Agobard de Lyon et les origines de (((l’élite hostile)))

Traduction de l’article de The Occidental Observer.


Dans le cadre de l’introduction à ma série d’essais à venir, Talmud et Tabou, j’ai inclus un exposé général des développements clés de la relation historique entre Européens et Juifs. Au cours de cet exposé, je souligne la répression historique des réponses européennes aux comportements collectifs des Juifs, un aspect important et perpétuel des interactions judéo-européennes.

Cette répression, comme chose en soi, tend à être moins explorée et comprise comparée à l’attention consacrée à des manifestations plus évidentes d’influence juive (par exemple, une action pour influencer le contrôle de l’immigration), mais la considérer est crucial pour une compréhension complète des Juifs comme élite hostile.

Une définition théorique de ce que l’on veut dire par les « Juifs comme élite hostile » est aussi nécessaire, et est utilisé ici comme l’implication que non seulement les Juifs sont historiquement opposés/hostiles aux intérêts des masses européennes, mais aussi que les Juifs ont eu un accès direct au pouvoir politique, ou à des niveaux d’influence significatifs sur les élites européennes le possédant. En écrivant l’introduction de Talmud et Tabou, je me préoccupais principalement des origines de l’acquisition juive de ces pouvoir et influence en Europe, aux modes de son expression, et à son évolution au cours des siècles. En raison des restrictions de place dans l’introduction à Talmud et Tabou, je veux prendre ici l’opportunité de développer un tel exemple.

Jusqu’alors, notre meilleure compréhension des stratégies politiques juives modernes dans le contexte du « tabou » peut être trouvée dans le chapitre 6 de La Séparation et son Mécontentement : vers une Théorie Évolutionnaire de l’Antisémitisme de Kévin MacDonald, intitulé « Stratégies juives pour combattre l’antisémitisme ». Une section traite des « stratégies politiques pour minimiser l’antisémitisme ». MacDonald note que les Juifs ont été des stratèges flexibles dans le domaine politique, aidés par un QI substantiellement au-dessus de la moyenne européenne, et argumente que les fondations de l’influence juive sont la richesse, l’instruction et le statut social. Aujourd’hui les Juifs utilisent cette influence pour étouffer la discussion négative de leur groupe, et par moment pour étouffer toute discussion des Juifs tout court.

MacDonald souligne que cela est habituellement fait par le biais d’un important soutien communautaire à des « comités d’auto-défense », qui sont une caractéristique de toutes les populations de la diaspora. Ces comités, invariablement, font pression sur les gouvernements, utilisent et influencent les systèmes judiciaires, produisent de la propagande pro-juive et pro-multiculturelle, et financent des candidats ou initiatives pro-juifs. Une autre de leur fonction vitale est de surveiller et exposer les « antisémites », et d’utiliser les systèmes judiciaires afin d’infliger des punitions individuelles, faisant ainsi de ces individus un exemple et imposant par là une atmosphère dissuasive sur le reste de la population.

Il va sans dire qu’à l’époque contemporaine, les Juifs ont eu un grand succès pour faire de l’antisémitisme une affaire à mauvaise réputation. Peut-être plus que n’importe quel autre moyen d’humiliation, les accusations d’antisémitisme peuvent être socialement et professionnellement dévastatrices. Les études universitaires arguant que l’antisémitisme a une base rationnelle et compréhensible, tels les travaux de MacDonald, sont surveillés et exclus du discours académique dans un effort incessant pour maintenir un contrôle juif sur les discours concernant leur groupe et en déviant l’antagonisme à son égard.

Une idée fondatrice qui sous-tend la création de ce tabou nouveau est que l’antisémitisme est que l’antisémitisme serait une tare personnelle indiquant un trouble psychiatrique et une aberration sociale, parfaitement illustrée par les écrits de l’École de Francfort en recherches sociales. Bien qu’ayant atteint une position pratiquement monolithique dans l’esprit public de la plupart des populations européennes, il est particulièrement significatif que de telles conceptualisations de l’antisémitisme comme forme irrationnelle et inexplicable de maladie psychosociale sont extrêmement récentes, n’ayant été développées qu’au cours des soixantes dernières années par une caste d’intellectuels juifs – en particulier ceux au croisement de la psychanalyse et de l’École de Francfort.

