David Lane : L’Enlèvement des Concubines – Chapitre IV (quatrième partie)

On peut retrouver ici le sommaire du roman.

Chapitre IV : Le sauvetage (quatrième partie)

« À l’école, on nous disait que les gars de la DBP violaient toutes les femmes sur lesquelles ils pouvaient mettre la main, et apparemment cette Shirley était une ‘traîtresse à sa race’ comme tu dis. Si j’avais été toi, je l’aurais violée, cette pute ». Son ton venimeux trahissait sa colère d’apprendre qu’une « ex » avait existé dans la vie d’Éric et qu’elle l’avait si mal traité.

« Pas impossible que des jeunes de la DBP aient pu saillir des traîtresses à leur races à un moment ou un autre », reconnut Éric. « Il y a fort à parier que les pirates vikings ont laissé derrière eux peu de vierges quand ils pillaient les couvents remplis de nonnes il y a douze siècles. Prendre les femmes des ennemis vaincus, c’est vieux comme le monde. Mais les vieux briscards de la DBP qui voient loin ou qui sont naturellement de profonds penseurs ne sont pas du genre à prendre les femmes de force. Je ne dis pas que c’est mal. Les wotanistes ne croient pas un mot des sornettes chrétiennes sur le « sexe peccamineux » et ce que tu appelles un viol n’est au fond qu’un acte de guerre. Mais il rend brutaux ceux qui le pratiquent et abîme leurs instincts de protection et de soin envers le sexe faible. Comme je crois au principe de la direction par l’exemple, c’est quelque chose que je ne ferais jamais. »

« En outre, prendre une femme de force n’est pas intéressant. La nature a fait les hommes plus grands, plus rapides et plus forts pour pour qu’ils puissent attraper les femmes. Mais ce n’est pas du jeu. Ça le devient quand il s’agit de faire que la femme veuille aussi ce que veut l’homme. Enfin, c’est ainsi que je vois les choses. »

« Tu sais ce que j’apprécie chez toi ? » lui demanda-t-elle, posant sa main sur la sienne.

« Non, dis-moi. »

« Je sais que tu me dis la vérité. Tu aurais pu me violer au lieu d’être si doux. Tu avais tout le pouvoir et moi j’étais ta prise. »

« Et ça, ce n’est pas un jugement hâtif ? » plaisanta-t-il.

Le temps s’était vite écoulé. Il était sept heures du matin. « Je dois aller bosser », fit Éric, sautant du lit.

Ils se firent un doux baiser, plein de sentiments tacites, et leur au-revoir fut tout le contraire de celui de la veille.

Dory arriva à l’école avant Sheila et se mit à allumer le poêle. Quand Sheila arriva, elle lisait un livre sur l’Histoire de l’Europe qui avait été publié il y a plus d’un siècle. Elles se saluèrent avec effusion, puis Dory lui dit : « Bon sang, on dirait que l’Histoire a été sacrément ré-écrite depuis le siècle dernier, non ? »

« Pour sûr. Et si tu crois que les livres d’Histoire européenne modernes sont mauvais, tu n’as pas encore vu ce qu’ils ont fait à l’Histoire américaine. Tout est dit dans les 19ème et 39ème Préceptes, qui donnent la raison pour laquelle le système ré-écrit l’histoire. »

Dory sortit son exemplaire des 88 Préceptes. Le 19ème disait : « Un peuple qui n’est pas convaincu de son caractère et de sa valeur uniques est condamné à périr ». Et le 39ème : « Un peuple qui ignore son passé gâchera son présent et détruira son avenir. » Elle sentit monter en elle la colère du juste, comprenant qu’on lui avait menti toute sa vie. Elle ne s’étonnait pas que les hommes de DBP voulussent se battre, tuer et même mourir pour ce en quoi ils croyaient.

« J’ai tant de choses à apprendre avant d’oser enseigner quoi que ce soit ! Est-ce que je peux rester derrière mon pupitre et observer encore une fois aujourd’hui ? » demanda-t-elle à Sheila.

