Pour lutter contre le SPD et renforcer le mythe d’une ingérence russe, Bild publie de fausses informations

Ah les « Fake News » ! C’est toujours de l’extrême droite qu’ils viennent. Ou pas. Récemment le journal allemand Bild a diffusé des courriels présentés comme un échange entre un membre du SPD et un russe lui proposant de perturber sur les réseaux sociaux la campagne des partisans du contrat de coalition.

Le problème étant que les emails étaient…des faux ! Ils venaient d’un journal satirique ! Sans avoir la preuve de l’authenticité des courriels, ils n’ont pas hésités à le mettre en Une.

Le Monde :

D’abord les Russes, ensuite un chien. A deux reprises en quatre jours, le quotidien conservateur allemand Bild, le plus vendu du pays, avec 1,5 million d’exemplaires par jour, a sévèrement mis en cause la probité du Parti social-démocrate (SPD), au risque de se retrouver lui-même dans le rôle de l’arroseur arrosé.

Tout a commencé vendredi 16 février. « Une nouvelle sale campagne au SPD », peut-on lire, ce matin-là, en « une » du tabloïd. En cause : des « e-mails explosifs » impliquant Kevin Kühnert, le président des Jusos (jeunes sociaux-démocrates), principal pourfendeur du « contrat de coalition » signé, le 7 février, entre le SPD et les conservateurs (CDU-CSU).

Un journal plutôt cocuservateur car sa ligne éditoriale est fondée sur 5 points :

  • L’engagement absolu pour la reconstruction de l’unité et de la liberté allemande ;
  • La réconciliation entre Juifs et Allemands ;
  • Le rejet de toute sorte d’extrémisme politique ;
  • L’approbation de la libre économie de marché ;
  • Le partenariat transatlantique avec les États-Unis.

Il est toutefois extrêmement lu, la diffusion de fausses informations peut avoir des conséquences énormes en raison du taux d’audience. Même si le fait est un mensonge, et que c’est prouvé par la suite, les gens vont retenir le mensonge et pas la réalité.

Des journalistes qui se disent professionnels, dont leur métier est de vérifier les faits et de les exposer au public, ont mordu à l’hameçon. Et encore, sur le sujet du SPD, il n’y a pas de conséquences graves. Mais imaginez sur un sujet plus grave. Une information non vérifiée ne doit absolument pas être présentée au lecteur (ou alors on signale clairement que la preuve n’est pas fiable à 100%).

Expliquant avoir consulté ces e-mails sous forme de captures d’écran fournies par un informateur anonyme, Bild affirme que M. Kühnert a accepté l’aide d’un Russe prénommé Juri et originaire de Saint-Pétersbourg afin de perturber la campagne des partisans du « contrat de coalition » sur les réseaux sociaux.

A quatre jours du début de la consultation des 463.723 adhérents du SPD, qui ont jusqu’au 2 mars pour dire s’ils approuvent l’entrée de leur parti au gouvernement, ces accusations sont particulièrement graves. Elles seront démenties le matin même de leur parution par le porte-parole de M. Kühnert, qui annonce aussitôt son intention de porter plainte.

Donc grâce à des informations d’un anonyme, sans authentifier les courriels et la crédibilité d’une telle chose, ils ont affirmés avoir des preuves d’une ingérence !

Dites, ce ne serait pas une méthode de complotistes de bas étages qui se basent le plus souvent sur des captures d’écrans bidons…

Comment peuvent-ils se considérer comme sérieux et fiables ? Déjà que les médias passent quotidiennement des faits sous silence, ou les minimisent, si désormais ils mentent sur toute la ligne : ça va faire tache !

Qui est ce mystérieux Juri ? Mercredi 21 février, le magazine satirique Titanic a révélé qu’il était le pur produit de l’imagination d’un de ses rédacteurs, tout comme les fameux e-mails. Commentaire de Titanic :

Un mail anonyme, deux ou trois coups de fil et Bild imprime ce qui correspond à son agenda.

