisation, il passe à ses ennemis. Cela semble inexplicable, mais ce peut être expliqué. Alors que le sous-homme se révolte parce que la civilisation est à ce point en avance sur lui, le supérieur qui se fourvoie se révolte parce qu’elle est si loin derrière. Exaspéré par son lent progrès, choqué par ses fautes, et attribuant à l’humanité en général ses impulsions élevées, le supérieur fourvoyé rêve d’un raccourci vers le progrès et rejoint les forces de la révolte sociale, ne réalisant pas que leurs buts sont profondément différents, bien que leurs méthodes soient probablement les mêmes. Le supérieur fourvoyé est probablement la figure la plus pathétique de l’histoire humaine. Flatté par des canailles, utilisé pour sanctifier des plans sinistres, et mis en avant comme un chef de file durant les stades initiaux de l’agitation révolutionnaire, le triomphe de la révolution l’amène à une fin tragique. Horrifié à la vue du visage démasqué de la barbarie, il essaye de mettre fin à son cours destructeur. En vain ! Le sous-homme se retourne contre son ancien champion avec un grognement et le piétine dans la boue.

La révolution sociale bat désormais son plein. De tels bouleversements sont profondément terribles. Je les ai décrits comme “ataviques”. Et c’est simplement ce qu’ils sont – un “retour” à un niveau social beaucoup plus bas. La fabrique complexe de la société ; lentement et difficilement tisée, est déchirée en lambeaux ; les contrôles sociaux s’évanouissent, et la civilisation est laissée nue face aux assauts de l’anarchie. En vérité, la perturbation va encore plus loin. Non seulement la société est-elle sous l’emprise de ses barbares, mais chaque individue tombe plus ou moins sous l’influence de ses propres bas instincts. Car, à cet égard, l’individu est comme la société. Chacun de nous a au fond de lui un “Sous-Homme”, l’animalité primitive qui est l’héritage de notre passé humain, et même pré-humain. Ce sous-homme peut être enterré profondément dans les replis de notre être, mais il est là. Cette animalité primitive, potentiellement présente même dans les natures les plus nobles, domine continuement les strates les plus basses, en particulier les éléments paupérisés, criminels et dégénérés – les “barbares intérieurs” de la civilisation. Maintenant, quand la lie de la société monte au sommet, un processus similaire a lieu chez les individus, quelque soit le niveau social auquel ils puissent appartenir. Dans virtuellement chaque membre de la communauté il y a une résurgence distincte de la brute et du sauvage, et la tendance atavique devient donc pratiquement universelle.

Cela explique l’essentiel du phénomène apparemment mystérieux de la révolution. Cela rend compte de la contagion mentale qui infecte toutes les classes ; l’allégresse sauvage avec laquelle la révolution est d’abord saluée ; la manière dont même les hommes bien placés se jetent dans le flux, la laissent les emporter où elle veut, et commettent des actes qu’ils ne peuvent ensuite non seulement pas expliquer mais dont ils peuvent ne même pas se souvenir. La résurgence atavique générale explique aussi le caractère féroce dont font preuve non seulement par les révolutionnaires, mais aussi par leurs opposants contre-révolutionnaires. Bien qu’ils puissent grandement différer dans leurs principes, les “Rouges” et les “Blancs” font preuve du même esprit sauvage et commettent des cruautés similaires5. C’est parce que la société comme les individus ont été rebarbarisés.

Avec le temps la tempête révolutionnaire passe. Les hommes civilisés ne vont pas pour toujours supporter le mauvais gouvernement de leurs propres barbares, ils ne vont pas tolérer durablement ce que Burke a correctement appellé la tyrannie d’une “oligarchie de base”. Tôt ou tard le sous-homme est à nouveau maîtrisé, de nouveaux contrôles sociaux sont créés, et un ordre social stable est une fois de plus établi.

Mais, quelle sorte d’ordre social ? Ce pourrait très bien en être un inférieur à l’ancien. Bien sûr, peu de révolutions sont complètement mauvaises. Leur destructivité même implique l’élimination des vieux abus. Mais à quel prix ! Aucun autre processus n’est aussi terriblement coûteux qu’une révolution. Tant les pertes sociales qu’humaines sont habituellement épouvantables, et sont fréquemment irréparables. En sa brève heure, le sous-homme fait son travail. Ne haïssant pas seulement la civilisation mais aussi les civilisés, le sous-homme assouvit sa furie destructrice sur les individus aussi bien que sur les institutions. Et les supérieurs sont toujours ses cibles spéciales. Sa philosophie de vie est toujours une “égalité” nivellante et il essaye de l’atteindre en coupant toutes les têtes qui s’élèvent sensiblement au-dessus de la sienne. Le résultat de cette “sélection inverse” peut être une telle réduction des personnes supérieures que la souche est appauvrie définitivement et ne peut plus produire le talent et l’énergie nécessaires pour réparer la destruction que le cataclysme révolutionnaire a provoqué. Dans de tels cas, la civilisation a souffert d’une blessure mortelle et décline à un niveau définitivement plus bas.

Ceci est particulièrement vrai des civilisations élevées. Plus complexe la société est complexe et plus les souches sont différenciées, plus grave est la responsabilité pour un désastre irréparable. Notre propre civilisation en est un exemple frappant. La destruction aujourd’hui apportée par la révolution sociale en Russie, aussi grande qu’elle soit, pâlirait en comparaison avec la bien plus grande destruction qu’un tel bouleversement produirait dans les sociétés avancées d’Europe occidentale et d’Amérique. Cela ne signifierait rien de moins que la ruine, et signifierait presque infailliblement une décadence permanente. C’est ce péril sinistre pour le futur de notre civilisation et de notre race que nous étudierons avec attention dans les chapitres subséquents.