Ce changement de perspective de la compréhension européenne de l’antisémitisme n’est pas du seulement à l’influence juive dans le monde académique, les médias, et aux développements de la politique sociale, mais aussi à une ignorance générale parmi les Européens des expériences historiques de leurs ancêtres. Les Européens ne peuvent pas faire face à l’influence juive purement en affrontant ses manifestations contemporaines – ils doivent interagir avec les expériences de leurs aïeuls, et comprendre comment et quand ils virent les Juifs comme une élite hostile.

Toute ces considérations m’ont menées à une question : quand et comment cette « élite hostile » a-t-elle débuté ? Bien qu’une influence juive a été remarquée au cours de la vie de l’Empire romain, j’ai exclu cette période de mes délibérations pour plusieurs raisons. La première est que je voulais une proximité contextuelle aux conditions actuelles ; autrement dit il me semblait nécessaire de trouver un exemple précoce d’influence juive qui reflète assez d’aspects de l’expérience moderne pour être généralement valable en comparaison. En dépit d’une prolifération de communautés expatriées, au cours de l’Empire Romain, ou au moins jusqu’au sac de Jérusalem par Titus en 70, les Juifs pouvaient être considérés comme d’abord un peuple national plutôt qu’une diaspora. On pourrait dès lors argumenter que les relations entre l’Empire Romain et ses populations juives pouvaient être comprises dans le cadre de la diplomatie et des relations de pouvoir traditionnelles.

Ce ne fut qu’après la démolition par Rome du second temple juif au premier siècle que la période de l’exil provoqua des formes significativement nouvelles d’activité politique juive. Ces activités politiques devinrent aussi uniformes, Amichai Cohen et Stuart Cohen notant à propos de la nouvelle diaspora :

Au-delà des variations dictées par les vastes différences de lieu et de situation, toutes les communautés juives ont développé et affiné un ensemble remarquablement similaire de stratégies [politiques] générales.

La deuxième raison est liée à la première au sens où cet ensemble de stratégies politiques juives devait être présente dans une large part géographique de l’Europe. Cette étendue de dispersion géographique, et l’extension subséquente des interactions juives avec les populations européennes, ne s’est produite qu’après la chute de l’Empire Romain.

Une troisième et dernière raison pour exclure l’Empire Romain est que ma condition préalable de proximité contextuelle nécessite que les États nations d’aujourd’hui soient globalement reconnaissables, au moins dans leurs formes embryonnaires. Enfin, les juifs de l’Espagne wisigothe, bien que riches, puissants, et incroyablement hostiles, ont été exclus en raison de leur échec à établir une relation avec les élites wisigothes. Cet échec a eu pour conséquence la plus fameuse l’assistance fournie par les Juifs à une élite de remplacement – les envahisseurs musulmans.

Cet ensemble de « stratégies politiques générales » auxquelles il est fait référence plus haut nécessite un développement supplémentaire. N’ayant pas d’État, et insistant à rester séparées de leurs nations hôtes, les populations de la diaspora juive ont développé un style de politique indirecte et parfois hautement abstrait pour promouvoir leurs intérêts. Dans les sources juives, c’est devenu connu sous le nom de shtadtlanut (« intercession » ou « pétition »), et représente une forme de diplomatie ou de politique personnelle et très impliquée qui, selon les mots des Cohen, « privilégiait la persuasion ».

À l’époque moderne, nous sommes habitués à des shtadlans tels que la Ligue Anti-Diffamation et l’AIPAC [ndt : des analogues américains de la LICRA et du CRIF]. Ces groupes affirment représenter tous les Juifs, et les intérêts de tous les Juifs, et font cela en interagissant avec, intercédant auprès de, ou « persudant » les gouvernements des pays hôtes et d’autres branches de l’élite blanche.