« Bien sûr, prends tout ton temps. Je ne suis pas encore hors service, j’ai encore plusieurs semaines devant moi, je pourrais faire cours. »

En relisant les Préceptes, Dory tomba sur le 35ème, qui lui fit repenser à quelque chose qu’elle avait dit à Éric. Le précepte disait : « L’homosexualité est un crime contre la Nature. Toute la Nature affirme que l’objet de l’instinct d’union sexuelle est la reproduction et, donc, la préservation des espèces. L’impérieux appétit sexuel masculin doit être canalisé vers la possession de femmes de la même race, ainsi que d’éléments comme le territoire et le pouvoir, qui sont nécessaires pour les conserver. »

Elle lui avait raconté son aventure avec Gloria et il n’avait pas eu l’air choqué. Elle se dit qu’il fallait lui poser la question et laissa cela dans un coin de sa tête.

Absorbée par ses études et par la conversation avec Sheila à la récréation, sa matinée passa à toute vitesse. Lorsqu’elle revint au chalet, qui était vide, elle prépara le repas de midi et attendit impatiemment le retour d’Éric.

À son retour, ils se saluèrent avec une familiarité qui allait croissant, doublée d’affection et d’aimable conversation.

« Irons-nous faire des courses cet après-midi ? » demanda-t-elle.

« Bonne idée. Je vais devoir débiter un peu de bois pour faire la nouvelle cloison, pendant ce temps, tu pourras marauder pour trouver des babioles. Juste après le repas, il faudra que je descende dans la planque à véhicules pour prendre un bahut. »

Ils parlèrent des choses qu’elle voulait voir décorer le chalet, puis elle en vint au sujet qu’elle avais mis dans un coin de sa tête un peu auparavant.

« En étudiant les Préceptes ce matin, je suis tombée sur celui qui disait que l’homosexualité était un crime contre la nature, mais pourtant tu n’as pas eu l’air choqué quand je t’ai dit ce que j’avais fait avec Gloria. Comment ça se fait ? »

Éric fit appel à ses connaissances sur l’Histoire et la nature humaine pour répondre à sa question.

« Tu sais, Dory, dans toute l’Histoire connue, on a retiré aux femmes l’accès aux hommes, autrement dit aux appétits sexuels voulus par la nature. Je pense aux couvents de bonnes-soeurs, aux harems, aux écoles de filles. Et bien sûr, en temps de guerre, la population masculine était décimée. Dans ces conditions, les femmes satisfaisaient souvent entre elles leurs besoins sexuels. Je crois qu’on a tort d’appeler lesbiens ces rapports-là, ce ne sont que des succédanés de rapports avec des hommes. Une lesbienne est une femme qui préfère vraiment le sexe avec une femme au sexe avec un homme, et dans notre race, il n’y en a pas beaucoup. Les femmes ont de bons instincts. Même si elles ont eu une aventure avec une des leurs, dès qu’un homme correct fait son apparition, elles le préféreront presque invariablement comme partenaire sexuel. Tout comme toi. Tu me préfères à Gloria, hein, dis ? »

« Mais bien sûr, gros bêta », rit-elle nerveusement.

Éric poursuivit. « Et puis de toute façon, comme les wotanistes ne croient pas en la fadaise que ‘le sexe est peccamineux’ et que rien n’est plus dangereux pour la liberté d’un peuple que les lois non-nécessaires et la gendarmerie des fesses, ni le lesbianisme ni les succédanés d’hommes ne méritent qu’on en fasse tout un plat. »

« Mais qu’en est-il du triolisme, deux filles et un garçon, où les filles lui font un spectacle ? On dirait que c’est le grand fantasme des bonshommes. »

