(((Ivan Jablonka))), historien de l’insignifiant

Les lecteurs de Blanche Europe qui s’intéressent un tant soit peu à l’Histoire ont probablement entendu parler d’un certain (((Ivan Jablonka))), la nouvelle vedette de l’historiographie « française ».

Âgé d’une quarantaine d’années, (((Ivan Jablonka))) est déjà professeur des universités. Il a publié une vingtaine d’ouvrages, y compris un roman, couronnés de prix prestigieux. Il fait régulièrement la une des gazettes. Il parle aussi à micro ouvert sur les radios et, dans une moindre mesure, sur les chaînes de télévision. Il est enfin directeur de collection aux éditions du Seuil et siège dans divers comités de lecture de revues scientifiques (pour ceux qui l’ignoreraient, je rappelle que la carrière d’un universitaire dépend directement du nombre d’articles publiés dans ce genre de revues ; par conséquent, siéger dans un ou plusieurs comités de ce type, vous permet de faire ou défaire la carrière d’un jeune collègue).

Pour parler comme nos ennemis, je voudrais « déconstruire » cette baudruche de (((Jablonka))), qui représente le type même de l’imposteur juif.

Il possède cette volubilité typiquement sémite et cette capacité à développer les sophismes les plus extravagants en faisant semblant d’y croire. Comme tous les biens-pensants, il se définit naturellement comme un « homme de gauche », fervent défenseur des droits de l’homme et militant de l’antiracisme.

(((Jablonka))) est très représentatif d’un courant qui s’est développé dans l’historiographie française depuis les années 1980, mais qui avait été déjà annoncé d’une certaine manière par Michel Foucault dès la fin des années 1960, et qui a prospéré sur les ruines de l’École des annales : il s’agit de l’histoire des « sensibilités » et des « imaginaires ».

De mon côté, je parlerai plutôt d’Histoire de l’insignifiant. On va consacrer ainsi de gros volumes à des faits divers scabreux ou à des sujets aussi « passionnants » que la perception des odeurs à Paris au XIXème siècle ou que le bruit des cloches dans les campagnes françaises sous l’Ancien régime. Inutile de préciser que ce genre de livre sont très efficaces contre les troubles du sommeil. Au bout de quelques pages, une envie inextinguible de dormir vous prend. Ces historiens aussi réhabilitent la biographie, genre décrié par l’École des annales, mais ils choisissent de rédiger d’énormes pavés sur la vie d’inconnus – par exemple un obscur paysan du Limousin ayant vécu au XIXème siècle. Comme bien sûr, les archives ne permettent pas d’écrire d’une façon détaillée la vie de ce genre de personnage, l’imagination a tendance à suppléer aux vides. Nous avons véritablement à faire à une vision frelatée de l’Histoire.

Un autre aspect caractéristique de ce courant réside dans le fait que l’historien va se mettre lui-même en scène, racontant sa vie ou celle de ses proches… Entre nous soit dit, il me semble que la vie d’un universitaire est l’une des plus routinières et monotones qui puisse exister. De surcroît, il s’agit de nouveau d’une imposture car on ne saurait être son propre historien. Écrire l’histoire suppose d’avoir une certaine distance avec son sujet.

(((Jablonka))) s’est fait justement une spécialité de publier des livres sur sa vie et celle de sa famille. Il présente ce type d’ouvrages comme de véritable travaux d’historiens – et ils en ont l’apparence avec des notes en bas de page et des références érudites – alors que dans les faits, ce genre de publication relève davantage du roman ou de l’autofiction.

