Délires féministes : quand les « décodeurs » du Monde prétendent que « trois femmes ont fait mieux que Federer »

Alors que je regardais le site du Monde à la recherche de sujets à traiter, j’ai noté l’article que je commente ci-après en première position d’une liste des articles les plus partagés du Monde au cours de la journée écoulée.

Et si je ne mentionne quasiment jamais d’évènements sportifs sur Blanche Europe, le titre « Federer est le meilleur tennisman de l’histoire… mais trois femmes ont fait mieux que lui » était assez outrancier pour piquer ma curiosité.

La rubrique des « décodeurs », rappelons-le, est celle supposée lutter contre les « fausses informations », les « manipulations », etc. Elle a déjà été épinglée de nombreuses fois pour des mensonges grossiers (son article niant le grand remplacement, que j’avais analysé, était d’une mauvaise foi monstrueuse) ; mais il ne faut jamais craindre de trop répéter une vérité.

Le Monde :

En remportant, dimanche 28 janvier, à Melbourne, en Australie, son vingtième titre du Grand Chelem, le Suisse Roger Federer s’est hissé une marche plus haut au panthéon du tennis mondial. Il devance désormais de quatre longueurs son meilleur ennemi, l’Espagnol Rafael Nadal, vainqueur à seize reprises.

En revanche, trois femmes ont remporté plus de titres que lui : dans l’ère moderne, dite « ère Open », Serena Williams et Steffi Graf tiennent la dragée haute, avec vingt-trois et vingt-deux titres. Mais si l’on remonte encore plus loin, c’est l’Australienne Margaret Smith-Court qui conserve le record mondial : elle a remporté douze titres en tant qu’amateure avant de prendre une courte retraite, et de revenir collecter douze trophées supplémentaires en tant que professionnelle, une fois l’ère Open inaugurée.

Le titre de l’article du Monde laisse clairement entendre que trois femmes auraient réalisé des performances sportives plus impressionnantes. Le titre ne se focalise pas sur le seul nombre de titres du grands chelems, mais bien sur le fait que « Federer est le meilleur tennisman de l’histoire » et qu’elles auraient « fait mieux que lui ».

La comparaison du pur nombre de titres du grand chelem mentionnée dans le corps de l’article est exacte, mais le titre est mensonger en vrac parce que :

  • Le niveau absolu du tennis masculin est très supérieur. N’importe qui ayant regardé des matchs de Roland Garros à la télévision dans sa jeunesse (c’est sans doute le cas de la plupart des lecteurs français de Blanche Europe) a pu le constater. Le 200ème mondial chez les hommes mettrait sans forcer un 6-0 à la numéro un mondial chez les femmes. Il suit que le meilleur joueur masculin est le meilleur joueur d’ensemble.
  • Mais mettons que ce qui compte, ce n’est pas le niveau absolu, mais le niveau relatif dans son circuit. Il est alors pertinent de noter que le tennis masculin est nettement plus compétitif que le tennis féminin, notamment parce qu’il y a nettement plus de garçons qui vont pratiquer ce sport comme enfant et qui tenteront éventuellement de percer s’ils sont assez talentueux. C’est un phénomène qui se maintient dans l’écrasante majorité des sports (si on compte la gymnastique comme un sport, c’est sans nul doute plus compétitif chez les femmes), même si le tennis est loin de cas plus flagrants comme le football.
  • Cette plus grande compétitivité se confirme quand on regarde les records masculins et féminins en titres du grand chelem. Selon Wikipédia ; chez les hommes, Federer en détient 20, Nadal 16, Sampras 14, Djokovic 12, Emerson 12. Par contraste ; chez les femmes, Court en a 24, Williams 23, Graf 22, Moody 19, Evert 18, Navratilova 18. Faire un grand score est manifestement plus simple dans le circuit féminin.
  • Le titre mentionnant la carrière sportive en général, il serait juste de comparer les résultats au-delà des tournois du Grand Chelem. C’est cependant une comparaison technique qui demanderait du temps et que je n’ai pas les connaissances pour faire.

La comparaison du nombre de titres de grand chelem, quoique exacte en chiffres purs, est elle aussi mensongère :

  • L’article du Monde mentionne lui-même que les titre de Court datent de l’ère amateur, ou du tout début de l’ère professionnelle. Ils ne valent pas grand chose.
  • Les tournois du Grand Chelem sont disputés au meilleur des 5 sets chez les hommes, contre au meilleur des 3 sets chez les femmes. C’est une différence considérable, qui les rend beaucoup plus éprouvants physiquement pour les hommes ; alors que dans le circuit féminin ils sont assez semblables à un tournoi ordinaire.

Un autre record échappe à Federer : il n’a jamais remporté de tournoi du Grand Chelem en double. Il reste donc en dehors du cercle très fermé des six joueurs ayant gagné les quatre Open en double et en simple (Roy Emerson, Margaret Smith-Court, Doris Hart, Shirley Fry Irvin, Martina Navratilova et Serena Williams). Et encore plus loin du trio Smith-Court-Hart-Navratilova – trois joueuses qui se sont imposées sur les quatre tournois majeurs du circuit en simple, double et double mixte.

