L’opposition des Églises chrétiennes au Troisième Reich

La fallacieuse comparaison de l’AfD entre Églises pro-invasion et les Églises sous le Troisième Reich

Même si l’AfD est présenté comme d’« extrême-droite », ce parti sacrifie tout de même à la rituelle condamnation du national-socialisme qui est la norme dans l’Allemagne vaincue post-1945.

RT :

L’une des chefs de file du parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) a accusé les Eglises allemandes d’adopter le « même rôle peu glorieux qu’elles ont joué » sous le nazisme. L’AfD se dit en effet opprimée par les prises de position du clergé, qui sortirait de ses attributions en faisant de la politique.

« Nous savons maintenant que les Eglises, peu importe qu’elles soient protestante ou catholique, sont totalement politisées », a déclaré Alice Weidel, vice-président du groupe parlementaire de l’AfD au Bundestag à l’hebdomadaire Focus, selon des extraits d’un entretien à paraître le 23 décembre, deux jours avant Noël.

Les représentants de ces religions ont ces derniers mois vivement critiqué l’AfD et son discours anti-migrants et anti-islam. Pour Alice Weidel, ils sont donc coupables de collusion avec le gouvernement allemand de la chancelière Angela Merkel, ennemie jurée du parti.

Même si les conflits d’influence politique entre les souverains et la papauté furent vifs et nombreux ; les Église chrétiennes en Europe opèrent depuis très longtemps sous le principe « Rendez à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu », inséré dans le Nouveau Testament et attribué à Jésus quand le christianisme a été adopté comme religion d’État par l’Empire Romain.

S’il n’a pas empêché l’Église de lutter pour ses intérêts propres, ce principe a consacré une distinction importante entre les affaires civiles relevant du souverain séculier et les affaires spirituelles ; à contraster avec ces religions où le droit civil n’est pas distingué du droit religieux.

Aussi, au fil des siècles et selon les pays, l’Église a adapté ses prises de position de sorte à éviter des conflits avec le pouvoir – elle prônait l’obéissance et la légitimité des monarques comme elle prône aujourd’hui la démocratie.

Cela ne veut cependant pas dire qu’il n’existe pas des questions politiques où les doctrines religieuses chrétiennes prônent une position précise – par exemple, sur la question de l’avortement ou du pseudo-mariage homosexuel.

Mais, et c’est l’évidence même ; soutenir l’invasion est une position politique sans rapport, et s’opposer aux critiques d’une autre religion est une hérésie totale. Ces positions sont le fruit de la cooptation de ces institutions de pouvoir par le régime anti-blanc.

« La séparation de l’Eglise et de l’Etat n’est plus respectée » et « de larges pans des Eglises, à quelques exception près, jouent le même rôle peu glorieux qu’elles ont joué sous le IIIe Reich », estime cette haute responsable de la formation habituée aux propos polémiques sur le passé nazi de l’Allemagne et qui a fait une entrée tonitruante au parlement avec près de 13% des suffrages lors des législatives de septembre.

« L’AfD est le seul parti chrétien qui reste » en Allemagne, a de son côté insisté Alice Weidel. Selon elle, l’Union chrétienne démocrate (CDU) d’Angela Merkel n’a rien de chrétien et « les valeurs chrétiennes n’y jouent plus aucun rôle ». Une référence à l’ouverture du pays à des centaines de milliers de demandeurs d’asile en grande majorité musulmans.

Les Eglises protestante et catholique allemandes ont peu protesté en tant qu’institution contre le régime national-socialiste (1933-1945), l’opposition ou la résistance étant essentiellement le fait de pasteurs ou de prêtres isolés. Ces derniers mois, elles ont toutefois pris à plusieurs reprises position contre l’AfD et ses positions anti-migrants. L’évêque protestant de Berlin, Markus Dröge, a ainsi appelé les chrétiens à quitter l’AfD.

Il s’agit d’un mensonge historique pur et simple.

D’abord, directement – parce que l’opposition ne se limitait en réalité pas à de simples individus isolés. Ensuite, parce qu’il y a une différence considérable entre s’opposer modérément et soutenir férocement, comme c’est le cas avec les positions pro-invasion des prêtres actuels.

Le conflit du régime national-socialiste avec les Églises chrétiennes

Naturellement, dès lors que les nationaux-socialistes ont acquis le pouvoir, les Églises ont évité d’attaquer trop directement le régime pour ne pas être interdites, mais leurs actions hostiles à celui-ci en tant qu’institutions sont loin d’être négligeables.