Cependant, le shtadlan comme vaste comité ou corps officiel est un développement relativement moderne, et était une réponse nécessaire à la fin de la monarchie absolue au début du dix-neuvième siècle (et à la montée correspondante de la démocratie parlementaire et de l’État moderne). Avant environ 1815, les Juifs poursuivaient souvent leurs intérêts par un petit nombre de shtadlans individuels très riches et « persuasifs » qui établiraient des relations personnelles avec un roi, un prince, ou d’autres membres puissants de l’élite européenne. C’était particulièrement prononcé au début de l’époque moderne, quand les hofjuden, ou juifs de cours, négociaient privilèges et protections pour les Juifs auprès des monarques européens. Un excellent exemple en est Daniel Itzig (1723-1799), le juif de cour des rois Frédéric II le Grand et Frédéric-Guillaume II de Prusse, qui utilisa sa fortune et son influence pour persuader ces monarques d’abolir de nombreuses restrictions à l’égard des juifs de Prusse et de leur accorder un ensemble de privilèges. Dit simplement, la concentration du pouvoir en des individus signifiait que les intérêts juifs pouvaient aussi être négociés par des individus.

Cependant, bien que nous voyions encore des échos des anciens shtadlans dans des individus tels que George Soros ou Sheldon Adelson, la dispersion du pouvoir politique suite à l’effondrement des monarchies absolues a nécessité un plus grand nombre de « persuadeurs » juifs, nécessitant ainsi le développement de l’organisation « diplomatique » juive moderne. Bien sûr, la majorité de ces corps modernes nient vigoureusement leur fonction politique ou « diplomatique », préférant se présenter comme des groupes d »« auto-défense » ou des abstractions semblables.

Écrivant au sujet du shtadlanut, Samuel Freedman a affirmé que les juifs sont :

devenus mariés à un « modèle de crise » dans la construction communautaire, dans lequel ou bien la commémoration de l’Holocauste ou l’opposition à l’antisémitisme constituent la raison d’être pour les grandes organisations communautaires, du Centre Simon Wiesenthal au Comité Juif Américain.

Cette dissimulation d’intérêts politiques plus profonds devrait être considérée comme une combinaison de tromperie (des Européens) et d’auto-tromperie (chez certains juifs) dans la stratégie juive plus générale, ou au moins comme un moyen destiné à accroître le recrutement des « persuadeurs ». Les Juifs (au moins ceux n’étant pas consciemment impliqués dans la tromperie) et les Européens sont ainsi poussés à croire que de tels groupes seraient nécessaires pour défendre et protéger une communauté vulnérable en crise, quand en réalité leur fonction primordiale est de promouvoir les intérêts d’une communauté très riche, culturellement invulnérable et politiquement puissante – une élite hostile.

À la recherche des origines de l’élite hostile, je cherchais donc les exemples les plus précoces d’une communauté de la diaspora juive pour laquelle il y avait une preuve de shtadlanut – l’obtention de privilèges et de protections d’une élite européenne, contraire aux intérêts de la population européenne.

Bien que je serais volontiers ouvert à des suggestions supplémentaires des lecteurs, le cas convaincant le plus ancien que j’ai trouvé concerne celui de la dynastie carolingienne à l’époque de la vie de l’archevêque Agobard (environ 779-840). Agobard était un prêtre né en Espagne, et archevêque de Lyon au cours de la renaissance carolingienne. Polémiste sans peur, Agobard a gagné renommée et notoriété au cours de sa vie – et une place dans la postérité – en exprimant son opposition à l’influence politique juive dans le royaume franc.

Les origines espagnoles d’Agobard sont importantes. Bernard Bachrach note qu’Agobard aurait été très au courant de l’étendue et de l’impact de l’influence juive, écrivant que :

Agobard fut né et élevé dans la Marche Espagnole et en Septimanie, où les Juifs étaient très puissants – il était conscient du pouvoir que les Juifs de la Narbonnaise avait exercé pendant des siècles.