On constatera que (((Jablonka))) a usé de ce subterfuge pour écrire en 2012 son livre sur la Shoah : Histoire des grands-parents que je n’ai pas eus. Nous avons déjà expliqué que, pour des raisons évidentes, il n’est guère possible d’écrire un livre d’Histoire selon les règles de l’art sur cet épisode. Donc, le recours à la fiction ou au « roman vrai » apparaît comme la planche de salut des tenants de la religion de l’Holocauste. De ce point de vue, le livre de (((Jablonka))) qui a d’ailleurs été couronné par plusieurs prix prestigieux, est un modèle du genre. 350 pages de pleurnicheries, de développements vaseux pour nous dire qu’il n’a rien trouvé dans les archives, mais que… quand même… La fin du livre atteint des sommets, l’auteur imagine ses grands-parents entrant dans le chambre à gaz… Comme on peut le constater, ce genre relève véritablement de la supercherie.

Le dernier livre de (((Jablonka))), En camping-car, publié il y a quelques semaines, se situe dans la même veine. Sur plus de 300 pages, l’auteur nous narre en détail les voyages effectués durant son adolescence avec ses parents, pas sur un ton sympathique à la façon d’un Marcel Pagnol racontant ses souvenirs d’enfance, mais dans un style pédant pour nous faire croire qu’il s’agit d’un travail scientifique… Une lecture pénible et dénuée de toute espèce d’intérêt.

La façon que (((Jablonka))) et ses épigones ont de concevoir l’Histoire me semble particulièrement dévastatrice. Cette historiographie apparaît entièrement fondée sur l’anecdotique, l’émotion et, d’une certaine façon, la fiction. Elle tourne délibérément le dos à toute la tradition de l’Histoire savante, telle qu’elle naît au XIXème siècle, et qui se refuse justement aux facilités du pittoresque et du romanesque.

Plus grave aussi, cette historiographie rejette toute forme de hiérarchie dans les sujets d’études historiques.

Il s’agit-là bien sûr d’un travers typique de l’air du temps. On essaie de nous faire croire que tout se vaut. De la même façon qu’on nous explique que les tam-tams et les percussions des nègres ont la même valeur artistique qu’une symphonie de Beethoven, on veut nous nous persuader que la vie d’une prostituée à Paris vers 1850 a autant d’intérêt que celle de Napoléon III, ou que les usages qu’on pouvait faire du parfum vers 1900 méritent autant de retenir l’attention que les causes de la Première guerre mondiale.

Cette tendance me paraît très dangereuse. Elle vise à tout niveler, à tout rabaisser. Elle donne à l’insignifiant et au dérisoire la première place.

Auteur: Procope

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6 Commentaires sur "(((Ivan Jablonka))), historien de l’insignifiant"

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10 mars 2018 20 h 48 min

Galf
11 mars 2018 15 h 32 min

De la sociologie en somme plus que de l’histoire, une science humaine mineure qui autorise une certaine liberté d’interprétation des faits.

Rho 2
11 mars 2018 15 h 59 min

S’attaquer au sublime, glorifier le médiocre ; cela est et a toujours été le mode de fonctionnement des prétendus penseurs juifs.
Car comme les nègres, ils crèvent de rage devant des sommets qu’ils ne pourront jamais atteindre.
Et de jalousie envers nous, qui les atteignons.

Jacot
11 mars 2018 19 h 17 min

Sans compter que les zouifs maîtrisent suffisamment le monde de l’édition pour décider de faire ou défaire une œuvre, une carrière… bref, au mieux de leurs intérêts.
Ah oui, au fait, Procope, je suis lecteur de Blanche Europe et j’aime l’histoire, mais ne connaissais ce (((Jablonka))). J’espère que ce n’est pas grave…
En tout cas, merci pour l’alerte…

autescousios
11 mars 2018 20 h 26 min

« Les lecteurs de Blanche Europe qui s’intéressent un tant soit peu à l’Histoire ont probablement entendu parler d’un certain (((Ivan Jablonka))), la nouvelle vedette de l’historiographie « française ». »

Non… jamais entendu parler…
Et après avoir lu l’article, je comprends pourquoi…

Rho 2
12 mars 2018 0 h 30 min

Je n’en avais pas entendu parler non plus et pourtant c’est aussi une de mes passions…
Ceci dit, il suffit que je voie une gueule kacher sur la couverture d’un bouquin pour l’écarter, en général !

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