Kirckenkampf contre les Églises protestantes

La seule existence du terme de Kirchenkampf désignant le conflit entre le national-socialisme et les Églises chrétiennes invalide l’idée d’une coopération paisible.

Avec la bénédiction du gouvernement allemand et d’importants efforts de propagande, le groupe des « chrétiens allemands » obtint assez de soutien pour prendre le contrôle d’Églises membres de la Confédération des Églises Évangéliques Allemandes ; et transformer la confédération en une Église d’Allemagne fidèle au pouvoir.

Cette organisation nouvelle ne fut pas la cible d’attaques du gouvernement allemand ; mais beaucoup de protestants étaient très hostiles à cette transformation, et la Confédération se fractura rapidement.

Entre autres mesures qui suscitèrent la fureur de ceux qui formèrent l’organisation concurrente que fut l’Église Confessante, on peut citer la fusion des organisations de jeunesse protestantes avec les Jeunesses Hitlériennes, ou encore l’adoption par l’Église de Prusse du « paragraphe aryen » interdisant aux non-blancs (ce qui dans l’Allemagne de 1933 concernait essentiellement les Juifs) ou aux hommes mariées à une non-blanche d’être pasteurs.

Des individus comme le fameux Martin Niemöller luttèrent dès lors activement contre les tentatives du gouvernement allemand d’interférer dans les affaires religieuses. Même si cette opposition n’est pas à confondre avec une opposition générale aux doctrines national-socialistes, elle découlait directement d’un certain nombre d’incompatibilités qui motivaient l’interférence même.

Un mémorandum de mai 1936 adressé à Hitler et dénonçant ces interférences tout comme l’anti-christianisme et l’antisémitisme du régime entraîna l’arrestation de centaines de pasteurs anti-nazis. L’Église Confessante fut interdite l’année suivante.

L’Église Confessante comme l’Église pro-nazie ne parvinrent pas à emporter l’adhésion d’une proportion importante de fidèles qui préféraient rester neutres.

Mit Brennender Sorge

Le Kirchenkampf concerna aussi l’Église catholique.

L’action national-socialiste envers l’Église catholique fut assez prompte : dès 1933 fut négocié un concordat, signé le 20 juillet 1933, qui interdisait aux prêtres catholiques de se mêler de politique, tout en accordant des garanties comme la liberté du culte catholique.

Il y eut une lutte féroce contre toute forme de catholicisme politique et, en violation du concordat, le gouvernement allemand ferma diverses institutions comme les écoles catholiques, les organisations de jeunesse catholiques, etc.

De façon amusante, alors qu’aujourd’hui on n’arrête pas d’entendre parler des « prêtres pédophiles » (qui sont en fait des homosexuels abusant de jeunes garçons pubères), les procès de l’été 1936 contre des prêtres homosexuels sont présentés comme une sorte d’infâme persécution politique. Début 1937, Himmler déclarait que si ces procès reprenaient il y aurait encore beaucoup de prêtres homosexuels à condamner. Himmler, d’ailleurs, qui fut un des meneurs de la lutte anti-chrétienne du régime national-socialiste.

Les lois visant à stériliser les personnes atteintes de graves tares congénitales furent aussi un sujet de conflit majeur, l’Église prônant la libre reproduction des fous, des tarés, etc.

Il y eut aussi une lutte autour d’Alfred Rosenberg, dont le livre Le mythe du vingtième siècle fut mis à l’index des ouvrages bannis par l’Église catholique.

Rosenberg et son livre

Mais l’action anti-national-socialiste la plus connue et la plus significative des Églises chrétiennes est sans doute l’encyclique Mit Brennender Sorge émise le 10 mars 1937 par le pape Pie XI, copiée en secret pour être lue dans toutes les églises catholiques d’Allemagne, et qui condamnaient de façon indirecte mais très claire le gouvernement allemand.