Le contexte franc dans lequel se trouvait Agobard a aussi contribué à un conflit inévitable à Lyon. Bien que certains des premiers carolingiens avaient passivement toléré l’expansion régulière de l’activité économique juive dans le royaume franc, l’empereur Louis le Pieux (778-840) « systématisa » une « politique pro-juive » en éliminant ou ignorant des restrictions antérieures sur les Juifs, et en produisant une charte leur accordant un certain nombre de privilèges et protections.

Kenneth Stow remarque que « les chartes de privilèges que Louis Le Pieux a accordé aux marchands juifs étaient les précurseurs de toutes les autres que les Juifs recevraient dans l’Europe médiévale ». Ce que nous voyons ici, essentiellement, est la naissance d’une relation officielle et symbiotique entre juifs et élites européennes égoïstes. La charte de Louis Le Pieux mettait en place des lois qui protégeaient les Juifs et développaient aussi un dispositif administratif pour faire appliquer ses politiques – principalement par le poste de magister judaeorum. Louis encouragea l’activité économique juive en croyant qu’il serait personnellement enrichi en le faisant.

Cet « encouragement » impliquait des aspects très sombres. En particulier, il fermait l’oeil sur le comportement incroyablement hostile et souvent illégal des Juifs dans son royaume. Bachrach décrit les Juifs de Lyon comme « militants, agressifs et puissants », et note que Louis et ses fonctionnaires « ne tenaient apparemment pas compte des graves violations de la loi par les marchands d’esclave juifs qui achetaient et vendaient des esclaves chrétiens et enlevaient et castraient de jeunes chrétiens pour les marchés musulmans en Espagne ».

Le commerce juif d’esclave n’était bien sûr rien de nouveau, et ce n’était pas non plus inhabituel pour les élites européennes d’autoriser les Juifs à faire le commerce des esclaves. Le pape Gélase Ier (en fonction de 492 à 496) avait officiellement autorisé les Juifs à apporter en Italie des esclaves de Gaule, et Charlemagne avait aussi autorisé les Juifs à faire du commerce d’esclave durant le milieu du huitième siècle. Les Juifs espagnols du dixième siècle gagnaient l’essentiel de leur richesse en vendant des esclaves slaves aux califes en Andalousie.

William Phillips avance qu’au temps de Louis le Pieux, les Juifs « prédominaient » parmi les marchands d’esclaves alimentant l’Espagne musulmane. Ce qui sépare vraiment cette période des tolérances antérieures, cependant, est le fait qu’il était devenu connu que les Juifs sous Louis enlevaient, castraient et vendaient des chrétiens avec impunité – quelque chose qui n’étaient pas seulement illégal dans les territoires francs, mais à travers le monde chrétien. Et c’est là qu’Agobard entre en scène.

Selon Jeffrey Cohen, vers l’an 822 Agobard a débuté une campagne contre les Juifs à Lyon, sur la base de son « horreur face aux indications que les Juifs bénéficiaient d’un statut social supérieur à celui des chrétiens ». Son principal centre d’attention depuis le début était le problème du commerce juif d’esclaves chrétiens. Dans une lettre intitulée « De l’insolence des Juifs », envoyée Louis le Pieux en 826-827, Agobard expliquait :

Au moment où je venais de dicter ces pages, il nous est arrivé, fuyant du fond de l’Espagne, c’est-à-dire de Cordoue, un homme qui disait avoir été furtivement enlevé par un juif, à Lyon, il y a vingt ans, n’étant encore qu’un petit enfant, et vendu comme esclave. Il s’est enfui d’Espagne, cette année même, avec un autre chrétien, qui avait été pareillement dérobé, à Arles, par un juif, il y a six ans. Sur cela nous avons cherché des personnes qui connussent cet ancien habitant de Lyon ; nous en avons trouvé et il nous a été affirmé que bien d’autres chrétiens ont été ou volés ou achetés par le même juif pour être revendus. On nous a aussi parlé d’un autre juif qui, cette année même, a enlevé et vendu un enfant. Enfin, on vient de découvrir que plusieurs chrétiens ont été livrés par d’autres chrétiens à des juifs, et que ceux-ci exercent sur ces esclaves des actions infâmes qu’on aurait honte d’écrire.