Je ne suis pas une experte en sports.

Mais ce paragraphe du Monde est tellement ridicule que son absurdité saute aux yeux ! Le double et le double mixte sont totalement secondaires par rapport au simple, et pour obtenir les meilleurs résultats en simple les joueurs de premier plan évitent de se fatiguer dans ces évènements qui n’intéressent pratiquement personne.

Pour essayer d’abaisser un des meilleurs sportifs de tous les temps au nom du politiquement correct, Le Monde aurait peut-être aussi pu nous trouver un champion de tennis en fauteuil roulant et nous l’affirmer super-champion grâce à un nombre supérieur de titres !

Auteur: Blanche

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2 Commentaires sur "Délires féministes : quand les « décodeurs » du Monde prétendent que « trois femmes ont fait mieux que Federer »"

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Earl Turner 31
10 février 2018 20 h 44 min

« Je pense vraiment que le tennis masculin et féminin sont très différents. Les hommes sont juste plus costauds que les femmes. C’est comme comparer des pommes et des oranges. » En juillet 2010, Serena Williams met fin à la guerre des sexes. La joueuse la plus titrée de ces 20 dernières années avoue même qu’elle « n’aurait aucune chance contre un Top 100 masculin ». L’Américaine n’a pas toujours tenu ce discours. Quand elle débarque sur le circuit WTA à la fin des années 90 avec sœur Vénus, son appareil dentaire et ses perles dans les cheveux, elle clame haut et fort pouvoir taper « n’importe quel mec du Top 200 ». Un homme va se charger de ramener les deux adolescentes à la raison.

[…] Braasch affiche alors 31 ans au compteur et fume toujours un paquet de cigarettes par jour (ce qui peut expliquer pourquoi il n’a gagné qu’un match au meilleur des cinq sets dans sa vie !). Déjà éliminé en simple et double dans ce tournoi du Grand Chelem, il traîne devant le bureau de l’ATP quand les deux sœurs Williams demandent si un garçon du Top 200 est disponible pour qu’elles puissent prouver ce qu’elles crient sur les toits depuis un moment. Braasch relève le défi. Après tout, il pointe bien au 203e rang mondial. […] Son adversaire a préparé la rencontre à sa manière : « J’ai descendu des cocktails et j’ai fait un parcours de golf ». Sûr de lui, Braasch se met un handicap supplémentaire : il ne s’autorise qu’une balle de service. […] Victoire en un set très sec 6-1. […] « C’était très dur, je ne pensais pas que cela allait être aussi dur, soupire-t-elle après le match. Je frappais des coups qui auraient été gagnants sur le circuit WTA, mais lui les rattrapait facilement ». Tellement facilement que Braasch grille une clope à un changement de côté.

Venus débarque alors pour venger sa cadette. A l’époque, l’ainée de la famille appartient déjà au Top 20 mondial et parait mieux disposée à résister. […] Défaite 6-2. Selon les témoins de ces deux rencontres, Braasch a presque semblé retenir ses coups. L’intéressé confirme, un rien chambreur : « Je ne pense pas qu’elle puisse battre un joueur dans les 500 premiers, parce qu’aujourd’hui j’ai joué comme un mec classé 600e ».

https://wearetennis.bnpparibas/fr_FR/articles/2013/04/09/karsten-braasch-le-fumeur-qui-a-ridiculise-les-soeurs-williams

Sven le latin
11 février 2018 1 h 01 min

outre l’endurance des hommes supérieure a celle des femmes, il y a aussi l’explosivité et la force de frappe dans la balle qui feront la
différence.

surtout que plus on approche des cimes du sport plus l’écart naturel entre hommes et femmes s’accentue, il n’y a qu’a voir en football féminin les dix dernières minutes du match sont souvent brouillonnes parce que les joueuses sont cuites.

idem en MMA ou les combats féminins sont souvent plus courts parce que se fatiguant plus vite les femmes offrent d’avantage d’opportunité a leur adversaire pour en finir.

j’entends souvent dire « ouais mais tu vois en fait les hommes sont plus forts et plus résistants mais les femmes sont plus rapides et plus endurantes donc en fait on est égaux »….. non. l’homme est plus fort, plus résistant, plus rapide, plus explosif et plus endurant c’est comme ça. la seule qualité ou la femme domine est la souplesse, précisément parce que sa masse musculaire, moindre en rapport a celle de l’homme, permet une meilleure élasticité des tendons et des ligaments
dernière chose, quand on vous sort que a gabarit égal la femme est aussi forte qu’un homme, rappelez lui qu’en moyenne l’indice de force relative (c’est a dire le rapport poids/puissance) est de 0,90 pour une femme alors qu’il est de 1,10 pour l’homme.

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