Il serait trop long à analyser ici, mais on peut relever par exemple :

  • La ferme dénonciation de ceux accordant « trop » d’importance à la race ou au peuple. Pie XI les voulait subordonnés à la religion ; alors que les nationaux-socialistes voulaient la religion subordonnées à la race et au peuple.
  • Des dénonciations répétées des obstacles qui furent faits au plein exercice de la foi catholique et à la défense de ses préceptes hors des églises. De façon amusante, le pape invoquait une sorte de droit naturel à exercer librement son culte, alors que l’Église fut la première à combattre les hérétiques et infidèles dès qu’elle en avait le pouvoir.
  • Des critiques répétées des mesures adoptées par le gouvernement allemand contre le catholicisme et des appels aux fidèles à s’opposer à ces mesures (comme l’éducation obligatoire des enfants dans des écoles non-confessionnelles contrôlées par le gouvernement).
  • Une dénonciation de ceux appelant à rejeter l’Ancien Testament et divers passages du Nouveau Testament jugés « trop juifs », en soulignant qu’il s’agit de parts fondamentales de la doctrine chrétienne.
  • Une dénonciation de ceux qui utilisaient des termes semblables à certains utilisés par l’Église mais dans un autre sens ; comme parler d’une immortalité au travers de son peuple (une notion très juste biologiquement, culturellement, etc. si on accepte l’infini comme hyperbole) plutôt que d’une immortalité personnelle dans de supposés paradis ou enfer (dont on attend toujours la moindre preuve).
  • Une dénonciation de l’idée que l’Homme pourrait établir lui-même une morale, couplée avec l’idée que les « révélations » émanant de « Dieu » seraient la seule source possible possible d’une morale bonne et durable. Cette idée offense quiconque s’intéresse à la vérité objective ; ce qui en faisait donc une source de conflit considérable (et fondamentale) entre une Église prônant la primauté du dogme et cette branche du national-socialisme qui plaçait faits et logique au premier rang.

Que pouvait faire de plus le pape ? Appeler à une révolution armée où les fanatiques catholiques auraient été écrasés par le gouvernement allemand ?

Le Syllabus contre le racisme

Moins connu que Mit Brennender Sorge, le Syllabus contre le racisme d’avril 1938 est cependant une dénonciation très féroce des idées fondamentales du national-socialisme (et qui a le mérite de ne pas faire 10.000 mots). Il constitue une attaque aussi féroce contre les idées national-socialistes, si ce n’est plus, que les propos des prêtres pro-invasion ne sont une attaque contre l’AfD et ses idées.

Doctrine chrétienne du mariage
Selon la doctrine chrétienne authentique, épouser un non-blanc chrétien serait tout à fait acceptable, mais épouser un blanc non-chrétien serait un pêché capital.

Adressé aux établissements catholiques du monde entier, le Syllabus déclarait :

Les maîtres devront s’appliquer de tous leurs moyens, à emprunter à la biologie, à l’histoire, à la philosophie, à l’apologétique, aux sciences juridiques et morales, des armes pour réfuter avec solidité et compétence les assertions insoutenables qui suivent :

  1. Les races humaines, par leurs caractères naturels et immuables, sont tellement différentes que la plus humble d’entre elles est plus loin de la plus élevée que de l’espèce animale la plus haute.
  2. Il faut, par tous les moyens, conserver et cultiver la vigueur de la race et la pureté du sang ; tout ce qui conduit à ce résultat est, par le fait même honnête et permis.
  3. C’est du sang, siège des caractères de la race, que toutes les qualités intellectuelles et morales de l’homme dérivent comme de leur source principale.
  4. Le but essentiel de l’éducation est de développer les caractères de la race et d’enflammer les esprits d’un amour brûlant de leur propre race comme du bien suprême.
  5. La religion est soumise à la loi de la race et doit lui être adaptée.
  6. La source première et la règle suprême de tout l’ordre juridique est l’instinct racial.
  7. Il n’existe que le Cosmos ; toutes les choses, y compris l’homme, ne sont que les formes diverses s’amplifiant au cours des âges de l’ « universel vivant ».
  8. Chaque homme n’existe que par l’État et pour l’État. Tout ce qu’il possède de droit dérive uniquement d’une concession de l’État.

Le national-socialisme est inséparable des assertions 2 à 5. Il est à noter que la 3ème assertion est un fait objectif que toutes les connaissances scientifiques sur le sujet soutiennent (le mot sang est ici virtuellement synonyme de génotype).

Conclusion

La lutte entre le gouvernement allemand d’Hitler et les Églises chrétiennes est peu connue aujourd’hui, mais elle fut féroce, et que le bolchevisme a été considéré comme bien pire encore par ces Églises n’empêche pas l’existence de désaccords fondamentaux entre de multiples aspects de la doctrine chrétienne qu’il professait et le national-socialisme.