Agobard insiste dans sa lettre que sa campagne impliquait de prêcher « aux fidèles de ne pas vendre aux juifs des esclaves chrétiens, de ne pas souffrir non plus que les juifs vendissent des esclaves chrétiens aux Sarrasins d’Espagne » ni d’avoir des chrétiens comme domestiques.

Agobard et ses associés ont aussi apparemment délibérément cherché et baptisé des esclaves des juifs afin qu’ils soient placés sous la protection théorique de la loi et libérés de l’esclavage juif. L’erreur cruciale d’Agobard fut de croire que la loi serait appliquée. Bien qu’au courant de la richesse et du pouvoir juifs, il était confronté à quelque chose de très nouveau – la naissance de l’élite juive hostile. Les Juifs avaient forgé une alliance avec Louis le Pieux par le biais d’une forme embryonnaire de shtadtlanut, et leur réponse immédiate en apprenant le début de la campagne d’Agobard (et en particulier qu’Agobard avait baptisé et protégeait un esclave appartenant à un juif) fut de se tourner vers leur allié royal. Louis, craignant que la base économique de son arrangement avec les Juifs serait menacée par le prêtre renégat, obligea volontiers, et envoya le magister judaeorum pour mettre au pas Agobard.

La difficulté d’Agobard à accepter la trahison spirituelle et ethnique de l’empereur est évidente dans sa lettre, et durant un certain temps il semble avoir cherché de multiples explications quant à l’échec de Louis pour se ranger du côté de son peuple. En lisant cela récemment, je suis devenu assez ému en songeant que nous les Européens avons encore du mal à accepter l’ampleur de la trahison parmi nos élites plus d’un millier d’années plus tard – les mots d’Agobard se lisent à la fois comme tragiquement naïfs et sinistrement prophétiques. En commençant avec son incompréhension que Louis accorderait aux Juifs une charte officielle, Agobard écrit :

Tout d’abord les juifs commencèrent par venir me présenter un diplôme1 portant votre nom ; ils en présentèrent un autre au vice-gouverneur (vicomte) du comté de Lyon, ordonnant à celui-ci de prêter main-forte aux juifs contre moi. Quand même ces diplômes étaient dressés en votre nom, quand même ils étaient scellés de votre anneau, nous ne pouvons en aucune sorte croire qu’ils soient émanés tels de votre jugement et autorité. Les juifs s’en prévalurent aussitôt avec l’insolence la plus odieuse, menaçant de faire tomber sur moi tous les châtiments par les commissaires dont ils annonçaient avoir obtenu l’envoi pour tirer vengeance des chrétiens.

Après les juifs, Evrard, leur magistrat, vint aussi me trouver, me répétant les mêmes paroles, et m’affirmant que Votre Majesté était dans une grande irritation contre moi à cause des juifs.

Enfin, les commissaires susdits arrivèrent à Lyon, ayant dans leurs mains les lettres qui les accréditaient de votre part, et des capitulaires ou instructions dont il ne nous est pas possible d’admettre que la teneur exprime vos ordres.

Malheureusement pour Agobard, il a été appelé à la cour à l’instigation des Juifs. Bernard Bachrach commente que :

Les Juifs […] étaient vivement représentés par un défenseur puissant. Ils avaient aussi des amis influents à la cour. […] La cour ne jugea pas seulement contre Agobard, mais l’empereur ajouta l’humiliation personnelle de l’écarter de son palais de façon péremptoire. Louis fournit aux Juifs un diplôme portant le sceau impérial qui était témoin de leur victoire.