« Eh bien, je ne peux pas vraiment te répondre, mais comme tu l’as dit, c’est un spectacle pour lui. Il me semble qu’il y a un homme au cœur de l’affaire, donc pour moi, ce n’est pas du lesbianisme, même si elles aiment ça. Shirley m’avait dit qu’elle pensait que la plupart des femmes avaient le désir secret d’expérimenter le sexe avec une femme à un moment dans leur vie. Peut-être qu’elle se trompait, mais je sais que les femmes sont des actrices-nées et qu’elles adorent se donner en spectacle. »

« Dis-donc, pour un homme, tu en connais un bout sur le sujet », fit-elle remarquer. « Et oui, je crois aussi que beaucoup de filles veulent essayer avec une autre fille au moins une fois. J’ai même eu le béguin pour une de mes profs un jour. Et ça ne me gênerait pas de te faire un spectacle, mais personne ne m’avait vue quand j’étais avec Gloria. »

« Donc, tu penses que les filles qui font du triolisme aiment vraiment le sexe avec l’autre gonzesse ? » demanda-t-il.

« Ma foi, à moins d’avoir des blocages, c’est fatal. Je veux dire, le corps d’une fille répond au toucher, surtout à certains endroits. Une langue ou un doigt qui vient se fourrer, ou qui chatouille son bouton d’amour, et son esprit fout le camp, son corps se tortille de désir. C’est tout ce que je peux te dire », répondit-elle.

« Maintenant, à toi d’être honnête. Tu aurais aimé me voir avec Gloria, pas vrai ? »

« Bigre ! Tu aimes me mettre sur la sellette. Bon, tu as été sincère, alors moi aussi. Les hommes perdent la tête en voyant le corps des femmes, donc en voir deux est doublement excitant. Et puis, je suis un homme. Mais en ce moment, je suis content avec une seule femme, et cette femme, c’est toi. »

Le sourire radieux de Dory et sa réponse en un mot (« bien ») convainquirent Éric qu’il avait dit ce qu’il fallait.

« Donc le Précepte concernait l’homosexualité des hommes, si je comprends bien ? » demanda Dory.

« Je crois que oui. Les pédés répandent des maladies et couchent avec n’importe qui. Et le plus important, c’est qu’en temps de péril racial, nos hommes doivent combattre pour les femmes et le territoire. »

« Donc vous tuez les pédés ? »

« S’ils sortent de leurs latrines et défendent leur ‘mode de vie’, je suis sûr que la DBP les exécuterait. »

Comme ils avaient terminé leur repas, la discussion prit fin. Éric partit chercher une camionnette tandis que Dory faisait la vaisselle. À son retour, il demanda à Dory de prendre son pistolet parce que personne ne quittait le village sans arme. Il prit pour son compte un fusil d’assaut. Ils se mirent en route en direction de la bourgade bombardée.

En chemin, Dory lui dit : « J’ai une autre question. »

« Je t’écoute. »

« Qui sont les Fils de Muspell et comment ont-ils eu le pouvoir de condamner à mort notre race ? »

« Fichtre ! C’est une bonne question, très pertinente. Permets-tu que nous attendions l’heure du dîner pour survoler un peu d’histoire vraie sur le pouvoir de l’argent et sur les gens qui se désignent comme les créatures préférées de Dieu ? »

« Les Fils de Muspell et les créatures préférées de Dieu seraient les mêmes ? » demanda-t-elle.

« Oui, d’ailleurs leur histoire particulière et le pouvoir de l’argent font partie des sujets les plus importants que tu dois comprendre pour devenir une bonne enseignante. »

Éric se gara dans une rue où quelques maisons non-endommagées tenaient encore debout, les unes contre les autres. Muni d’un pied de biche, il entra dans l’une d’icelles tandis que Dory partait en exploration. Trois heures plus tard, ils étaient de retour chez eux, la camionnette remplie de matériaux de construction et d’une variété de meubles, d’ustensiles et de décorations. Deux heures encore, et tout fut rangé dans le chalet. Ils pouvaient passer à table.