Une personne se proclamant à la fois pleinement national-socialiste et pleinement chrétienne ne peut en réalité qu’être l’un ou l’autre, parce que l’on ne peut avoir qu’un unique but suprême à la fois et que nationalisme et christianisme ont des buts suprêmes (bien du peuple contre fidélité à la religion) incompatibles.

Auteur: Blanche

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104 Commentaires sur "L’opposition des Églises chrétiennes au Troisième Reich"

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Pekam
7 janvier 2018 0 h 38 min

Il suffit de voir ce qui s’est passé en Belgique entre le clergé et Degrelle. Et pourtant Degrelle était un catholique plus que convaincu.

AA
7 janvier 2018 1 h 28 min
Anonyme
7 janvier 2018 19 h 39 min
LC987
7 janvier 2018 4 h 05 min

« Chaque homme n’existe que par l’État et pour l’État. Tout ce qu’il possède de droit dérive uniquement d’une concession de l’État. »

je ne suis pas d’accord moi non plus avec ça. C’est une logique de fourmi, une logique quasi communiste, et reprise par Kennedy dans sa formule célebre.

Or il est évident que l’état a été inventé pour les hommes et non l’inverse. Et encore plus pour les Blancs, qui ont une haute notion de la liberté (même si bien sûr il faut aussi se garder d’en faire un absolu)

Anonyme
7 janvier 2018 8 h 36 min

Le national-socialisme amalgamait des tendances fort diverses , certaines proches du cosmisme soviétique , d’autres voisines de la droite réactionnaire .
Jamais le III° Reich ne s’est opposé frontalement à l’Eglise
Si le régime eût survécu , que se serait-il passé ? Le poison chrétien aurait-il été dénoncé ouvertement ?
Nul ne peut répondre à une telle question .
Eugénisme et racialisme , c’est l’Héritage à préserver .

Snapdragon
23 janvier 2018 16 h 34 min

Comment sinon organiser la concentration de moyens permettant de lutter contre une (((autre))) organisation de moyens ??!!
Soyez un peu logique !
Le ns réussi l exploi d’un juste équilibre entre le collectif est l individu.
Bref vous vous dites ns mais ne l êtes foncièrement pas… comme les chrétiens.

Si on ne détruit pas le christianisme on est foutu ! C’est mathématique !

Saphnatio
7 janvier 2018 10 h 14 min

Alice Weidel est une lesbienne assumée en « couple » avec Sarah Bossard (une sri lankaise). Weidel vit avec cette crasseuse en Suisse, et elles élèvent ensembles 2 enfants adoptés. Weidel la lesbienne à l’AFD, une belle imposture. C’est comme la fiotte Philipot au FN, on a vu ce que cela a donné.

Aegishjalmur
7 janvier 2018 10 h 29 min

Merci Blanche pour cette salutaire mise au point ! Himmler effectivement était à la pointe dans le combat antichrétien, mais c’est une idée que partageaient beaucoup d’autres membres du Parti national-socialiste. Je pense en effet à Bormann, Heydrich – malheureusement assassiné – et surtout au Führer lui-même, qui dans ses propos de table n’a de cesse de dénoncer le christianisme…
On ne peut, en effet, pas être sincèrement national-socialiste si l’on se prétend chrétien : les deux sont totalement antinomiques !
Voyez l’ouvrage « L’Ordre SS, éthique et idéologie » d’Edwige Thibaut : dans l’élite de l’élite, la SS, le christianisme était rejeté absolument.
Dans cette controverse, il ne peut y avoir de demi-mesure : comme le rappelle fort à propos Blanche en fin d’article, ou l’on est NS ou on est chrétien – on ne peut sérieusement pas prétendre être les deux, des hommes comme Degrelle constituant l’exception qui confirme la règle…

Anonyme
7 janvier 2018 16 h 14 min

Ce n’est pas ce qu’en dit Reynouard dans ses livres.

duparc35
8 janvier 2018 9 h 03 min

« les deux sont totalement antinomiques », donc selon toi le NS était juif , comme le Catholicisme est l’ennemie depuis le debut.

Snapdragon
23 janvier 2018 16 h 38 min

Donc vous dites que le catholicisme est l ennemi des juifs… lol.
les faits les faits rien que les faits !

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