Persistant dans sa conviction que l’empereur ne pourrait pas se ranger du côté des Juifs plutôt que de son propre peuple, Agobard continua de délivrer des sermons contre les Juifs et d’écrire à Louis en s’expliquant (comme vu ci-dessus dans les extraits d’une telle lettre). Il insistait que Louis avait été mal informé ou que les édits portant son sceau étaient des faux. Barchach écrit qu’Agobard croyait que Louis et les autres élites de la cour « étaient ou bien des pions des intérêts juifs ou agissaient par mécompréhension de la situation ». Ce qu’il n’arrivait pas à considérer était la possibilité que ces personnages soient des complices volontaires des Juifs, formant ensemble une élite hostile.

La patience de l’élite hostile finit par s’amenuiser. Alors que l’envoyé de l’empereur partit pour Lyon « avec pléthore de documents pro-juifs et plénipotence pour appliquer la politique du gouvernement, Agobard fuit ». Agobard nota depuis son exil que « la joie des juifs ne connut plus de bornes ». Il ajouta que beaucoup de ses associés « s’enfuirent, [se] cachèrent, [ou] furent emprisonnés ». Les prêtres qui lui étaient loyaux furent menacés par les Juifs et les agents royaux, et en conséquence « ils furent obligés de dérober leur présence ».

Les efforts subséquents pour lutter contre l’influence juive dans les terres franques furent forcés d’employer des formes plus abstraites et indirectes plutôt qu’en « s’opposant ouvertement à la politique impériale ou en s’attaquant directement aux Juifs ». Jeffrey Cohen remarque que, à la fin, Agobard a complètement échoué à modifier la politique carolingienne concernant les Juifs, ou à prévenir son évolution futur. En dépit de cet échec, Agobard est entré dans la conscience juive comme une figure haïe emblématique, avec le militant et historien juif du dix-neuvième siècle Heinrich Graetz le comparant à « l’infâme Haman » du Livre d’Esther. Il ne fut délogé de l’immensité amère de la mémoire juive que quand le vingtième siècle fournit aux Juifs un nouveau « Haman », et un nouveau chapitre dans l’histoire larmoyante qu’ils écrivent sur eux-mêmes.

Conclusion

L’histoire soulignée ici est importante dans l’histoire de la question juive pour un certain nombre de raisons.

La première est que c’est un exemple très précoce de lutte d’intérêts non-religieuse en Europe Occidentale, car bien que nous voyons deux communautés religieuses en confrontation, la base de leur confrontation n’est pas spirituelle. Comme le concède Jeffrey Cohen, les « plaintes bien connues » d’Agobard « concernant les Juifs étaient loin d’être équivalentes à une dénonciation théologique systématique ».

Plutôt que la théologie, sa plainte « traite un ensemble de questions particulières, pratiques ». Ces « questions particulières, pratiques », concernait l’hostilité juive envers les Européens, l’abus d’européens par les Juifs, et l’étendue des privilèges, protections, richesse, et influence politiques juifs dans les sociétés européennes. Ces questions, plutôt que les présumés « préjugés », « névroses, ou « pathologies religieuses » postulées par les intellectuels juifs, sont les éléments perpétuels sous-tendant la question juive depuis plus d’un millénaire. Elles ont provoqué une réponse entièrement rationnelle – des efforts européens pour répliquer, ou, comme ils ont fini par être appelés, « l’antisémitisme ».

L’aspect peut-être le plus important de l’histoire d’Agobard est qu’elle révèle l’origine de l’un des aspects les plus désagréables du pouvoir juif – sa dépendance sur la coopération avec nos propres élites. Ce n’est qu’en s’impliquant dans une relations symbiotiques avec nos propres dirigeants corrompus que les Juifs peuvent obtenir un plein accès au pouvoir et une impunité en en usant.