Après le dîner, Dory remit sur le tapis le sujet des Fils de Muspell, mais à ce moment précis, Éric tendit l’oreille et dit : « Écoute ». Le son d’instruments de musique folklorique pouvait se deviner dans l’air frais du soir.

« Nous pourrons en parler plus tard. Ce sont nos musiciens. Ils y a sûrement une danse impromptue. Allons nous faire beaux et rejoignons-les. » Remarquant qu’il ne lui laissait guère de choix, il ajouta : « Si tu veux bien. »

Dory était tout à fait ravie de l’idée et lui demanda naturellement le genre d’habits qu’elle devait porter.

« La plupart des gonzesses seront en jupe longue pour danser le quadrille », avisa-t-il.

Une heure plus tard, les nouveaux concubins firent leur entrée dans la salle du village au son de la musique entraînante qui venait des harmonicas, des guitares, de l’accordéon et du violon. En arrivant, plusieurs villageois prirent la peine de saluer encore une fois Dory.

Dans le flot d’arrivants, elle remarqua Trebor. Bien que le plus âgé de ses ravisseurs portât des habits peu apprêtés pour les festivités du soir, il y avait comme une aura de dangereuse réserve qui émanait de sa silhouette fine et compacte, et tout le monde le traitait avec une déférence particulière.

Il était accompagné de deux jeunes femmes d’une beauté inhabituelle, que Dory redouta instinctivement, comme l’exige la rivalité féminine naturelle. Elle fit une bourrade sur les côtes d’Éric et lui dit :

« J’imagine que ce sont les deux concubines que Trebor a capturées, pas vrai ? »

« Ouaip. »

« Elles sont plutôt mignonnes, qu’est-ce que tu en penses ? » Elle cherchait une contenance auprès d’Éric, voulant s’assurer qu’elle était plus jolie que les deux élégantes qui approchaient d’eux, au bras de Trebor.

Sagement, Éric répondit : « Pas autant que toi. »

« Blanc-Paysan », dit Trebor en guise de salutation à Éric, qui lui rendit la pareille, alors qu’ils se serraient les avant-bras.

« Dory. » Il la salua courtoisement, en inclinant la tête.

« Trebor », répondit-elle avec correction.

« Candy, Heather, je vous présente Dory. Dory, Candy et Heather ». Polies et un peu guindées, les trois femmes se serrèrent la main en se toisant. Trois jolies femmes dans un si petit groupe font une combinaison volatile, pensèrent les deux hommes.

Après une démonstration de danse de « clogging » – une sorte de danse à claquettes, mais sur un rythme marqué et une musique entraînante – faite par une douzaine d’enfants et de jeunes gens, on fit passer l’hydromel. Comme chacun but une gorgée à tour de rôle, quelqu’un proposa de trinquer à un héros ou une héroïne d’Urd, de Verdandi ou de Skuld.

« Qu’est-ce que ça veut dire ? » demanda Dory en murmurant.

« Ce sont les Nornes, les trois déesses du destin, des sœurs. Urd représente le passé, Verdandi le présent et Skuld l’avenir. »

« Qu’est-ce que je vais dire quand ce sera mon tour ? Je ne connais aucun héros ou héroïne. »

« Les dieux et les déesses sont nos ancêtres. Tu peux toujours trinquer à l’un d’entre eux. »

« D’accord, mais lequel ? Quel nom je prends ? »

« Que penses-tu de Freyja ? Tu n’as qu’à lever ton verre et dire ‘À Freyja, déesse de l’amour et de la beauté’. »

Quand elle leva son verre à la santé de la déesse, un choeur enthousiaste de « Hailsa » surgit parmi les convives pour qu’elle se sente la bienvenue. Après avoir trinqué, on dansa le quadrille et la polka, qui plurent à l’âme aryenne de Dory, malgré leur nouveauté.

Bientôt, Éric et Dory étaient confortablement lovés dans leur lit, mais pour la première fois, ils ne se sentirent pas poussés par la passion érotique. L’agrément de la conversation leur semblait un plaisir suffisant, mais ni l’un ni l’autre n’avait pour autant envie de dormir.