A la suite de ces révélations, Bild a réagi en rappelant qu’il avait précisé, en fin d’article, qu’il n’avait pas la « preuve » que les e-mails étaient authentiques. Mais que pèse une telle mention, enfouie à l’intérieur du journal, quand la moitié de la « une » est occupée par un titre qui n’exprime pas le moindre doute quant à la véracité des accusations qu’il profère ?

Le poisson a mordu à l’hameçon et les pseudos journalistes de Bild se sont précipités dessus ! .

Il est bien évidemment facile de mettre en petit que la preuve n’est pas fiable.

Autant mettre un titre du genre : « des captures d’écrans de courriels suggèrent une ingérence Russe… ». Mais non, il faut vendre du papier, au risque de se faire taper sur les doigts quand la vérité éclate.

[Note de Blanche : la critique par Le Monde du « mensonge par titre » est assez audacieuse étant donnée la propension de ce journal à la pratiquer sur certains sujets (et je parle de tromperies, pas de simples simplifications liées à la taille limitée d’un titre).]

C’est une preuve de plus que les médias ne sont pas de confiance. Et une fois de plus cela nous conforte dans l’idée qu’il ne sert à rien de mentir pour prouver que nous avons raison.

Contrairement aux médias du système, nous sommes dépeints comme de sombres menteurs qui inventent des faits. Or si nous diffusons toujours la vérité, les gens pourront nous faire confiance et enfin ouvrir les yeux. Mais s’il nous arrivait de faire des articles mensongers (même parmi de vrais articles), et que cela venait à se savoir, nous ne serions plus crédibles.

Nous ne devons jamais diffuser délibérément des informations fausses, et j’insiste pour certains complotistes de nos milieux qui utilisent parfois de fausses « preuves » pour faire passer le message. Même si elle peut arriver tardivement, la vérité triomphe toujours.

Auteur: Nico White

Partager cet article sur

Publier un commentaire

25 Commentaires sur "Pour lutter contre le SPD et renforcer le mythe d’une ingérence russe, Bild publie de fausses informations"

5000

Montrer les commentaires les :   Plus récents | Plus anciens
AA
28 mars 2018 22 h 20 min

Quid
29 mars 2018 0 h 26 min
Albers
17 avril 2018 11 h 53 min

le blog a été supprimé courant avril ; on se doute pourquoi …………..

Rho 2
29 mars 2018 8 h 34 min

C’est précisément pour cela que j’ai recadré, un peu trop vigoureusement à priori car je ne pratique pas le pardon des injures mais plutôt le piétinement de l’adversaire, des hurluberlus qui étaient venus sur ce site tenir des propos délirants.
La crédibilité est essentielle pour emporter l’adhésion à notre cause et tolérer en son sein des gens dont la folie et l’absurdité des propos serait on ne peut plus facilement démontable par nos adversaires ne peut que saper ce crédit.
Ceci etant, j’ai tendance à m’emporter et cela peut saper la mienne…
Un bon coup de latte dans la gueule est très efficace pour faire taire un crétin mais, outre que je commence à me faire un peu vieux pour ce genre d’exercice, ça ne marche pas sur le net…

Snapdragon
19 avril 2018 2 h 13 min

T inquiète, rien que pour toi on va inventer le robot donneur de coups de lattes 😉 .
T aura juste à appuyer sur un bouton voir à commande vocale.
Ou pourquoi pas un exosquellette donneur de coups de lattes.
Vu le nombre de lapins chrétiens va falloir de bonnes batteries.

Steph
29 mars 2018 16 h 22 min

Il n’empêche que ce Kevin Kühnert mérite d’être attaqué d’une façon ou d’une autre.

C’est une espèce d’ordure gauchiste, qui refusait la reconduction du gouvernement Merkel… à cause du parti bavarois et de son, je cite, « rassistichen Bullshit« . Vous aurez compris je pense, la novlangue est un peu la même dans tous les pays.

Et ce petit con a paralysé l’Allemagne pendant presque un mois – sans doute avec le soutien des médias cosmopolites de Berlin.

Mais bon, quand on est Allemand et qu’on s’appelle Kevin il faut la fermer.

Michael Wittmann
30 mars 2018 20 h 24 min

La ligne éditoriale du journal !! Oy Vey ! die Jüdische presse

wpDiscuz