Aussi, nous devrions mieux comprendre que répondre à la question juive impliquera nécessairement d’affronter le problème de comment nous nous gouvernons et de la qualification selon laquelle nous sélectionnons nos élites. Si les Blancs possèdent un faible sentiment d’ethnocentrisme et un fort sentiment d’individualisme (c’est certainement le cas comparé aux Juifs et aux autres non-Blancs), alors cela devrait provoquer une discussion sur comment lier le sort de nos dirigeants ou gouvernements à celui de nos peuples.

Dans les temps anciens, les sociétés celtiques et nordiques poussèrent cette idée à l’extrême, sacrifiant les rois dans les temps de famine ou de difficulté (voyez, par exemple, l’Ynglinga Saga). Le sort du roi était assez littéralement lié à celui du peuple – si le peuple souffrait, le roi souffrirait plus que quiconque. Alors que le temps avançait, les rois sont devenus cloîtrés dans leur hiérarchie, leurs palais toujours plus grand et plus lointains. Puis vinrent les parlements et les politiciens, eux aussi toujours plus distants des besoins de la masse et de la direction de ses intérêts. La responsabilité fut dans tous les cas réduite à rien.

Pour conclure, alors que j’écris cette nouvelle arrive d’autriche. Le jeune prodige Sebastian Kurz a émis un communiqué :

La bataille contre l’antisémitisme et notre politique de tolérance zéro contre toutes les tendances antisémites m’est très importante. C’est une condition préalable claire pour la formation de toute coalition sous ma direction.

Oh, Agobard, mon frère des siècles passés, je partagerais tes sentiments d’incrédulité, si je n’avais pas vu la même traîtrise se jouer depuis plus d’un millier d’années.

1. Diplôme est utilisé dans son sens premier, aujourd’hui vieilli : « Pièce officielle (primitivement pliée en deux et scellée) émanant d’une autorité souveraine, établissant un droit, un privilège. »

Auteur: Blanche

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13 Commentaires sur "Agobard de Lyon et les origines de (((l’élite hostile)))"

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AA
2 janvier 2018 12 h 44 min

Cela dure depuis trop longtemps ! La seule solution passera par les armes !!

Bardamu
5 janvier 2018 8 h 09 min

Napalm!

Bardamu
5 janvier 2018 8 h 09 min

Napalm!

Michael
6 janvier 2018 13 h 09 min

Sieg Heil camarades!

AA
6 janvier 2018 18 h 11 min
dtc
2 janvier 2018 15 h 25 min

Quand je vois ce vitrail, il me fait penser aux pierres que les anciens japonais avaient errigées pour alerter leurs descendants des REELS risques de tsunami.
Les mêmes qu’on nous a apprises à réinterpretter en dépit du bon sens.
Le malheur avec le dénis, c’est qu’il n’empêche en rien les faits de se dérouler; il ne fait au contraire qu’en amplifier les conscequences.

Bardamu
5 janvier 2018 8 h 10 min

???

Michael
6 janvier 2018 12 h 46 min

j’y vois notre histoire, des élites et érudits cupides soudoyés avec des shekels.

Michael
6 janvier 2018 13 h 01 min

formidable lorsqu’on étudie l’histoire comme soudain tout ce que nous vivons s’explique, s’éclaire et s’illumine, nous devenons des illuminatis héhé.
« Le vrai pouvoir, c’est la connaissance. » (Francis Bacon)

Excellente lecture Blanche, merci.

En passant
6 janvier 2018 13 h 48 min

 » aidés par un qi substantiellement au- dessus de la moyenne européenne « .
C’est archi faux.

dissident
9 janvier 2018 21 h 37 min

Agobard, ce nom me disait quelque chose, mais je ne connaissais pas son histoire, gloire a Agobard son histoire est incroyablement proche de notre epoque ou les juifs sont si puissants et les « elites » constituant leurs larbins, pour ces dernieres je me demande depuis longtemps si c est par imbecilite ou pour s enrichir en profitant de leur « rang » en alliance avec la juiverie

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