« Alors, tu me diras pour les Fils de Muspell ? » revint-elle à la charge.

« D’accord, mais c’est un sujet vaste et important. Si tu te fatigues ou si tu as des questions, tu n’as qu’à m’interrompre, d’accord? »

« D’accord. »

« Bon, il faut d’abord que tu te représentes le continent européen, où la plupart des nôtres vivaient il y a deux mille ans. Tu y es ? »

« J’y suis, mais en gros, puisque je ne pourrais pas te citer tous les pays ni reconnaître leurs frontières. »

« Mais tu peux visualiser la mer méditerranée, avec l’Europe au-dessus et à l’ouest, et la Palestine, qu’on appelle aussi Israël, tout à l’est. Tu vois ? »

« Oui. »

« Eh bien, il y a deux mille ans, les nôtres avaient leurs religions organiques bien à eux, la plus commune d’entre elles étant ce que nous appelons aujourd’hui le wotanisme, avec le dieu Wotan – qu’on prononce ‘Votanne’ – comme son dieu suprême. Dans les îles britanniques et en Scandinavie, il était appelé respectivement Woden et Odin. »

« Au même moment, à plus de deux mille kilomètres de là, à l’extrémité orientale de la méditerranée, existait une tribu de banquiers et de marchands qui contrôlait le commerce entre les trois continents d’Asie, d’Afrique et d’Europe. Par exemple, l’ivoire d’Afrique, les épices d’Asie, les métaux et les fourrures d’Europe. Le philosophe grec Strabon et d’autres de ses contemporains disaient que cette tribu de banquiers et de marchands dominait toutes les nations. »

« Pendant que je te fais mon topo, n’oublie pas deux choses, Dory. La première, c’est qu’à part les marchands, personne ne voyageait loin de son village ou de son territoire dans les temps anciens. Donc pour la plupart de nos ancêtres, Israël aurait pu tout aussi bien être un pays sur la lune. Deuxièmement, n’oublie pas que quand on cherche des vérités en Histoire, on trouve les meilleures réponses en se posant la question : « Qui est le bénéficiaire ? » »

« Comment donc une nouvelle religion apportée par des étrangers qui venaient du lointain Israël et qui se faisaient passer pour le « peuple élu de Dieu » en est-elle arrivée à remplacer notre religion indigène ? Pour répondre à cette question, demande-toi qui sont les seuls à avoir bénéficié de la propagation de cette religion dans nos nations, où les gens se considéraient eux-mêmes comme les « élus de Dieu » ?

« Tu parles des Juifs, non ? » l’interrompit Dory.

« Je parle des gens qui se font appeler ainsi, oui, bien que ce soit là aussi un sujet très compliqué. »

« D’accord. Donc comment cela s’est-il passé ? » Sa curiosité n’était pas feinte.

« Pour commencer, ils embauchèrent les légions romaines pour conquérir le monde occidental et former ce qu’on appelle l’Empire Romain. Puis, quand il s’avéra difficile de tenir un si grand empire par la force, ils créèrent une religion universelle pour tâcher d’unir tant de races différentes, de nations et de factions. Le mot ‘catholique’ veut dire ‘universel’. Dans la nouvelle religion, ils étaient encore le ‘peuple élu de Dieu’ et ils envoyèrent les légions tuer et torturer quiconque refusait cette absurdité. S’ensuivit une guerre de mille ans, qu’ils finirent par gagner en soumettant les derniers représentants authentiques de notre peuple, qu’on appelait les Vikings. »

« En 787, selon la datation des chrétiens, un homme qui se faisait appeler Charlemagne, empereur des Romains, convoqua une conférence avec quatre-mille-cinq-cents dirigeants de notre peuple, venus d’Europe centrale, tous adeptes de notre religion indigène. Puis il les fit encercler par son armée chrétienne et leur coupa la tête, à chacun. C’est ainsi que la religion suicidaire d’esclaves nommé christianisme fut imposée à l’Europe et à notre peuple. »

« Et c’est au nom du Dieu chrétien qu’on a tué ou torturé le plus de Blancs, plus que sous toute autre influence dans l’Histoire, si l’on met à part l’Amérique. »

« Mais comment les Fils de Muspell ont-ils acquis tant de pouvoir ? » demanda ensuite Dory, avec logique.