Ainsi se conclut notre étude préliminaire. Nous avons esquissé l’ascension de l’homme de la bestialité par la sauvagerie et le barbarisme vers la vie civilisé. Nous avons considéré les raisons basiques de son succès et de ses échecs. Nous allons désormais en venir à un examen plus détaillé des grands facteurs dans le progrès et le déclin humain, avec une référence spéciale aux possibilités et aux périls à notre propre civilisation.


A suivre.

1. Aujourd’hui, presque un siècle après que Lothrop Stoddard ait écrit son ouvrage, son terme a depuis longtemps acquis une connotation négative, et sans doute bien plus forte encore. Néanmoins je continuerais à employer ce terme de sous-homme dans la suite de la traduction quand il se présentera, parce qu’il décrit la réalité et parce que son sens est ici clarifié pour le lecteur attentif.
2. L’observation de ce passage est bien sûr intéressante depuis notre perspective moderne. La civilisation moderne consacre désormais des forces bien plus considérables à la fourniture de bienfaits aux inférieurs, facilitée en cela par l’automation de plus en plus importante. Tant qu’elle y parvient, elle se protége pour l’essentiel du risque de révolte atavique qu’aborde ici l’auteur. En revanche, elle tend à accroître l’importance du second phénomène celui de la régression biologique.
3. Le terme “sauvage” a ici le même sens que dans l’expression “animal sauvage” : il marque l’opposition avec la société. (En anglais, wild plutôt que savage)
4. La composition moderne des prisons remplies de non-blancs malgré un laxisme judiciaire relatif illustre assez admirablement le propos de l’auteur. Plus d’un tiers des noirs américains font un jour ou l’autre de la prison dans leur vie, et la fin du contrôle social que constituait la ségrégation a considérablement accru l’ampleur du problème.
5. Une fois leur victoire acquise, cependant, les Rouges continuèrent à faire preuve d’une barbarie qui s’accrut encore pendant presque 20 ans : cette victoire de l’étranger et des éléments s’étant ralliés autour de lui fut l’occasion d’un bain de sang qu’une victoire des Blancs n’aurait certainement pas vue.

Auteur: Blanche

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6 Commentaires sur "La révolte contre la civilisation, troisième partie"

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9 février 2016 10 h 03 min

dom
11 février 2016 5 h 23 min

“Nous autres civilisations savons maintenant que nous sommes mortelles”………. Vous connaissez n’est-ce pas ? Curieusement, cette phrase fut écrite (mais est-ce étonnant ?) par un juif.
N’est-il pas curieux que ce soit quelqu’un issu d’une race conquérante, dominatrice, destructrice, rapace et parasitaire qui nous le fasse remarquer ? De là à en déduire que les juifs seraient pour quelque chose dans la chute d’une civilisation serait faire preuve d’esprit mal tourné, de maladie du complot et d’antisémitisme ostentatoire devant être puni avec la plus extrême sévérité………..

11 février 2016 11 h 43 min

C’est de Paul Valery non? Je ne savais pas qu’il était crochu, ça m’étonne un peu, il ne pense pas comme eux, il est assez “olympien” et sec

Tom
1 avril 2017 4 h 02 min

“Valéry was born to a Corsican father and Genoese-Istrian mother in Sète, a town on the Mediterranean coast of the Hérault, but he was raised in Montpellier, a larger urban center close by. After a traditional Roman Catholic education, he studied law at university, then resided in Paris for most of the remainder of his life, where he was, for a while, part of the circle of Stéphane Mallarmé.”

Il ne semble pas Juif…

Jean
3 juin 2017 17 h 43 min

1/ “loin d’être précisment égaux” => Petite coquille
2/ “le progrès est principalement du aux supérieurs” => dû
3/ que toutes les espèces produisent mais qui sdisparaissent => disparaissent
4/ dans un environnement sauvage ou barabre => barbare
5/ mais le mot « inférieur » et un term relatif
6/ d’une maigre subsistence.
7/ mais chaque individue tombe plus ou moins => individu
8/ domine continuement les strates => continûment
9/ Ceci est particulièrement vrai des civilisations élevées. Plus complexe la société est complexe et plus les souches sont différenciées => ??
10/ le barbarisme vers la vie civilisé => civilisée

Les révolutionnaires et les contre révolutionnaires n’ont clairement pas eu le même comportement ni la même barbarie, on pourra épiloguer sur la révolution française.

Merci pour cette traduction, ce texte est vraiment intéressant, dommage qu’il n’y ait que très peu d’exemples historiques et donc concrets pour illustrer ce qui est dit.

Manuel
24 octobre 2018 16 h 03 min

Si le déclin semble inévitable c pcq l’homme blanc commet toujours la même erreur. Il n’apprend pas de son échec. Les français ont fait 3x la même erreur vs les allemands en 1870, 1914, 1939. Hitler et Napoleon ont fait la même vs Russie en novembre. Les pays d’europe ont commis 140x la même erreur en expulsant les juifs. Les colons blancs au Zimbabwe, Haïti et Afrique du Sud ont commis la même en laissant les noirs les dominer. L’histoire se répète pcq on n’apprend pas la leçon. C pour ça qu’elle est très importante et doit être enseignée à l’école. Faut apprendre de nos erreurs car nous sommes trop naïfs. Reconnaître nos défauts et les combattre c la meilleure façon de survivre.

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