« Cela a à voir avec le pouvoir de l’argent et de l’usure, ce qui veut dire prélever des intérêts sur de l’argent, et qui demande un peu de temps à expliquer. Es-tu sûre de ne pas préférer attendre demain pour ça ? Tu dois être fatiguée. »

« Pas vraiment, non, et j’aime bien ta voix. Je n’arrive pas à croire que quelqu’un en sache autant en Histoire. Alors parle-moi de l’usure. »

« D’accord, mais d’abord, il faut que tu saches qui sont vraiment les Fils de Muspell. Au cours de l’Histoire, les rois, les banquiers et les marchands ont arrangé des mariages entre leurs enfants et ceux d’autres marchands, banquiers et dirigeants, afin de cimenter les relations, augmenter leur pouvoir ou leur fortune. C’est ainsi qu’est venue naturellement au monde une race de sangs-mêlés en Israël, qui comme je l’ai dit, est à la croisée des routes commerciales d’Asie, d’Afrique et d’Europe. Cette race bâtarde, ce sont les Sémites, parmi lesquels se distinguent les Fils de Muspell. Banquiers depuis des lustres, ils ont découvert le pouvoir de l’usure et de la réserve fractionnaire bancaire. »

« Pour comprendre l’usure, il faut d’abord savoir ce qu’est l’argent. L’argent est quelque chose qui sert à emmagasiner de la valeur, et de moyen d’échange. Il y a sans doute très longtemps, les gens échangeaient des choses contre d’autres choses , mais ils durent trouver le moyen d’échanger des choses de valeur très inégale. Pour diverses raisons, ils se fièrent à l’argent et à l’or pour compléter leurs transactions ou pour les mener en entier. »

« Mais se présenta le problème de la mesure de l’or ou de l’argent, ce qui fit qu’on le divisa en pièces. Si tous les hommes étaient honnêtes, ce procédé aurait pu très bien marcher. Mais des gredins se sont mis à mélanger d’autres métaux à l’or et à l’argent, pour se mettre le reste dans la poche. »

« Pire encore, des banquiers inventèrent l’idée de bouts de papiers convertibles en or ou en argent. Ils dirent aux abrutis que l’usage de ces bouts de papier se ferait à leur plus grand avantage, parce qu’ils étaient plus faciles à transporter et à cacher que l’or et l’argent. »

« Mais tant que les gens croyaient qu’il y avait l’équivalent en or et en argent dans les coffres des banques, peu importait si c’était le cas ou non. Les banquiers pouvaient prêter plus de bouts de papier, prétendument convertibles en or ou en argent, qu’il n’en avait dans ses coffres. Et il faisait payer des intérêts sur chacun de ces bouts de papier. »

« Voyons comment l’usure enrichit les banquiers. Disons que tu veuilles acheter une maison pour 100.000 $ et que tu doives financer l’opération. Tu signes un contrat de prêt pour payer 900 $ tous les mois pendant 30 ans. Cela fait plus de 300.000 $, mais tu n’as emprunté que 100.000 $. Donc le prêteur s’est fait 200.000 $, c’est-à-dire assez d’argent pour acheter deux maisons comme la tienne. »

« La différence, c’est que toi, tu vas passer la majeure partie de ta vie adulte à travailler pour rembourser le prêt immobilier et gagner le droit d’avoir ta maison. Le banquier, lui, ne fait rien. Il ne découpe pas le bois, il ne frappe aucun clou, ne fait pas la plomberie, il ne fait rien d’autre que rester assis à s’engraisser du travail des autres. »

« Voilà le pouvoir de l’usure, c’est ainsi que les Fils de Muspell ont acquis le pouvoir de dominer le monde et de condamner à mort la race blanche. Évidemment, tout ceci est maquillé sous des complications artificielles, et les Fils de Muspell ont acheté les médias pour contrôler les masses, couvrir leurs actions et décider du destin des politiciens. Et bien sûr, ils continuent de faire croire qu’ils sont persécutés, alors qu’ils ne sont rien d’autre qu’une peste qui asservit le monde entier. »

« Dis donc ! Ils doivent être bigrement malins ces cochons-là ? »

« Pour sûr, mais aussi cruels, dangereux et hypocrites ! Mais assez parlé d’eux, mieux vaut dormir. »

D’un accord mutuel et sans parole, ils déclinèrent les invitations à la passion sexuelle, préférant glisser dans les bras de Morphée.

Auteur: Basile

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5 Commentaires sur "David Lane : L’Enlèvement des Concubines – Chapitre IV (quatrième partie)"

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11 août 2017 18 h 13 min

« Mais tant que les gens croyaient qu’il y avait l’équivalent en or et en argent dans les coffres des banques, peu importait si c’était le cas ou non. Les banquiers pouvaient prêter plus de bouts de papier, prétendument convertibles en or ou en argent, qu’il n’en avait dans ses coffres. Et il faisait payer des intérêts sur chacun de ces bouts de papier. »

Totalement vrai, au final notre argent ( ce pour quoi l’on se lève tous les matins ) n’est qu’un chifre écrit sur un bout de papier. Ou maintenant un chiffre écrit sur un écran d’ordinateur.
Nous n’y avons même pas accès en physique ( pour tout ce que nous possèdons). Essayez d’aller chez votre banquier demain et de dire : je convertis tout mon argent en or. Il tirerais une drôle de tête et je ne suis même pas sur que vous pourriez le faire. Nous sommes aujourd’hui bien bloqués dans le système. Et surtout peu de gens le remettent en cause ! A part nous qui voudrais voir le dessous de la praticité de notre système bancaire ?
Tu sais les crédits c’est super et puis : les banquiers sont là pour nous aider !

Merci Basile pour la traduction 😉

Snapdragon
14 août 2017 22 h 43 min

Le problème n’est pas tant l usure que qui contrôle l usure.
Qui tue, le fusil ou l homme qui tient le fusil ?
Faisons les chinois et copions !

autescousios
11 août 2017 21 h 08 min

« En 787, selon la datation des chrétiens, un homme qui se faisait appeler Charlemagne, empereur des Romains, convoqua une conférence avec quarante-cinq dirigeants de notre peuple, venus d’Europe centrale, tous adeptes de notre religion indigène. Puis il les fit encercler par son armée chrétienne et leur coupa la tête, à chacun. »

Si c’est du massacre de Verden dont il est question, c’est en 782, pas en 787.
Et les Saxons exécutés n’étaient pas 45 mais 4500. Des guerriers-paysans pour la plupart mais aussi des godis et quelques nobles.
Ils étaient soupçonnés d’avoir participé à une défaite franque humiliante* quelque temps plus tôt la même année, livrés à Charlot le Grand par les élites saxonnes soumises à l’Empire (il semble que ce soit une fatalité que les Blancs finissent toujours trahis par leurs élites).
Il se peut que cette inexactitude soit voulue dans le roman, mais connaître la vérité historique, c’est mieux.

* dans les collines du Süntel, pas très loin de l’endroit où Arminius avait anéanti 3 légions et ses auxiliaires de l’Empire précédent.

Thaddäus Flugbeil
12 août 2017 10 h 44 min

Pour commencer, ils embauchèrent les légions romaines pour conquérir le monde occidental et former ce qu’on appelle l’Empire Romain.

On ne peut pas pardonner une bêtise de telle portée, même si elle vient d’un américain.

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